Penser après les cours...!

Thème de Salomé, autre texte d'Apollinaire.(1ST2S3)

Par cyberblaise - publié le dimanche 29 mai 2011 à 17:10 dans Alcools d'Apollinaire

Apollinaire a écrit un autre texte sur le thème de Salomé dans le recueil de récits intitulé l'Hérésiarque et compagnie:

http://www.mediterranees.net/mythes/salome/divers/apollinaire2.html

 

Vous pouvez l'utiliser en ouverture de la conclusion du commentaire du poème.

En cliquant sur Salomé dans le menu du site mediterranées, vous trouverez aussi le texte de Heine qui dépeint Salomé amoureuse de Jean-Baptiste.

"Marie" d'Apollinaire: des commentaires intéressants trouvés sur la toile.

Par cyberblaise - publié le mercredi 18 mai 2011 à 17:29 dans Alcools d'Apollinaire

Pour vous aider à comprendre le poème "Marie" et pour raviver le cours de lundi dernier, vous pouvez consulter ces commentaires ou notes en ligne:

http://bacfrancais.chez.com/marie.html

 

http://290364.canalblog.com/archives/2006/02/02/1313086.html

 

"Marie" d'Apollinaire chanté par Léo Ferré

Par cyberblaise - publié le dimanche 15 mai 2011 à 17:17 dans Alcools d'Apollinaire

Pour mieux retenir le texte et sans doute aussi en comprendre la dimension élégiaue, écoutez cette version chantée:

http://www.wat.tv/video/apollinaire-leo-ferre-marie-10t2v_2fgqp_.html

 

 

"Le Pont Mirabeau" écrit à la même période au moment de la rupture avec Marie Laurencin:

http://www.youtube.com/watch?v=zzfo_sGFp_4

 

"Marizibill":

http://www.youtube.com/watch?v=tspPiq-7wU4

Explication du titre du recueil Alcools( 1ST2S3)

Par cyberblaise - publié le jeudi 12 mai 2011 à 17:17 dans Alcools d'Apollinaire

Le titre du recueil Alcools

Le titre original « Eau de vie » a été changé par Apollinaire en Alcools sur les épreuves de correction. Il  forme une métaphore complexe qui se rapporte à la vie et à l'expérience poétique de l'auteur.

Lors de sa parution en avril 1913, le recueil portait comme titre : Alcools- poèmes-1898-1913. Apollinaire, dès la fin 1903, avait le projet de publier ses poèmes en recueil : l'un se serait intitulé « Vent du Rhin », l'autre « Le Violon et l'Olive ». En 1904, il annonce la publication d'une plaquette : « Le vent du Rhin ». C'est le projet qu'il conserve jusqu'en 1909, en 1910, il songe à Eau de Vie. L'élaboration finale se fera en 1911-1912 : Apollinaire élague alors son premier recueil, reprend certains vers pour les intégrer à d'autres poèmes ; En août 1912, il a terminé, décide de supprimer toute la ponctuation et ajoute certains poèmes dont le poème composé d'un seul vers « Chantre » .

Les deux titres pressentis « eau de vie » et « alcool » figurent dans « Zone » : « Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie/ta vie que tu bois comme une eau- de- vie » auxquels répondent les vers de la fin du dernier poème vendémiaire : « Mondes qui vous ressemblez et qui nous ressemblez/ Je vous ai bus et ne fus pas désaltéré (…) Je suis ivre d'avoir bu tout l'univers (…) Ecoutez mes chants d'universelle ivrognerie ».

Alcool : eau de vie, eau de feu : jeu de la lumière et de l'eau très répandu dans le recueil cf "Nuit Rhénane" : "Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent/ tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter » . Cf repérage de tous les vers où apparaît le thème de l'Alcool lié aux nuits blanches, aux perceptions troublées de l'ivresse, images positives et négatives à la fois : exaltation mais aussi brûlures. L'alcool ne « désaltère » pas.

