C'est une goutte d'eau dans le budget de la France qui pourrait bien devenir un océan de problèmes. Une infime partie du programme visant à réaliser
15 milliards d'économies en 2014 concerne la présence française à
Berlin. A priori, trois fois rien. Quelques millions d'euros gagnés
grâce au déménagement programmé de certaines activités culturelles à
quelques kilomètres de leur site actuel. Sans suppression d'emplois. A
peine une note de bas de page, une "Fussnote", comme disent les
Allemands. Une "Fussnote" qui est pourtant en train de se transformer
en véritable fausse note. Et ce, à moins d'un kilomètre des bureaux
d'Angela Merkel (et à quelques pas de chez son coiffeur). Le ministre
des affaires étrangères,
Laurent Fabius, est sur le qui-vive. L'ambassadeur est sur la sellette.
Une situation d'autant plus ubuesque que ce sont les Allemands
eux-mêmes qui rendent si difficile la réforme de ce petit coin de France
à l'étranger. Les Allemands et leur attachement à la France et sa culture.
Mercredi 24 avril, 9 h 30 : la Pariser Platz s'éveille. Les musiciens de rues tentent de gagner quelques sous, tout comme les figurants qui, déguisés en soldats des armées
d'occupation russe, américaine, anglaise ou française, posent devant la
porte de Brandebourg. Dans la superbe bibliothèque de l'ambassade de
France qui surplombe la place, l'ambassadeur, Maurice
Gourdault-Montagne, arrivé deux ans plus tôt à Berlin, tient sa première
conférence de presse. Entouré de son numéro deux, Jean-Claude Tribolet
et d'Emmanuel Suard, le conseiller
aux affaires culturelles issu de la Cour des comptes, Maurice
Gourdault-Montagne explique dans un allemand parfait que la situation de
la France étant ce qu'elle est, il y a des décisions "douloureuses" à prendre.
Mais l'Allemagne est "un cas particulier". On n'y ferme aucune représentation. On se contente de réduire la voilure. Certes, on vend la Maison de France, qui abrite l'Institut français (un cinéma, une bibliothèque, des salles de cours), mais qu'on ne s'y méprenne pas : "On ne ferme pas l'Institut français, on le déménage."
Dans un lieu prestigieux, l'ambassade où, du fait des plans d'économie
précédents, la place ne manque pas. L'objectif annoncé : vendre dès 2013 la Maison de France située sur le Kurfürstendamm, mais attendre 2015 pour déménager l'Institut, le temps de réaménager l'ambassade. Aucun emploi ne sera supprimé. Les habitants de l'ouest de Berlin devront se déplacer dans le quartier Mitte pour profiter des installations de l'Institut, mais sa future localisation, au coeur de la capitale, pourrait lui permettre d'attirer de nouveaux visiteurs venus des quartiers branchés de l'est et du nord.
Pourtant, très vite, des failles apparaissent dans le dossier. La vente pourrait s'avérer plus complexe que prévu. L'immeuble (4 000 mètres carrés) est en partie classé et abrite un cinéma, superbe mais peu rentable. Réaménager
l'ensemble sera délicat. Du coup, le prix de vente que certains
estimaient supérieur à vingt millions d'euros au printemps est revu à la
baisse. "Plus de dix millions d'euros", affirme aujourd'hui l'ambassadeur. Sans compter que, pour accueillir l'Institut, l'ambassade conçue par Christian de Portzamparc en 2003 devra être modifiée. Les travaux nécessiteront l'accord de l'architecte, ce qui est loin d'être
acquis. Les appartements privés de l'ambassadeur qui occupent le
dernier étage seront transformés en bureaux. L'ambassadeur devra donc se
trouver une résidence en ville. Enfin, les dispositifs draconiens de sécurité de l'ambassade et du consulat - il faut notamment laisser son portable à l'accueil - paraissent peu compatibles avec le côté convivial que doit garder un institut culturel s'il ne veut pas rebuter
les visiteurs. Surtout, et cela n'avait été envisagé par personne, la
fermeture de la Maison de France suscite une réelle émotion chez les
Allemands, notamment les Berlinois des quartiers ouest.
"CHAMPS-ELYSÉES BERLINOIS"
Il faut dire
que depuis son ouverture en 1950, dans la zone de Berlin-ouest
contrôlée par les Britanniques, au c½ur des "Champs-Elysées berlinois",
la Maison de France a accueilli des centaines de milliers de visiteurs.
