Penser après les cours...!

Extrait de Debout les morts de Fred Vargas (2nde8)

Par cyberblaise - publié le lundi 28 novembre 2011 à 14:58 dans 2nde8 2011-2012

Réponses aux questions du manuel:

I.Un arbre inquiétant

1. Plusieurs détails manifestent la banalité de l'arbre : sa taille (« L'arbre était encore assez jeune pour qu'il puisse en faire le tour avec ses doigts. », l. 1-2), sacomposante: ça ne fait que des feuilles, du bois, des racines" l.7, l'herbe qui l'entoure (« Ça faisait un petit duvet d'herbe clairsemée qu'il caressa avec sa paume. », l. 16-17). Autant de détails qui participent de l'effet de réel. C'est surtout l'emploi du présent de vérité générale, lignes 5-8, qui renforce la dimension familière de l'arbre, qui correspond ainsi à tous les arbres : « Un arbre, ça ferme sa gueule […] muet. » En apparence l'arbre qui a été mystérieusement planté dans le jardin de Sophia ne présente pas de particularités anormales, outre le fait qu'on ne sache pas qui l'a plantélà et quel lien il a avec la disparition de la cantatrice.

Le regard porté par Marc sur l'arbre évolue à partir de la ligne 19 : « Quelque chose n'allait pas. » La description se fait plus précise encore, mais il ne s'agit pas ici de susciter un effet de réel : bien au contraire, il s'agit de montrer que le réel résiste à l'explication réaliste. Paradoxalement, à l'observer trop en détail, le réel familier et quotidien devient mystérieux comme le carré d'herbe à la terre remuée qui entoure l'arbre tel que l'observe Marc.En limitant son regard a une portion de l'espace que l'on ne scrute jamais avec autant de précision dans la réalité, Marc fait apparaître des éléments de l'énigme: des différences de couleurs de terre, des objets qui refont surface et qui sont datables. L'étrangeté du réel domine désormais dans le regard que Marc porte sur l'arbre.

On peut donc établir le plan suivant :− premier paragraphe : observation d'un réel familier et banal ;

− lignes 15-31 : émergence de l'étrange et de l'énigme  par l'attention portée au pied de l'arbre à la terre dans laquelle il est planté.

− lignes 31-46 : tentative de résorber l'énigme par un discours explicatif.

2. Malgré sa conviction que l'arbre est lié à la disparition de Sophia, Marc ne trouve dans un premier temps rien qui vienne étayer cette intuition. La perception de l'arbre évolue lorsque Fred Vargas modifie la position de Marc, qui s'assoit « aux côtés de l'arbre », l. 15. Cette nouvelle position justifie la pause narrative car elle le rend plus attentif aux détails de la terre et des objets présents sur le sol. Deux éléments soulignent alors le caractère énigmatique du décor : la couleur de la terre dans le 2e paragraphe, et un tesson de grès dans le 3e paragraphe. La terre « sombre, grasse, presque noire » ne correspond pas à celle qu'il a découverte avec Mathias lors du premier déracinement de l'arbre.  De plus les adjectifs choisis ont des connotations morbides et pourraient faire penser à une terre qui contient des morts, des cadavres en décomposition.Marc essaie cependant d'y apporter plusieurs explications logiques :

« Du nouvel humus, déjà ? » (l. 27-28), puis « les flics avaient creusé après eux. Peut-être étaientils descendus plus profondément » (l. 31-32). Le tesson de grès découvert ligne 37 renforce cette étrangeté : « un petit tesson de grès, qui lui parut plus xvie que xviiie». Or Mathias l'archéologue a daté les couches de terre claire du xviiie siècle, lignes 24-25 : « Il y en avait dans le fourneau de la pipe blanche qu'il avait ramassée en marmonnant “ xviiie siècle ”. » Pourtant, la solution que Marc apporte à ces éléments étranges et discordants reste insatisfaisante. Il faudra lire la suite du roman pour savoir le fin mot de l'histoire.

