Réussir le français au lycée

DST seconde 4 argumentation

Par aureliestauder - publié le mercredi 17 février 2010 à 19:25 dans 16wCorrections

Voici la correction du DST corrigé. La moyenne du devoir est de 9.52.  Il serait judicieux d'insérer cette correction dans votre copie pour le cours de la rentrée.


Bonne fin de vacances.

 

A partir du paratexte, expliquez dans quel contexte historique et culturel s'est écrit ce texte. (2 pts)

 

Le paratexte nous apprend que ce texte écrit par Jean-Paul Sartre en 1948 constitue la préface d'une anthologie de poésie « nègre et malgache de langue française ». Il semble que cet écrit s'inscrive dans le combat des intellectuels contre la colonisation. On pense tout de suite à la Négritude représentée par Senghor, Damas et Césaire bien sûr. On pourrait citer également Race et Histoire de Lévi-Strauss qui paraîtra un an plus tard.

Le titre de cette préface « Orphée noir » fait référence au mythe célèbre de la poésie, Orphée personnage mythologique représentant l'idéal du poète. Les poètes noirs sont désormais les nouveaux guides de leur peuple.

N.B : l'esclavage en France fut aboli en 1848.

 

Quels sont les deux champs lexicaux principaux dans ce texte ? Quelle interprétation pouvez-vous en tirer ? (2 pts)

 

Champ lexical du regard : « vus » (l.7), « yeux » (l.5), « voir » (l.8) et « voie »(l.10), « regardent » (l.14), « regards » (l.23)

Champ lexical de la lumière : « blanc » (l.7),  « lumière » (l.10), « torche »(l.13), « lampions »(l.16) ;

Ces deux champs lexicaux renforcent l'impression d'une vérité dévoilée au lecteur sous la forme d'un faisceau lumineux : « des torches noires, à leur tour, éclairent le monde » (l.15).

 

 

A quel genre littéraire appartient ce texte ? (2 pts) 

 

Ce texte appartient avant au genre littéraire de la préface comme l'indiquait le paratexte. Sartre présente un recueil de poésies appartient au mouvement de la négritude. Sa préface tient à la fois de l'essai dans lequel il présente ses idées et du poème en prose dans lequel il laisse s'exprimer sa créativité (nombreux signes de musicalité et allégorie de l'homme noir baillonné).

 

 

 

A quelle littérature rend hommage Sartre dans ce texte ? (1 pt)

 

Sartre rend hommage à la littérature de la Négritude qui naît dans les années trente sous la plume de Césaire, Senghor et Damas principalement. Sartre ici emprunte une écriture proche du surréalisme tout comme les écrivains de la Négritude. Il  décrit tout comme Césaire des « hommes débout » en révolte comme les certitudes du monde occidental.

 

 

A partir de l'observation minutieuse du texte, déterminez la stratégie argumentative du texte. (3 pts)

Persuader semble être l'essence de ce texte. L'étude de l'énonciation met en avant un énonciateur précis :

l'auteur sous la forme du « je » à la ligne six et l'auteur et le lecteur( sous le forme du « nous »(l.18)

et un destinataire précis :

 sous la forme du pronom personnel « vous » qui tout au long du texte fait référence aux lecteurs occidentaux.

L'auteur influence ce destinataire en agissant sur ses sentiments les plus intimes : l'espoir dans « vous espériez (l.1) et « espérions-nous » (l.21) ou bien encore le sentiment de culpabilité à l'égard du peuple noir  avec la métaphore « notre regard rentre dans nos yeux » (l.15).

(voir également les questions oratoires et les champs lexicaux qui incitent le lecteur à choisir le bon camp).

 

 

 Racontez le livre Cannibale. (2.5 pts) A corriger en classe

 

Quel rapport peut-on établir entre ce livre et le texte de Sartre?

 

      Les deux textes ont ceci de commun qu'ils visent à montrer les événements coloniaux sous  un nouveau jour. Dans Cannibale, le lecteur adopte le point de vue canaque; chez Sartre, c'est le blanc qui est sous le regard du noir et non l'inverse. Les deux textes sont militants et dénoncent les horreurs du colonialisme.

 

 

 

 

Commentaire littéraire de l'extrait "Et nous sommes debout maintenant" (A.Césaire)

Par aureliestauder - publié le jeudi 28 janvier 2010 à 14:40 dans 16wCorrections

Commentaire littéraire sur « Et nous sommes debout maintenant » : Comment le poète se met-il au service de la négritude ?

 

 

I.                   La forme littéraire

 

 

1.      Définition du poème en prose

 

Le poème en prose est un genre littéraire né au XIXe. C'est une forme poétique débarrassée de la contrainte des vers : la création du rythme s'y accomplit par l'exploitation du langage usuel. La poésie s'exprime librement au sein de la prose. Citons le premier recueil du genre : Gaspard de la nuit d' Aloysius Bertrand (1842) puis Charles Baudelaire avec le Spleen de Paris en 1862 et enfin Arthur Rimbaud en 1886 avec les Illuminations.

