Penser après les cours...!

Corrigé des questions d'entretien sur le théâtre (1S1)

Par cyberblaise - publié le mardi 1 juin 2010 à 18:06 dans 1S1(2009-2010)

Le personnage d'Antiochus développé surtout à l'acte I et III

ActeI

Antiochus

Dès les scènes d'exposition, nous l'avons vu, Antiochus trahit sa faiblesse, ses hésitations et ses souffrances.

Ce combattant, hier courageux et même téméraire contre les rebelles de Judée, est en amour

l'éternel perdant. Du vaincu, il présente tous les traits : la tristesse, la volonté défaillante, la mélancolie.

Même s'il cède à l'illusion de voir se retourner le destin en sa faveur, son avenir n'est fait que de regrets du passé. Amant sans espoir, il cherche à se délivrer de son malheur par l'aveu de son amour. Encore cet aveu est-il longuement différé et donne lieu aux hésitations du monologue de la scène 2. En fait, Antiochus est entièrement soumis aux événements et à la décision des autres. Que Bérénice épouseTitus et son sort est joué.

« Son sort décidera du mien » (126)

« Si Titus a parlé, s'il l'épouse, je pars » (130)

Qu'elle ne l'épouse pas, et ses espoirs chimériques reprendraient force.

- Quand vient le moment crucial de l'aveu (scène 4) et la confirmation (imprudente) par Bérénice

de son prochain mariage, Antiochus n'a plus qu'à répéter son refrain lancinant : il part. Dignement, sans éclats inutiles. Du moins le dit-il. Mais la suite ne lui appartient pas.

- Il ne lui reste plus qu'à évoquer avec lyrisme son amour au passé, reprenant son monologue de la scène 2, là où il l'avait laissé. Sa passion est sincère et née d'un « coup de foudre » : son coeur reçut le premier trait qui partit de ses yeux (190). Par malheur, la « conquête » de Titus fut encore plus foudroyante :

« Titus, pour mon malheur, vint, vous vit et vous plut » (194)

 

- Le silence que lui a imposé Bérénice, il le brise aujourd'hui pour redire un amour d'autant plus fort

qu'il est sans espoir. Vous noterez que le plus beau des vers exprimant sa déréliction

« Je demeurai longtemps errant dans Césarée » (235) cristallise les trois destins de la tragédie : Césarée, ville romaine de Judée conquise par César de qui elle tire son nom est la ville natale de Bérénice Antiochus, alors allié de Titus, a rencontré et éprouvé un coup de foudre pour la reine (voir vers 188 à 190) dans le même temps où cette dernière s'éprenait de Titus (vers 194).

En un alexandrin et un lieu mythique (tout à la fois emblématique de la Judée, de sa reine et de ses

deux prétendants romains) le destin des trois personnages est scellé.

Acte III

À la scène 2, face aux enjeux tragiques qui pèsent sur le couple Titus/Bérénice, Antiochus paraît bien

prosaïque et son confident redouble encore cette impression. Arsace ne voit dans la proposition de Titus qu'une occasion pour son maître de reconquérir le coeur et la personne de Bérénice.

- La réponse d'Antiochus semble, pour un spectateur d'aujourd'hui, plus vulgaire encore :

« Arsace, laisse-moi le temps de respirer. « (775)

Comme toujours le roi ne sait que croire ni que faire. Devant les grossières invitations de son confident

à prendre une place encore chaude (cet hymen est rompu... l'amour vous invite), qui ne dépareraient pas dans une comédie, Antiochus hésite. Partir avec Bérénice et la séduire ? Il ne recueillerait que pleurs, suscités par un autre (814).

 Lui annoncer que Titus la renvoie et recueillir les fruits de cette révélation ?

Titus seul doit parler et supporter seul la douleur et la haine que cette cruelle vérité provoquera (845).

D'ailleurs au moment de se décider, Antiochus ne peut qu'invoquer le ciel : Bérénice vient interrompre

ses délibérations, et sa première phrase est pour lui reprocher d'être encore là !

La scène 3 est cruelle pour cet indécis au coeur fragile comme pour Bérénice à qui il doit révéler, malgré ses hésitations, la froide vérité. Les dérobades d'Antiochus toujours tremblant (865) et craignant la douleur de Bérénice autant que sa colère, ne tiennent pas devant la détermination de la reine à le faire parler. Quand finalement il cède, c'est pour annoncer de la manière la plus rude « qu'à jamais l'un de l'autre il faut se séparer » (894).


Clin d'oeil à Aurélie! Images du Mékong! (1S1)

Par cyberblaise - publié le vendredi 28 mai 2010 à 10:45 dans 1S1(2009-2010)

Sur les traces de "la petite", l'Indochine n'est pas l'Indonésie: Bon voyage sur ce lien

http://blog.bluetran.asia/post/2010/02/24/Retour-dans-le-delta-du-M%C3%A9kong-(bis)


Un autre blog qui se souvient de "l'amant" de Marguerite Duras:

http://tde.typepad.com/thierry_do_blog/2009/07/le-souvenir-de-lamant.html


De magnifiques photos sur les traces de Marguerite Duras et qui transmettent parfaitement l'atmosphère si particulière de son oeuvre:

http://www.picturetank.com/___/series/29ba4568224ba3b3f95dc22f460cf49d/REMINISCENCES,_sur_les_traces_de_Marguerite_Duras_en_Indochine..html

Lambert Wilson dans l'actualité cinématographique.

