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Lecture analytique : Pierrot, Verlaine - Michelle Favre

Par SandovalMargarita - publié le mardi 9 février 2010 à 14:43 dans 09wPremière EAF Oral

« Pierrot »fait partie du recueil Jadis et naguère écrit par Paul Verlaine en 1884. Verlaine fait partie des poètes maudits qui s'opposent a la société de son époque. Le poète reprend dans son poème le personnage de la commedia dell'arte, un valet de la comédie italienne. Ici Verlaine présente Pierrot comme une image de lui-même et montre l'univers qui l'entoure.

I. Pierrot comme une image du poète

1) Pierrot traditionnel (ce qu'il n'est plus) • On nous présente les caractères gais de Pierrot dans un sonnet traditionnel : « gaité » « riait ». • Idée du blanc : « farine » « pale » « blanche » « spectre » « linceul » • Pierrot montré dans ses vêtements traditionnels : « pâle blouse » « manches blanches » (amples) • Des éléments concrets du personnage qui renvoient au traditionnel de la commedia dell'arte et la chanson : « le vieil air » « chandelle…morte ». Cette chanson renvoie à l'enfance • Sonnet qui présente le Pierrot « ce n'est plus » (v1 : indique qu'il n'existe plus)

2) Nouveau Pierrot (ce qu'il est) • Du passé au présent (v2 au v3, 4, 5) Les 3 derniers vers indiquent ce qu'il est maintenant • Il ressemble à un cadavre, un fantôme : champ lexical de la mort : « spectre » « hante » « froid » « pale » « moribond » « ver » « linceul » « phosphore » • Il a l'air d'une marionnette disloquée : v6, 7, 8 : conte rejet du mot linceul qui renvoie à  une dislocation et donc à une marionnette. Césures d'alexandrins : v7 :3/7/2 et v8 :5/7. Cela casse l'enchaînement classique. • Pierrot se transforme (il tente de communiquer avec les vivants : élément négatif) • Début : négation, la fin : "moribond". Alors la mort du poète est due au monde qui l'entoure.

II. L'univers de Pierrot

1) Le monde qui l'entoure. • Univers sombre et funeste : « de nuit » noir : « oiseaux nocturnes »: malheur. Ils sont mis en relief par le premier vers du tercet. Bruit et pas de mélodie des oiseaux : désagréable. Chandelle (lumière) est morte. • Il y a une peur : « effroi » : monde particulier Double négation v11 : « personne ne répond ». Le poète ne parle pas, il se trouve seul. • Il n'y a plus de sens « fous » et « ne répond » indiquent l'incompréhension l'un de l'autre. • Dans cet univers, le poète=

2) Pierrot, un mort vivant. • « nous » et « hélas » : notations qui renvoient au poète. • Mort : « moribonde » • V8 : « semble hurler …» : notation morbide et dans la sonorité ca fait un bruit de fantôme. • Un mort vivant dans la désarticulation du poète et l'usage des vers impairs (personne ne l'écoute) « semble… ». • La comparaison « ne lui sert de vêtement » associe la blouse au linceul (mise en relief) v14 : « exsangue » : « pas de sang et vie » Grands trous- nez pointu-squelette. La lueur qui s'éteint = Il a perdu la gaité et l'innocence.

Pierrot, le poète, devient un personnage triste et s'exclut lui-même et se sent incompris. Il devient un personnage qui souffre dans un monde qui ne le comprend pas et qu'il ne comprend plus.


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