Le titre renvoie plus peut-être à l'image de la distillation comme métaphore de la poésie : les poèmes sont l'essence de ce qui aura été tiré de la vie d'Apollinaire. Avec le matériau de la vie et de la culture et grâce à la technique poétique, le poète cherche à extraire le parfum le plus pur. Le pluriel d'alcools est alors important car les « essences » seront diverses. Echo peut-être de l'oprétion alchimique de Baudelaire dans Les Fleurs du Mal : «  Tu m'as donné ta boue / et j'en ai fait de l'or ».

Eau de vie peut-être trop explicite : extraire de la vie l'eau poétique qui peut étancher la soif d'être, soif d'immortalité ; Cf Andrée Chédid : « la poésie est l'eau de notre seconde soif »

Alcools plus neutre et plus polysémique mais échos sonores avec le nom d'Apollinaire qui fait entendre le Dieu Apollon, dieu de l'art, de la mesure et de la belle forme alors qu'Alcools réintroduit Dionysos le dieu de l'inspiration et de l'ivresse, l'association des deux divinités produisant la poésie dans le mythe.

 

"Nuit Rhénane" explication linéaire. (1ST2S3)

Par cyberblaise - publié le jeudi 5 mai 2011 à 17:54 dans Alcools d'Apollinaire

Pour vous aider dans vos révisions: voici une étude du poème trouvée sur le site de l'académie de Versailles qui reprend le cours de mercredi dernier:

 

Introduction

Texte qui appartient aux 9 poèmes rassemblés sous le titre de Rhénanes ; poème qui sont inspirés par le séjour du poète en Allemagne (août 1901-août 1902), et plus particulièrement sur les bords du Rhin. Apollinaire a découvert une source d'inspiration non seulement ds le Rhin et ses paysages, mais aussi ds les légendes germaniques (la Loreley, sirène du Rhin douée de pouvoirs enchanteurs ou maléfiques, ou les sept baigneuses du Rhin, et du romantisme allemand qui ont fait du Rhin un lieu de sortilèges – Heine- ). Double aspect qui apparaît ds ce poème qui joue sur opposition entre réalité et légendes rhénanes.

 

Description (ne pas le dire ainsi, d'emblée, mais en tenir compte dans l'explication )

 Alexandrins

 3 strophes + 1 vers

 Rimes abab cbcb dede d

 Remarque : sonnet, moins un vers

 Rimes qui ne respectent pas toujours alternance masculines/féminines (batelier/repliées ; mirent/mourir/rire) : Apollinaire garde toujours une part de liberté.

 Absence de ponctuation. Titre : conjugue la nuit, espace du rêve et de l'irrationnel, moment favori des légendes fantastiques. Rhénane renvoie au paysage du Rhin : poème sous le signe de la tension entre la réalité et la fable.

 

Composition : reflète la même tension :

 1er qu : le poète happé dans l'atmosphère fantastique des légendes du Rhin.

 2d quatrain : appel à une réalité quotidienne et rassurante.

 3ème quatrain : victoire de la magie et du fantastique

 Dernier vers : retour au réel sur une image humoristique. Structure circulaire du verre au verre. Registres : lyrique, fantastique et humoristique.

Ici, étude linéaire.

I- 1er quatrain : l'univers fascinant des légendes.

a) Le thème de l'ivresse Il est présent :

 dans le lieu : sans doute une taverne au bord du Rhin

 Rhin célèbre aussi par vin blanc

 Lexique verre, vin, , renforcé par « plein »

 Vision vacillante et incertaine ; mouvement connoté par trembleur (et non tremblant : adj et non part présent, tremblement qui semble faire partie de l'essence même de ce vin), flamme, tordre, plus mouvement ondulatoire des longs cheveux.

 Impression de mouvement vibratoire renforcé par - les sonorités : allitérations en v/f, et liquides l et r ; - le rythme ternaire du 1er vers ; enjambements sur l'hémistiche aux vers 1, 2 et 4.

b) Une atmosphère de mystère Elle est donnée :

 Par le moment : la nuit et sa lumière étrange : flamme, lune ; éclairage mystérieux ; mystère des nuits de pleine lune

 Chiffre magique sept

 Magie inquiétante - des cheveux trop longs (un hémistiche entier pour les évoquer) - de couleur étrange (lueurs macabres sous la blancheur de la lune, peuvent faire penser à des algues) - de ce mouvement violent et dément , tordre.

