Mon amour d'Emmanuel Adely, adaptation Catherine Javolayès.
Voici le lien avec le site de l'écrivain: http://emmanueladely.free.fr/spip/
Jetez un oeil sur son journal d'Egypte!
Vous pouvez également regarder ce site sur le peintre E. Hopper dont Catherine a parlé en cours et dont elle s'est inspirée pour les lumières et le décor du spectacle:
http://www.artliste.com/edward-hopper/
Un petit tour sur le site de la compagnie LeTalon Rouge:
http://www.compagnie-letalonrouge.fr/
en particulier d'autres extraits du texte que ceux que je vous ai lus ce matin:
http://www.compagnie-letalonrouge.fr/spip.php?rubrique19
Recherches sur Balzac des 2nde6
Interview d'Umberto Ecco , l'auteur du roman Le Nom de la rose
Commentaire rédigé de l'extrait du chapitre 1 Balzac et la petite tailleuse chinoise
Balzac et la Petite tailleuse Chinoise, roman publié en 2000 par le cinéaste et romancier Dai Sijii est le récit de la rééducation subie par deux jeunes garçons, Luo et le narrateur, pendant la Révolution Culturelle de Mao Zedong. Le premier chapitre de ce roman décrit l'arrivée des deux protagonistes dans le village de la montagne où ils ont été envoyés. Un retour en arrière permet au narrateur de revenir sur l'épisode le plus douloureux de leur amitié, une scène de dénonciation publique des « crimes » du père de Luo, coupable d' « être une puante autorité savante » selon le régime et d'avoir « soigné les dents « d'un ennemi de Mao. Cet extrait nous permet de saisir les enjeux du roman à un double niveau, celui des personnages d'abord puisque le récit nous livre un moment de mise à l'épreuve de l'amitié entre les deux adolescents et celui des circonstances historiques puisque l'épisode dénonce sans ambigüité le régime maoïste comme un régime totalitaire de violence et d'arbitraire judiciaire.
La fonction de cette scène de retour en arrière est clairement de renseigner le lecteur sur la force du lien amical qui unit les deux héros du roman. Dans le premier paragraphe, le narrateur en utilisant le superlatif « le meilleur ami de ma vie » fait explicitement l'aveu du caractère absolu, exclusif, de l'amitié qui les a reliés dans le passé ; l'emploi du passé simple, en revanche, signale que cette amitié n'existe plus de la même façon au moment où le narrateur rédige son histoire, qu'elle appartient à un passé révolu.
Les phrases qui suivent l'aveu suggèrent des explications à cette amitié exceptionnelle dans la plus pure tradition chevaleresque : une enfance commune (« Nous grandîmes ensemble »),des parents qui travaillent dans le même hôpital, « des épreuves » à surmonter « parfois très dures » comme celle qui sera évoquée et qui est la plus marquante, un accord sur l'essentiel puisqu'ils ne se disputaient que « très rarement ».
Le corps du récit va d'ailleurs se concentrer sur la seule fois où cette amitié a semblé en péril puisque le narrateur révèle qu'il peut dater de « l'été 1968 » la seule fois où ils se sont « battus », à la suite de la scène d'humiliation publique du père de Luo. Alors que les deux adolescents quittent le terrain de basket où se déroule la dénonciation publique et que le narrateur se met à pleurer en songeant à l'amour qu'il porte au « vieux voisin, le dentiste » qu'est le père de Luo, ce dernier le « gifle » sans explication et manque le jeter à terre. Le texte est très elliptique, le geste de violence n'est pas explicité et demeure mystérieux pour le lecteur comme peut-être pour le narrateur, mais il invite à la réflexion. Qu'est-ce qui a pu motiver ce geste d'agressivité à l'égard du meilleur ami ?