3. Plusieurs passages font de l'arbre un suspect ou un complice du crime. Il s'agit en particulier des phrases au discours indirect libre des lignes 5 à 8 : « On n'étrangle pas un arbre. Un arbre, ça ferme sa gueule, c'est muet, c'est pire qu'une carpe ». Dans ce passage, les pensées de Marc attribuent à l'arbre des caractéristiques humaines : il est personnifié. Cette personnification se retrouve dans les paroles du parrain, ligne 44 : « Et qu'est-ce qu'il t'a dit ? »

Dans cet extrait, Fred Vargas joue avec le modèle du roman policier ; on en reconnaît les éléments attendus, mais déformés : l'enquêteur est un historien et le suspect interrogé est un arbre. Car c'est bien à une tentative d'interrogatoire « musclé » que nous assistons lignes 3-4 : « il eut envie de l'étrangler, de lui serrer le cou jusqu'à ce qu'il raconte entre deux hoquets ce qu'il était venu faire dans ce jardin ». L'apparition du hêtre dans le jardin de Sophia n'a en effet jamais été expliquée, même si la célèbre cantatrice avait supposé qu'il s'agissait du cadeau d'un admirateur. Ce traitement particulier de l'arbre crée le suspense car le silence de l'arbre signifie qu'il y a quelque chose de tu, de non dit ou d'indicible, un secret que le roman devra révéler. Ce n'est donc pas anodin si l'adjectif « muet » est répété cinq fois dans le premier paragraphe : le silence de l'arbre, tout naturel et conforme à la réalité qu'il soit, devient énigmatique car il recèle un secret.

II.Enquête et archéologie

4. On retrouve dans Debout les morts la formation initiale de Fred Vargas, historienne et archéologue avant de devenir auteur de romans policiers à succès. Ses connaissances archéologiques sont certainement à l'œuvre dans la description scientifique de la terre que Marc découvre autour de l'arbre. Le vocabulaire se fait très technique : « limoneuse », « humus », « sédiment », « couches ». Après l'étude de la couleur de la terre, la description des objets récoltés au cours de la fouille s'inspire également de l'archéologie : « le fourneau de la pipe blanche » (l. 24), « un petit tesson de grès » (l. 37). Empreintes, ossements, fouilles sont, selon Fred Vargas, autant de points communs entre l'archéologie et l'enquête policière. Ce qu'elle écrit de son personnage, lignes 8-9, s'appliquerait aussi bien à un enquêteur : il « tentait de faire parler ses tas […] d'ossements ». Il est d'ailleurs remarquable que les champs lexicaux de l'archéologie (couleur de la terre et des objets) soient intimement liés aux champs lexicaux de l'enquête (« examina », « aucun doute », « explication»).

5. Dans ce passage, Fred Vargas joue sur le sens propre et figuré du verbe « creuser ». Marc et Mathias ont creusé une première fois pour déraciner l'arbre et voir si ses racines cachaient quelque chose. Puis « les flics avaient creusé après eux », ligne 31. À cette démarche qui s'apparente aux fouilles archéologiques, s'unit l'enquête. Qu'est-ce qu'enquêter en effet sinon creuser, de façon imagée, pour trouver une vérité cachée, enfouie sous les apparences ? On peut voir encore dans cette expression une autre interprétation. Les « couches de terrain » peuvent évoquer de façon métaphorique les différents niveaux d'interprétation d'une lecture.

Bien lire, c'est voir sous la surface des choses, et le bon lecteur est celui qui creuse, qui s'interroge sur les indices que lui révèle sa lecture, et qui essaie de les interpréter, comme le font l'archéologue et l'enquêteur.


Urgent spectacle France- Allemagne annulé! (2nde8)

Par cyberblaise - publié le mardi 22 novembre 2011 à 18:17 dans 2nde8 2011-2012

Comme il vous l'a été dit ce matin, le spectacle France-Allemagne de vendredi 25 novembre est annulé en raison de l'hospitalisation de l'un des comédiens. Soit le spectacle vous sera remboursé, soit ce qui est plus probable nous irons en voir un autre ensemble.

Nous en parlerons samedi matin.

Chercheur de traces Bernard Bloch, metteur en scène de Nathan Le Sage

Par cyberblaise - publié le mercredi 9 novembre 2011 à 12:43 dans 2nde8 2011-2012

France- Allemagne (Prochain spectacle dans l'abonnement des secondes 8)

Par cyberblaise - publié le mardi 8 novembre 2011 à 19:54 dans 2nde8 2011-2012

En savoir plus ici:

http://www.comedie-est.com/index.php?file=spect&id_spect=135


Avant le spectacle de théâtre vous pouvez assister le jeudi 10 novembre à la projection du fameux match accompagné de musique live au cinéma Colisée de Colmar:

Festival de cinéma de langue allemande.
Ciné-concert « Séville 82 ».
Ciné-télé concert par RED + TESSIER + MARINESCU, Espagne, 1982. Coupe du Monde de football.
Ce jeudi 8 juillet, le stade Sánchez Pizjuán de Séville est bondé. Soixante-dix mille spectateurs sont réunis pour la demi-finale qui oppose la France à l'Allemagne (à l'époque R.F.A). Autour de cette rencontre sportive légendaire, le trio retrouve son terrain de jeu favori, la scène, pour en livrer une interprétation intense et personnelle.

