Un nouveau départ que j'ai du mal à accepter
Un nouveau départ que j'ai du mal à accepter.
Cela n'était pas facile tous les jours. On avait fait un long voyage fatigant et nous étions dans une espèce de cabane où il faisait froid à cause des courants d'air qui passaient par les trous des vieilles planches qui servaient de toit. Celles-ci commençaient même à moisir et dégageaient une drôle d'odeur! Je préférais ma vie d'avant, en Éthiopie quand j'avais onze ans, même si on ne mangeait pas toujours à notre faim. Mais mes parents me répétaient qu'ici c'était mieux, qu'on mangerait mieux. Pour moi ce n'étaient que des mots en l'air car pour l'instant ce n'était pas le cas. Ma vie était réduite à entendre mes frères et sœurs pleurer à longueur de journée et c'était à moi de m'en occuper pendant que ma mère recherchait du travail ! Etre sans papier est difficile ! Mon père nous a dit que peut-être bientôt on en aurait, cependant on attendait toujours. Ma vie n'était pas rose tous les jours. Je n'allais même pas à l'école et moi je voulais savoir lire et écrire. Tout le monde me regardait comme une bête curieuse, mais bon, c'est bien ce que suis. Je n'avais pas d'amis j'étais triste. Deux années plus tard mon père avait réussi à obtenir nos papiers et pour les avoir, il travaillait pour un drôle de Monsieur et moi je suis allée à l'école mais je n'avait toujours pas d'amis. Et maintenant j'ai 25 ans je suis célibataire et j'ai trouvée un emploi : journaliste et voilà mon article. M.B
Le grand voyage de Fatma
Le grand voyage de Fatma Mille neuf cent quatre-vingts. Je m'appelle Fatma, j'ai dix ans, et je viens d'Iran. Ma famille et moi sommes partis à cause de la guerre et j'ai peur… Il est six heures du matin et je n'ai pas dormi de la nuit. Il faut dire, il fait tellement froid dans cette cabine que mes pieds en sont tout bleu. Mon petit frère, Rachid, dort collé contre moi. Mes parents, eux, je ne sais pas où ils sont : ils ont dû sortir pour prendre l'air, ou…Pour se crier dessus ! J'entends le bruit des roues sur les rails et le soleil commence à se lever doucement, en ce matin d'hiver. J'ai une grosse boule dans la gorge et je suis très angoissée… Nous sommes partis il y a deux jours et je me demande : Comment ça va être ? Comment allons-nous être accueillis ? Ou serons-nous logés ?... Beaucoup de questions se bousculent dans ma tête et les larmes montent aux yeux, mais il faut être forte :« Ne t'inquiète pas me, dis-je, tu verras bien là-bas. » Un peu rassurée, je ferme alors les yeux et je m'endors. Quand j'ouvre les paupières, il fait déjà grand soleil. Nous sommes dans une charrette en bois ( la pauvreté nous empèche d'avoir une voiture ) sur la paille, tirée par un âne. Je me lève, et, à cet instant, je suis émerveillée par la beauté du paysage. Nous traversons des montagnes, des montagnes partout, tellement hautes qu'elles traverseraient les nuages. Papa dit qu'elle s'appelle les Alpes. On arrive, si on regarde bien, à voir de la neige sur les hauts sommets. Et l'herbe, aussi verte qu'un gazon frais…Tout est si beau ici… Ce fut un souvenir inoubliable… Car la nostalgie de mon pays fut oubliée quelques instants.... Léa C.
Chemarin Léa, 5°1, le 17/05/10
Le début d'intégration d'Asma
Je m'appelle Asma, j'ai 12 ans. J'ai émigré en France avec mon père Farid, ma mère Sarah, ma petite sœur Esma et mon petit frère Mounir. Je suis Algérienne, je vis dans le pays des blancs, des Français. Dans la rue, ce matin, tout le monde me regardait, comme si j'étais une poubelle en plein milieu de la route après être sortie du bateau qui partait d'Algérie, pour traverser la mer Méditerrané et arriver à Marseille J'habite dans un bidonville à la sortie sud-est de Marseille. Mais je vais bientôt déménager dans un appartement au cœur de la ville, ce soir. Foutu bidonville, foutue ville. En plus, sa pue le pipi dans ce bidonville, il y a des déchets à perte de vue et il n'y a qu'une pièce pour dormir, manger, se laver…. Là je suis dans mon lit, enfin plutôt dans NOTRE lit. Je n'arrive pas à dormir entre mon père qui ronfle, Mounir qui pleure dans les bras de ma mère et ma sœur qui bouge dans tous les sens. Une bonne sieste après ce voyage m'aurait pourtant fait du bien ! Papa et maman repartent en Algérie demain matin. Je devrais m'occuper seule de mon frère et de ma sœur. Heureusement, il y a mon cousin et ma cousine pour m'aider. Dans la famille, on ne se laisse jamais tomber. Mais, mes parents disent que ma cousine partira à ses 18 ans et pareil pour mon cousin. J'aurais alors 14 ans quand ils seront tous partis. Foutue ville, foutue vie. Demain, je n'aurais plus rien. Vraiment plus rien. Mes parents partiront puis mon cousin, et enfin, ma cousine. Je suppose que c'est la guerre là bas, en Algérie. Demain, c'est mon premier jour au collège alors que je parle à peine le Français et que j'ai peur d'être rejetée par les autres. Demain, une nouvelle vie commencera. Demain, j'aurais définitivement tout perdu et tout gagné. Perdu ma famille et mes amis. Gagné ma nouvelle vie dans un pays riche. FIN
Espérance
Espérance
Cette nuit, j'ai mal dormi. En vérité je n'ai
pas dormi du tout. Nous sommes environ trente cinq algériens serrés dans cette
fichue camionnette. Il y a des mauvaises odeurs, des cris de désespoir, des larmes
à longueur de journée. Moi, Sarah, huit ans j'attends d'arriver. De
finir mon périple je ne sais où, car le but de ce voyage je le connais, mais
l'endroit où on va arriver, mon petit frère et moi, je ne le connais pas.
