Penser après les cours...!

Urgent: les livres sont arrivés!

Par cyberblaise - publié le jeudi 27 septembre 2012 à 13:37 dans 02w 1èreL/Es Camille See

Il faut aller chercher le plus rapidement possible les livres à la librairie chapitre rue des Têtes à Colmar:

L'île des Esclaves  de Marivaux, Le Discours de la servitude volontaire de La Boétie ( en priorité), Alcools d'Apollinaire, Le Rouge et le Noir de Stendhal pour les ES

Pour les L: Médée de Corneille et de Max Rouquette

Préparation au commentaire de la fable "Le Loup et le chien"

Par cyberblaise - publié le jeudi 27 septembre 2012 à 13:24 dans 02w 1èreL/Es Camille See

Le loup et le chien de la Fontaine

7 questions 

1. La Fontaine, 17ème siècle, appartient au classicisme ( "plaire et instruire"), fable inspirée de Phèdre, auteur latin,lui m^me inspiré d'Esope auteur grec, personnages souvent des animaux, pas de morale explicite, seulement apologue donc lecteur sollicité pour tirer la leçon de l'histoire, fabuliste discret, genre de la fable= récit à fonction didactique, tient à la fois du récit ( narration d'action, description, personnages, schéma narratif, points de vue), du théâtre par le dialogue entre les personnages, donc très vivant, et de la poésie par la forme versifiée et les effets qui lui sont liés : jeu sur les différents mètres : alternance  de décasyllabes, d'alexandrins, octosyllabes, jeu à la rimes, allitérations et assonances, mais finalité argumentative donc argumentation indirecte et directe quand les personnages essaient de convaincre et persuader.

Récit à chute avec retournement de situation : lorsque le loup remarque " le col du chien pelé "= signe de servitude, il interroge pour la 2ème fois le chien qui tout à coup perd son éloquence : quelques syllabes et phrase complexe tarabiscotée : embarras. Réplique du loup la plus longue :v 38 à 40 alexandrins, "je" affirmé, absence de volonté, v39 octosyllabe cinglant assurance. V41 titre de "maître loup" : dignité, «  court encor » : éternité de la liberté que rien ne peut enfermer.

Thème de la fable : opposition de deux modes de vie : indépendance/confort, liberté jugée plus précieuse que l'aisance matérielle/ servitude en échange du bien-être. A l'époque : problématique des courtisans prêts à tout pour obtenir des privilèges/ ceux qui veulent leur liberté : Fouquet, La Fontaine.

2. Enonciation : narrateur conteur omniscient mais discret, emploie un présent de narration qui actualise l'histoire pour tous les temps.

A partir du vers 5, le narrateur utilise le point de vue interne du loup : discours indirect  libre. pas de marques du destinataire de la fable. Donc on peut déduire que le vocabulaire mélioratif pour décrire le chien révèle l'admiration du loup dont le fabuliste prend le point de vue, suscite l'envie. Le loup songe à se battre (v5-6 les infinitifs nous font entrer dans la pensée du loup) mais renonce devant l'inégalité du rapport de force cf donc : c'est parce que le dogue est puissant que le loup ‘l'aborde humblement » : stratégie vitale du comportement, évaluation rapide de la situation, intelligence.

Parole donnée au loup et au chien : au discours direct et indirect libre, au discours narrativisé vers 10à13 : flatte le chien

Le fabuliste donne aussi un point de vue négatif sur la vie du chien : description de ses activités : l'embonpoint est obtenu au détriment de la compassion envers les humbles et de la sincérité à l'égard des maîtres, hypocrisie en fait : valeurs humaines et morales bafouées : agit uniquement par intérêt :cf « moyennant quoi », tous les moyens sont bons, seuls comptent les résultats, sauvegarder son confort cf énumération des avantages obtenus : endormir la conscience du loup, abondance anaphore de « os de «  destinées à le persuader. Champ lexical de la nourriture abondant dans le discours du chien pour montrer son esprit pragmatique et faire rêver le loup affamé.