Au croisement de la pop-rock et du football, de l'image, du son et de la musique, ce ciné-télé concert entraîne le spectateur dans une vision unique, inventive et étonnante de ce match qui a marqué toute une génération.
Jeudi 10 novembre à 20h au Colisée Colmar
Tarif réduit pour les abonnés de la CDE

Nathan le Sage: s'imaginer le XIIème siècle (2nde8)

Par cyberblaise - publié le lundi 7 novembre 2011 à 19:16 dans 2nde8 2011-2012

Ce documentaire sur un autre ordre de chevaliers que les Templiers, les chevaliers teutoniques, peut vous aider à vous représenter cette époque et les croisades contre Saladin:

http://videos.arte.tv/fr/videos/les_chevaliers_teutoniques-4237616.html

Préparation à Nathan le Sage (2nde8)

Par cyberblaise - publié le vendredi 4 novembre 2011 à 12:59 dans 2nde8 2011-2012

Samedi 5 novembre sur France 4 à 20h38 un film de fiction sur la période des Croisades au XIIème siècle, qui vous donnera une idée de qui sont les Templiers. A ne pas manquer.

Bande Annonce:


http://www.dailymotion.com/video/xczvzt_arn-chevalier-du-temple-bande-annon_shortfilms

Boule de Suif, la description des passagers de la voiture (7questions de préparation)

Par cyberblaise - publié le mardi 25 octobre 2011 à 15:51 dans 2nde8 2011-2012

Boule de Suif

Depuis « Tout au fond, aux meilleures places (…) meublée de quenottes luisantes et microscopiques »

Premières impressions sur le texte : galerie de portraits, les personnages qui ont pris place dans la voiture pour fuir Rouen au moment de la défaite contre les Prussiens sont décrits. Cf phrase qui précède le découpage :  « Dans la voiture on se regardait curieusement, à la triste clarté de cette aurore » : focalisation interne suggérée  par « on se regardait », effacement du narrateur omniscient  au profit des passagers qui se regardent mutuellement, ambivalence du « on »?  Pourtant la voix ironique du narrateur est très présente.

Curiosité du lecteur : qui sont-ils, pourquoi partent-ils ? Toujours pas de présentation de l'héroïne éponyme, attente : sera-t-elle parmi les passagers ? Oui la dernière présentée.

Réalisme : observation des gens qui voyagent avec nous naturelle. Y-aura-t-il comme dans le début du texte une dimension critique dans cette description des passagers de la voiture ? Voix critique perceptible à l'ironie.

1.       Enonciation : mixte de narration omnisciente très présente, impression que le narrateur connaît tout de ses personnages ( précision du savoir sur les voyageurs, adresses par exemple « la rue du grand pont », origine de leurs biens , positions politiques, arrangements des mariages, réputations etc)et de focalisation interne suggérée dans les transitions avec des verbes de perception rapportés aux personnages.

 

2.       Structure du passage : Des plus riches au moins bien lotis socialement  cf connecteurs spatiaux en début de paragraphes : « tout au fond, aux meilleures places » : plus confortables, moins près de l'entrée et sortie de la voiture, plus chaudes ?

-  M. et Mme Loiseau, marchands de vin en gros : 5 paragraphes : 4 pour lui ( origine de sa fortune, portrait moral dévalorisant : parvenu : ancien commis d'un patron ruiné », réputation de « fripon madré, un vrai Normand plein de ruses et de jovialité », anecdote de « L'oiseau vole » mot d'esprit qui a fait le tour de la ville, farceur bien connu, effet de réel lié au discours direct, à l'ancrage dans la société rouennaise évoquée,  portait physique caricatural, 1 pour sa femme : physique en opposition avec celui du mari, portrait moral soulignant la femme de tête : décision, ordre et arithmétique.