 Impression de magie corroborée par le rythme lent - longueur de l'alexandrin renforcée par le double enjambement (v 2-3-4), et nombreuses consonnes nasales et voyelles nasalisées : effet d'écho tout au long de la strophe.

 Lenteur renforcée par l ‘évocation de la « chanson lente »ds le vers 2,

 

c) Du réel à l'irréel La strophe entière construite sur une mise en abyme.

 Le « je » de poète (mon verre) et sa parole (écoutez : s'adresse à un interlocuteur, mais lequel ? nous ?) s'efface pour donner la parole à un autre narrateur

 indéfini (un batelier) qui témoigne (raconte) d'un passé incertain : avoir vu (quand) .

 Le poème se met donc à l'écoute d'un autre poème, qui est lui même le discours d'une hallucination présentée comme une réalité.

 Etrange superposition du réel et de l'imaginaire née d'une ivresse nocturne.

 

 II- 2ème strophe : l'univers rassurant du réel

a) Opposition entre les deux strophes

 femmes/filles

 cheveux longs et verts/ blondes aux nattes repliées : figure rassurante de la gretchen, figure d'ordre et de stabilité (regard immobile et nattes repliées)

 geste violent (tordre)/ danser une ronde, terme aux connotations folkloriques et enfantines  mouvement vibratoire et incertain/ mvmt vertical (debout) et horizontalité rassurante du cercle (ronde)

 sonorités qui martèlent la danse : lourdeur et martèlement rassurant des dentales t et d ainsi que des occlusives p et b.

 rythme régulier des vers avec coupe à l'hémistiche.

b) Le sursaut du poète pour échapper à l'irrationnel

 mouvement de sursaut souligné par debout, ainsi que par la reprise de parole par le poète.  Parole d'ailleurs injonctive : valeur injonctive du 1er mot debout, verbes à l'impératif, chantez, mettez, valeur injonctive du subj que je n'entende plus: sursaut et appel à l'aide, appel à la vie contre les forces de mort (chant et danse)

 Appel à un univers protecteur que dessine la figure du cercle (ronde) et « près de moi » plus hyperbole (toutes les filles) : désir de surpasser l'envoûtement par la force du quotidien : plus de filles que de femmes, chant « plus haut ».

c) Fragilité de cet appel

 Passivité du poète : parle mais n'agit pas (« mettez près de moi »)

 Regard immobile qui connote bêtise, sans grand attrait par rapport aux sept femmes entrevues.

 

III la victoire de l'irrationnel a) Amplification cosmique de l'ivresse Elle s'étend en effet à tout le paysage :

 du verre au Rhin ; il semble absorber toute l'ivresse potentiellement contenue ds les vignes. Ivresse rendue ds le 1er vers par rythme et sonorités :

 répétition « le Rhin » signe de fascination et d'ivresse (voit double, ou plutôt ne peut en détacher son regard, ou bégaie sous influence de l'ivresse) ;

 rythme : de nouveau enjambement à l'hémistiche aux vers 9 et 10

 sonorités : jeu d'écho sur le [R) [i] [v] renforcé par le chiasme sonore « le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent » : RRIV/ VIR ; ce chiasme donne une illustration sonore du jeu des reflets.

 En effet l'univers bascule dans l'irréel : ce n'est pas le paysage réel du Rhin et des vignobles qui est évoqué mais son reflet (se mirent, refléter).

 Passage aussi de la « flamme » à « l'or des nuits » ; superbe métaphore lumineuse qui fait écho au titre de l'opéra de Wagner L'Or du Rhin. Passage significatif aussi du sing nuit au pluriel, amplifié par l'adj « tout » : « tout l'or des nuits ».