Par cyberblaise - publié le mercredi 26 mai 2010 à 14:38 dans 1S1(2009-2010)

Avez-vous remarqué que Lambert Wilson dont nous avons parlé à propos de ses mises en scènes de Bérénice jouait dans deux films de la sélection officielle du festival de Canne 2010?

la Princesse de Montpensier, l'adaptation au cinéma par Bertrand Tavernier d'une autre roman que La Princesse de Clève de Mme de Lafayette et des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois qui a obtenu le prix du jury pour un sujet délicat relatant le martyr des huit prêtres français de Tibérine, tués en Algérie.

http://laternamagika.wordpress.com/2010/05/19/des-hommes-et-des-dieux-de-xavier-beauvois/


Interview du réalisateur et de Lambert Wilson:

http://www.excessif.com/cinema/actu-cinema/news/video-cannes-2010-interview-lambert-wilson-et-xavier-beauvois-5857696-760.html


Une référence à l'actualité peut montrer au correcteur que votre culture s'étend au-delà du strict programme scolaire.

Regarder En Attendant Godot

Par cyberblaise - publié le lundi 17 mai 2010 à 15:01 dans 1S1(2009-2010)

L'on peut trouver sur dailymotion l'intégrale de la pièce en 22 séquences, mieux que rien pour avoir une idée de mise en scène possible.

http://www.dailymotion.com/video/x691kf_en-attendant-godot-extrait-01_shortfilms

A la découverte de Beckett (1S1)

Par cyberblaise - publié le samedi 8 mai 2010 à 14:34 dans 1S1(2009-2010)

Le dossier du CRDP d'Aix en Provence vous permettra d'écouter des interviews de gens qui ont connu Samuel Beckett et de voir des extraits de mises en scènes de ses pièces et notamment de En Attendant Godot et Fin de Partie.

http://www.crdp-aix-marseille.fr/spip.php?article741&artpage=3-4


Supplément au voyage de Bougainville( résumé)(1èreS1)

Par cyberblaise - publié le mercredi 13 janvier 2010 à 12:07 dans 1S1(2009-2010)

Pour en savoir plus sur l'extrait des adieux du vieillard tahitien à Bougainville. Je vous recommande de lire le dialogue de Diderot et de vous aider du cours de mme kennel pour mieux le comprendre.

http://elisabeth.kennel.perso.neuf.fr/resume_du_supplement_au_voyage_d.htm

Zola , un écrivain engagé avant la lettre?

Par cyberblaise - publié le lundi 11 janvier 2010 à 18:43 dans 1S1(2009-2010)
 

Zola, écrivain engagé avant la lettre 
 

Introduction : 

      Zola, un écrivain engagé ? Avant la lettre ?

Ce romancier français né en 1840 vécut une grande partie de sa jeunesse à Aix-en-Provence. Dès la fin de ses études à Paris, il fut employé à la librairie Hachette. En 1867, sa préface de  Thérèse Raquin est un véritable manifeste du naturalisme qu'il définira plus complètement par la suite particulièrement dans le Roman Expérimental (1880). Enquêtant sur le terrain, pour imaginer et expliquer le comportement de ses personnages, il entreprit en 1869 la rédaction du premier des vingt romans qui composent la fresque des Rougon Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire. Chez Zola, l'observation réaliste du milieu social se double d'une vision symbolique qui évoque le conflit entre les forces de vie et de mort. Zola fut surtout attaqué par les nationalistes lorsqu'il dénonça avec véhémence les irrégularités du procès de Dreyfus dans « J'accuse… » article publié dans le journal « l'Aurore » du 13 janvier 1898.

Cet exposé va nous permettre de vous montrer dans quelle mesure Emile Zola peut être considéré comme un écrivain engagé. Dans une première partie, nous nous attacherons tout d'abord à définir ce que l'on peut entendre en général par « écrivain engagé », puis dans une seconde partie nous évoquerons quelques œuvres maîtresses de Zola susceptibles de témoigner de son engagement. 

I ) L'écrivain engagé :

 

Il s'agit des écrivains qui prennent position, témoignent, dénoncent, faisant de leur plume une arme et de leur talent un instrument au service d'une cause qu'ils ont à cœur de défendre.

Nous pouvons dans un premier temps vous rappeler le sens  de la notion d'engagement.

Le terme fait entrer en jeu la volonté de définir une position et de s'y tenir. Pour l'écrivain, l'action consiste à écrire en transformant, selon Sartre,  « sa plume en épée » par rapport à un contexte politique, religieux ou social. 

     1) Les circonstances : 

    1. Circonstances religieuses :
 

La violence des guerres de religion de la Renaissance a poussé certains écrivain à prendre position pour ou contre les parties en présence. C'est le cas de Ronsard du côté catholique, et de d'Aubigné du côté protestant, qui s'élève contre les massacres et contre les déchirements dans son oeuvre Les Tragiques 

    1. Circonstances politiques :
 

La Révolution ou les guerres déclenchent aussi bien les protestations que les appels à la résistance. Dans les Châtiments Hugo s'en prend avec vigueur à Napoléon III et donne une présentation très négative du régime impérial. Lors de la seconde guerre mondiale, l'installation de l'ordre nazi a provoqué la résistance de certains écrivains comme Desnos. 

    1. Circonstances sociales :
 

Le XVIIIe siècle philosophique en est un exemple. Les philosophes luttent contre une situation politique et sociale qui leur paraît contestable : la monarchie absolue, les inégalités, l'arbitraire et les abus de pouvoir constituent un ensemble contre lequel ils exercent leurs critiques. Le combat de Zola en faveur du capitaine Dreyfus s'inscrit dans la même ligne. Au XXe siècle, les prises de position contre le colonialisme, contre l'apartheid, contre les camps nazis ou soviétiques, jouent un rôle équivalent. 
 