 

 

2.      l'influence du surréalisme

 

            Le surréalisme : mouvement d'avant-garde littéraire né suite au traumatisme de la première guerre mondiale. C'est un mouvement de rupture avec la littérature dite bourgeoise et sa société. Les surréalistes inventent une nouvelle langue « afin de libérer la vie de l'esprit et capter le merveilleux dans la vie quotidienne ».

 

Le genre littéraire du poème en prose sera repris par les surréalistes au XXe siècle : André Breton écrira Les Champs magnétiques (1919) : poèmes en prose dans lesquels Breton utilise l'écriture automatique = jeu libre des associations en rapport avec la psychanalyse pour faire affleurer l'inconscient.

 

Exemple dans le texte : « comme la pénétrance de la guêpe apocalyptique » (l.5-6) 

Rupture de sens propre à l'écriture surréaliste. Le sens est caché, il faut donc le retrouver comme on peut le faire dans un rêve.

Le mot apocalyptique fait référence à l'Evangile de Saint-Jean, livre prophétique où est racontée la fin des temps, moment du jugement dernier dans la Bible. Il s'agit de la lutte des forces de la lumière contre les ténèbres. L'Evangile de Saint-Jean est un texte riche en symbole et hermétique (difficile à comprendre). Ainsi on retrouve  certaines caractéristiques de l'écriture surréaliste. Le poète évoque la fin proche de l'ancien monde, monde dans lequel les hommes noirs n'avaient de place.

Le mot guêpe  rappelle bien sûr l'insecte qui pique, qui fait mal. Le terme guêpe qui s'apparente à l'espèce des insectes est connoté négativement et effraie les occidentaux.

 

Voir également l'écriture surréaliste dans «et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur » (l.16-17) (rupture de sens encore ici) : l'homme doit se libérer du joug occidental (interdiction) grâce à sa foi (ferveur).

 

 

 

           

 

           

II.                La voix du poète

 

1.      Réappropriation du langage par le poète

 

Le surréalisme induit une rupture de sens dans le langage mais également une rupture politique dans laquelle Césaire se reconnaît. Il utilise la langue française comme un matériau qu'il va transformer pour inventer une nouvelle langue, celle de la négritude. Voir par exemple « il est place pour tous » l.20 pour dire il y a de la place pour tous. On trouve également la variante suivante « il est plac

 

            Relevés dans le texte :

            Quasi absence de ponctuation = symbole de liberté

            Anacoluthe : rupture de construction syntaxique  voir l.9-10  (« car il n'est point vrai que l'œuvre de l'homme est finie ») la circonstancielle n'est pas rattachée à la principale du point de vue du sens.

Ici le poète ne respecte pas la grammaire française et rompt l'ordre établi.

 « J'ai plié la     langue française à mon vouloir-dire » (Aimé césaire).Créolisation de la langue française

 

 

 

2.      Une langue oralisée : une «voix qui vrille la nuit »

 

Césaire crée une nouvelle langue où l'oral a une place importante en référence avec la culture africaine dont la tradition orale demeure très forte (voir les conteurs par ex.)

Voir les différentes sonorités dans le texte :

 

Les allitérations (répétition d'une consonne) : [v]

Les assonances (répétition d'une voyelle) : [i], [a]

 

Les sons [v] et [i] imitent le  bruit du vent et du son strident dont parle le poète.

« une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance de la guêpe apocalyptique » (l.5-6)

Il s'agit donc ici d'une comparaison introduite par l'outil de comparaison « comme ». Le poète compare la voix qui se veut un cri strident  à une piqûre de guêpe qui inflige une blessure aux occidentaux.

l'assonance en [a] peut renvoyer à l'idée de souffrance, de douleur imposé aux Africains (pestilence) mais surtout ici aux occidentaux suite à la révolte des Africains (audience, pénétrance).

La voix, figure désincarnée du poète, invite l'homme noir à ne plus croire les « mensonges » que l'Europe a véhiculés.

 

 

 

III.             Un peuple debout

 

1. L'homme et la Nature

 

Rapport de l'homme noir à la Nature. Idée essentielle du concept de la Négritude. L'homme noir est resté en contact avec les éléments naturels :

« les cheveux dans le vent »

            Il commande la nature :

« le soleil tourne autour de notre terre éclairant la parcelle qu'a fixée notre volonté seule »

 « toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite »

 (hyperbole : figure d'exagération où ce qui est énoncé est exagéré voire impossible)

 Appartient à la stratégie argumentative de la persuasion ; le poète veut donner la force à l'homme noir pour se tenir debout (référence à l'esclavage où les hommes étaient enchaînés et couchés).

 

3.      La conquête

Le poète appelle donc les hommes noirs à prendre la place qu'ils mérite. Le discours est organisé avec des connecteurs temporels « maintenant » et logiques « mais » « car » « et ». Le plan de bataille est mis en placeIl doit retrouver sa fierté d'appartenir au monde et d'être un homme.Voir le champ lexical ayant trait au combat : conquête, conquérir, poing, commandement. L'homme noir doit se révolter contre l'injustice subie au cours des siècles (voir le parallélisme de construction (l.11-13) : insistance sur la tendance occidentale à rabaisser le peuple noir).