-« Caste supérieure « : M. Carré-Lamadon : « coton, propriétaire de trois filatures, officier de la Légion d'honneur et membre du conseil général » : notable, renseignements sur ses positions politiques : chef de l'opposition bienveillante : pour obtenir plus de gain lors de son ralliement, diplomate mais aussi intéressé. Ironie du narrateur ; Mme Carré-Lamadon, plus jeune que son mari : belle femme, insinuation de séduction pour les jeunes officiers envoyés à Rouen, un paragraphe pour le portrait : répétition de « toute » hypocoristique, rythme ternaire, « petit, jolie, mignonne » : insistance sur sa séduction, richesse : pelotonnée dans ses  fourrures » focalisation interne : malheureuse et se sentant déclassée dans la voiture : « regardait d'un œil navré l'intérieur lamentable de la voiture »

-Le Comte et la Comtesse Hubert de Bréville : vieille noblesse normande, importance du nom : 3 paragraphes. Ridicule du portrait physique pour accentuer sa ressemblance avec le roy Henry IV, fierté royaliste : parti orléaniste, collègue de Carré-Lamadon, mais opposé politiquement, mésalliance : comtesse fille d'un petit armateur de Nantes : mais talent de la Comtesse pour se faire accepter par le milieu noble : premier salon du pays, fortune.

 

-Paragraphe qui résume le « fond de la voiture » : « le côté de la société rentée, sereine et forte , des honnêtes gens autorisés qui ont de la religion et des Principes » : toujours ironie !

 

-deux bonnes sœurs qui égrenaient de longs chapelets. Portrait physique très négatifs : une vieille : face défoncée par la petite vérole, autre, plus jeune, "très chétive, une tête jolie et maladive sur une poitrine de phtisique", lien entre physique et caractère : « rongée par cette foi dévorante qui fait les martyrs et les illuminés »

- Cornudet, « le démoc, la terreur des gens respectables ». Autre bord politique,républicain, « barbe rousse » : signe du diable, fréquente les cafés, a mangé la fortune familiale : toujours ironie du narrateur, républicain de café, rentier lui aussi, pas reconnu comme vrai républicain. Portrait plus nuancé, pas entièrement antipathique : « fort bon garçon, inoffensif et serviable » ardeur incomparable d'organiser la défense, mais ironie cinglante : préparatifs militaires : trous, couper les arbres, semer des pièges » pas guerrier, actes de lâche : replier vivement vers la ville, et partir pour le Havre au prétexte d'être plus utile là-bas.

-Boule de Suif, femmes galantes : portrait physique qui explique le surnom : « embonpoint précoce » : caricature du portrait hyperbole du gras mais « appétissante » d'abord corpulence générale, puis visage : yeux et bouche. Eloge.

 

Une société en miniature,  microcosme du Second Empire défait par les Prussiens, vont par couples, insinuation d'un lien possible dans la suite de l'histoire entre Cornudet et Boule de Suif, plus proches politiquement ? Seule la prostituée a droit à un portrait élogieux, tous les autres sont croqués de façon très ironique. Les deux derniers personnages ont droit à des paragraphes plus longs. Toujours indications sur le physique et portrait moraux, liens entre les deux ?

 

3.       Champs lexicaux intéressants : - celui de l'argent, du bien matériel : « ruiné, dans les affaires, acheté le fonds, fait fortune, vendait très bon marché, impayable, arithmétique, posé dans les cotons, propriétaires de trois filatures, se faire payer plus cher, biens-fonds, cinq cent mille livres de revenu, rentée, belle fortune. » Interprétation : Pour les hommes position sociale liée au revenu, intérêt pour les choses matérielles caractérise toutes les classes sociales, critique d'une société fondée non sur le travail mais sur la rente ou la malhonnêteté.

-          Celui de la politique : caste supérieure, considérable, légion d'honneur, conseil général, chef de l'opposition, Empire, combattait, nobles, noms, vieux gentilhomme, roy, parti orléaniste, le democ, cafés démocratiques, république, consommations révolutionnaires. Interprétation : Positions liées au pouvoir politique, à la naissance, plusieurs tendances sont représentées.

-          Champ lexical de l'immoralité : fripon madré, ruses, filou, Loiseau vole » essentiellement pour Loiseau . Interprétation : personnage malhonnête, qui trompe son monde mais qui divertit : fait rire, farceur, jovialité, amorce pour la suite du récit ?

-          -Pour Cornudet : combat : retraite, ardeur incomparable, organiser la défense, préparatifs, pièges. Interprétation : ironie, faux combattant, à l'arrière, uniquement défensif, annonce d'une lâcheté future ?

-Séduction féminine : demeurait la consolation des officiers, mignonne, jolie, grand air, vieille galanterie, galantes, appétissante, plaisir à voir, yeux noirs magnifiques, bouche charmante, pour le baiser. Interprétation : rivalité entre deux types de femmes, Boule de Suif et Mme carré-Lamadon, charme de la Comtesse ? Le lecteur se demande ce que produira la promiscuité entre ses hommes et ses femmes.

-Embonpoint : ronde de partout, grasse à lard, doigts bouffis, chapelets de courtes saucisses, peau luisante et tendue, gorge énorme qui saillait sous sa robe.