Le lecteur peut suggérer plusieurs pistes : Luo en proie à la rage et à la révolte face à la scène à laquelle il vient d'assister retourne son impuissance contre la seule personne qui a été témoin également de l'humiliation du père, la tension accumulée- chaleur, bruit assourdissant du haut-parleur et des cris, torture et humiliation du père- se résout en un geste de violence disproportionnée. Peut-être Luo refuse –t-il l'attendrissement des larmes qui ferait qu'il s'effondre mentalement et préfère-t-il réagir par la violence pour rester dans la logique héroïque qui avait présidé à sa demande d'aller sur le lieu de la dénonciation publique, en effet, au discours direct, le texte révèle l'objectif du courageux Luo : « on va identifier ceux qui dénoncent et battent mon père, et on se vengera d'eux quand on sera plus grand. » Ce projet de vengeance nécessite de la force, un endurcissement du cœur et pas l'attendrissement sur soi et sur le père, peut-être Luo n'a-t-il pas supporté la différence de réaction entre le narrateur et lui et l'a-t-il perçue comme une trahison ?
Sans doute aussi les deux jeunes gens ont-ils compris l'extraordinaire courage du père qui parvient à ne pas se laisser aller à des confidences scabreuses, d'autant plus humiliantes qu'elles auraient été des mensonges en disant « mais dès que je l'ai touchée, je suis tombé…dans les nuages et le brouillard », les trois points exprimant le temps du sursaut nécessaire pour inventer la parade qui affirme la liberté du père inaliénable face à ceux qui cherchent à le dégrader moralement. Pour Luo peut être faut-il se maintenir à la hauteur du père et ne pas se laisser aller aux larmes.
E tous les cas, l'unique violence de Luo à l'égard du narrateur est un souvenir marquant puisque le narrateur avoue qu'il s'en souviendra toujours.
Venons-en maintenant à la deuxième fonction de ce récit. Le passage est l'un des rares moments du roman où la dictature maoïste apparaît dans son horreur intégrale sans être traitée avec ironie ou humour et où l'écrivain fait comprendre que son œuvre peut être lue comme un roman engagé contre les totalitarismes, les autorités chinoises ne s'y sont d'ailleurs par trompées puisqu'elles ont longtemps interdit la traduction du roman en Chine malgré son succès international .
La scène de dénonciation publique met en lumière l'arbitraire judiciaire exercé par le régime puisque l'on assiste à une parodie de procès qui est en fait un lynchage public : les chefs d'accusation sont variés et qualifiés par le terme hyperbolique de « crime ». Est-il violenté parce qu'il est « réactionnaire », donc pour une raison d'opposition politique, parce qu'il aurait commis un adultère en trompant sa femme avec une infirmière donc pour une raison morale, parce qu'il aurait commis un abus de pouvoir en harcelant une subordonnée ?
Peu importe les griefs donc, la mise en scène- tribune en plein air sur un terrain de sport, normalement réservé à une manifestation heureuse et festive, en présence d'une foule signalée par un champ lexical hyperbolique « bondé, grouillait, toute la foule, deux milles personnes, foule d'inquisiteurs », dans un bruit assourdissant et terrifiant comme le prouve la répétition du verbe « hurler », la présence du haut-parleur et les cris- vise à humilier le prévenu : la posture est humiliante, il est obligé de « s'agenouiller au centre de la tribune », la pancarte suspendue à son cou fait qu'il courbe sa tête « de plus en plus bas », les questions qui touchent à l'intimité et qui sont scabreuses –« Comment ça s'est passé ? C'est toi qui l'as touchée le premier ou c'est elle ?», jouant des bas instincts de la foule qui veut en savoir plus, sont elles aussi humiliantes.
