Penser après les cours...!

Etude de la nouvelle la Chose de Matheson(1)

Par cyberblaise - publié le lundi 1 février 2010 à 19:03 dans 2nde2 (2009-2010)

La chose p.27

 

Commentaire du titre de la nouvelle : il faut toujours analyser le titre d'abord en lui-même dans sa forme : dénotation et connotation. Puis évoquer ce qu'il suggère avant lecture de la nouvelle avant de montrer le rapport qu'il entretient avec elle.

Il se compose d'un nom précédé d'un déterminant défini qui souligne que l'objet désigné par « chose » est connu, identifié. Avant lecture, nous pourrions penser que « la chose » n'est pas inanimée mais simplement difficile à définir et se rapprochant plus d'une « créature » en écho au titre de la nouvelle de Stephen King , « The Thing », qui suggère un sentiment d'étrangeté , d'inquiétude. La dénomination indéfinie pourrait correspondre à un refus de nommer l'objet, par crainte, bien qu'elle soit connue.

Après lecture de la nouvelle, l'on découvre que « la chose » constitue le suspense de la nouvelle et qu'elle ne sera dévoilée concrètement qu'à la fin. Les personnages dès le début de l'histoire « in medias res « parlent d'aller voir « la chose » au cours de la soirée et même de la faire découvrir à Billy, l'enfant de l'un des couples, hommes et femmes s'opposant d'ailleurs sur l'opportunité d'une telle initiative, suscitant un effet d'attente chez le lecteur.

Le mystère est entretenu par les périphrases utilisées  ou les pronoms indéfinis, ou les ellipses : « quelque chose », « cette chose », « une stupide… » (Mais l'homme refuse cette formulation de sa femme, en arguant du fait qu'elle est le contraire de stupide, une  exception dans une société qui a contrario apparait comme vouée à la bêtise.)  p29 spectacle interdit par la Loi mais que des hommes vont voir régulièrement.

Un suspense est d'ailleurs créé pour différer celui de « la chose » avec le mystère entretenu sur « la surprise » cachée dans la bibliothèque : les derniers cigares.

« la chose » : loin d'(être inquiétante pour les hommes, positive qualifiée de « lumière dans un abyme de ténèbres », crainte pendant que les hommes savourent leurs derniers cigares de l'oubli de « la chose », « minuscule étincelle de conscience », « espoir » d'où la nécessité de la montrer aux enfants .

Pendant le trajet vers la chose, mystère entretenu par les questions de l'enfant : transmission d'un rituel, les adultes sont eux aussi allés voir la chose dans la nuit et le sommeil ? lien avec le monde d'avant la victoire du Système .

p.34 la chose contredit le Système

Mystère entretenu par les lieux où se trouve la chose, descente d'une cave après avoir montré patte blanche à un gardien, auditorium : chose sur une plateforme surélevée :  « forme hémiplégique de taille imposante, dissimulée par un drap noir » : attente du dévoilement, dévalorisation par la femme angoissée :  « leur machin »

P36 discours du gardien avant dévoilement : risquer sa vie pour sauvegarder la chose mais passe aussi pour une sorte de distraction, divertissement. Dramatisation du dévoilement : petite machine brillante : rouages montés sur rubis «  la machine qui ne s'arrête jamais », montre, pendule.

« signifie que tout ce qu'on te racontera à l'école ne sera pas forcément vrai » Elle fonctionne alors que le Système le nie. 500ans : symbole du lien avec le temps passé, transmission, rapport entre les générations qui témoigne d'un autre temps que celui du Système, d'autres mondes et modes de vie possibles .

Aller voir la chose est donc un acte de résistance, de dissidence, de lutte contre un système qui veut instaurer une grisaille scientiste d'où les plaisirs des sens seraient éliminés au profit d'une fonctionnalité terne .


Le vocabulaire d'analyse d'un film

Par cyberblaise - publié le samedi 30 janvier 2010 à 15:59 dans 2nde2 (2009-2010)

Pour mieux parler des films que nous visionnons en classe: exemple "Les Corbeaux", extraits de Rêves de Kurozawa en seconde 2, voici un lien fort utile:

http://www.ac-strasbourg.fr/sections/enseignements/secondaire/pedagogie/les_disciplines/education_musicale/musique/lanalyse_filmique_1/downloadFile/attachedFile/Glossaire_cinema.htm?nocache=1097959396.77

Printemps de l'Ecriture Académie de Strasbourg: la nouvelle

Par cyberblaise - publié le lundi 25 janvier 2010 à 19:59 dans 2nde2 (2009-2010)

Voici le sujet du concours que je propose aux élèves de seconde 2  et que nosu aborderons dans les heures de demi-groupe cette semaine. Les élèves qui font arts plastiques peuvent travailler leur recherche d'oeuvre supports avec leur professeur et conseiller des choix d'oeuvres à leurs camarades. 