- Nourriture, appétit, désir : lard, saucisses, appétissante, fraîcheur, pomme rouge.

Boule de Suif présentée comme un objet de consommation, un être qui suscite l'envie de la dévorer, opposition entre l'embonpoint et la bouche « étroite, humide pour le baiser » : les plaisirs de la chair et de la bouche, naturalisme : appétits et instincts.

Champ lexical de la réputation : passait parmi ses connaissances et ses amis, sa réputation, le mot vola à travers les salons du préfet puis gagnant ceux de la ville avait fait rire pendant un mois, célèbre, personne ne pouvait parler de lui sans, considérable, demeurée mystérieuse, passait pour avoir été aimée, disait-on, bien connu,, célèbre . Interprétation : importance du commérage dans la société, chacun veut paraître, s'observe et médit.

 

4.       Syntaxe : phrases descriptives à l'imparfait, plus que parfait pour l'évocation de faits antérieurs au voyage vers le Havre, beaucoup d'expansions du nom : adjectifs, propositions relatives, c. du nom, conformément aux attentes pour un texte descriptif.

 

5.       Figures de style : antithèse :  «  Il vendait à très bon marché de très mauvais vins »: souligne la malhonnêteté de la démarche commerciale de Loiseau, pas de scrupule à vendre de la mauvaise marchandise à des gens qui n'y connaissent rien, prix en conséquence mais tout bénéfice pour lui ? « Plein de ruses et de jovialité » : antithèse encore : cache sa malhonnêteté sous des apparences joyeuses, de bon vivant ; jeu de mot sur voler : Loiseau vole, le mot lui-même vola.

 

« toutes les mâchoires de la province » : métonymie qui accentue l'image du rire carnassier de la réputation qui dévore les êtres : caricature, importance du qu'en dira-ton, de la réputation en société.

«  ventre en ballon » : métaphore d'un embonpoint, contraste des couleurs rougeaude et gris des favoris. Opposition des silhouette mari et femme : effet burlesque.

 

« posé dans les cotons » : métaphore de l'assise sociale de l'homme propriétaire des filature.

Ironie du narrateur : chef de l'opposition bienveillante, uniquement pour se faire payer plus cher son ralliement à la cause qu'il combattait avec des armes courtoises » euphémisme pour dire que son engagement était intéressé

« demeurait la consolation des officiers » : ironie, beauté sur le retour qui malgré le mariage a des aventures extra conjugale, dénonciation de l'hypocrisie des couples et de la société ; gradation : toute petite, toute mignonne, toute jolie : séduisante, donnant envie qu'on l'aime, la protège.

« Société rentée, sereine et forte » trois adjectifs mis sur le même plan mais plutôt lien de cause à effet : sereine  et forte parce que « rentée » : pas de souci à se faire quand on a de l'argent sans avoir à travailler. Ironie puisque les personnages en fait fuient et ne sont pas sereins du tout. Ironie de «  honnêtes gens autorisés qui ont de la Religion et des Principes » hypocrisie dénoncée.

Comparaison de la vérole à la « mitraille » : maladie vénérienne assimilée à la guerre, ironie encore car bonne sœur. Foi qui rend malade pour l'autre ; hyperbole du fanatisme : « rongée par cette foi dévorante qui fait les martyrs et les illuminés » : la religion n'est pas épargnée dans la satire.

« La terreur des gens respectables » : hyperbole ironique vu le portrait en lâche et en benêt qui est fait de lui en suite  cf « inoffensif », antithèse entre « ardeur incomparable » et « organiser la défense », ardeur généralement pour l'attaque, le vrai combat. Contraste avec le repli vivement vers la ville : il n'est vivant que pour faire retraite et pour de nouveaux « retranchements ».

Comparaison des doigts avec des saucisses, hyperbole du gras : métaphore filée d'une nourriture riche et appétissante pour le corps de Boule de Suif. Métaphore de la pomme pour la figure reprise par l'image du bouton de pivoine prêt à fleurir : connotation érotique évidente. Yeux  agrandis par la métaphore du cil devenu arbre qui ombrage : effet hyperbolique, yeux sombres. Amorce pour la suite : séduction mais aussi mélancolie : insistance sur l'ombre par la reprise des sonorités. Bouche en contraste par son étroitesse, la petitesse des dents  avec le corps imposant, métaphore d'une chambre d'amour : « meublée de quenottes luisantes et microscopiques »


Introduction pour le commentaire de la nouvelle "Coco"(2nde8)

Par cyberblaise - publié le mercredi 19 octobre 2011 à 10:15 dans 2nde8 2011-2012

La célébrité de Maupassant est largement liée au succès de ses nombreuses nouvelles. Tout le monde connaît "Le Horla" et "Boule de Suif". Profitant de l'essor de la presse populaire qui publiait volontiers des récits brefs, il en a écrit plus de trois cents. Beaucoup se situent dans un contexte qu'il connaissait bien, la campagne normande, où il a vécu, mais la description réaliste qu'il fait du milieu paysan n'est guère en sa faveur, bien au contraire.

