Penser après les cours...!

Faim de vie de Marie Florence Ehret

Par cyberblaise - publié le mercredi 15 juin 2011 à 20:31 dans 2nde6 (2010-2011)

Je viens de finir le dernier roman de Marie-Florence, l'histoire de la rencontre entre deux jeunes filles qui vivent les événements de mai 68 jusqu'à juin 69 à Paris, de façon très différente car elles appartiennent à deux milieux sociaux très différents mais qui vont mutuellement s'aider à s'accepter et à grandir.


Vous reconnaîtrez sans peine l'écriture de Marie-Florence qui sous une apparente simplicité est pleine de poésie, au sens où elle nous transmet des sensations très vives qui témoignent de l'appétit de vie, de liberté, de bonheur des personnages malgré leurs difficultés d'adolescentes, la mort qu'elles frôlent toutes deux.

 Le roman permet aussi de ressentir de l'intérieur ce qui agitait la jeunesse en 68, ce qui la faisait rêver et qui n'est pas si éloigné que cela des aspirations de la jeunesse d'aujourd'hui, qui se réunit sur les places pour discuter de l'avenir et se sentir moins isolée et seule.


Quatrième de couverture: mai 68. Les étudiants entraînent la France dans une révolution aussi poétique que politique. En marge de ces événements, Elise et Vanessa frôlent la mort, chacune à leur façon. Elles se retrouvent toutes les deux dans la même terminale, avec le bac en perspective, partageant la même passion pour la poésie, la même quête de liberté, la même faim de vie...


Pour l'acheter en ligne: http://www.amazon.fr/Faim-vie-Marie-Florence-Ehret/dp/2350007138

Mais vous pouvez le commander en librairie, l'éditeur est Oskar editeur


Vous pouvez aussi laisser un petit mot sur le blog de Marie-Florence:

http://ailleursestici.over-blog.com/

Un peintre romantique: Delacroix.

Par cyberblaise - publié le mardi 7 juin 2011 à 20:12 dans 2nde6 (2010-2011)

la Cantatrice Chauve de Ionesco, mise en scène de Jean-Luc Lagarce.

Par cyberblaise - publié le mardi 24 mai 2011 à 20:39 dans 2nde6 (2010-2011)

Lire le Malade Imaginaire de Molière en ligne

Par cyberblaise - publié le mardi 24 mai 2011 à 20:25 dans 2nde6 (2010-2011)

Découvrir la comédie: Jean Tardieu.

Par cyberblaise - publié le mardi 24 mai 2011 à 20:21 dans 2nde6 (2010-2011)

Vous avez aimé l'extrait d'Un Mot pour un Autre, voici d'autres textes de jean tardieu et une rapide présentation de cet auteur.

http://www.faviertheatre.fr/Atelier/textes/tardieu/tardieu.html


Voici une interview de Jean Tardieu:


http://remue.net/litt/tardieu_01.html

Ecouter une lecture de la nouvelle Carmen de Mérimée

Par cyberblaise - publié le samedi 14 mai 2011 à 16:51 dans 2nde6 (2010-2011)

Deuxième partie du développemnt :incipit Grâce et Dénuement (2NDE6)

Par cyberblaise - publié le dimanche 10 avril 2011 à 11:16 dans 2nde6 (2010-2011)

Deuxième partie du développement du commentaire de l'incipit de Grâce et Dénuement d'après vos travaux en classe.

   Dès les premières lignes du roman, la voix du narrateur s'impose. Il est certes extérieur à l'histoire puisque le texte est écrit à la troisième personne mais il s'exprime dès la première phrase conjuguée au présent de généralité pour communiquer au lecteur son savoir sur les Gitans : « Rares sont les Gitans qui acceptent d'être tenus pour pauvres, et nombreux pourtant ceux qui le sont ». C'est dit sur le ton d'un constat bien informé et la formule frappe du fait de l'antithèse qui oppose les adjectifs « rares » et « nombreux ». Un peu plus bas l'on trouvera l'adverbe déictique « ici » qui prouve bien que le narrateur parle au lecteur puisque ce mot a la propriété de renvoyer à la situation d'énonciation .