 Reprise et amplification de l'idée de mouvement : « tombe en tremblant » : reprise de trembleur dans un immense mouvement de bascule, amplifié par allitération en [t] et le rythme trimètre de l'alexandrin (v 10). c) Victoire du surnaturel

 Annoncée par le passage de la réalité à son reflet

 Disparition du batelier, qui appartenait à l'univers réel ; il n'en reste qu'une « voix » désincarnée ; chant lancinant et obsédant (toujours + force du présent)

 femmes sont devenues fées

 Chant devenu incantation, ie chant à force magique dont la puissance s'amplifie ds le temps : passage de la nuit à la saison (l'été)

 Rythme lent renforcé par enjambement 11-12

 Sonorités nasales et fricatives : force insinuante du chant ;

 Echec de l'appel aux forces de vie de la seconde strophe : triomphe de forces morbides - annoncé par le vert des cheveux - et repris ds l'expression « râle mourir » aux sonorités déplaisante ; force de l'invention de terme qui connote doublement douleur et mort ; idée de souffrance souligné par sonorités en [i] particulièrement fortes à la rime.

 

IV- lLe dernier vers : poésie et surnaturel

a) Victoire des forces de mort

 Eclatement du verre peut apparaître comme une victoire du maléfice, accomplissement du sortilège, qui s'empare du réel ; - Tournure pronominale « s'est brisé » renforce le mystère. - Verre qui était le premier élément de réalité évoqué ; réalité qui vole en éclats - structure circulaire du poème, enfermé dans ce verre, montrerait impossibilité de sortir du maléfice ?

b) Une victoire sous le signe de la dérision

 Jeu de mots éclat de verre/éclat de rire ; comparaison fondée aussi sur bruit cristallin du verre qui se brise qui peut rappeler un rire léger. A moins qu'il ne s'agisse d'un rire maléfique. Néanmoins le poème se termine sur ce terme joyeux qui s'oppose fortement à « mourir » à la rime et semble en triompher…

 Verre brisé peut marquer aussi un retour au réel. En effet vision est née du verre et sans doute se brise avec lui : structure circulaire du poème qui l'enferme ds un mvmt d'ivresse. C'est le seul moment dramatique du poème.

 

c) Du verre au vers

 Poème qui peut s'interpréter comme jeu sur l'ambiguïté verre/vers/vert, et une métaphore sur la création poétique, un jeu et une réflexion sur la poésie.

 Le sonnet potentiel se brise d'ailleurs sur ce vers et ne se poursuit pas : le vers se brise

 Ivresse qui peut être métaphore de l'inspiration poétique qui puise davantage ds l'irrationnel et l'étrange et non ds des sources classiques (beauté classique des jeunes filles blondes ; opposition apollinien/dyonisiaque)

 Ivresse poétique créatrice d'images et de termes nouveaux - La poésie nouvelle a une force incantatoire : elle est une force d'enchantement du monde, elle suscite une nouvelle vision du monde, supérieure à la pure évocation de la réalité. - Il s'agit pour le poète de voir au-delà de la réalité (non pas le Rhin mais dans le Rhin). Cf Baudelaire : « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or » ; thème de l'or ici repris ; Cf « tous les mots que j'avais à dire se sont changés en étoiles » (les fiançailles).

 Notons que ce poème est un des premiers poèmes d'Apollinaire, qui se démarque de ses premiers poèmes d'inspiration symboliste.

 

Conclusion - Poème de facture assez traditionnelle, qui combine le réel et l'imaginaire. - Audace néanmoins ds l'invention verbale, le jeu des images et des combinaisons rythmiques et sonores. - Poème qui peut être lu comme métaphore de la fonction poétique : l'inspiration doit être cherchée, au-delà de l'expérience du réel, dans la rupture avec les formes anciennes et une certaine ivresse créatrice.

Ensemble formé par les poèmes dédiés aux amours difficiles avec Annie Playden et Marie Laurencin.

Par cyberblaise - publié le lundi 2 mai 2011 à 17:53 dans Alcools d'Apollinaire

Important pour traiter du thème de l'image de la femme dans le recueil Alcools:

 

 les poèmes de dédicace amoureuse, inspirés tour à tour par la jeune anglaise Annie Playden

et par Marie Laurencin, poèmes du rejet de l'être aimé et du transfert poétique de la douleur :

- « La Chanson du Mal-Aimé », « Annie », « l'Adieu », « l'Émigrant de Landor Road », « La Dame »,

« Mai » (Annie)

- « Zone », « Le Pont Mirabeau », « Marie », « Cors de Chasse », « Le Voyageur » (Marie)

NB : On notera au passage le brouillage des repères chronologiques.