 

     2) Les « armes » : 

L'écrivain s'engage par son écriture en adaptant les genres et les styles. 

  1. Dans la poésie :
 

Le poète engagé peut jouer sur la brièveté d'un poème ou sur sa longueur (les Tragiques). Il peut également jouer sur le rythme : l'Alexandrin assène des formules frappantes (les Châtiments), ou développent sur plusieurs vers des tableaux des récits. La poésie utilise également des figures expressives : l'anaphore, les répétitions, les antithèses, les parallélismes, les métaphores, les comparaisons... (D'Aubigné comparant la France a une mère déchirée). 

  1. Dans les textes en prose :
 

è Les textes narratifs : 

Ils mettent en scène des situations qui font réagir, ou qui font réfléchir. La combinaison de fiction et de réalité apporte une force supplémentaire en favorisant la concentration d'événements dans le temps. 

è Les textes analytiques : 

Ils font davantage appel au raisonnement pour susciter l'indignation, voire la révolte. Dans tous les cas, l'utilisation de l'ironie est un moyen intéressant d'attirer l'attention sur le caractère inacceptable de certaines situations. 
 

II ) L'engagement de Zola 
 

       1) La recherche de vérité et le combat pour la justice 

La révolte des "petits" est un thème que l'on retrouve à la fois dans La Fortune des Rougon et dans Germinal. 

Dans La fortune des Rougon, Pierre Rougon et sa femme Félicité profitent de l'effarement qu'a provoqué le coup d'état de Bonaparte pour prendre le pouvoir dans leur ville. Mais le "petit peuple", profondément républicain,  décide de réagir à cela et est réprimé dans un bain de sang. 

Dans Germinal, les mineurs décident de se mettre en grève après une réforme imposée par les dirigeants de la mine. Mais là aussi la grève est un échec et après que quelques-uns des leurs aient été tués lors d'une confrontation avec des soldats et le sabotage de la mine,  par un anarchiste, les mineurs retournent travailler. 

Zola montre donc à chaque fois les "petits" qui se révoltent pour des raisons on ne peut plus justes mais qui, au final, sont "écrasés". 

Cette indignation perpétuelle est peut-être à la base du rôle qu'il a joué lors de l'affaire Dreyfus. En effet, dans cette affaire, c'est un Zola révolté contre l'injustice et l'antisémitisme que l'on retrouve. 

En 1894, les services de renseignements français découvrent une lettre faisant preuve qu'un officier français a collaboré avec les Allemands lors de la guerre. Le Capitaine Alfred Dreyfus, officier juif d'origine alsacienne, est alors immédiatement soupçonné sur la ressemblance de son écriture. En décembre de la même année, il est dégradé publiquement et condamné à la détention perpétuelle. 

En 1897, le nouveau chef des renseignements français découvre le véritable auteur de la lettre. Aussitôt le frère du capitaine Dreyfus réclame la révision du procès. Jugé en conseil de guerre, le véritable coupable est acquitté. Ecœuré par cette injustice, Emile Zola écrit le  13 janvier 1898 en première page du journal L'aurore le très fameux « J'accuse »   ! qui dénonce l'antisémitisme de l'armée et accuse l'état-major d'avoir condamné Dreyfus sans preuve. L'affaire d'espionnage devient alors un scandale public.

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          2) La critique des frasques de l'ordre établi

       

Dans la Curée, Zola est aussi très engagé. Le titre même de son œuvre «  la curée » renvoie à un terme de chasse désignant la partie de la bête que l'on donne en pâture à la meute, sur le cuir même de la bête que l'on vient de dépouiller. Dès le XVIe siècle, la curée désigne plus généralement une ruée avide vers les biens, les places et les honneurs laissés inoccupés  par la mort d'un homme.

Le roman  La Curée  dénonce ainsi d'emblée l'époque de folie et de honte qu'est le Second Empire avec tous ses excès. Par exemple Charrier et Mignon qui sont les entrepreneurs de Saccard se ruent sur Paris comme des vautours affamés, pour lui faire des « entailles »…  (Chapitre 2) Napoléon III dépèce de son regard remplis de « lueurs fauves » le corps de Renée au bal des Tuileries. Et Saccard qui dégrafe le corsage de Renée sa femme avec ses « tenailles » qui se retrouve « sans un lambeau ». (Chapitre 6) Zola nous dépeint les personnages comme des animaux. La Curée décrit la fureur d'une époque où les appétits de jouissance »  se déchainent, c'est une époque qui ne présente pas de limites.

Tout comme d'autres de ses œuvres, la Curée rend compte d'un point historique de son époque. Celui des travaux d'Haussmann, au cœur de Paris. De chapitre en chapitre, une véritable de galerie de portraits de la société impériale y défile. Ces personnages secondaires servent à dénoncer le régime, son fonctionnement pervers rongé par la corruption. Tous ces hommes et femmes de grande noblesse ne sont pour Zola que des profiteurs du régime.

   Le fond historique du roman se décline sur le mode de la satire.

Satire politique tout d'abord, avec la dénonciation de l'accord entre le pouvoir et les intérêts financiers. L'appât du gain est omniprésent. Mignon affirme que « quand on gagne de l'argent, tout est beau » (chapitre 1). Toute conscience politique semble avoir disparu au profit du culte de l'argent que l'on retrouve aussi dans le roman  l'Argent  où sont dénoncées les impitoyables spéculations des capitalistes.