            Voir enfin le rythme ternaire « aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force » (l.18-20) qui marque un achèvement de la pensée. Aucun des peuples n'est supérieur aux autres.

 

 

Conclusion

         Cet extrait du Cahier du retour au pays natal constitue l'acmé de l'œuvre. Le    poète invite l'homme noir à ne faire qu'un avec le cosmos (de la Terre aux étoiles), à conquérir sa liberté et à retrouver sa fierté par le biais de la Négritude. La Négritude est la capacité de l'homme noir à s'approprier son héritage culturel lourd ( négritude est formé à partir du mot nègre employé parles blancs esclavagistes) et à en faire ici une œuvre d'art.

 

 

 

 

 


éléments de correction pour le DST de seconde 7

Par soniamonnier - publié le lundi 21 décembre 2009 à 08:31 dans 16wCorrections

Voici mes remarques pour la méthode du commentaire en général + quelques points particuliers à ce DST. Nous ferons une correction détaillée à la rentrée. Bonnes vacances à tous !

 

METHODE

Avoir bien en tête l'architecture générale du commentaire. Chaque paragraphe doit obligatoirement contenir : CIO : citations précises du texteInterprétation : quelle analyse ? Quels effets produits ? et outils d'analyse : registre, figure de style, champ lexical, point de grammaire…

 

Avant de commencer à rédiger : établir un plan précis et détaillé de son commentaire (voir proposition de plan détaillé) en détaillant le contenu de chaque paragraphe.

 

Une problématique pose une question sur le texte où se mêlent forme et fond. Ex ici : Comment Flaubert confronte-t-il ironiquement les rêves d'Emma à la réalité ? (le « comment »implique la forme)

 

S'accrocher à respecter la présentation d'un commentaire permet de mieux organiser ses idées.

 

Dans le cœur du commentaire on reste toujours au plus près du texte : pas de généralités sur le réalisme ou sur Flaubert. Les généralités ne peuvent se trouver que dans l'introduction générale et éventuellement dans la conclusion.

 

Dans une copie : pas de titre aux parties, pas de a) ; b) ; c)… L'organisation du commentaire se lit uniquement dans la rédaction et le respect de la présentation !!!

 

CONTENU 

Une fois la méthode acquise : il faut se soucier du fond !! De l'analyse du texte ! Un commentaire doit éclairer un texte ! Ce n'est pas une forme creuse. On avance vers une démonstration (répondre à sa problématique initiale). Chaque paragraphe doit illustrer un nouvel aspect du texte et contenir une nouvelle idée (attention aux raisonnements qui piétinent, au commentaire qui radote).

 

Un commentaire littéraire s'attache à montrer « les dessous » du texte : comment il est « fabriqué » : avec quels outils : métaphores, comparaisons, antithèses, dialogues… On ne cherche pas à raconter l'histoire mais à expliquer les enjeux littéraires du texte et à montrer les effets produits et surtout COMMENT ces effets sont produits. (Penser aux 3 niveaux de lecture : Quoi – Comment – Pourquoi : il ne s'agit pas de rester au niveau du « QUOI » = il ne suffit pas de raconter ce qui se passe dans le texte.)

 

Si on relève un élément du texte (ex : une antithèse, une comparaison…) il faut impérativement expliquer et donner du sens à cet élément. Un simple recensement de quelques aspects importants du texte ne suffit pas !!!

 

Chaque paragraphe défend un argument précis. Implicitement, chaque paragraphe devrait pouvoir commencer par « je souhaite démontrer ici l'idée que… ». Chaque paragraphe commence par préciser l'argument principal qu'il défend avant de le démontrer par  l'analyse et de l'illustrer par le texte.

 

Contresens :

- bourgeoisie (richesse issue du travail, capitalisme) /aristocratie (noble extraction, richesse de titre liée à un fait d'armes ou autre, lignée)

- animation/animosité

- luxe/luxure

- Emma n'a aucune nostalgie des Bertaux, elle cherche au contraire à oublier ses origines paysannes.

 

STYLE

Pas de « on peut remarquer », « on voit »… : préférer le NOUS ou les formules impersonnelles : « L'analyse des comparaisons montre que… »

Le style d'écriture = le style

 

Il est indispensable de garder du temps pour RELIRE sa copie et traquer les fautes évidentes, les mots manquants, les répétitions…

 

Une phrase ne peut pas commencer par « en effet » ou « en outre ». Le connecteur est forcément raccroché à une phrase qui introduit la grande partie ou au paragraphe précédent.



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Ce blog est à destination de l'ensemble des élèves de seconde du lycée Saint-Vincent à Senlis et plus largement ouvert à tout élève de lycée. Il a pour but de prolonger le cours en ligne pour les enseignants et de permettre aux élèves de devenir acteurs du cours en participant au blog.
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