 

 

2) les poèmes élégiaques (de élégie = petit poème nostalgique) qui incluent les précédents et

tous ceux dans lesquels le sentiment de tristesse s'étend, au-delà de la personne chantée, à l'univers

convoqué par le poète :

Les poèmes rhénans : « La maison des morts », l'ensemble des Rhénanes, « Automne malade », « À

la Santé ».

3

La biographie d'Apollinaire accompagnée de photos.(2nde 6 et 1St2S3)

Par cyberblaise - publié le lundi 2 mai 2011 à 17:32 dans Alcools d'Apollinaire

Pour en savoir plus sur Apollinaire, Annie Playden et Marie Laurencin, les deux amours évoqués dans Alcools, suivez ce lien:

http://www.wiu.edu/Apollinaire/Biographie.htm

 

Une présentation d'Alcools très intéressante par le poète Jean-Michel Maulpoix:

http://www.maulpoix.net/Apollinaire.htm

 

La courte biographie proposée par le CNED ( académie en ligne) qui permet de fixer les grandes lignes:

1880 : Naissance à Rome, de père inconnu et d'une mère polonaise de

22 ans, appartenant à une grande famille aristocratique.

Enfance en Italie, sur la Côte d'Azur et à Monaco.

1889 : Installation à Paris. Vie matérielle précaire.

Séjour de trois mois dans les Ardennes belges. Première et brève idylle

amoureuse avec une nommée Maria Dubois.

1901 : Précepteur de français d'une fillette de neuf ans, séjour d'un an en

Allemagne (Rhénanie). Guillaume tombe amoureux de la miss anglaise de

l'enfant, Annie Playden. Voyages en Europe centrale durant lesquels Annie

s'éloigne de lui (nous y reviendrons à propos de la « Chanson du Mal-

Aimé ») ce qui provoque son retour à Paris. Il choisit à cette époque son

pseudonyme, forgé sur deux de ses prénoms : Guillaume Apollinaire.

1902 : Employé de banque mais s'adonne à de nombreux travaux et

rencontres journalistiques et littéraires.

1903 : Premières publications. Part pour Londres dans l'intention de

reconquérir Annie.

1904 : Second voyage infructueux en Angleterre. Annie bientôt partie pour

l'Amérique lui échappe définitivement. (Cf. « Chanson du Mal-Aimé »)

1904-1905 : Rencontre et fréquente le peintre Picasso à Paris. Séjours en

Belgique et Hollande. Publication de nouveaux poèmes, repris ultérieurement dans Alcools.

1907 : Rencontre Marie Laurencin, peintre à la mode. Leur liaison tumultueuse dure jusqu'en 1912

(voir ch. 4, lecture complémentaire du « Pont Mirabeau »)

1908 : Apollinaire s'engage dans la critique d'art et se range aux côtés des peintres de son temps (voir

plus loin le contexte artistique de l'époque)

1909 : Publication de nombreux poèmes qui figureront dans « Alcools », notamment « La Chanson du

Mal-Aimé » et les poèmes rhénans.

1911 : La Joconde est dérobée au musée du Louvre. Une campagne de presse est déclenchée à propos

des voleurs d'oeuvres d'art. Apollinaire restitue des statuettes du grand musée parisien qu'un ami

indélicat lui avait offertes. Inculpé de recel, le poète est incarcéré pendant six jours. (voir « Zone » et

« À la Santé »)

1912 : Très éprouvé par l'épisode de la prison, Apollinaire l'est davantage encore par la rupture avec

Marie Laurencin.

1913 : Publication d'Alcools

1914 : Incorporation dans l'armée à la veille de ses fiançailles avec Madeleine Pagès. D'abord fasciné

par le spectacle de la guerre, il en mesure vite les réalités en tant que fantassin.

1916 : Retour à Paris et à la littérature auprès des jeunes poètes se réclamant de lui (Reverdy, Breton,

Tzara).

1917 : Préparation de ses Calligrammes, poèmes-dessins. Représentation des Mamelles de Tirésias

qu'il baptise « drame surréaliste ».