Mon petit frère a quatre ans. Il s'appelle Miloud. Il ne comprend pas
pourquoi depuis trois jours on voyage sans s'arrêter. Moi je le sais. Il
y a trois jours, mes parents nous ont déposés, Miloud et moi dans une grande
gare. Au début, j'ai trouvé ça merveilleux. Ils nous ont embrassés en
nous disant au revoir. Et là, j'ai pleuré. De grandes personnes, que je
ne connaissais pas, nous ont jetés dans cette camionnette avec beaucoup
d'autres enfants. Maintenant, j'ai compris. Je déteste la guerre. A
cause d'elle, je ne verrai plus mes parents, plus mes grands-parents,
plus ma famille. Maintenant ma vie est finie, gâchée. Mais j'espère avoir
une vie dans l'endroit où j'arriverai. J'espère pouvoir juste
survivre au moins survivre, mais je n'en ai pas la force. Je referme mes
bras autour du ventre de Miloud et j'espère… Cette nuit j'ai écrit
un poème :
Cauchemar
Souvent je décide de sauter
Mais souvent je tombe
Du haut je plonge
Je ne me remonte pas
Je me débats, essaie de me réveiller
Quand j'ai tout
donné pour me sauver
Je me laisse entraîner vers le fond
Sans pourvoir me retourner
Tout est glacé, le rêve sonne impossible
Il faut que je me réveille
Au dernier souffle je me secoue
Et remonte à la surface.
La mort torride ne m'accueillera pas
aujourd'hui.
Je souffle, épuisé puis me réveille, seule dans mon lit,
chaude, transpirante,
Là, je respire.
SARAH
FIN
immigrés interview
Témoignages : Pourquoi est-on là ? Saint-Hippolite (Paris 13), 3 mai 2006 mercredi 3 mai 2006.
Dans la même rubrique
Témoignage de sans-papiers recueillis le 3 mai 2006 dans l'église Saint-Hippolite à Paris Ahmed Djahl, 9 ans et demi Les collectifs viennent à l'église pour demander les papiers. Je ne suis jamais venu à l'église, j'ai eu peur parce que pour moi, je pensais que les chrétiens n'aimaient pas les musulmans. Maintenant je n'ai plus peur parce qu'ils ont dit qu'on allait dormir ici, et si on dort ici les policiers ne vont pas venir. Je suis rassuré. L'église est gentille avec les sans-papiers. Peut-être que le chef de l'église va nous aider à nous donner des papiers. Par rapport à Auguste Perret [ex-local du Service social d'aide aux émigrants (SSAE) qui avait été occupé très récemment par les sans-papiers], je n'aimais pas parce que les policiers nous ont poussés alors qu'on avait rien fait. Il y a eu des accidents. J'ai eu très peur, ma mère a perdu ses chaussures. Les autres se sont fait attraper par les flics. D'autres se sont sauvé. Ali m'a sauvé la vie. Il m'a pris et m'a sorti dehors, ma mère était à côté de moi. Maintenant à l'église je suis tranquille. Même avant l'expulsion à Auguste Perret, j'avais très très peur, parce que je savais que la police pouvait venir à n'importe quel moment. Source: http://www.contreimmigrationjetable.org/spip.php?article441
Lexique
émigrés : Quitter son pays pour aller se fixer dans un autre : De nombreux Irlandais ont émigré en Amérique.
Immigrés : Qui a quitté son pays d'origine pour s'installer dans un autre pays.
Exilés : Se dit de quelqu'un qui est condamné à l'exil ou qui vit en exil ; banni.
Source: http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/
http://www.buongiornoromania.ro/Image/immigration1.jpg

Florian ABRIAL Jolan SAHNOUNE Mathieu REVOIL
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