Dans la nouvelle "Coco", Maupassant reprend un thème qu'il avait déjà traité dans "L'Aveugle", celui de la persécution d'un être fragile et infirme par son entourage qui lui reproche son inutilité, son manque de rentabilité. Dans les deux récits, Maupassant dénonce la cruauté humaine. "Coco" est le nom d'un vieux cheval qu'un jeune goujat de 15 ans, Isidore Duval,va affamer jusqu'à ce que mort s'en suive, sans aucun remords ni la moindre compassion. Une fois de plus Maupassant va mettre le réalisme au service d'une argumentation, de la satire du comportement des paysans normands.

Nous montrerons d'abord que le portrait du cheval Coco vise à susciter la sympathie du lecteur au détriment de celui de Zidore qui est très dévalorisant, puis nous soulignerons que, dès l'incipit de la nouvelle, le narrateur a pris position et qu'il dénonce la cruauté du garçon.

Projet de classe 2nde 8

Par cyberblaise - publié le mercredi 5 octobre 2011 à 11:02 dans 2nde8 2011-2012

La 2nde8, une classe de seconde à projet : Initiation à l'analyse de la représentation théâtrale, cinématographique et romanesque.

Comment recevoir et analyser une œuvre littéraire, cinématographique, théâtrale?

Objectifs : Faire prendre conscience de l'offre culturelle et artistique de proximité et de ce que le contact avec les œuvres et les artistes offre comme possibilité de construction de soi.

-Développer des compétences d'accueil de l'Autre : regard, écoute, échange, prise de parole.

-Développer des compétences d'analyse : du repérage d'indice à la construction de sens possibles et partageables.

-Développer des compétences d'expression : dire ses impressions, nuancer son propos, argumenter pour fonder son propos.

3 axes :

 

 1.Abonnement théâtre à la CDE (21 euros pour les familles) : Abonnements à 7€ pour 35 élèves de l'Ecole du spectateur  + 3 accompagnateurs

- « France Allemagne » le vendredi 25 novembre à 20h30

- « Nathan le sage » le vendredi 3 février à 20h30

- « Ce matin, la neige » le jeudi 12 avril à 19h (Rencontre avec les artistes à l'issue de la représentation)

 

 +projet de suivi de la création de Nathan Le Sage de Lessing : dispositif

Ecole du Spectateur.

 Le projet : une compagnie théâtrale, un Centre dramatique régional, sept lycées autour d'un projet de création sur un territoire.

 Ce dispositif vise à permettre à six  classes de lycéens de suivre une création théâtrale en Région, depuis la mise en répétition du spectacle jusqu'à la représentation, en favorisant les rencontres entre l'équipe artistique, les enseignants et les élèves.

En 2012, ce dispositif sera centré sur la création de Nathan Le Sage de Lessing. Ce spectacle sera créé par la compagnie Le Réseau dirigée par Bernad Bloch. Les répétitions auront  lieu à la Comédie de l'Est du mardi 03 janvier au samedi 21 janvier 2012 (générale le lundi 23 janvier). Les représentations se dérouleront du mardi 24 janvier 2012 au samedi 11 février 2012.

 

.Etablissements participants à l'opération et professeurs coordonateurs :

 

    Lycée Bartholdi de Colmar ,

    Lycée Blaise Pascal de Colmar, Christine Ottenwelter

    Lycée Louise Weiss de  Sainte – Marie – aux – Mines, Caroline Monchaussé

    Lycée Schwilgué  de Sélestat, Jean-Yves Fick et Yves Kilidjian

    Lycée Koeberlé de Sélestat, Audrey Siméon

    Lycée Deck de Guebwiller, Eric Floerke

    Lycée Ribeaupierre de Ribeauvillé, Caroline Reys

 

Dans chacun de ces établissements, une classe de seconde participera à l'opération, soit dans le cadre disciplinaire, soit dans le cadre des enseignements d'exploration. Des ramifications pourront être envisagées avec les sections européennes, Abibac, classe à profil «  analyse de la représentation. Des prolongements pourront être envisagés avec les classes de premières, par exemple sous la forme de présentation par les élèves de seconde  aux élèves de premières, préparant ces derniers à la représentation. Les élèves concernés seront des élèves de seconde ou éventuellement de première ou de  de terminale, l'idéal étant de faire bénéficier de cette opération les élèves qui ne pratiquent pas l'art dramatique dans le cadre d'un atelier ou d'une option théâtre. Au total ce seront plus  de 180 lycéens qui participeront à l'opération.