Des Français, des Allemands et des Franco-Allemands, tant on compte à
Berlin de couples mixtes, souvent issus des échanges culturels entre les
deux pays dont la Maison de France est l'un des lieux emblématiques.
Avant la chute du Mur en 1989, c'était là que se retrouvaient tous les
Berlinois de l'Ouest francophiles, avides d'escapades intellectuelles.
Eugène Ionesco, René Clair, Alain Robbe-Grillet, Gisèle Freund et des
dizaines d'autres personnalités françaises y ont donné des conférences.
En 1983, un attentat commis par le terroriste Carlos (avec l'aide
de la Stasi de RDA) contre le consulat français installé dans le
bâtiment y a tué une personne, en a blessé une vingtaine d'autres et
provoqué d'importants dégâts. Reconstruit, le bâtiment sera
officiellement inauguré en 1985 par François Mitterrand et Helmut Kohl.
Dans les années 2000, on y a notamment croisé Elisabeth et Robert
Badinter, Benoîte Groult, Serge et Beate Klarsfeld mais aussi la
graphiste Miss Tic ou le dessinateur du Monde, Plantu. Alain
Finkielkraut y a débattu avec Peter Sloterdijk. Quand Gérard Depardieu,
Diane Kruger ou Isabelle Huppert y présentent un film, un vent de folie
s'empare du quartier. Et chaque année, deux mille Allemands y apprennent
encore le français. En quelques mois, une pétition lancée en ligne
contre la fermeture a recueilli plus de treize mille signatures
accompagnées de dizaines de témoignages de soutien. "Effrayante perspective : le Ku-Damm sans la Maison de France", écrit le cinéaste Wim Wenders qui avait tourné une des scènes des Ailes du désir devant le bâtiment connu de tous les Berlinois.
Face à une telle mobilisation, les autorités françaises tergiversent.
Le député de cette nouvelle circonscription, Pierre-Yves Le Borgn', qui
ne se situe pourtant pas à la gauche du PS, est violemment opposé à ce
déménagement. Très apprécié en Allemagne, parcourant le pays sans
relâche, Maurice Gourdault-Montagne avait su faire
oublier auprès de Paris son passé chiraquien. Mais désormais, chacun
rejette la responsabilité sur l'autre. Pour l'ambassade, c'est le Quai
d'Orsay qui avait poussé à la vente de la Maison de France. Une lettre
en témoigne. En revanche, pour Paris,
l'ambassadeur s'est engagé trop rapidement. La vente de la Maison de
France revêt manifestement une dimension symbolique que les diplomates
et les comptables avaient sous-estimée.
"La France et l'Allemagne ont besoin de lieux pour être ensemble, à côté des palais officiels et des ministères des affaires étrangères, souligne Alexander Graf Lambsdorff, député européen et membre du Parti libéral. Il
y en a déjà trop peu, et la fermeture de la Maison de France serait un
très mauvais signal. Et cela juste après les 50 ans du traité de
l'Elysée." Pour un pétitionnaire allemand, il serait "inimaginable que l'Allemagne ferme l'Institut Goethe à Paris". Déménager l'Institut "dans le quartier gouvernemental serait le début de la fin pour cette perle de la culture", témoigne un Berlinois qui a appris le français à la Maison de France pour que "la langue du voisin ne soit plus celle de l'étranger".
Un slam efficace au son des basses et des flashs des raves allemandes.
Cauchemar des Berlinois de souche, le techno-touriste est un parasite qui prend la capitale allemande pour une discothèque géante. Alternant ivresse et sommeils en plein jour, la easy-jet-set qui fond chaque week-end sur Berlin ne parle pas allemand. Elle se fout des monuments. Cette nouvelle race de vacanciers vient pour la fête, les clubs et la drogue. Et vu de l'intérieur, voilà à quoi ressemble le pèlerinage de ces techno-touristes en terre promise.
Meyerhold
a créé un théâtre aux tendances constructivistes. Il faut dire aussi
qu'il fréquentait les Mayakovsky, Popova, Rodchenko et les autres
membres de l'avant-garde russe des années 20. La biomécanique, son
training d'acteur, basé sur la taylorisation des mouvements et des
interactions des acteurs, s'inscrit dans une esthétique proche des
éléments constructivistes: le développement d'un nouveau langage,
matériau dramatique fondé sur les lignes, les formes des corps en
action, l'inspiration de l'industrialisation dans le découpage des
gestes dans l'espace et le temps, les masses organisées, orchestrées et
rythmées, les échaffaudages gigantesques, le rapport entre l'individu et
la masse, l'aspect très concret du travail corporel, les rythmes qui
révèlent la nature du personnage et le rapport d'un personnage à un
autre.