 

Écriture d'invention

Sujet 3

Imaginez une nouvelle dans laquelle le « bleu » d'un oeuvre d'art joue un rôle central.

Surprenez le lecteur, effrayez-le, faites-le sourire ou encore réfléchir !

Consignes :

· Le choix de l'oeuvre d'art sera déterminé par l'importance du bleu dans l'oeuvre :

dominante couleur, objet, personnage, paysage … On sélectionnera l'oeuvre d'art dans

son intégralité ou un élément bleu de l'oeuvre ;

· la nouvelle pourra être individuelle ou collective ;

· elle sera accompagnée d'une reproduction de l'oeuvre choisie ou de ses sources en

annexe ;

· la longueur du texte sera l'équivalent d'au moins 4 pages dactylographiées format A4

(soit 13600 signes) ;

· la taille de la production ne dépassera pas le format A3.

 

Critères d'évaluation des productions :

· Maîtrise des caractéristiques d'écriture propres à la nouvelle ;

· richesse de la langue ;

· pertinence du choix de l'oeuvre et exploitation de l'oeuvre dans la nouvelle ;

· originalité de la nouvelle ;

· qualité esthétique : mise en page (et éventuellement illustration originale

 

Bibliographie utile à vos recherches d'oeuvre contenant du "bleu":

http://www.ac-strasbourg.fr/sections/enseignements/secondaire/pedagogie/actions_educatives/arts_et_culture/domaines_daction/litterature/printemps_de_lecrit/printemps_de_l_ecrit8104/le_concours/ressources/downloadFile/attachedFile_2/Bibliographie_lycees_bleu_15_09.pdf?nocache=1253190641.73

 

Pas de panique! J'expliquerai ce qu'il s'agit de faire en détails. Le sujet du concours est proposé aux élèves du secondaire , il est donc tout à fait adapté à votre niveau.

Question préalable sujet p367 (seconde 2)

Par cyberblaise - publié le mercredi 20 janvier 2010 à 11:25 dans 2nde2 (2009-2010)

Sujet p367

Réponse à la question 1 

Le corpus est composé d'un tableau de Matisse ,datant de 1944, Liseuse à la table jaune, de deux extraits de roman appartenant à des époques différentes, un extrait du Don quichotte de Cervantes et un autre de Madame Bovary de Flaubert et d'un extrait de l'essai très polémique de Julien Gracq, La littérature à l'estomac. Chaque document nous présente une figure particulière de lecteur qui s'adonne d'une manière très intense à sa passion. Nous verrons comment la ferveur, l'enthousiasme de ses différents personnages sont traduits.

Le tableau de Matisse nous montre une jeune femme blonde tranquillement assise, absorbée dans un livre illustré, un léger sourire aux lèvres. Les couleurs du tableau, plutôt froides- bleu et vert- dans la partie supérieure du tableau, jaune intense pour la table qui soutient le livre, suggèrent une atmosphère sereine et gaie. Le moment de lecture, les fleurs et fruits posés sur la table à côté du livre évoquent un moment de bonheur intense dans lequel le personnage est plongé et que la présence du peintre ne semble pas le moins du monde perturber. Nous retrouverons cette capacité de la lecture d'absorber tout l'être du lecteur dans les deux extraits de romans, en effet la passion de Don Quichotte pour la lecture se traduit par le fait qu'il abandonne à son profit toutes les autres tâches de la noblesse, la chasse et l'administration de son domaine, et qu'il  consacre presque toute sa fortune à l'achat de romans de chevalerie et son temps à la compréhension de leur style alambiqué, comme le prouvent les citations qui figurent dans l'extrait. La passion pour le livre s'exprime à travers le champ lexical valorisant de l'amour : « affection, goût, perles  à ses yeux » et par une subordonnée de conséquence de la ligne 2 à 8 qui en souligne l'exclusivité. Emma, elle, s'identifie tellement aux personnages dont elle lit les aventures qu'elle laisse sa vie être totalement envahie par les romans de chevalerie à la manière de Walter Scott qui la font pleurer et rêver de vivre dans le cadre spatio-temporel du Moyen Age à la manière des châtelaines qui « passent leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir », comme le décrit , non sans ironie décelable aux clichés accumulés, le  narrateur flaubertien. La vie réelle s'efface là aussi au profit de l'univers romanesque qui prend toute la place dans l'esprit de la lectrice.