Les sujets les plus graves sont également tournés en dérision. Ainsi en est-il de la guerre, dans le chapitre 6, réduite à un banal objet de plaisanterie.

Satire morale et intellectuelle ensuite, lorsque Zola souligne parfois la grossièreté des personnages et les dérèglements de leur conduite (homosexualité, prostitution, inceste..). Piètre image de son temps que nous livre ainsi Zola qui entendait faire une « nouvelle Phèdre ». Mais c'est une Phèdre dégradée et salie qui est présente dans la Curée. La mort de la Phèdre racinienne est une mort beaucoup plus valorisante que celle de Renée.

La Curée a d'abord été publiée en feuilleton dans le journal "La Cloche". Mais cela a fait scandale et le parquet a suspendu la parution du texte pour raison morale. Cela montre que ce roman touche la société. Zola a dit « une société n'est forte que lorsqu'elle met la vérité sous la grande lumière du soleil ». 
 
 

       3) Le rêve d'une société meilleure 

     Le lyrisme puissant de Zola, la grandeur épique et visionnaire de ses descriptions transcendent, en fait, les qualités d'exactitude scientifique mises en avant par l'auteur. Sensibilisé par ses enquêtes (par exemple aux mines d'Anzin pour Germinal) et par ses lectures (Fourier, Proudhon, Marx), il se tourne de plus en plus vers un idéal proche du socialisme utopique. Dans Les Trois Villes (Lourdes, 1894 ; Rome, 1895 ; Paris, 1897) et surtout dans Les Quatre Évangiles (Fécondité, 1899 ; Travail, 1901 ; Vérité, 1902 ; Justice, inachevé), dont les protagonistes respectifs s'appellent Matthieu, Luc, Marc et Jean, la fiction se met au service d'une " Église nouvelle ", d'une " Cité future ", une société idéale, organisée autour de la fécondité, du travail, de la vérité et de la justice, dont Zola rêve de jeter les bases. 

Conclusion : 

      Après avoir précisé les éléments susceptibles de caractériser un écrivain engagé, nous avons tenté de percevoir et de vous faire partager cette dimension en parcourant l'œuvre d'Emile ZOLA, notamment la grande fresque des Rougon Macquart. Objet de son vivant même de critiques et de haines aussi extrêmes que l'amitié et l'admiration qu'il suscita par ses positions tant littéraires que politiques, Zola reste l'un des écrivains français les plus importants du XIXe siècle. Il excelle, grâce à son verbe foisonnant, à son imagination vigoureuse, à une technique descriptive qui doit beaucoup à la photographie (qu'il pratiqua avec passion) dans l'évocation des masses humaines, des lieux et des machines de l'ère industrielle, qui prennent sous sa plume la dimension du mythe et de l'épopée.

      Pour autant, sa situation ne semble pas originale au point  de justifier la qualification d'écrivain engagé « avant la lettre ». Ainsi Zola ne s'inscrit-il pas plutôt dans une vaste lignée d'auteurs comme Voltaire, Victor Hugo,  Balzac,  Sartre,Eluard dont bon nombre l'ont précédé ?

Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde

Par cyberblaise - publié le dimanche 3 janvier 2010 à 12:49 dans 1S1(2009-2010)

Pour les élèves de 1S1 qui se rendent au théâtre mardi avec leurs professeurs d'anglais, pensez à exploiter le roman d'Oscar Wilde dans le cadre de votre objet d'étude sur le roman en français en lisant ces articles:

http://www.republique-des-lettres.fr/642-oscar-wilde.php


http://www.buzz-litteraire.com/index.php?2006/04/25/1360-le-portrait-de-dorian-gray-oscar-wilde



Paris dans la Curée

Par cyberblaise - publié le jeudi 10 décembre 2009 à 19:41 dans 1S1(2009-2010)


 

   Introduction 

 

I. Les tableaux des différents lieux de Paris faits par Zola (l'impressionnisme du paysage)

    1. Le Café Riche
    2. La serre
    3. Le boulevard

II. Paris comme personnage vivant du roman

    1. Le Paris de l'incipit : la galerie des mondains
    2. Paris dans le chapitre II du roman :
      1. Une personnification : l'animal de la curée
      1. Une ville d'Orient
      2. Une autre personnification : la ville-femme
    1. Paris dans la suite du roman
     
     

III. Paris, un lieu de débauche

    1. Les différents lieux de débauche dans La Curée
    2. La débauche des personnes du Second Empire exprimée à travers le personnage de Renée dans La Curée

IV. La géographie de Paris présente dans le roman


Conclusion 
 

 

Introduction 
 

Dans La Curée, deuxième volume de la série Les Rougon-Macquart, écrit par Emile Zola et paru en 1972, toute l'histoire se déroule dans la ville de Paris.

Plusieurs de ses lieux y sont décrits à la manière impressionniste de façon à dresser de ces paysages des tableaux impressionnistes, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas décrits avec le plus de réalisme possible mais plutôt selon les impressions qu'on peut y ressentir.

Cela dans le but de montrer aux lecteurs la ville de Paris comme un personnage vivant du Second Empire et enfin un lieu de débauche de cette société.  
 