   Nous remarquons également l'omniscience du narrateur du fait qu'il connaisse le passé d'Angeline et de sa tribu exprimé au plus que parfait, par exemple dans la subordonnée « comme leur mère qui avait connu le temps des chevaux et des roulottes » et sa nostalgie du passé dans des phrases comme celles-ci : «  On avait oublié depuis longtemps ce qu'avait pu être ce coin de pays en matière de beauté : une immensité sous le blé », « les dernières terres agricoles avaient disparu avec les plans d'urbanisation prioritaire ». Le narrateur semble ainsi regretter l'urbanisation des banlieues au détriment de la France agricole et bucolique, le passage d'un cadre valorisé esthétiquement à la laideur sans « poésie ». Il déplore la transformation de la campagne en « désert » qui a perdu « la convivialité ordinaire des villages » et que « seules les écoles, à l'heure des sorties de classe animent ». Le lecteur comprend d'emblée que l'histoire des Gitans va permettre au narrateur d'évoquer les problèmes de relation entre passée et présent, les problèmes de transmission entre parents et enfants, l'affrontement de nouvelles conditions de vie, compte tenu de celles qui existaient autrefois, d'où l'insistance sur les transformations de l'espace en « périphérie» des villes et l'influence de ces transformations sur la vie des Gitans.

   La voix du narrateur nous paraît ainsi très critique à l'égard du cadre spatio-temporel dans lequel  les personnages principaux du roman vont devoir vivre. Tous les termes qui le caractérisent sont péjoratifs. L'espace est décrit en deux temps, d'abord par rapport à la ville qui n'est pas nommée : « à l'est de la ville », puis dans le troisième paragraphe l'espace du campement à proprement parler à l'intérieur de cette banlieue dégradée

   Les Gitans sont d'abord relégués dans « une périphérie  qui dissout les enchantements » car composée de « décharges et de « terrains vagues », de « pavillons et de logements sociaux », « d'habitations endommagées ». La nature n'est présente de façon ironique que dans les noms des rues qui sont des noms de fleurs comme « la rue des Iris «  et « la rue des  Lilas ».Le narrateur dénonce l'uniformité des lieux puisque seuls les habitants peuvent « distinguer les rues les unes des autres ». Même l'éclairage- seule note positive pourtant puisque le narrateur dit du « ciel » qu'il est « l'unique forme de limpidité »- « écrase » les habitations de son « clair-obscur ». Le champ lexical de la peinture- sombre, limpidité, clair-obscur- fait ressembler le paysage à une eau-forte sans couleurs, les reliefs étant donnés uniquement par les jeux d'ombre et de lumière.

   Leur campement est vu de façon encore plus péjorative : les Gitans ont trouvé refuge dans » un ancien potager », propriété d'une « institutrice à la retraite ». Il est « inconstructible » donc pas viabilisé, insalubre puisque la terre est « incrustée de verres cassés, de morceaux de pneus et de bouts de ferrailles », le choix du participe « incrustée » qui évoque des bijoux pouvant paraître ironique. Le terrain ressemble de fait à une décharge avec « ses portières de voiture démolies » et sa « poubelle municipale scellée sur un socle de ciment » qui déborde, son « sol pelé, couvert de détritus » Des connotations de mort sont suggérées puisque le seul élément naturel du paysage « un pommier » « finissait de mourir » et que le paragraphe se termine sur l'évocation de « bois pourri ».

  Mais les Gitans ne sont pas rendus responsables du choix de leur lieu d'habitation, le narrateur critique la société qui dégrade les paysages et précarise les Gitans. Il s'en prend au « fonctionnaire » obligé de donner des noms de fleurs  aux rues pour masquer l'absence de poésie des lieux, il souligne la mise au ban des classes populaires que l'on ne juge même pas dignes de la nation puisque les rues ne portent pas des noms de « grands hommes » comme en ville. Il explique que les Gitans n'ont pas le choix du fait des « expulsions » qui les obligent à « circuler ».L'allusion à la poubelle municipale qui déborde est en fait une critique à l'égard de la municipalité qui n'assure pas correctement le service de voirie.

    Alors que la société est blâmée dans cet incipit, le narrateur valorise les Gitans dès le premier paragraphe. En effet malgré la pauvreté à laquelle ils sont acculés, le narrateur souligne leur fierté : « ils auraient craché par terre à l'idée d'être plaints ». Le geste de « cracher » est un signe de refus de l'apitoiement d'autrui, un signe de mépris pour celui qui n'a pas le courage d'affronter les difficultés, le signe d'une différence. L'on sent que les Gitans tournent en force, ce qui pourrait être considéré comme une faiblesse. Ils font de leur pauvreté un signe de distinction. « La caravane », le nomadisme obligé du fait des expulsions et de l'exclusion, ne sont  rien, en regard de leur qualité propre liée à leur « sang ».