Julien Gracq exprime la passion du lecteur différemment, bien qu'il s'agisse toujours d'une forme d'absorption exclusive, en utilisant une métaphore sportive : le lecteur est « happé » par la lecture comme le stayer aspiré dans le sillage de la moto qui l'entraîne. Il s'agit d'un sentiment très fort qui subsiste dans le souvenir comme une expérience vitale qui fait du lecteur ainsi touché par une œuvre « un prosélyte fanatique » c'est-à- dire un être qui n'a de cesse de convertir ses proches à l'admiration du livre lu, quitte à multiplier les offrandes du livre en question. L'enthousiasme pour la lecture se traduit alors par l'énergie avec laquelle le lecteur parle de l'ouvrage et incite les autres à le lire. Gracq va jusqu'à utiliser le vocabulaire de la maladie en parlant de « porteurs de virus » qui « contaminent le public ».

Dans l'ensemble du corpus, la ferveur pour la lecture s'exprime d'une façon très forte par le fait qu'elle absorbe toute l'énergie vitale du lecteur.

 


La rencontre de Frédéric et de Mme Arnoux ( Notes de cours)

Par cyberblaise - publié le dimanche 17 janvier 2010 à 11:09 dans 2nde2 (2009-2010)

La rencontre de Mme Arnoux, placée sous le signe d'un éblouissement et d'une révélation s'effectue à travers le regard de Frédéric. L'idéalisation immédiate de la jeune femme témoigne d'un phénomène de cristallisation amoureuse (cf De l'Amour de Stendhal), symptomatique d'un certain rapport au monde. Rêverie, contemplation passive ou ébauche maladroite d'actions préfigurent en effet l'attitude qui sera celle du jeune homme face à la vie.

1.      Les effets de la rencontre 

*Soudaineté d'une révélation.

L'apparition de Mme Arnoux représente une véritable naissance pour le personnage : il découvre la beauté :   « jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune » en même temps que l'amour. La rupture avec le spectacle qui s'est jusqu'à présent offert à ses yeux est rendue par le contraste entre le registre du vocabulaire. On note ainsi le prosaïsme de certaines notations précédant le passage, comme par exemple la mention du « bruit de charbon de terre dans le fourneau » en opposition avec la connotation religieuse du mot « apparition ».Frédéric bouscule d'abord des chasseurs avec leur chien avant de voir le personnage féminin.

 La disposition typographique contribue également au contraste, puisque la première phrase constitue à elle seule un paragraphe. L'évocation de la jeune femme est ainsi détachée du reste du passage, en amont du texte, mais aussi en aval, grâce aux deux points créateurs d'une attente et d'un suspens ("ce fut comme une apparition :")Le monde extérieur s'évanouit alors pour Frédéric, comme en témoigne la retouche corrective apportée par le narrateur : « elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne ».

 

*un éblouissement

La révélation est associée à un double champ lexical de la lumière et du regard. Au premier se rattachent "apparition" et "éblouissement", terme hyperbolique qui signale l'intensité extrême de l'éclat. Le second est représenté par des verbes de perception visuelle qui ont tous pour objet la jeune femme.( "il la regarda, jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau") ou des choses lui appartenant ( "il considérait son panier à ouvrage"). On observe une seule exception ( "il affectait d'observer une chaloupe") mais le contexte et le sème de dissimulation contenu dans "affectait" rendent évident le sens implicite de la proposition. Le personnage ne fait semblant de regarder la chaloupe que pour mieux regarder la jeune femme.

 

*Un paroxysme de l'émotion.

Le haut degré de l'émotion s'exprime à travers deux termes hyperboliques : « éblouissement » et « ébahissement », choisis pour leur sens (aveuglement et stupéfaction extrêmes, avec un sème possible d'admiration) mais peut-être aussi leur ressemblance formelle (même nombre de syllabes, même formation, même terminaison). Ces deux substantifs fixent le ton hyperbolique du passage.