 

I. La façon dont Zola voit Paris 

Bien que Zola se définisse lui-même comme un auteur naturaliste, on trouve dans le roman “La Curée” plusieurs passages qui font plus penser à de l'impressionniste qu'à du réalisme. Ces passages impressionnistes  vont même jusqu'à rappeler certains tableaux impressionnistes de l'époque du XIXème siècle. 
 

 A. Le café Riche 
 

Dans le passage, où Maxime et Renée se trouvent au café Riche par exemple, peut être associé à un tableau de Pissarro, Boulevard Montmartre, Effets de Nuit. En effet que ce soit, sur le tableau ou dans le roman l'impression de flou est très présente. 

Zola joue beaucoup sur l'ombre et la lumière : “une bande obscure ", " une raie d'ombre ", " une illumination colossale ", " éclat assourdi ", on voit des " trous de ténèbres ", et il insiste sur les " lanternes de voitures ". On pourrait facilement se croire en pleine journée, alors que l'on est en pleine nuit. 

Quand au tableau de Pissarro, les sensations sont pratiquement les mêmes. Son auteur jour lui aussi, sur le contraste de l'ombre et de la lumière. Les points clairs qu'il fait apparaître pourraient être les lanternes de voitures sur lesquelles Zola insiste. Quant à l'impression de voir une population sans pouvoir distinguer les gens renforcent l'effet de flou. 

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B. La serre 
 

Un autre des passages où  l'impressionnisme est très présent est celui de la description des nuits de Renée et de Maxime dans la serre, situé à la fin du chapitre IV. La grande énumération de plantes présente dans le passage le rend plus réaliste. Mais c'est surtout l'utilisation d'expressions faisant référence à des impressions. Zola nous parle de ce que ressentent les personnages, “l'air alourdit”.

Le nouveau contraste entre la lumière et l'ombre nous fait quasiment oublier la présence de végétations dans la scène. On ne distingue plus les plantes, seulement un “entrelacement”.

Avec cette impression le passage du roman, peut être mis en parallèle avec un tableau de Manet, intitulé, Dans La Serre. Cependant le rapprochement ne peut être fait que pour le fond du tableau qui correspondrait parfaitement avec l'entrelacement dont parle Zola. 

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C. Le boulevard 
 

Dans le passage où Renée et Maxime vivent leur passion et où l'on nous décrit une de leurs courses en voiture dans la ville de Paris, il y a de nombreux éléments de description qui peuvent nous faire penser à un tableau impressionniste, intitulé Sur le boulevard, de Jean Béraud. 

Tout d'abord Zola nous décrit les bâtiments ainsi que la rue : " Les maisons hautes, à grandes portes sculptées, chargées de balcons, où luisaient en grandes lettres d'or des noms, des enseignes, des raisons sociales ", " Les bandes grises des trottoirs, larges, interminables, avec leurs bancs, leurs colonnes bariolées, leurs arbres maigres "

Zola crée à nouveau une impression de floue, avec la lumière. " Cette trouée claire qui allait au bout de l'horizon se rapetissant et s'ouvrant sur un carré  bleuâtre du vide ", " Les gaietés du soleil riaient sur les façades neuves, allumaient les vitres " Il y a ensuite l'impression qu'il y a beaucoup de monde : " Ces courants de foule piétinant et bourdonnant ", " pas affairés de la foule ". 

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II. Paris comme un personnage vivant du roman 

   

L'impressionnisme fait par Zola des différents lieux de Paris a pour but de nous montrer Paris sous différentes formes, personnages etc.

Ces images symboliques de Paris faites par ces descriptions impressionnistes font alors l'objet de plusieurs procédés utilisés par l'écrivain comme les métaphores, les comparaisons, les personnifications…

Au fil du roman, Paris est perçu différemment, il change d'apparence pour montrer au lecteur les idées principales qu'il faut qu'il retienne puisque Paris est en fait le milieu qui va influencer les personnages d'après la théorie du naturalisme faite par Zola. En effet, d'après Zola, les phénomènes humains sont influencés par l'hérédité et le milieu qui les entoure. 
 
 

A. Le Paris de l'incipit : la galerie des mondains 
 

L'incipit nous décrit le retour pour Maxime et Renée du Bois de Boulogne, lieu mondain de cette époque, “réussite du Baron d'Haussmann“ perçue évidement autrement par Zola.

En effet, dans cet incipit, censé décrire le paysage, le lieu en lui-même du Bois de Boulogne, seuls les personnages, les voitures et tout autre matériel s'y trouvant y sont décris de façon très détaillée comme le montre la description du cortège des voitures par exemple. Cet oubli volontaire fait par Zola de décrire le paysage a pour symbole de montrer Paris comme un lieu non naturel, c'est ici seulement la galerie de cette société, les gens y viennent seulement pour se montrer, se comparer, se critiquer.

Le but de cette “non-description“ du paysage a alors une dimension satirique de cette société superficielle du XIXème siècle. 
 

B. Paris dans le chapitre II du roman 
 

Dans le chapitre II de La Curée, Saccard, l'ambitieux spéculateur, évoque ses premiers marchés : ce chapitre est l'annonce de la future spéculation à outrance qui touchera la ville.

La capitale se métamorphose alors sous les yeux du prédateur. 
 

1. Une personnification : l'animal de la curée 

Saccard, dans ce chapitre, évoque le futur découpage de Paris (futurs travaux d'Haussmann). Lui, apparaît alors comme le boucher de la ville, puissant et déterminé, tandis que cette ville, si grande, apparait alors comme la proie du personnage ne pouvant pas lutter face à lui et tous les autres ambitieux de cette époque. Cette personnification explique alors le choix du titre du roman. 

