Réussir le français au lycée

Proposition de corrigé du DST sur Sarrasine

Par soniamonnier - publié le dimanche 8 novembre 2009 à 09:56 dans 16wCorrections

           Si l'ensemble de cet extrait de Sarrasine est frappé du sceau du mystère, c'est en tout premier lieu sur les épaules du personnage principal et de ses multiples ambiguïtés que ce mystère repose.

           

            En effet, la première ambiguïté du personnage porte sur son existence même. Sa désignation par le mot « phénomène » (ligne1), ou le fait qu'il soit identifié à un « spectre » (ligne 25) ou « un revenant » (ligne 23), entretient le doute sur son existence et entraîne de fait le texte vers le registre fantastique. Le lecteur est ainsi en droit de s'interroger : ce personnage est-il vivant ou mort ? Le fantastique est également renforcé par les effets que suscite le vieillard sur Mme de Rochefide, le champ lexical de la peur soulignant combien elle est saisie d'effroi : « palpitant d'effroi » (ligne 18), « une sueur froide sortit de ses pores », (ligne 4). Mais d'autres ambiguïtés ne tardent pas à renforcer le mystère du vieillard.

            Effectivement, la réaction du personnage au contact de Mme de Rochefide est sonore et déconcertante : « un cri semblable à celui d'une crécelle », une « aigre voix ». Là encore, le doute saisit le lecteur : ces sons émanent-ils d'un humain ou de quelque animal chimérique ? L'expression « si c'était une voix » (ligne 6) renforce ici le doute, doute peu après accentué par l'expression « gosier presque desséché », (ligne 7) qui serait davantage adaptée à un oiseau qu'à un humain. D'autres part, les expressions « s'échappa », « aigre voix », ou encore « petite toux d'enfant » (ligne 9)  invitent davantage à supposer un son atténué, un filet de voix, mais cette idée est démentie par le terme « clameur » plutôt synonyme de vacarme, ou encore le terme « bruit » qui souligne l'étrangeté de la voix du vieillard. Ainsi, nous assistons ici à un brouillage sonore qui continue à créer des effets de mystère autour du personnage.

            En outre, le mystère du personnage est également accentué par les protections dont il semble être l'objet de la part des Lanty. Dès qu'il s'est manifesté de façon sonore, les membres de la famille Lanty réagissent vivement comme le souligne la comparaison « leurs regards furent comme des éclairs », une comparaison particulièrement bien choisie puisque les éclairs sont souvent accompagnés de violents coups de tonnerre et que nous restons ainsi dans le champ sonore. En tous cas, une nouvelle question sans réponse émerge : ce personnage doit être important aux yeux des Lanty, est-il même la clé de leur si insolente fortune ? A l'abri des fastes du bal, s'est ensuite, dans le silence du boudoir qu'une nouvelle énigme va être mise à jour par la curiosité de Mme de Rochefide.

 

            Mais avant cela, c'est dans l'enchevêtrement narratif que se tisse la seconde partie du mystère.

 

II. LE MYSTERE ENTRETENU PAR LA NARRATION

1) le mélange narratif

2) Un réseau complexe de personnages

3) Un texte à valeur de prolepse

 

III. LE MYSTERE TERRAIN PRIVILLEGIE DE L'ART

1) la description du tableau : l'énigme de la perfection

2) Trop beau pour être un homme : le secret du modèle

3) La clé du mystère.

Corrigé du devoir maison de seconde 7 ("Solitude numérique")

Par soniamonnier - publié le jeudi 8 octobre 2009 à 20:40 dans 16wCorrections

Question 1

Les relations entre les deux personnages progressent selon un processus inéluctable :

- Martine offre à Régis l'abonnement à Gold Sport pour son anniversaire (ligne 2)

- Régis trouve une nouvelle passion pour ces nouveaux médias (lignes 8 à 13)

- Régis s'éloigne davantage de Martine : il évolue dans un monde qui lui est totalement étranger, ils ne se parlent plus, n'ont plus de vie de couple (lignes 14 à 20)

- Régis achète une seconde parabole. La dégradation des relations s'accélère. Régis consacre tout son temps aux matchs de football du monde. Le budget consacré aux abonnements atteint celui du loyer (lignes 20 à 27)

- Le 4ème décodeur arrive et Régis peut visionner des matchs enregistrés (lignes 27 à 30)

- Martine fait une ultime tentative en apportant un plateau repas (l 30 – 31).

Question 2

La dernière action de Martine est symbolique. Elle n'a aucune efficacité pratique. Elle utilise le moyen même qui l'a éloignée de Régis : le canal de la télévision. Elle espère ainsi le faire réagir. Les paraboles peuvent figurer les deux oreilles de Régis qui reste sourd à son désespoir.

Question 3

Le vocabulaire spécialisé (du football, de la télévision…) occupe une place de plus en plus importante dans le récit à partir de la ligne 10. Il souligne la perte de contact de Régis avec la réalité, les difficultés du couple à communiquer puisqu'ils ne parlent plus la même langue  (ligne 15). Le vocabulaire marque aussi la fascination grandissante de Régis pour la technologie qui accroît sa passion du football et donc son isolement. Plus le vocabulaire technique se déploie plus le couple s'éloigne.