Les autres signes de l'émotion sont tout d'abord une perte de maîtrise du personnage ("il fléchit involontairement les épaules"), ensuite une sorte d'affolement que révèle l'incursion dans le monde intérieur : l'accumulation de termes au sein d'une énumération structurée selon un rythme binaire ("son nom, sa demeure, sa vie, son passé") puis ternaire (les meubles, les robes, les gens) mime la foule jaillissante et désordonnée d'impressions et de pensées qui assaillent le personnage.

Cette émotion amoureuse suscite une rêverie dont la jeune femme est le centre, comme en témoigne la circularité de la première phrase du 3 eme paragraphe, qui s'ouvre et se clôt sur le même pronom « elle ». L'effacement du monde extérieur a pour contrepartie la minutie fascinée d'un regard qui s'attache aux moindres détails de l'apparence et du vêtement ("chapeau de paille, rubans roses, robe de mousseline tachetée de petits pois"). La pensée se déplace par contigüité de la personne aux objets, puis aux gens qui constituent son univers familier. L'émotion culmine dans une surenchère hyperbolique. Une gradation ascendante permet en effet de radicaliser les interrogations du personnage en les étendant à tout ce qui participe de la vie de Mme Arnoux : le passage s'achève sur l'évocation d'  « une envie plus profonde et d'une curiosité qui n'avait pas de limites. »

 

2.      Un portrait idéalisé.

*Une description euphorique

La jeune femme semble poser sous le regard d'un peintre (point de vue de Frédéric). Ainsi elle reste immobile ("elle était assise, comme elle gardait la même attitude") tandis que le personnage se déplace autour d'elle (« quand il se fut mis plus loin, il fit plusieurs tours de droite et de gauche, il se planta tout près ») certains termes semblent d'ailleurs renvoyer explicitement à l'art du dessin et de la peinture tels "se découpait, fond" ou "ovale".

On note ainsi une attention portée aux formes, mais aussi aux couleurs ( « roses, noir, bleu, brune ») et à l'éclat, à travers la mention de la lumière et du terme splendeur qui s'y réfère indirectement par son étymologie. Une dynamisation de la description est visible : palpitation des rubans, emploi de verbes de mouvement (« contournant, descendait ») qui reflètent la progression du regard de Frédéric en associant le lecteur-spectateur à cette contemplation.

Toutes ces notations témoignent d'une euphorie des sensations, d'autant qu'elles s'accompagnent d'une rêverie aérienne suggérant la légèreté et immatérialité au moyen du verbe « palpitaient » et du substantif « mousseline » qui évoque un tissu vaporeux. Le rythme lui-même comme suspendu donne l'impression d'un souffle dans la première phrase du 3eme paragraphe : « elle avait un large chapeau de paille avec des rubans roses, qui palpitaient au vent derrière elle ». Le schéma métrique fait apparaître un mouvement d'amplification syllabique (5-5 puis 6-6) puis une pause marquée par la virgule et une retombée sur un groupe de 3 syllabes ("derrière elle"). A ce rythme syllabique s'ajoute un jeu de sonorité qui relie les composants de la phrase en les baignant dans une même atmosphère harmonique : assonances en a et en è suggérant ouverture et élargissement (« elle, avait large, chapeau, aille, avec, palpitaient, derrière, elle »), allitération en r et en l connotant une certaine fluidité, mais aussi en p et en v.

 

*une sacralisation

Mme Arnoux est divinisée. Le terme "apparition" désigne une manifestation d'un être surnaturel. La réitération insistante des marques de 3eme personne, la majuscule inattendue après deux points « Elle » participent d'un grandissement du personnage, d'ailleurs présenté comme un être d'exception (« jamais il n'avait vu ») et associé au ciel puisque la silhouette « se découpait sur le fond de l'air bleu ». Or on peut remarquer que le bleu et le blanc sont la couleur de la Vierge et que la jeune femme s'appelle Marie.

Des procédés d'écriture déréalisent le personnage et font de lui un être abstrait presque. Ainsi l'adynaton, cas particulier de l'hyperbole, pousse l'exagération jusqu'à l'impossibilité : « cette finesse des doigts que la lumière traversait ». Les trois hypallages ("splendeur de sa peau, séduction de sa taille, finesse des doigts") transfèrent les adjectifs attendus (peau splendide, taille séduisante, doigts fins) dans la classe des substantifs ; Ainsi les éléments du corps qui servent de supports à la perception ( peau, taille, doigts) deviennent secondaires comme si Frédéric cherchait avant tout sous les apparences concrètes des essences abstraites et immuables( splendeur, séduction, finesse). On peut donc réinterpréter la thématique aérienne : Mme Arnoux n'est pas de ce monde, elle appartient à un univers idéal.