L'ensemble vise aussi à distiller la peur chez les gens qui sont obligés d'assister à la réunion. L'on voit bien qu'ils ont perdu leur libre arbitre individuel et se laissent embrigadés, en particulier car ils deviennent tous l'accusateur et le tortionnaire du dentiste comme on le voit à la progression des termes qui le désignent : d'abord c'est le « haut-parleur » personnifié qui « hurle », ce qui signale déjà une déshumanisation de l'accusation, puis c'est un homme à « la voix menaçante » appelé l'« inquisiteur », mot qui signifie au sens propre « celui qui pose des questions » mais dont la connotation est de sinistre mémoire, puisque c'est ainsi que l'on appelait le prêtres fanatiques qui torturaient les pseudo hérétiques, dans les procès en sorcellerie. Puis la foule s'unit en criant « comme un seul homme » et le cri est comparé par le narrateur à un « coup de tonnerre » et prend alors une force cosmique, puisque tel un oiseau de malheur, il « tournoie » au-dessus des têtes, et finalement la foule entière est dite composée « d'inquisiteurs fanatiques », chacun étant devenu bourreau. Les gens sont d'ailleurs dépossédés de leur humanité dès le début de la description de la scène, par métonymie, réduits à des « têtes noires » qui « grouillent » comme des insectes. A la fin elle « se déchaîne » comme une force brute, sans retenue possible. Une telle foule ne peut éprouver aucune compassion ni utiliser sa raison pour produire un véritablement jugement, ce qui est évidemment exclu par ceux qui manipulent ainsi la foule.
La scène s'apparente donc à une véritable scène de torture collective et la souffrance éprouvée par le père de Luo est aussi physique que morale : « la grande pancarte en ciment » lui cisaille le cou puisque « le fil de fer s'enfonçait et disparaissait presque dans sa peau » ; le père sue terriblement puisque de loin le narrateur croit voir « une large tache noire, formée par sa sueur ».Il faut approcher le micro de ses lèvres, sa réponse est qualifiée de « faible » presque tremblante ». Mais malgré les apparences, le père lutte encore pour ne pas se laisser avilir complètement puisqu'il ne se lance pas dans le récit scabreux et fictif attendu par la foule dont les instincts de meurtre sont déchaînés, il garde une relative maîtrise de sa parole, ce qui prouve sa résistance et son courage.
Par cette scène, Dai Sijii rend hommage à tous les torturés du régime et dénonce le fonctionnement, les méthodes des régimes totalitaires.
( Amusez-vous à rédiger une conclusion possible à ce commentaire)
Poèmes de Ponge lus sur France Culture
Questionnaire sur Balzac et la Petite tailleuse chinoise ( réponses)
Balzac et la petite Tailleuse chinoise.
Réponses aux questions d'approfondissement.
1. Le narrateur principal est un jeune homme de 17 ans au début du récit, le lecteur ne connaît pas son nom. Il découvrira plus tard qu'il s'appelle Ma , cheval d'après les idéogrammes qu'il utilisera pour dédicacer un livre. Il joue très bien du violon, est issu d'un milieu social aisé, ses parents sont des médecins spécialistes, le père est pneumologue, la mère spécialiste des maladies parasitaires. Ce sont « de puantes autorités savantes « pour le régime maoïste. On leur reproche leur culture et leur savoir. Le fils, « intellectuel » est allé trois ans au collège mais pas au lycée, néanmoins il est mal vu et envoyé en « rééducation » chez des paysans incultes. En temps que « fils d'ennemis du peuple », il estime à 3 pour 1000 les chances d'en sortir vivant. Il est dévoué et fidèle en amitié, Luo est comme son grand frère et il va s'occuper de la petite tailleuse avec beaucoup de soin pendant l'absence de Luo, il est malin et débrouillard pour parvenir à convaincre le médecin de faire avorter la jeune fille, mais il peut se montrer impulsif comme le prouve la façon dont il agresse le Binoclard sans réfléchir aux conséquences de son geste. Il est lui aussi amoureux de la petite tailleuse et va connaître la jalousie.