1918 : Publication de Calligrammes. Mariage avec Jacqueline Kolb (la jolie rousse). Meurt des complications

de la grippe espagnole.

Pablo PICASSO, portrait de Guillaume Apollinaire dans l'atelier

de Picasso du 11 boulevard de Clichy, automne 1910. Musée

Picasso, Paris. (c) Photo RMN - © Droits réservés. © Succession

Picasso 2009.

© Cned

Marie Laurencin, peintre.

Par cyberblaise - publié le lundi 2 mai 2011 à 17:13 dans Alcools d'Apollinaire

http://mipithi.pagesperso-orange.fr/Cadre_peinture/Page_Marie_Laurencin/page_tableaux.htm 

Vous trouverez notamment dans la série une arlequine qui peut évoquer celle du poème "Crépuscule". Elle a peint essentiellemnt des portraits de femmes.

 

Elle a peint aussi un tableau qui s'intitule "Apollinaire et ses amis":

http://www.ina.fr/fresques/elles-centrepompidou/fiche-media/ArtFem00037/marie-laurencin-apollinaire-et-ses-amis-1909-oeuvre-exposee?video=ArtFem00037

Poésie et publicité (Blaise Cendrars)

Par cyberblaise - publié le mercredi 9 juin 2010 à 16:27 dans Alcools d'Apollinaire

A associer au début de "Zone" d'Apollinaire:

La publicité est la fleur de la vie contemporaine; elle est une affirmation d'optimisme et de gaieté ; elle distrait l'œil ou l'esprit.

C'est la plus chaleureuse manifestation de la vitalité des hommes d'aujourd'hui, de leur puissance, de leur puérilité, de leur don d'invention et d'imagination, et la plus belle réussite de leur volonté de moderniser le monde dans tous ses aspects et dans tous les domaines. Avez-vous déjà pensé à la tristesse que représenteraient les rues, les places, les gares. Le métro, les palaces, les dancings, les cinémas, le wagon-restaurant, les voyages, les routes pour automobiles, la nature, sans les innombrables affiches, sans les vitrines ( ces beaux joujoux tout neufs pour familles soucieuses), sans les enseignes lumineuses, sans les boniments des haut-parleurs, et concevez-vous la tristesse et la monotonie des repas et des vins sans les menus polychromés et sans les belles étiquettes ?

Oui, vraiment, la publicité est la plus belle expression de notre époque, la plus grande nouveauté du jour, un Art. Un art qui fait appel à l'internationalisme, ou au polyglottisme, à la psychologie des foules et qui bouleverse toutes les techniques statiques ou dynamiques connues, en faisant une utilisation intensive, sans cesse renouvelée et efficace, de matières nouvelles et de procédés inédits.

Ce qui caractérise l'ensemble de la publicité mondiale est son lyrisme.

Et ici la publicité touche à la poésie.

 

Blaise Cendrars.


Apollinaire et la ville dans Alcools

Par cyberblaise - publié le mercredi 9 juin 2010 à 12:14 dans Alcools d'Apollinaire

Apollinaire et la ville dans Alcools

 

 Amsterdam, Londres et Prague mais surtout Paris.

Capitale de l'Europe avec Vienne // avec Larbaud, Cendrars, Morand, autres écrivains cosmopolites.

« J'ai soif villes de France et d'Europe et du monde »

 

Mais peu de voyages au final : L'Allemagne, la Hollande, l'Angleterre, pas le Sud !

Villes pluvieuses avec « leurs rues un peu brumeuses que la lumière du gaz n'éclairait qu'à peine » « Le matelot d'Amsterdam » ; profondeur du mystère poétique.

Cf « Te voici à Amsterdam avec une jeune

Fille que tu trouves belle et qui est laide

Elle doit se marier avec un étudiant de Leyde »

 

Allemagne : précepteur de Gabrielle de Milhau près de Cologne  et à Neu-Gluck en 1901-1902 où il s'éprit violemment de Annie Playden. CF Rhénanes mais aussi certains poèmes du Guetteur mélancolique.

 

Prague en mars 1902 Cf Le passant de Prague, conte dans L'Hérésiarque et Compagnie.