   Le narrateur va valoriser la « vitalité »des « fils de la vieille Angeline » en utilisant d'abord une métaphore du feu qui connote la force, la virilité, la puissance sexuelle  dans une phrase présentative qui les définit par la métonymie d' « un sang jeune » : « c'était un sang jeune qui flambait sous la peau », puis une métaphore plus liquide qui souligne la puissance de propagation : « un flux pourpre de vitalité qui avait séduit des femme et engendrer sans compter », renforcée par des pluriels hyperboliques. L'insistance sur la couleur rouge- sang, flambait, pourpre- renforce encore les connotations de passion et d'érotisme.

  Aux signes de mort dont le champ lexical est présent dans la description du cadre spatio-temporel –« dissout,  perçaient, oublié, disparu, écrasait, désert, manquait, avortés, démolies,  finissait de mourir, pourri »- s'oppose la « vitalité des Gitans dans leur lutte pour continuer d'exister. Le narrateur semble fasciné par cette énergie vitale.


Première partie du développement ( commentaire 2nde6)

Par cyberblaise - publié le vendredi 8 avril 2011 à 18:11 dans 2nde6 (2010-2011)

Développement

       Afin de mieux démontrer que l'ouverture du roman appartient à la tradition réaliste, nous allons tout d'abord définir les caractéristiques du réalisme. Ce mouvement artistique cherche à dépeindre la réalité telle qu'elle est, en choisissant ses personnages  dans les classes moyennes ou populaires, en mettant en relief des thèmes comme les conditions de travail, de vie quotidienne, les relations conjugales, les affrontements sociaux, bref les problèmes et péripéties rencontrés par les gens du commun, sans volonté d'idéaliser ni les personnages ni le cadre de vie , souvent dans une perspective critique d'ailleurs, le romancier dépeignant la réalité afin d'offrir des pistes de réflexion pour l'améliorer.

    C'est bien ce qui arrive dans Grâce et Dénuement dès l'incipit dans lequel on nous parle des « fils d'Angeline », des Gitans qui vivent dans une grande précarité.  Ils sont dits « pauvres » même s'ils ne s'en plaignent pas et sont dotés d'un tempérament d'une grande fierté aux dires du narrateur.

   Mais c''est surtout le cadre spatio-temporel du roman qui est développé dans les trois paragraphes de l'incipit de telle sorte que le lecteur puisse se représenter clairement la vie de la famille gitane. Il n'est pas valorisé, bien au contraire, le narrateur insiste sur son caractère dégradé.

  En premier lieu, il est relégué à la « périphérie » alors que les centres ville sont toujours considérés comme plus prestigieux.  Alice Ferney utilise une métaphore très parlante lorsqu'elle écrit « dans cette périphérie qui dissout les enchantements ».Rien de magique donc dans cette banlieue qui n'a aucun des charmes de la nature et qui même les détruit. Les quartiers populaires évoqués ont des noms de rue qui évoquent des « fleurs » mais cela met encore plus en valeur le fait que la nature et les espaces verts en sont absents puisque ces toponymes visent à suppléer à « la poésie qui manque » ; elles ne méritent pas non plus apparemment les noms des personnages illustres de l'Histoire de France qui sembleraient s'y être « fourvoyées » c'est-à-dire égarés. Les Gitans vont donc vivre dans les marges d'un paysage qui lui-même est déjà à la marge des espaces gratifiants. Il est question de « désert » c'est-à-dire d'un espace où la vie est particulièrement difficile et souvent absente .

  Le « camp » est installé dans les espaces vacants : « décharges » et « terrains vagues », il n'est pas viabilisé. Le narrateur dépeint une réalité sordide : « habitats endommagés, sols pelés, couverts de détritus ».Les termes caractérisant sont tous péjoratifs ou négatifs. L'insalubrité est visible avec « la terre, pleine de fondrière » donc mal entretenue, qui « était incrustée de verres cassés, de morceaux de pneu et des bouts de ferrailles ».On peine à imaginer des enfants vivant dans un tel espace.