Il n'est cependant pas le seul narrateur de l'histoire puisque par trois fois l'écrivain fait parler trois autres personnages dont des passages qu'il intitule les « dits », il s'agit du vieux meunier, de Luo et de la Petite tailleuse elle-même. Tous les trois racontent le même épisode l'accouplement de Luo et de la petite tailleuse dans une baie du torrent de la montagne. Luo relate la scène du porte-clef et la petite tailleuse parle au narrateur à qui elle s'adresse en le tutoyant de la morsure du serpent. Chacun raconte la scène de son point de vue et cela donne un aspect « polyphonique » au roman tout en faisant participer le lecteur aux amours de Luo, qui sont sans doute les passages les plus heureux avec les scènes de lecture. Le narrateur par discrétion n'a pas assisté aux scènes d'intimité de ses amis mais il se les fait raconter trois fois et se trouve ainsi dans une position de confident, un peu comme un double du lecteur. Les différents points de vue permettent aussi de jouer sur les registres et de faire connaître les perceptions de Luo et de la Petite tailleuse, son évolution se fait ressentir dans le récit qu'elle fait de ses amours et la morsure du serpent peut-être considérée comme un signe de mauvais augure.
2. Au début du récit il est dit que les deux garçons arrivent dans le village « au début de l'année 1971 et que le narrateur a 17 ans et Luo 18. Ensuite on ne sait pas trop bien combien de temps s'écoule, mais la lettre de la petite tailleuse à Luo est datée du 8juillet 1972 donc il s'est écoulé un an et demi en 35 pages.
Plus tard le printemps sera mentionné et le narrateur se qualifie de jeune « puceau de 19 ans », donc 2 ans se sont écoulés et l'on peut supposer que le printemps est celui de 1973. Une autre date évoquera « en ce jour d'été 1973 », puis en septembre le départ du Binoclard et le vol de la valise. A la fin du récit, il est question du « nouvel an occidental » donc du 1er janvier 1974 et l'autodafé des livres a lieu « un matin de février ». Donc on peut en conclure que l'histoire dure trois ans du début 71 à début 74, mais toute la première partie de 1971 à juillet 1972 est survolée rapidement, le narrateur ne racontant en détails qu'à partir du moment où ils vont fréquenter la Petite tailleuse de Juillet 72 à février 74. Il insiste sur certains épisodes : le vol de la valise de livres, quelques heures prennent 20 pages, ce qui montre l'importance de la lecture pour eux. Le moment où Luo est parti au chevet de sa mère malade où le narrateur reste seul avec la petite tailleuse et l'aide à avorter ( 40 pages pour quelques jours) : c'est un moment privilégié pour le narrateur qui devient le héros de l'histoire alors que jusques là il s'efface souvent au profit de Luo qu'il admire et envie.
3. Fonctions de la littérature et des livres dans la vie et dans le roman :
-Pour le régime communiste, les livres sont uniquement des vecteurs de la propagande, de la diffusion des idées politiques cf petit Livre Rouge et écrits des dirigeants communistes.
-Un livre peut aussi servir à apporter des connaissances, une culture générale : par ex d écouverte de la culture russe et française à travers la liste des romans du Binoclard
-Un roman est avant tout « une histoire bien ficelée, avec des idées brillantes, quelques fois amusantes, ou à vous couper le souffle » : la principale fonction assignée aux romans est l'évasion du quotidien et la distraction, comme d'ailleurs les films racontés. Ursule Mirouet montre aux garçons la société française/ « je me sentais chez moi à Nemours », cf aussi l'intérêt du vieux tailleur pour les aventures d'Edmond Dantès le Comte de Monte Christo.
-Mais un livre peut apporter des idées nouvelles ainsi Jean-Christophe de Romain Rolland apprend-il au héros « la splendeur et l'ampleur de l'individualisme » alors que la société chinoise est pensée en termes de collectivité. Le maoïsme voulait forger une conscience nouvelle dans laquelle il fallait oublier le moi pour se mettre au service de la collectivité, or le narrateur découvre que l'individualisme est une bonne chose « révélation salutaire ».
-Education sentimentale : la lecture de Balzac leur montre « la courtoisie et le respect dus aux femmes », ce qui influe leur attitude avec la petite tailleuse. Les romans débrident l'imagination, éveillent au désir amoureux : les garçons se calligraphient mutuellement des dédicaces, inventent des caractères, recopient les textes, les apprennent mais surtout sortent de leur virginité, apprennent tout de l'amour, des femmes et du désir, les incitent à passer à l'action dans ce domaine, les désinhibent.