2. Une ville d'Orient 

Saccard, seulement intéressé  par l'enrichissement possible grâce à cette ville, va la voir comme une ville faite d'or, plusieurs évocations à cela seront faites tout au long du chapitre (par exemple, les poussières d'or de la destruction des maisons). Elle se métamorphose alors fantastiquement en ville comme dans le conte des Mille et une nuits, une cité de bijoutiers. 
 

3. Une autre personnification : la ville-femme 

Saccard étend ses désirs à Paris qu'il voit comme une femme, il utilise alors plusieurs termes qui personnifient la capitale. Saccard révèle, suggère le thème de la débauche, lié dans le roman à celui de l'argent. La ville, sous le regard de Saccard, apparaît comme une femme selon les stéréotypes féminins de l'époque, c'est-à-dire une femme passive et sensuelle.  

Ces différents aspects de Paris ont donc une vision symbolique : ils montrent la violence qui existe dans ce roman dont les acteurs sont des spéculateurs prêts à tout et totalement absorbés par l'idée de s'enrichir en détruisant. La réussite dans cette société du Second Empire est le fruit d'une violence faite à cette ville.

Ce chapitre annonce le futur que la ville va subir…

Le regard motivé du héros, ici, Saccard, y projette ses rêves prémonitoires et métamorphose donc Paris en lieu d'argent et de plaisir qui impose la vision de l'avenir : Le Paris d'Haussmann sera le théâtre de spéculations où vont s'édifier de colossales fortunes dont la sienne. 
 

C. Paris dans la suite du roman 

Dans les chapitres suivants, Renée va flirter et enfin commettre l'inceste avec Maxime, elle va donc culpabiliser mais en fait finalement accepter sa faute…

Renée n'est, dans le chapitre IV, celui de l'inceste, décrite par Zola que comme un corps, elle n'a pas de réflexion, elle est uniquement guidée par ses sensations d'où l'importante influence de Paris qui est ici une ville complice aux vices qui va la pousser à accepter son tort. Des sensations envoûtantes ressentis par Renée viennent de la ville comme des chaleurs, des odeurs etc. La capitale est, comme certaines autres villes comme Babylone, le symbole du Mal jusqu'à la fin de ce roman où d'ailleurs l'on peut fréquemment trouver différentes métaphores qui se succèdent évoquant la puissance de la ville et donc ici sa puissance dans le Mal.

Paris est “le Paris de la débauche“…

 

 

III. Paris, un lieu de débauche 

Mais paris est aussi vu comme un lieu de débauche. La débauche correspond au fait de s'adonner uniquement au plaisir avec excès. Ici, la ville de Paris peut donc être vu comme un lieu où les personnes du second empire exprimait leurs excès de jouissances sexuelles. Dans un premier temps, nous verrons quels sont les différents lieux de débauche dans la Curée, puis, dans une seconde partie, nous verrons que la débauche des personnes du second empire est exprimée dans la Curée à travers le personnage de Renée. 

 

A. Les différents lieux de débauche dans La Curée. 

La débauche est présente dans tout Paris cependant, on observe des lieux privilégiés où elle est plus exposée.

Dans le chapitre 3, Zola nous présente ce qu'il nomme « la grande débauche ». Il montre à travers la seine, fleuve traversant tout Paris, que le vice se propage par l'eau. La Seine transporte des objets de débauche en faisant des mouvements cycliques et verticales. Toujours dans le chapitre 3, on remarque une continuité de la débauche lors du Bal aux Tuileries où Renée montre de plus en plus de désir incontrôlables envers son beau-fils Maxime.

Ensuite, dans le chapitre 4, lors du bal chez Blanche Müller, malgré sa déception, Renée exprime toujours des désirs aussi forts pour Maxime. Puis, c'est surtout dans le café riche que vient la consommation de l'inceste, sommet de la débauche et excédant de plaisir pour les deux personnages de Renée et Maxime. Le café riche était considéré au second empire comme un endroit où les hommes amenait leurs amantes, souvent des femmes provocantes venues cherché un excès de plaisirs sexuels. Le café riche était donc un lieu propice à la débauche.  
 

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Encore dans le chapitre 4, on a ensuite la scène de la serre où Renée et Maxime se vouent pleinement à leur plaisir et s'offre une nuit d'amour folle. La serre est située dans l'hôtel Saccard, or on sait que les gens aimaient y exposer des femmes nues ce qui pourrait être favorable à l'envie et au désir. De plus, on sait que les premiers désirs de Renée ont été exprimés dans la serre, ce qui ajoute un argument pour penser que la serre, qui est un endroit confiné et rempli d'exotisme avec ces plantes, permet de développer les désirs sexuels.

Dans le chapitre 5, la débauche se montre surtout lors de la soirée au théâtre Italien où Renée n'arrête pas de penser à ses nuits d'amour avec Maxime. Cela fait environ un an qu'ils consomment sans cesse le plaisir. La débauche est donc pleinement présente lors de cette année dont profite parfaitement les deux amants. L'on peut donc penser que le théâtre est aussi un lieu qui peut créer le désir en sachant que c'était considéré comme un divertissement mondain au second empire.

La représentation parfaite de cette débauche est représenté surtout par Renée dans La Curée. 


 

B. La débauche des personnes du second empire exprimée dans La Curée à travers le personnage de Renée. 

Tout au long du roman, on se rend compte que Renée est celle qui représente surement le plus la débauche.