 Mise en œuvre

 -Septembre 2011 à janvier 2012 

Travail d'accompagnement des enseignants  avec les élèves autour de la créationde Nathan le Sage.

.-Entre le 9 et le 20 janvier : rencontre, visite de la CDE et répétition ouverte

Entre le 9 et le 20 janvier  (à définir en septembre) , les élèves des six classes :

-rencontrent pendant deux heures Bernad Bloch ou son assistante, Catherine Umbdenstock . Cette rencontre se déroule au lycée.

-participent ( en aval de la première rencontre) à une visite de la Comédie de l'Est, suivie d'une répétitition ouverte incluant un échange avec le metteur en scène, les comédiens et l'ensemble de l'équipe artistique.

Les élèves viennent sans leurs téléphones portables.

-Entre le 31 janvier et le 9 février 2012 :le spectacle

Les élèves assistent à une représentation de Nathan le Sage à la Comédie de l'Est, en soirée, suivant le calendrier suivant

Vendredi 3 février : Lycée Blaise Pascal de Colmar, 35 élèves et 3 accompagnateurs

-Entre le 10 février et le 15 mars 2012 : écriture, mise en espace

Travail de production écrite autour du spectacle, sous la forme d'articles de presse, de critique du spectacle.

La date de remise de ces travaux est fixée au 15 mars 2012 ( à remettre au secrétariat des IPR au rectorat de Strasbourg, à l'attention de Dominique Willé et de Jean-Pierre Grosset-Bourbange). Les enseignants veilleront à préselectionner 3 à 4 productions par classe pour cet envoi.

Les élèves et enseignants prépareront aussi un moment scénique pour la cérémonie de clôture, avec le contraintes suivantes :

 3 minutes

- 3 objets scéniques (« accessoires », éléments de costumes etc…)

Le tout en lien avec Nathan le Sage et ses thématiques, avec ou sans texte, choral ou non.

-30 Mars 2012 : clôture à Sainte-Marie-aux-Mines

Le 30 mars 2012 (14h-17h) se déroulera, au théâtre municipal de Sainte-Marie-aux-Mines, la cérémonie de clôture de l'opération.Cette cérémonie récompensera les meilleures productions écrites d'élèves ( prix individuels et collectifs ;ces productions pourront être valorisées dans la presse locale).Ce sera un moment festif où les élèves présenteront leurs productions scéniques de trois minutes. L'ensemble sera précédé par une visite contée du patrimoine de la ville.

Chaque établissement sera représenté par quelques élèves  (+ ou -  6 élèves).Le transport se fera par véhicules personnels.

 

 2. Dispositif « Lycéens et apprentis au cinéma » en partenariat avec le cinéma Colisée, gratuit pour les élèves et sur le temps scolaire, dates fixées ultérieurement : To be or not To be de Lubitch,  A bout de course de Sydney Lumet, Valse avec Bachir.

3. Projet Passbouq  (liaison 3ème /seconde avec le collège Pfeffel): La vision du monde transmise par le roman : défi lecture complémentaire de l'étude en classe de français du roman,  qui donnera lieu à la lecture de six romans contemporains et à  deux rencontres entre les classes de 3ème de Pfeffel et la 2nde8 pour élire  le prix Passbouq et le remettre au romancier primé.


Revoir " Les Corbeaux " de Kurosawa.

Par cyberblaise - publié le samedi 24 septembre 2011 à 15:12 dans 2nde8 2011-2012

http://www.dailymotion.com/video/x8xswn_reves-les-corbeaux-akira-kurosawa_shortfilms


« Nous suivons donc un jeune peintre japonais interrogeant les tableaux de Van Gogh, entrant littéralement dans l'oeuvre. Le décor en trois dimensions sera relayé par le décor reproduit par les techniques  de l'informatique, et ce, de façon manifeste; la vérité dont il est question ici est celle non de la reproduction d'objet, mais de la transposition d'une démarche.