-Un livre peut transformer une personne : éduquer la petite tailleuse, projet de Luo qui se réalise au-delà de l'attente puisque la jeune fille va partir en ville ayant découvert que « la beauté d'une femme n'a pas de prix » et qu'elle peut tenter sa chance en ville. Elle aura déjà connu une transformation physique et découvert l'amour. Mais le pouvoir émancipateur du livre est à double tranchant : ne va-t-elle pas être amenée à se vendre au plus offrant et jouer de sa charme ? La princesse des montagnes ne va-t-elle pas déchoir au rôle de demi-mondaine, en cherchant à imiter les héroïnes du XIXème siècle ? Sa "libération" fait craindre une autre forme d'aliénation et la rupture avec Luo peut être vue comme la perte d'une forme de pureté et de bonheur !
-Les textes écrits sont aussi comme des porte-bonheur, des dons : texte de Balzac copié sur la peau de mouton et porté à même la peau, talisman pour avoir « bonheur et intelligence », monnaie d'échange avec le médecin.
Influence sur la mode du village : création de vêtement d'après le roman de Dumas
la lecture numérique: parole d'un spécialiste, François Bon. (2nde6)
Les questions autour des nouveaux modes de lecture agitent la société: voici une interview de l'écrivain François Bon qui a créé une librairie, maisons d'édition numérique Publie.net
http://www.publie.net/
L'interview:
http://www.lexpress.fr/culture/livre/francois-bon-un-navigateur-est-une-interface-aussi-puissante-que-le-livre_938606.html
Ecrire à la manière de Ponge
La brosse à dent
Caroline Fuchs
L'utilisation de la brosse à dents est quelque chose qui se doit d'être quotidien, parfois même se doit-elle de se répéter plusieurs fois dans la même journée, rejoignant l'automatisme du mécanisme de la respiration chez les êtres vivants. Il faut combiner à l'action de brosser, une douce pâte mentholée, qui laisse après son passage une légère sensation de fraîcheur. La brosse à dents, même s'il en existe aujourd'hui de différents aspects, se compose généralement d'un manche, parfois de couleur, pour rendre la chose plus ludique et attrayante, tel un joli gâteau recouvert de sucre coloré et de bonbons, faisant saliver petits et grands ; et d'une tête rectangulaire où se rangent avec une rigueur quasi militaire, des petits poils en plastique dur au garde-à-vous, attendant le moment salutaire où ils entreraient en action, qui, grâce à un brossage énergique, permettent de nettoyer la totalité de la surface des dents, et même les petits espaces entre celles-ci.
Gare toutes fois aux brossages trop brutaux qui, semblable à des armes à feux, peuvent blesser et faire saigner, dans notre poème-là, la douce peau recouvrant la partie naissante de os, uniques outils nous servant à la mastication vitale des aliments, au déchiquètement des chairs.
Un roman intitulé Fahrenheit 2010.
Pour ceux qui ont lu Fahrenheit 451, voici un roman qui raconte l'histoire d'une libraire d'aujourd'hui renonçant à son travail car sa librairie a été rachetée par une chaîne pour laquelle la littérature n'a plus aucune importance, pour laquelle les livres sont des produits comme les autres et cette libraire va se révolter: non, un vrai livre n'est pas une marchandise!
Vous pouvez écouter l'auteur sur France Culture ici:
http://www.franceculture.com/oeuvre-fahrenheit-2010-de-isabelle-desesquelles.html
Lire une présentation là:
http://bibliobs.nouvelobs.com/fahrenheit-2010
Qu'est-ce qu'un texte littéraire? ( cours du mardi 12 octobre)
Pour les absents comme pour ceux qui étaient en cours, voici la synthèse de la réflexion menée sur les textes traitant du thème de l'huître que j'avais distribués mercredi.