Déjà au chapitre 1, on remarque chez elle un désir « net et cuisant » et on remarque donc que son but principal est de séduire Maxime afin de gouter avec lui aux jouissances sexuelles dont elle a envi. Puis, au chapitre 3 elle prépare l'inceste et ressent énormément de plaisirs à être aux cotés de Maxime. Au chapitre 4, elle consomme l'inceste et tombe donc dans un excès de plaisirs

sexuels avec son partenaire Maxime. Ensuite, au chapitre 5, elle s'imagine en pleine nuit d'amour avec son amant, consommant un excès de désir et d'envie.

On remarque donc que pendant toute l'histoire, le personnage de Renée ne vit que dans la débauche. On peut alors la nommer comme représentante des femmes riches du second empire sachant que Zola voulait dénoncer les méfaits de cette société. Elle nous montre ce côté plutôt négatif de cette société puisqu'on se rend compte que Renée ne fait que se soûler de soirées nocturnes où son unique but est de coucher avec des hommes et donc de gouter inlassablement au plaisir et de tomber pleinement dans la débauche. On se rend compte que le personnage ne prend pas forcément conscience qu'elle fait de mauvais choix ce qui contribue à ne pas réagir lorsque par exemple elle consomme l'inceste qui est un geste impardonnable et punissable. Elle ne pense donc qu'à son bonheur et son envie personnelle sans se préoccuper du monde qui l'entoure. Elle ne vit que pour ces jouissances qu'elle s'accorde très souvent et veut seulement un plaisir intense dans la durée. 

Pour conclure, différents lieux dans Paris sont donc propices à la débauche que le personnage de Renée représente parfaitement. Cette débauche peut être liée à celle de l'assommoir, roman d'Émile Zola paru en 1877, le septième des Rougon-Macquart. 
 
 
 

IV. La géographie de Paris présente dans le roman 
 

Paris est présent tout au long du roman également d'un point de vue géographique. En effet, toute la série des Rougon-Macquart dont La Curée est le deuxième roman des vingt autres, se situe dans la ville de Paris.

Dans le chapitre I, la scène se déroule principalement dans le bois de Boulogne et dans l'hôtel Monceau qui se trouve dans la rue Rivoli,

où Saccard, sa femme Renée et son fils Maxime résident. Avant, Saccard vivait dans un petit logement rue Saint-Jacques avec sa première femme Angèle. Il est nommé  commissaire voyer adjoint à l'hôtel de Ville. Sa sœur Sidonie occupe, pas loin de l'hôtel de Ville,  un petit entresol et une boutique près de la rue Faubourg-Poissonnière. Dans le chapitre II, c'est justement un retour en arrière de la vie de Saccard, quand il travail encore a l'hôtel de Ville.

Dans le chapitre III, il y a un évènement, un bal aux Tuileries, mais la reste du chapitre se déroule principalement à l'hôtel Monceau.

Dans le chapitre IV de l'œuvre, Renée se rend au café Riche de Paris (18 boulevard des Italiens) avec son beau-fils Maxime après avoir passé une première partie de la soirée à un bal masqué chez l'actrice Blanche Muller, rue Basse-du-Rempart.

L'hôtel Monceau est le lieu principal où se déroule les scènes du  chapitre V, c'est-à-dire l'histoire de l'affaire Charonne.

C'est dans le chapitre VI que Saccard un fastueux bal costumé à l'hôtel Monceau, c'est à cette soirée que Renée se perd dans ses remords après la découverte de la relation incestueuse par Saccard.

Ainsi dans le dernier chapitre de ce roman, le VII, Renée se rend sur les lieux de son enfance, à  l'hôtel Béraud du Châtel qui se trouve dans la rue Saint-Louis-en-l'Ile. Saccard gagne donc l'affaire des terrains de Charonne et Renée meurt quelques temps après, endettée.  

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Conclusion: 

Dans le roman, Paris est donc vu de différentes façons, il est d'abord vu par Zola tel un tableau peint à la manière impressionniste, on peut donc dire vu avec beaucoup de raffinement. Puis, il est personnifié de manière tout aussi raffinée quand il l'est à une femme mais beaucoup plus brutal quand on personnifie la ville comme un animal ou un morceau de viande par exemple. Paris est aussi vu comme malsain quand il est assimilé à un lieu de débauche. Et, pour finir, la géographie de Paris est présente partout dans le roman. 


LAFRETTE Présilia

SCHOENY Mélanie

SONNTAG Joy

JOUVENOT Julie 

Exposés 1ère S1: Zola journaliste

Par cyberblaise - publié le mercredi 2 décembre 2009 à 21:01 dans 1S1(2009-2010)

Zola journaliste :

 

 

 

 

 

 

 

Introduction : 

 

Emile Zola est un célèbre écrivain du XIXe siècle. Né à Paris le 2 avril 1840, fils d'un ingénieur en travaux publics (il participa à la construction du canal d ‘Aix- en- Provence), lorsque celui-ci meurt, Zola et sa mère connaissent des difficultés financières. Zola alors âgé de 18 ans entre au lycée Saint-Louis en tant que boursier. Il échoua au bac à deux reprises, mais il décida quand même de se lancer dans le monde du travail. Contre toute attente, il parvint à dénicher un poste de manutentionnaire à la librairie Hachette le 1er mars 1862.