Visite éclair de la ville où le temps s'abolit, en compagnie du Juif errant, "voyageur heureux et sans but »

Ponts, colline du Hradchin, ruelles mal famées, quartiers populaires, couvents et maisons de passe, synagogues et cafés chantants, palais et vignobles.

CF Vendémiaire : poème qu'il préférait peut-être.

Cf Zone :

 "Tu es dans le jardin d'une auberge aux environs de Prague

Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours

Et tu recules aussi dans ta vie lentement

En montant au Hradchin et le soir en écoutant

Dans les tavernes chanter des chansons tchèques »

 

Londres nov.1903, second voyage en mai 1904

Il y est venu pour revoir Annie Playden qui refusera de le suivre et partira vers l'Amérique où Robert Goffin la retrouvera en 1947 et lui annoncera la gloire d'Apollinaire.

// avec Thomas de quincey qui ne revit jamais Anne, la petite prostituée d'Oxford Street

Cf "Et Thomas de Quincey buvant

L'opium poison doux et chaste

A sa pauvre Anne allait rêvant

Passons passons puisque tout passe

Je me retournerai souvent

Les souvenirs sont cors de chasse

Dont meurt le bruit parmi le vent"

 

En marge de « la chanson du mal aimé ».

En 1915 il écrira à Madeleine : « ...commémore mon premier amour à 20 ans, une Anglaise rencontrée en Allemagne ; ça durera un an, nous dûmes retourner chacun chez nous, puis nous ne nous écrivîmes plus...J'en souffris beaucoup, témoin ce poème, où je me croyais mal aimé tandis que c'était moi qui aimais mal et aussi l'Emigrant de Landor Road.. »

 

Michel Leiris : «  C'est à Paris, et pas ailleurs qu'il a trouvé son terroir, comme le montrent tant de pièces dont le ton est donné par la Seine, par Saint Merri, par la rue Christine et par la tour Eiffel. »

 

Vit à Paris, change souvent de maison.

1899 : un meublé de la rue de Contantinople, puis Rue Victor Marré, puis rue de naples, quartier de la  nouvelle Athènes et de la gare Saint Lazarre.

Misère, bibliothèque rue Mazarine, diplôme de sténographe, secrétaire de « la Bourse Parisienne », rédacteur en chef du ‘Guide des rentiers, moniteurs des petist capitalistes », employé de banque à la Chaussée d'Antin : existence médiocre et difficile.

1905 : Vésinet, hante les bars de la rue d'Amsterdam. Rencontre Picasso à L'Austin Railway restaurant, époque du Bateau Lavoir, de la rue Ravignan.

Cf Zone : Tu marches vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied

« Je n'y devais revenir qu'en l'an 1916 pour être trépané à la Villa Molière »

Après la rupture avec Marie Laurencin : il vivre 202 boulevard Saint Germain où il mourut.

Le Paris du poète n'est pas celui des touristes, mais »Bergère O tour Eiffel le troupeau des ponts bèle ce matin...

Boulevards, rues, places sont les lieux où le poète a ressenti une émotion, auxquels le lie un souvenircf rambarde métallique du Pont Mirabeau pas spécialement attirante sans l'existence du poème.

 

Ex : « Il ya « évoque Montparnasse.

Saint Merri : le Moyen Age, lourd d'hermétisme

Cf Cortèges ô cortèges

C'est quand jadis le roi s'en allait à Vincennes

Quand les ambassadeurs arrivaient à paris

Quand le maigre Suger se hâtait vers la Seine

Quand l'émeute mourait autour de Saint Merri...

 

Seine : Cf Marie :

Je passais au bord de la Seine

Un livre ancien sous le bras

Le fleuve est pareil à ma peine

Il s'écoule et ne tarit pas

Quand donc finira la semaine

 

Vendémiaire :

Et la nuit de septembre s'achevait lentement

Les feux rouges des ponts s'éteignaient dasn la Seine

Les étoiles mouraient le jour naissait à peine

Cf Le F1âneur des deux rives, publication posthume

 

« Triste et mélodieux délire

J'erre à tavers mon beau Paris

Sans avoir le coeur d'y mourir »



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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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