Qu'est-ce qu'un texte littéraire ?
Observation du corpus de textes sur le thème de l'huître après avoir tenté d'en dessiner une de mémoire.
Genre : Le texte de Ponge est au départ difficile à classer. Texte en prose de type descriptif comme le prouve les adjectifs qu'il contient pour caractériser l'huître, mais par moment de type narratif lorsqu'il relate l'action effectuée par les doigts pour tenter d'ouvrir l'huître, par moment argumentatif puisqu'il contient des jugements valorisants et dévalorisants sur l'huître.
Le texte de Belleau est visiblement un poème d'après sa disposition sur la page : il est en vers rimés. (Heptasyllabes= sept syllabes. Révision de la diction des vers : le e en fin de vers s'élide, ne se prononce pas. En milieu de vers il s'élide devant une voyelle, se prononce devant une consonne. Les rimes sont au début croisées puis suivies)
Approfondissement des critères pour déterminer le caractère poétique du texte :
-l'importance des figures de style qui prouvent que le texte est travaillé pour faire un effet sur le lecteur : émotion, sentiment de beauté. Ex de figure : l'allégorie de l'Aurore personnifiée qui verse des larmes et qui peut représenter la rosée matinale.
- une utilisation musicale du langage puisque l'écrivain a joué avec les sonorités en assemblant des sons particuliers lorsqu'il a choisi ses mots : ex pâle, pâlissant. Allitérations : répétitions de sons consonnes. Assonances : répétition de sons voyelles. Ces jeux avec la pâte sonore du langage associés au rythme du vers donnent une musicalité au texte.
C'est l'ensemble de ce travail de l'écriture qui donne au texte sa dimension littéraire, la visée de l'écrivain, en travaillant la forme du texte en relation avec le contenu qu'il veut faire comprendre et ressentir, est de produire un objet d'art et pas seulement de transmettre un message.
L'extrait de l'encyclopédie et l'extrait du dictionnaire de langue ne sont pas des textes littéraires, leur visée est explicative et pour l'extrait de l'encyclopédie argumentative puisqu'il s'agit de prouver l'absence de nocivité de la consommation des huîtres.
Retour sur le statut du texte de Ponge : un poème en prose. Qu'est-ce qui permet de dire qu'il s'agit d'un poème ? Prose car pas de vers.
Reprise des deux critères précédents : figures de style abondantes : ex première phrase : comparaison avec le galet, deuxième phrase : métaphore d'un monde vivant qui lutte « opiniâtrement » pour rester fermé. Le poète cherche à nous faire voir la réalité différemment.
Musicalité du langage : rythme binaire et reprise de sonorités : "flue et reflue à l'odeur », « visqueux et verdâtre »
+ présence des cinq sens : vue, olfaction, toucher, audition, goût L'écrivain cherche à nous faire ressentir quelque chose.
Donc à ce stade de l'étude : grande richesse du texte de Ponge, pas pure description informative de l'huître comme dans un livre de SVT.
Mieux comprendre le travail de Ponge en réfléchissant au titre de son œuvre : Le parti pris des choses.
Dénotation : parti pris= prise de position en faveur de quelque chose ou quelqu'un. Sont-ce les choses qui prennent position ou s'agit-il de prendre position en leur faveur ?
Chose : objet banal, sans vie, quotidien, terme vague, pas apriori poétique ou artistique
Connotation : caractère revendicatif du titre : prendre la défense des choses, les montrer autrement qu'elles ne sont vues habituellement, leur donner vie, parole, dignité d'objet d'art. Fait penser aux « natures mortes « en peinture. Mais aussi mystère des choses, vie propre, relations avec les êtres humains.
Penser aussi au sous-titre : « compte tenu des mots » : comment le langage permet le contact avec les choses, qu'est-ce qu'il transmet de ce qu'ils sont. L'objet entre perception par les sens et langage pour l'être humain.
Page précédente | Page 2 sur 3 | Page suivante |