·         Un personnage romanesque exotique, fantasmatique mais dont le désir est masqué sous la figure maternelle : l'importance de la servante noire, l'évocation des îles , la scène de l'enfant et du discours entendu rendu à l'indirect libre, la femme à sa couture.

 

3 Une rencontre surtout fantasmée.

 

·         Une absence d'échange.

Il n' y a de rencontre que pour Frédéric (focalisation interne à sens unique, discours indirect libre qui révèle la rêverie du jeune homme et les phénomènes de cristallisation) dans la mesure où le regard de Mme Arnoux ne rencontre jamais le sien avant le moment du rattrapage du châle qui ne dépend pas de son initiative mais du hasard.. Non seulement « elle leva la tête » n'est pas synonyme de « elle le regarda », mais la jeune femme est mise dans l'impossibilité de voir Frédéric dans la mesure où celui-ci lui jette un regard oblique (« plus loin, affectait d'observer la chaloupe »). Le seul discours n'est pas celui des paroles échangées mais le discours intérieur du jeune homme transcrit grâce au style indirect libre (« quels étaient son nom… ») et à la narrativisation des pensées ( « Il souhaitait connaître »).

 

*Le rêve : un substitut du réel.

Certes le personnage fait preuve d'une certaine audace quand il se rapproche de Mme Arnoux ( "Il se planta tout près de son ombrelle") et le substantif « manœuvre » pourrait bien avoir une connotation militaire étant entendu que la séduction s'exprime en général en termes de conquête. Mais ce défi, si défi il ya, est aussitôt annulé par la contemplation indirecte de la femme.

On observe une passivité du jeune home qui semble préférer le rêve à l'action : il se réfugie dans ses pensées, et le champ lexical du désir : (souhaitait, désir, envie, curiosité) ne s'accompagne d'aucun acte décisif. Frédéric ne peut donc vivre ce désir que de façon fictive, comme le montre l'érotisation du portrait : « Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils semblaient presser amoureusement l'ovale de sa figure » Le verbe « semblaient » montre la subjectivité de l'impression, tout comme dans la première phrase du texte l'emploi de « comme » fait entendre deux voix, celle du personnage, qui prend le réel pour du surnaturel, et celle du narrateur, qui n'est, quant à lui, pas victime de cette confusion ; l'impossibilité de rejoindre le réel condamne Frédéric à l'insatisfaction. La « curiosité » n'est « douloureuse » que parce qu'elle ne saurait être assouvie.

Seul le hasard du mouvement du châle –comme une sorte de figure du destin- permet la rencontre du regard et peut-être la réciprocité du le coup de foudre. Le jeune homme ne prend pas vraiment d'initiative, son geste de rattraper le châle est un geste réflexe.

 

*une distance ironique du narrateur flaubertien .

L'amour éprouvé par le personnage peut expliquer la transfiguration d'un objet banal lié à Mme Arnoux ( « Il considérait son panier à ouvrage…comme une chose extraordinaire ») mais la dénonciation du caractère arbitraire d'un tel jugement est redoublée par le procédé de l'attente trompée. Celui-ci ménage une chute inattendue, parce que la réaction de Frédéric ( « avec ébahissement ») paraît disproportionnée si on la rapporte à l'objet qui le suscite( son panier à ouvrage). Par conséquent l'éblouissement du début se dégrade en ébahissement face à un objet sans intérêt et anti poétique qui contraste avec l'idéalisation du personnage. La naïveté du jeune homme est donc dénoncée avec ironie par le narrateur, dont la voix, discordante ramène le lecteur, à défaut de Frédéric, à la réalité en dénonçant la maladresse( par ex: "il se planta", "manoeuvre") des agissements du personnage inexpérimenté et le caractère convenu de ses fantasmes.

 

Cette scène de rencontre est décisive en ce qu'elle immobilise la vie affective du personnage. Les autres femmes lui apparaitront en effet comme une version dégradée de l'idéal amoureux. Frédéric conserve tout au long du roman son attitude de refus devant l'action. Alors qu'il est aimé de Mme Arnoux, il ignore tout de cet amour puisqu'il n'a rien tenté. La dernière entrevue révèle cet amour, mais trop tard : les deux personnages se seront croisés sans jamais se rencontrer.