Question 4

Au début du texte, le narrateur adopte le point de vue de Martine quand il évoque par exemple « la bande de supporters assoiffés » (lignes 5-6) ou à la fin lorsqu'il évoque son « désespoir » (ligne 36). Au fil du texte, il manifeste sa présence avec des marques de péjoration : « gavé d'émotions » (ligne 20) ou « salon débordant d'électronique ». Il adopte ironiquement le point de vue de Régis pour mieux se moquer de sa fascination pour la technologie : « une merveille permettant également de compresser les images », ligne 28.

Question 5

Satirique : qui attaque par le rire les vices ou les mœurs d'une personne ou d'une époque.

Cette nouvelle est satirique car elle présente des attitudes extrêmes avec une progression très rapide qui provoque le rire. On sent que l'auteur pose un regard ironique sur l'attitude de Régis, il utilise aussi l'exagération qui provoque le rire.

Ironie : consiste à faire entendre autre chose que ce que l'on dit. C'est un procédé de la satire. Le tout dans une nouvelle brève qui intensifie encore l'impression de rapidité. La satire vise plusieurs cibles : la passion des hommes pour les matchs de football et la virilité malsaine qui s'en suit : « supporters assoiffés » ; la fascination des humains pour la technologie,  fascination puérile (ligne 7-8) et aliénante. De façon plus générale, la cible est la société de consommation dans son ensemble qui fait perdre à l'homme le sens des vraies valeurs.

 

 

Correction évaluation seconde 7

Par soniamonnier - publié le mercredi 2 septembre 2009 à 10:38 dans 16wCorrections

1 Quatre termes qui manifestent la présence de la narratrice : « me » raconter (COI) ; « Je » ne lui parlais plus (pronom personnel sujet) ; « mes » études : (adjectif possessif) ; « Je » me plaignais  (sujet).

2. Le temps dominant est l'imparfait qui renvoie à l'adolescence de la narratrice. Il manifeste l'habitude : les frictions entre le père et la fille faisaient partie du quotidien de cette époque.

3. La narratrice utilisait un niveau de langue familier, marqué par les expressions « dirlo », « prof » ou « bouquin ».

4. Ce texte est un récit autobiographique tel que cela est précisé dans le paratexte. Annie Ernaux poursuit cette veine autobiographique depuis ses débuts.

5. Les deux premières phrases sont à la forme négative.

6. Formation du mot « incompréhensibles » : du latin « incomprehensibilis ». incompréhensif = préfixe privatif « in » + radical.

7. Il y a comme un fossé de génération entre le père et la fille. Chacun a une vision différente de la vie.

8. Une expression qui traduit l'affection du père pour sa fille : « il avait l'air parfois de penser que j'étais malheureuse » : malgré l'incompréhension mutuelle, le père souhaite que sa fille soit heureuse et se soucie de son bonheur.

9. Les arguments du père pour justifier ses craintes à l'égard des études :

-         Le visage fermé, la mauvaise humeur de sa fille

-         Les études associées à une souffrance

-         Ne pas profiter de sa jeunesse, s'user la santé

  1. Pourtant, le père comprend que si on veut améliorer sa destinée, les études sont un « passage obligé » : « une souffrance obligée pour obtenir une bonne situation et ne pas prendre un ouvrier ».
  2. La seule phrase rapportant directement les paroles du père est : « On ne l'a jamais poussée, elle avait ça dans elle ». Cette tournure illustre bien la façon de parler « rustique » du père (il devrait dire « en elle »). Rapporter ses paroles lui donne une présence, on pourrait l'entendre comme la narratrice semble l'entendre au moment où elle écrit.
  3. Le père redoute manifestement le regard des autres car sa fille est différente, cela est marqué par les termes « de la gêne », « presque de la honte », « il craignait »,  « Comme une excuse ».
  4. Le père fait une distinction entre « apprendre » et « travailler » car lui-même n'a jamais fait d'études. Pour lui, le travail est forcément physique et concret, en rapport avec la « vie ordinaire ». La construction de la phrase insiste avec la répétition de « travailler » et l'adverbe « seulement » qui montre que le père a une seule façon de voir les choses.
  5. La conception que le père a du travail est marquée par l'expression « travailler de ses mains ». Les filles du même âge autour de lui sont au bureau, à l'usine ou derrière le comptoir de leurs parents.
  6.  Pour la narratrice, les études sont utiles dans la vie de tous les jours (hygiène), pour s'ouvrir au monde (auto-stoppeur), elle a aussi le goût du travail intellectuel (« que j'aime me casser la tête lui paraissait suspect »).

Travail d'écriture :

Il est important pour tout travail d'écriture de lui très attentivement la proposition de départ et de veiller à répondre à tous les aspects du travail demandé. Ici il s'agissait d'écrire un dialogue, sur un thème et des personnages imposés,  précédé d'une brève exposition des circonstances dans lesquelles il s'était tenu.

 

 

 

 

 


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