Ici,
tant dans les éléments de scénarisation, les décors, la mise en scène,
les photos de ses spectacles témoignent de l'allégeance constructiviste
de son théâtre à partir de 1917. Il a multiplié les collaborations avec
les poètes, les artistes et les musiciens des milieux constructiviste
et futuristes, tels que : Popova, Stepanovna, la femme de Rodchenko et
Maïakovsky.
Le cocu magnanime, 1922, mise en scène de Meyerhold et décors de Popova
Tarelkin, mise en scène de Meyerhold et décors de Stepanovna
LES ATELIERS DE LA NUIT à BERLIN, en partenariat avec le GOETHE INSTITUT de PARIS
Plongée
dans Berlin avec trois collectifs de théâtre documentaire : Rimini
Protokoll, Gob Squad et She She Pop, qui mettent l'accent sur le réel,
la rencontre avec le spectateur, l'expérience collective.
L'Atelier
intérieur s'ouvre à BERLIN in situ. Dans la rue. A Berlin et ses
héros : les passants, les inconnus. Aux expériences collectives. Aux
rencontres de hasards. Qui sont les héros. Est ce que je peux être un
héros ? est ce que je fais partie de plus vaste que moi ? C'est notre
semaine des Ateliers de la nuit à Berlin… et pour aller au bout du
voyage on a délaissé le blanc des musées, la boite noire du théâtre. On a
choisi le réel. Le banal. On a choisi de rester à l'extérieur. Dehors.
L'automne ne fait que commencer et on a inversé : le spectateur devient
l'acteur l'inconnu devient le héros. Puisque les collectifs à Berlin
déplacent le théâtre dans les vrais corps, dans les vrais lieux,
prennent la ville comme décor. L'image de départ ce soir serait
celle-là : Super Night shots. Le spectacle de Gob Squad est à
20h mais tout commence une heure avant. Les quatre acteurs sortent dans
la rue, ils ont une heure pour tourner un film avec les passants,
rencontrer des inconnus et leur poser cette question : que puis je faire pourvous ?
La ville devient décor de film. Vous devenez le héros. Gob squad mène
la guerre à l'anonymat. Berlin cherche à renouer avec l'expérience
collective. Le lien. Depuis que l'Est et l'Ouest sont réunis, ça veut
dire quoi exactement être ensemble ? on est liés ou pas ? Se sent-on seul ou pas ? est ce qu'on peut être seuls, ensemble ? Berlin semble préoccupée par chacun : qui est là ? Qui est cette personne ?
Ici on peut lire l'histoire dans les rues, l'histoire partout, Berlin
est un musée invisible silencieux. Mais la vie elle, est présente par
dessus tout. On danse, on dort peut, on s'éprouve. On n'a pas peur de la
durée ni du jour ni de la nuit. On n'a pas peur de faire mourir les
fictions pour entrer de plein fouet dans la réalité. A Berlin on prend
la vie où elle est, comme elle est, on la fait se regarder elle même. On
se fait face. Ce soir, ils ont tous fait des études à Giessen, l'école
d'avant garde du théâtre allemand, dans les années 90, ils font tous la
guerre au théâtre bourgeois. L'idée pour vous est d'être prêt à
l'expérience. A devenir acteur, à devenir héros. Dans l'espace public,
en plein jour. A sortir du théâtre. A vivre in situ. A être soi, juste ça, au bon endroit.
Le
chemin ce soir est berlinois. Il est dans la rue, il est dans le réel,
il est frontal, il va chercher le spectateur, il parle à l'auditeur,
il n'y a plus de fiction, il y a Berlin qui vous fait face et ça
commence maintenant, devant le mur.
En prologue, premier mouvement collectif des corps avec Thierry Noir qui dans les années 80 a eu l'envie physique de peindre le mur.
Chez lui à Kreuzberg, Stefan Kaegi, du groupe Rimini Protokoll nous reçoit pour parler deRemote Berlin : une ballade dans la ville avec casque sur les oreilles, pour 50 personnes.
Devant la Volksbühne où ils ont souvent joué, Sean Patten du groupe Gob Squad. Pour Super night shots: la ville devient un décor de film en temps réel, et inclue les passants et les inconnus.