 

 


Mise à jour du cahier de texte pour les 2NDE2: rentrée de janvier

Par cyberblaise - publié le dimanche 17 janvier 2010 à 11:01 dans 2nde2 (2009-2010)

Mardi 5 janvier : Mise au point sur le programme à la rentrée de janvier : Le roman d'apprentissage : rappel du travail à rendre sur la construction d'un personnage de roman d'apprentissage.( voir blog: liste de romans et plan de l'étude d'un personnage)

Extrait du roman de Stendhal Le Rouge et le Noir : la rencontre de Julien et de Mme de Rênal.( manuel p148 à 149) Voir corrigé sur le blog.

Préparation à l'aide des 7 questions pour vendredi prochain de l'extrait de l'Education Sentimentale.

Contrôle sur les figures de style prévu pour le mardi 12 janvier.

 

Jeudi 7 janvier : initiation à la dissertation.(suite) « Ton libérateur c'est le livre. »

Distribution d'un plan détaillé en prévision de la rédaction d'une dissertation p367 dans le manuel.

 

Vendredi 8 janvier : Objet d'étude la découverte du roman d'apprentissage. Groupement de textes : la rencontre amoureuse. Extrait de l'Education Sentimentale de Flaubert.(p.150 à 151)

Première partie du commentaire.

Rédiger la deuxième partie pour le vendredi suivant.

 

Samedi 9 janvier : Réunion parents- professeurs de première.

 

Mardi 12 janvier : Contrôle sur les figures de style.

 

Jeudi 14 janvier : Les caractéristiques de la nouvelle. A apprendre.

 

Vendredi 15 janvier : Objet d'étude : La découverte du roman d'apprentissage. Groupement de textes : La rencontre amoureuse de Frédéric et Mme Arnoux ( manuel p150 à 151) : fin de la lecture analytique.

Synthèse des centres d'intérêt possibles pour commenter une scène de rencontre amoureuse.

Distribution de l'extrait d'Aurélien d'Aragon à commenter : devoir à rendre le samedi 30 janvier.

 

Samedi 16 janvier : Objet d'étude : Découvrir la nouvelle.

La Maison Enragée, recueil de nouvelles de Richard Matheson.

Réponses aux trois premières questions.

4 questions suivantes à étoffer pour le samedi 23 janvier.

Initiation à l'épreuve du baccalauréat : sujet dans le manuel p364 à 367. Objet d'étude : Lire, écrire, publier. La question préalable.( Ne pas oublier de présenter le corpus et la question posée avant de répondre)

Rédiger la réponse à la question 1. Finir pour le mardi 19 janvier.

 

 

 


Né d'un homme et d'une femme (Matheson)

Par cyberblaise - publié le vendredi 15 janvier 2010 à 10:34 dans 2nde2 (2009-2010)

Voici l'une des nouvelles de matheson les plus célèbres.

Né d'un homme et d'une femme.

 

 

X – Aujourd'hui maman m'a appelé monstre. Tu es un monstre elle a dit. J'ai vu la colère dans ses yeux. Je me demande qu'est-ce que c'est qu'un monstre.

Aujourd'hui de l'eau est tombée de là-haut. Elle est tombée partout j'ai vu. Je voyais la terre dans la petite fenêtre. La terre buvait l'eau elle était comme une bouche qui a très soif. Et puis elle a trop bu d'eau et elle a rendu du sale. Je n'ai pas aimé.

Maman est jolie je sais. Ici dans l'endroit où je dors avec tout autour les murs qui font froid j'ai un papier. Il était pour être mangé par le feu quand il est enfermé dans la chaudière. Il y a dessus FILMS et VEDETTES. Il y a des images avec des figures d'autres mamans. Papa dit qu'elles sont jolies. Une fois il l'a dit.

Et il a dit maman aussi. Elle si jolie et moi quelqu'un de comme il faut. Et toi regarde-toi il a dit et il avait sa figure laide de quand il va battre. J'ai attrapé son bras et j'ai dit tais-toi papa. Il a tiré son bras et puis il est allé loin où je ne pouvais pas le toucher.
Aujourd'hui maman m'a détaché un peu de la chaîne et j'ai pu aller voir dans la petite fenêtre. C'est comme ça que j'ai vu la terre boire l'eau de là-haut.

 

XX- Aujourd'hui là-haut était jaune. Je sais quand je le regarde mes yeux ont mal. Quand je l'ai regardé il fait rouge dans la cave.