 

 

 

I/ Ses débuts :

 

Ayant d'autres ambitions que d'exercer le métier de manutentionnaire toute sa vie, il décida donc d'envoyer certains de ses poèmes à Louis Hachette. Ceux-ci furent appréciés. Il monta en grade et fut nommé chef de la publicité. Dès 1863, Zola débute comme journaliste en province puis à Paris à l'Evénement et au Figaro  de Villemessant. Après avoir publié en 1864, les contes a Ninon, en 1865 la confession de Claude, il quitte Hachette en 1866.

 

 

 

II/ Le commencement d'une carrière :

 

Zola publie Thérèse Raquin en 1867, qui est sa première « grande » oeuvre, qui lui permet de se faire connaître dans le milieu littéraire. On remarque déjà que Zola est influencé par le naturalisme, qu'il intègre dans son roman:  « Dans Thérèse Raquin, j'ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J'ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus »[]. Zola développera plus tard le naturalisme dans ses romans, dans le cycle des Rougon-Macquart.

 

 

III/ Son activité journalistique :

 

Parallèlement Zola continue son activité de journaliste, il entre au nouvel hebdomadaire républicain la Tribune grâce au peintre impressionniste Manet. Zola, fervent défenseur des peintres impressionnistes, (dénigré par la foule à cette époque) les soutient en rédigeant un article en 1867. Connu pour son opposition au second-Empire, il ne se prive pas de polémiquer à ce sujet dans ses articles. Mais c'est à la Cloche que ses attaques sont les plus acides. La guerre de 1870, oblige Zola à changer d'engagement journalistique, il devient journaliste parlementaire. Pendant un an, il produit plus de 250 chroniques dans la cloche. Ce métier de « terrain » est une expérience de plus dans sa vie qui lui donnera matière à ses futurs romans. C'est d'ailleurs à cette date qu'il entreprend la rédaction du cycle des rougon-macquart. La fortune des Rougon est le premier livre du cycle, publié en 1870, dans le siècle. Le second roman de Zola se nomme la Curée, publié en 1872 dans la clocheRoman satirique de la société matérialiste du second empire. C'est dans la même année que Zola quitte la cloche. Zola publie ses romans en feuilleton, c'est-à-dire chapitre par chapitre. Cela lui permet de vivre de sa plume. De plus,  le chroniqueur s'oppose radicalement au gouvernement d'Albert de Broglie, qui voulait établir une troisième  restauration, c'est- à- dire le retour à un régime monarchique. C'est pourquoi il exprime sa fureur dans la conquête de plassans (1874) qui sera interdit de vente, il publie également la faute de l'abbé Mouret  (1875), qui met en scène un abbé partager entre sa vocation religieuse et son amour pour une femme. C'est une attaque contre la chasteté et le culte du mariage. Le cycle des Rougon-Macquart  comprendra au total vingt écrit dont Germinal, l'Assomoir, Pot-bouille, la Bête humaine… le dernier tome le docteur pascal est écrit en 1893.

 

 

 

IV /  L'AFFAIRE DREYFUS :

 

 

Zola est particulièrement connu pour sa prise de position héroïque dans « l'affaire Dreyfus ». Tout a commencé par une affaire d'espionnage. Avant la première guerre mondiale, deux personnes sont soupçonnées d'avoir envoyé des infos confidentielles aux Allemands. Le premier se nomme le commandant Esterhazy, un homme bien comme il faut, bien vu de tous. Et le second se nomme Dreyfus, un juif d'origine alsacienne. Un « dilemme » se pose alors, laquelle de ces deux personnes faut-il accusé ? Bien entendu le « traître » désigné est Dreyfus, c'est forcement lui « un  juif ». Des preuves sont alors fabriquées par l'Etat major pour l'inculper, mais  des fuites ont lieu, Zola a vent de la rumeur selon laquelle le véritable coupable serait Esterhazy, il décida alors de fouiner, d'enquêter, de chercher et il trouve ! Pour Zola cela ne fait aucun doute Esterhazy est coupable, mais malheureusement celui-ci est acquitté le 11 Janvier 1898. Zola publie alors un article intitulé « J'accuse ! » dans le journal L'aurore, dans lequel  il accuse les militaires et assure de son soutien a Dreyfus. « Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l'innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu'il n'a pas commis. » extrait de l''article de Zola.

Il est condamné à un an d'emprisonnement et a 3000 francs d'amende. Il doit quitter la France le 18 juillet 1898 pour se refugier en Angleterre. A son retour en France en 1899, il est radié de la légion d'honneur, abandonné par la moitié de ses lecteurs anti-Dreyfusard, souvent d'extrême droite. Il meurt assassiné le 29 septembre 1902 par intoxication au CO2, gaz indolore à l'époque, un fasciste antidreyfusard s'est déclaré l'auteur du crime, mais il n'y a jamais eu suite… Une foule rendit hommage à Zola pendant ses obsèques à un homme qui n'avait pas hésité à mettre sa notoriété en doute au nom de la vérité et a y sacrifier sa vie.



 

 

 

 

 

CONCLUSION :

 

Zola emploie la démarche journalistique, bien évidemment pour la création de ses articles dans le but de diffuser son opinion, mais également comme base pour ses romans. C'est une méthode de travail utilisée par exemple dans ses carnets d'enquêtes. Zola vit à une époque ou l'homme s'aperçoit qu'il ne peut posséder un savoir universel, c'est pourquoi, Emile Zola se rend sur les lieux qui l'intéressent pour apprendre et se confronter à la réalité.  Ainsi pour Germinal, Zola s'est rendu dans une mine où il a interviewé des mineurs. On peut en conclure que Zola a utilisé la méthode journalistique pendant toute sa vie.

 

 


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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