  La situation des personnages n'est donc pas enviable d'autant plus qu'elle est précaire puisque les Gitans sont contraints au nomadisme par les « expulsions » qu'ils subissent. En trois paragraphes, l'écrivain a ainsi installé une représentation fidèle de la dure condition de vie des Gitans en ancrant leur situation dans des référents qui appartiennent à l'observation que n'importe quel lecteur peut faire de sa propre réalité, ce qui est le propre du roman réaliste.

  L'incipit non seulement met en place le cadre de l'histoire et présente les personnages et leur situation, il captive le lecteur par la présence d'une voix narrative qui semble pleine d'un savoir à transmettre sur les Gitans.


Introductions pour le commentaire de l'incipit de Grâce et Dénuement (2nde6)

Par cyberblaise - publié le vendredi 8 avril 2011 à 09:10 dans 2nde6 (2010-2011)

Commentaire de l'incipit de Grâce et Dénuement d'après vos travaux du mercredi 6 avril :

 Introduction : Chaque roman est porteur d'un enseignement différent pour le lecteur : le roman fantastique perturbe nos repères, on ne sait plus faire la différence entre réel et surnaturel. Le roman policier, lui, nous montre la noirceur d'une société à travers un fait divers, quant au roman Grâce et dénuement d'Alice Ferney, il nous montre la dure réalité d'une communauté mal connue et souvent stigmatisée, celle des Gitans. Ce roman a été écrit en 1997 par l'auteur de L'élégance des Veuves et de a Conservation Amoureuse, l'une des romancières actuelles les plus reconnues. Il s'agit d'un roman que l'on peut qualifier de réaliste, qui nous montre une société méprisée, exclue et qui a su du coup développer une profonde solidarité interne. Le lecteur est alors invité à pénétrer dans un milieu très fermé, celui de la famille d'Angeline en accompagnant la bibliothécaire Esther qui a décidé de venir lire des livres aux enfants. Pour commenter l'incipit, nous allons en abordé deux aspects, sa dimension réaliste et la perception par le lecteur d'une voix narrative à la fois critique et réaliste.

Variante de l'introduction

    On peut se demander ce qui inspire un écrivain lorsqu'il s'attaque à un nouveau roman. Après avoir publié un roman sur l'amour, la Conversation Amoureuse, qui a eu beaucoup de succès, Alice Ferney change de registre en choisissant pour personnages principaux de son nouveau livre, une famille de gitans. Cette œuvre écrite en 1997 fait référence à un sujet qui n'était pas encore au cœur de l'actualité à cette époque. Elle met en valeur une communauté méprisée. L'univers peu connu des Gitans est dévoilé dans ce roman. Nous découvrons en le lisant une famille agitée, pleine de vie et de valeur ; la pauvreté des conditions de vie n'empêche pas bien, au contraire, la fierté des Gitans comme le suggère le titre du roman Grâce et Dénuement .L'incipit que nous allons étudier possède toutes les caractéristiques d'un roman réaliste mais c'est la voix narrative qui s'impose d'emblée au lecteur par son ton à la fois critique et admiratif.


Arnaud Cathrine, l'auteur des Vies de Luka

Par cyberblaise - publié le lundi 4 avril 2011 à 21:52 dans 2nde6 (2010-2011)

En savoir plus en visitant son site et en lisant des textes en lignes.

http://www.arnaudcathrine.com/


Paroles de la chanson de Suzane Vega:

My name is Luka
I live on the second floor
I live upstairs from you
Yes I think you've seen me before
If you hear something late at night
Some kind of trouble. some kind of fight
Just don't ask me what it was
Just don't ask me what it was
Just don't ask me what it was

I think it's because I'm clumsy
I try not to talk too loud
Maybe it's because I'm crazy
I try not to act too proud
They only hit until you cry
And after that you don't ask why
You just don't argue anymore
You just don't argue anymore
You just don't argue anymore

Yes I think I'm okay
I walked into the door again
If you ask that's what I'll say
And it's not your business anyway
I guess I'd like to be alone
Nothing broken, nothing thrown
Just don't ask me how I am
Just don't ask me how I am
Just don't ask me how I am

My name is Luka
I live on the second floor
I live upstairs from you
Yes I think you've seen me before
If you hear something late at night
Some kind of trouble. some kind of fight
Just don't ask me what it was
Just don't ask me what it was
Just don't ask me what it was

They only hit until you cry
And after that you don't ask why
You just don't argue anymore
You just don't argue anymore
You just don't argue anymore

 


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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