LES TEMPS VERBAUX DANS LE RECIT ET DANS L'ANALYSE
Lisez le texte de Voltaire et rιpondez aux questions :
1. Repιrez, dans le texte suivant, les passages de discours narratif et de discours descriptif. A quels temps sont conjuguιs les verbes des discours narratif et descriptif ?
2. Repιrez le discours direct et dites ΰ quel temps doivent κtre conjuguιs les verbes.
3. Conjuguez les verbes aux temps qui conviennent.
Je rencontrai dans mes voyages un vieux bramin1, homme fort sage, plein d'esprit, et trθs savant; de plus, il (κtre) riche, et, partant2, il en (κtre) plus sage encore : car, ne manquant de rien, il n'(avoir) besoin de tromper personne. Sa famille (κtre) trθs bien gouvernιe par trois belles femmes qui (s'ιtudier) ΰ lui plaire ; et, quand il ne (s'amuser) pas avec ses femmes, il (s'occuper) ΰ philosopher.
Prθs de sa maison, qui (κtre) belle, ornιe et accompagnιe de jardins charmants, (demeurer) une vieille Indienne, bigote, imbιcile, et assez pauvre.
Le bramin me (dire) un jour : « Je voudrais n'κtre jamais nι. » Je lui (demander) pourquoi. Il me (rιpondre) : « J'ιtudie depuis quarante ans, ce (κtre) quarante annιes de perdues ; j'(enseigner) les autres, et j'(ignorer) tout : cet ιtat (porter) dans mon βme tant d'humiliation et de dιgoϋt que la vie m'(κtre) insupportable. Je (κtre) nι, je (vivre) dans le temps, et je ne (savoir) pas ce que c'est que le temps ; je me (trouver) dans un point entre deux ιternitιs, comme (dire) nos sages, et je n'(avoir) nulle idιe de l'ιternitι. Je (κtre) composι de matiθre ; je (penser) , je n'(avoir) jamais pu m'instruire de ce qui produit la pensιe ; j'(ignorer) si mon entendement (κtre) en moi une simple facultι, comme celle de marcher, de digιrer, et si je (penser) avec ma tκte comme je (prendre) avec mes mains. Non seulement le principe de ma pensιe m'(κtre) inconnu, mais le principe de mes mouvements m'(κtre) ιgalement cachι : je ne (savoir) pourquoi j'(exister) . Cependant on me (faire) chaque jour des questions sur tous ces points : il (falloir) rιpondre ; je n'(avoir) rien de bon ΰ dire ; je (parler) beaucoup, et je (demeurer) confus et honteux de moi-mκme aprθs avoir parlι. [...] »
L'ιtat de ce bon homme me (faire) une vraie peine : personne n'(κtre) ni plus raisonnable ni de meilleure foi que lui. Je (concevoir) que plus il (avoir) de lumiθres dans son entendement et de sensibilitι dans son cur, plus il (κtre) malheureux.
Je (voir) le mκme jour la vieille femme qui (demeurer) dans son voisinage : je lui (demander) si elle (avoir) jamais ιtι affligιe de ne savoir pas comment son βme (κtre) faite. Elle ne (comprendre) seulement pas ma question : elle ne (rιflιchir) jamais un seul moment de sa vie sur un seul des points qui (tourmenter) le bramin ; elle (croire) aux mιtamorphoses de Vichnou3 de tout son cur, et pourvu qu'elle (pouvoir) avoir quelquefois de l'eau du Gange' pour se laver, elle se (croire) la plus heureuse des femmes.
Frappι du bonheur de cette pauvre crιature, je (revenir) ΰ mon philosophe, et je lui (dire) : « N'(κtre) -vous pas honteux d'κtre malheureux, dans le temps qu'ΰ votre porte il y (avoir) un vieil automate qui ne (penser) ΰ rien, et qui (vivre) content ?
- Vous (avoir) raison, me (rιpondre) -il ; je me suis dit cent fois que je serais heureux si j'(κtre) aussi sot que ma voisine, et cependant je ne voudrais pas d'un tel bonheur. »
Cette rιponse de mon bramin me (faire) une plus grande impression que tout le reste ; je m'(examiner) moi-mκme, et je (voir) qu'en effet je n'aurais pas voulu κtre heureux ΰ condition d'κtre imbιcile. [...]
Voltaire, Histoire d'un bon bramin (1761)
1. Un sage indien
2. Par consιquent
3. Divinitι
4. Fleuve de l'Inde
Lisez l'analyse du texte de Voltaire et rιpondez aux questions :
1. A quel temps verbal doivent κtre les verbes de l'analyse ?
2. Conjuguez les verbes au temps qui convient.
Ce texte (κtre) essentiellement narratif et (rapporter) , dans sa premiθre phrase, au passι simple, la rencontre entre le narrateur et un vieux bramin. Le passι simple (κtre) le temps de ce rιcit qui (κtre) interrompu de la ligne 1 ΰ la ligne 7 par une description ΰ l'imparfait du bramin, de sa famille et de sa voisine, une vieille Indienne. Le rιcit (reprendre) ΰ la ligne 8 en rapportant un premier dialogue entre le bramin et le narrateur (I. 8-19). (Suivre) les rιactions du narrateur (I. 20-22), sa rencontre avec la vieille Indienne (I. 23-28) et un nouvel entretien avec le bramin (I. 29-33) qui (donner) lieu ΰ une conclusion (I. 34-36).