Je pense que c'était l'église. Ils s'en vont de là-haut. Ils se font avaler par la grosse machine et elle roule et elle s'en va. Derrière il y a la maman petite. Elle est bien plus petite que moi. Moi je suis très grand. C'est un secret j'ai fait partir la chaîne du mur. Je peux voir comme je veux dans la petite fenêtre.

Aujourd'hui quand là-haut n'a plus été jaune j'ai mangé mon plat et j'ai mangé des cafards. J'ai entendu des rires dans là-haut. J'aime savoir pourquoi il y a des rires. J'ai enlevé la chaîne du mur et je l'ai tournée autour de moi. J'ai marché sans faire de bruit jusqu'à l'escalier qui va à là-haut. Il crie quand je vais dessus. Je monte en faisant glisser mes jambes parce que sur l'escalier je ne peux pas marcher. Mes pieds s'accrochent au bois.

Après l'escalier, j'ai ouvert une porte. C'était un endroit blanc comme le blanc qui tombe de là-haut quelquefois. Je suis rentré et je suis resté sans faire de bruit. J'entendais les rires plus forts. J'ai marché vers les rires et j'ai ouvert un peu une  porte et puis j'ai regardé. Je ne vois jamais les gens c'est défendu de les voir. Je voulais être avec eux pour rire aussi.

Et puis maman est venue et elle a poussé la porte sur moi. La porte m'a tapé et j'ai eu mal. Je suis tombé et la chaîne a fait du bruit. J'ai crié. Maman a fait un sifflement en dedans d'elle et elle a mis la main sur sa bouche. Ses yeux sont devenus grands.

Et puis j'ai entendu papa appeler. Qu'est-ce qui est tombé il a dit. Elle a dit rien un plateau. Viens m'aider à le ramasser elle a dit. Il est venu et il a dit c'est donc si lourd que tu as besoin. Et puis quand il m'a vu il est devenu laid. Il y a eu la colère dans ses yeux. Il m'a battu. Mon liquide a coulé d'un bras. Il a fait tout vert par terre. C'était sale.

Papa a dit retourne à la cave. Je voulais y retourner. Mes yeux avaient mal de la lumière. Dans la cave ils n'ont pas mal.

Papa m'a attaché sur mon lit. Dans là-haut il y a eu encore des rires longtemps. Je ne faisais pas de bruit et je regardais une araignée toute noire marcher sur moi. Je pensais à ce que papa a dit. Ohmondieu il a dit. Et il n'a que huit ans.

 

XXX- Aujourd'hui papa a remis la chaîne dans le mur. Il faudra que j'essaie de la refaire partir. Il a dit que j'avais été très méchant de me sauver. Ne recommence jamais il a dit ou je te battrai jusqu'au sang. Après ça j'ai très mal.

J'ai dormi la journée et puis j'ai posé ma tête sur le mur qui fait froid. J'ai pensé à l'endroit blanc de là-haut. J'ai mal.

 

XXXX – J'ai refait partir la chaîne du mur. Maman était dans là-haut. J'ai entendu des petits rires très forts. J'ai regardé dans la fenêtre. J'ai vu beaucoup de gens tout petits comme la maman petite avec aussi des papas petits. Ils sont jolis.

Ils faisaient des bons bruits et ils couraient partout sur la terre. Leurs jambes allaient très vite. Ils sont pareils que papa et maman. Maman dit que tous les gens normaux sont comme ça.

Et puis un des papas petits m'a vu. Il a montré la petite fenêtre. Je suis parti et j'ai glissé le long du mur jusqu'en bas. Je me suis mis en rond dans le noir pour qu'ils ne me voient pas. Je les ai entendus parler près de la petite fenêtre et j'ai entendu les pieds qui couraient. Dans là-haut il y a eu une porte qui a tapé. J'ai entendu la maman petite qui appelait dans là-haut. Et puis j'ai entendu des gros pas et j'ai été vite sur mon lit. J'ai remis la chaîne dans le mur et je me suis couché par-devant.

J'ai entendu maman venir. Elle a dit tu as été à la fenêtre. J'ai entendu la colère. C'est défendu d'aller à la fenêtre elle a dit. Tu as encore fait partir ta chaîne. Elle a pris la canne et elle m'a battu. Je n'ai pas pleuré. Je ne sais pas le faire. Mais mon liquide a coulé sur tout le lit. Elle l'a vu et elle a fait un bruit avec sa bouche et elle est allée loin. Elle a dit ohmondieu mondieu pourquoi m'avez-vous fait ça. J'ai entendu la canne tomber par terre. Maman a couru elle est partie dans là-haut. J'ai dormi la journée.