Première façon, un peu trop évidente à mon goût toutefois, dont le cinéaste témoigne de son attention

au travail de l'artiste. Il nous rappelle que le film est travail. Comme si ce traitement qui nous mène de la

galerie, au décor champêtre (en studio), à l'infographie ne suffisait pas, Kurosawa, depuis

Kagemusha, insiste toujours, en entrevue, sur le travail effectué.

Dans le récit même, c'est le travail de l'artiste qui est sujet de la rencontre, dans l'oeuvre, des deux peintres.

Van Gogh est joué par un cinéaste, Martin Scorsese, admirateur de l'oeuvre de Kurosawa et auteur lui-même d'un sketch de New York Stories où il insiste sur cette découverte de son héroïne: ce qu'elle aime,

ce n'est pas l'homme, o?est le travail du peintre,l'homme n'est pas modèle de vie, prince charmant,

mais modèle en tant qu'artiste, et, à cet égard la caméra se portera aussi bien sur la palette et les

détails du tableau, que sur l'ensemble.

Cette rencontre d'un jeune peintre nippon avec le peintre hollandais se fait sous le signe du travail, de

l'urgence de peindre. C'est, on l'a vu, à la correspondance de Van Gogh que Kurosawa emprunte la

métaphore de la locomotive — on se souviendra de ce film sur le cinéma qu'est la Nuit américaine où

Truffaut, personnage de réalisateur, définit le cinéma comme un train qui fonce dans la nuit, et rappelle à

l'assistante, que le travail est tout, l'obsédant d ' ailleurs jusque dans ses rêves. Ici, Scorsese a adopté les

gestes imitant le mouvement des montants d'acier reliant les roues d'une locomotive; Van Gogh parle

de locomotive, le son de la locomotive se fera entendre. Ainsi l'artiste suit comme sur un rail la

vision à fixer... Van Gogh ajoute qu'il n'a pas de temps à perdre en conversations inutiles avec un

admirateur. Pourquoi? Parce que le soleil modifie la lumière dans sa course. Le peintre doit saisir le

moment. Van Gogh est en quête d'harmonie avec le cosmos plus qu'avec la société: on passera des

tableaux à traces humaines (lavandières, maisons) aux tableaux vides de présence humaine, dont le

dernier, celui des Corbeaux, qui donne son titre à ce rêve. Kurosawa a pris soin d'expliquer quel tour de

force, quel travail son tournage avait été, les centaines de corbeaux dressés, les uns pour voler dans une

direction, les autres dans une autre, tous, lâchés en un seul moment, qu'il fallait saisir, car aucun oiseau

n'était dressé à revenir... Saisir l'instant.

À ce moment, il reste à Van Gogh à peine quelques mois à vivre. S'il l'ignore, Kurosawa et nous le

savons. Comment alors ne pas penser à l'âge du cinéaste, né en 1912, pressé de filmer, tant qu'il en a

la force (il fera d'autres films après celui-ci)? L'obsession du temps pour le Van Gogh de Kurosawa n'est

pas ouvertement celle de la mort qui vient, mais celle de la nuit. C'est le soleil qui nourrit le paysage à

peindre, soleil épié, symbole du Japon, plus que cela: source mythique des Japonais eux-mêmes qui en

seraient issus.

Filmer les Corbeaux, c'est donc donner de façon indirecte un autoportrait d'un artiste fou de cinéma,

artiste qui, à près de 80 ans, ressuscite le jeune peintre qu'il rêvait d'être à 20 ans, sa conception du

travail de l'artiste retrouvée, imaginée en Van Gogh, enrichie des influences esthétiques et religieuses qui

n'ont cessé de l'alimenter, en cela, ayant encore 20 ans, nous disant, voici où j'en suis. Au milieu du

champ des corbeaux, oiseaux néfastes en Occident, signes de la réalité de la mort qui vient, oiseaux fastes

en Orient, messagers des dieux, du sens de notre commune union à tout ce qui est vivant, à tout le

vivant, y inclus la mort, qu ' il faut savoir accompagner d'une procession funéraire, non pas funèbre, mais

joyeuse. » Claude R. Bouin

 

Compte rendu de l'exposition de dessins de Kurosawa:

http://www.toutpourlesfemmes.com/conseil/Akira-Kurosawa-dessins-du-Cineaste.html?artpage=1-7



Page précédente | Page 3 sur 4 | Page suivante
Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
«  Juillet 2026  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Derniers commentaires

- Apollinaire sur prepabac.org (par Visiteur non enregistré)
- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Merci (par Visiteur non enregistré)
- Remerciment (par Visiteur non enregistré)
- eethetyh (par Visiteur non enregistré)

Canal RSS

Abonnement