Ilia Papatheodorou, du groupe She She Pop. Pour Schubladen : dialogues de femmes qui ont grandi dans Berlin Est ou celles qui ont grandi dans Berlin Ouest.
Prise de son : Bruno Martin. Avec les voix d'Inès de Bruyn et Antoine Beauchamp
Le journal Le Monde rend compte d'une exposition qui a lieu à Berlin actuellement: http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/11/12/vienne-et-berlin-artistiquement-liees_3512290_3246.html
De 1800 à 1939, l'histoire de la nation allemande vue à travers les tableaux de Friedrich Schinkel, Arnold Böcklin, George Grosz et Otto Dix. Entre rêve d'unité et contestation du carcan national, une histoire mouvementée pour un documentaire inspiré.
À partir d'archives, d'analyses de tableaux et de quelques éclairages d'experts, le documentaire retrace plus d'un siècle d'histoire de la nation allemande, de la naissance de l'empire aux deux guerres mondiales, à travers notamment des tableaux de Friedrich Schinkel, Arnold Böcklin, George Grosz et Otto Dix.
Ce documentaire est très éclairant sur les rapports entre l'histoire d'une nation et sa peinture.
D'abord le Danois Jacob Kirkegaard.
Installé à Berlin depuis de nombreuses années, il est l'un des 16
artistes qui ont exposé à la rentrée à New York, pour "Soundings", la
première exposition d'art sonore du MoMA. Il revient avec nous sur sa
méthode (des "couches" sonores qu'il accumule pour faire entendre un son
habituellement inaudible - une autre dimension sonore), et sur son
parcours.
Dans le même quartier de Berlin, Neukölln, à quelques mètres de là, rencontre avec Udo Noll, l'inventeur de Radio Aporee.
Il s'agit de la première carte sonore, une "map" mondiale où tout un
chacun peut placer ses propres enregistrements, développée en 2000. Udo
Noll a anticipé une bonne part des caractéristiques du web actuel
(l'importance de la géolocalisation, la contribution enrichie, la
mobilité). On y revient avec lui, alors que Radio Aporee est devenu un
support constamment renouvelé de projets artistiques sonores de tous
horizons.
Entre mars et juillet 1988, plusieurs rock stars – Bruce
Springsteen, Depeche Mode, Joe Cocker, James Brown... – sont autorisées à
se produire dans la capitale de "l'État des ouvriers et paysans".
Soucieuses de maintenir le calme chez les jeunes, les autorités
est-allemandes imposent des slogans conformes à l'idéologie communiste
et tiers-mondiste. Ainsi, en juin, Bryan Adams et James Brown jouent-ils
"pour des zones dénucléarisées" et "contre l'apartheid". Le 19 juillet,
Bruce Springsteen et le E Street Band se produisent devant 160 000
spectateurs au vélodrome de Weissensee. Le chanteur lit son discours en
allemand parlant de l'espoir de "voir un jour tomber toutes les
barrières". Pour sa part, Depeche Mode donne un concert à l'occasion de
l'anniversaire du Jeunesses communistes ! Au même moment, de l'autre
côté du Mur, à proximité du Reichstag, les Berlinois de l'Ouest vont
écouter David Bowie, Pink Floyd et Michael Jackson... Retour sur un été
berlinois mémorable, avec les témoignages d'artistes, d'organisateurs et
de fans de l'époque, ainsi que de nombreux extraits de concerts.
Les dirigeants de la RDA avaient rêvé d'ériger le "Mur de l'an
2000", où la high-tech remplacerait le béton, les barbelés, les chevaux
de frise et les installations automatiques de tir. C'est sur cette
vision futuriste que s'ouvre le documentaire. Malgré les améliorations
constantes que politiques et militaires apportèrent au dispositif du
rideau de fer, ce dernier aura été démantelé avant de voir poindre le
XXIe siècle.
D'anciens citoyens de la RDA parlent de ce que le Mur représentait
dans leur vie, comment ils s'en accommodaient ou pas. Pour la première
fois, un ancien garde-frontière décrit ce qu'il a éprouvé au moment de
tirer sur un fugitif. Témoignage inédit aussi d'un haut gradé qui
commente les réunions secrètes des officiers qui commandaient les
troupes affectées aux frontières. Face à eux retentissent les paroles
empreintes d'émotion et les souvenirs de celles et ceux qui ont risqué
leur vie pour franchir ce mur de la mort.
Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.