 

 

 

 

XXXXX – Aujourd'hui il y a eu l'eau une autre fois. Maman était dans là haut et j'ai entendu la maman petite descendre  l'escalier tout doucement. Je me suis caché dans le bac à charbon parce que maman aurait eu colère si la maman m'avait vu.

Elle avait une petite bête vivante avec elle. Elle avait des oreilles pointues. La maman petite lui disait des choses.

Et puis il y a eu que la bête vivante m'a senti. Elle a couru dans le charbon et elle m'a regardé. Elle a levé ses poils. Elle a fait un bruit en colère dans ses dents. J'ai sifflé pour la faire partir mais elle a sauté sur moi.

Je ne voulais pas lui faire de mal. J'ai eu peur parce qu'elle m'a mordu encore plus fort que les rats. Je l'ai attrapée et la maman petite a crié. J'ai serré la bête vivante très fort. Elle a fait des bruits que je n'avais jamais entendus. Et puis je l'ai lâchée. Elle était toute écrasée et toute rouge sur le charbon.

Je suis resté caché quand maman est venue et m'a appelé. J'avais peur de la canne. Et puis elle est partie. Je suis sorti et j'ai emporté la bête. Je l'ai cachée dans mon lit et je me suis couchée dessus. J'ai remis la chaîne dans le mur.

 

X- Aujourd'hui est un autre jour. Papa a mis la chaîne très courte et je ne peux pas m'en aller du mur. J'ai mal parce qu'il m'a battu. Cette fois j'ai fait sauter la canne de ses mains et puis j'ai fait mon bruit. Il s'est sauvé loin et sa figure est devenue toute blanche. Il est parti en courant de l'endroit où je dors et il a fermé la porte à clef.

Je n'aime pas. Toute la journée il y a les murs qui font froid. La chaîne met longtemps à partir. Et j'ai une mauvaise colère pour papa et maman. Je vais leur faire voir. Je vais faire la même chose que l'autre fois. D'abord je ferai mon cri et je ferai des rires. Je courrai après les murs. Après je m'accrocherai la tête en bas par toutes mes jambes et je rirai et je coulerai vert de partout et ils seront très malheureux d'avoir été méchants avec moi.

Et puis s'ils essaient de me battre encore je leur ferai du mal comme j'ai fait à la bête vivante. Je leur ferai très mal.  

 

Lire les nouvelles de Maupassant en ligne (Seconde)

Par cyberblaise - publié le mardi 12 janvier 2010 à 14:02 dans 2nde2 (2009-2010)

Pour améliorer votre connaissance du genre de la nouvelle, vous pouvez découvrir en ligne un grand nombre de nouvelles réalistes et fantastiques de Maupassant.


http://un2sg4.unige.ch/athena/selva/maupassant/maupassant.html

Contrôle sur les figures de style mardi 12 janvier (2nde2)

Par cyberblaise - publié le samedi 9 janvier 2010 à 14:48 dans 2nde2 (2009-2010)

Entraînez-vous par le biais d'exercices en ligne:


http://www.cmontmorency.qc.ca/~cpilote/id249.htm

Les nouvelles de Richard Matheson (Travail à faire pour la rentrée de janvier)

Par cyberblaise - publié le samedi 19 décembre 2009 à 17:34 dans 2nde2 (2009-2010)

Du fait de mon absence, je n'ai pu vous donner le programme de la rentrée. Voici un questionnaire à remplir pour le vendredi de la première semaine de janvier.

Questionnaire de lecture :

1.       Quelle nouvelle du recueil avez-vous préférée et pourquoi ?

2.       Lesquelles sont vraiment des nouvelles fantastiques ? Justifiez votre réponse précisément.

3.       Commentez le rapport de trois nouvelles de votre choix avec leur titre ?

4.       Nommez les nouvelles qui appartiennent au genre de la science-fiction. Que nous disent-elles sur notre temps et ses craintes ?

5.       Quel est le point commun entre l'ensemble des nouvelles selon vous ?

6.       Pourquoi peut-on dire que le thème dominant de la plupart des nouvelles est la question de l'identité ?

7.       Pourquoi a-t-on dit de Matheson qu'il était le maître des nouvelles à chute ? Justifiez votre réponse par des exemples précis.

Richard Matheson:


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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