Position dominante du chien : impératifs, longueurs de ses interventions, procédés de persuasions : tournures restrictives qui suggèrent que le bonheur est à la portée du loup : « il ne tiendra qu'à vous, presque rien », futurs. Il le flatte : beau sire/ portait du loup famélique, le singularise par rapport à ses congénères suggérant qu'il vaut mieux qu'eux : portrait négatif qui invite à se désolidariser de la meute. Rythme régulier des vers 4/4 : ton assuré, vérité indiscutable.

Stratégie de persuasion du chien:

1.apitoyer le loup sur son propre sort en insistant lourdement sur sa misère, triste condition cf diérèse, difficultés de la vie faite de luttes constantes pour survivre. Tableau pathétique, ton de commisération sympathique, flatterie, tonalité injonctive, présenter le changement comme aisé.

2 minimiser le travail : presque rien, chasser les pauvres hères comme lui : le loup devra se faire l'ennemi des siens mais el chien ne le dit pas clairement, flatter, complaire : rôle de courtisan, servitude volontaire : pas d'honnêteté, d'affection réelle, tromperie et hypocrisie. Mais sous-entendu.

3. amplifier es avantages en cachant les inconvénients : salaire,abondance de nourriture, caresses, pas oppression.

Discours qui touche et plait, persuade : le loup pleure de tendresse. Se forge une félicité : concrétise le rêve ; Chien maître dans l'art de persuader puisque le loup l'accompagne cf «  chemin faisant ».

Réponse du loup v22 que me faudra-t-il faire montre qu'il se projette déjà dans le destin promis, il est conquis, brièveté= position de dominé. V30-31 : séduit. Mais méfiance tout de même , sent qu'il ya un prix à payer.

C'est au loup que va la sympathie du fabuliste.

3. Structure  possible: vers 1 à 12 : présentation des acteurs

V12à v29 : Dialogue : argumentation du chien

V30 à 41 : Renversement de situation : réponse du loup stichomythie : répliques très courtes qui s'enchaînent à un rythme rapide, ping- pong verbal v33-34 : étonnement, revirement du loup

4.Champs lexicaux :

Canidés : loup/ chiens, dogue, le mâtin

Corpulence associé à celui de la faim et à la nourriture : « n'avait que la peau sur les os, misérables, cancres, hères, pauvres diables, mourir de faim, point de franche lippée/ puissant, beau, gras, poli, de taille à se défendre hardiment, embonpoint, force reliefs, os de poulets, os de pigeons , repas »

Bataille : attaquer, livrer bataille, à la pointe de l'épée

Activités de police opposées à la noblesse guerrière : faisaient bonne garde, donner la chasse aux gens portants bâtons et mendiants

Complaisance : lui fait compliment, admire,  flatter ceux du logis, à son maître complaire, caresses

Bonheur : meilleur destin, félicité, pleurer de tendresse

Liberté /servitude : collier, attaché, vous ne courez donc point où vous voulez, s'enfuit, court encore.

5. Syntaxe : phase 1 avec subordonnée de cause, phrase adversative « mais il fallait livrer bataille » : signale l'opposition des états des deux animaux, loup réfléchit au rapport de force en sa défaveur. Donc : conséquence : attitude humble, flatterie du chien

Discours du chien : conseils à l'impératif, valeur des deux points vers 15 annoncent une causale, question rhétorique : car quoi ? mais y répond : le loup doit acquérir sa nourriture difficilement à la différence du chien. Valeur des deux points v21, v 25 : conséquence

Questions du loup sur les conditions de travail. Questions sur la marque sur le cou du chien.

Phrases du loup qui expriment l'absence de vouloir d'une telle condition.

Réponse du chien avec des infinitives qui généralisent les tâches.

6. Figures de style :

Antithèse du loup et du chien : personnifications cf sire loup

Un loup/les chiens : solitude/un groupe social organisé, opposition conflictuelle : les chiens sont dressés à chasser les loups.

Aspect physique : v4 à8 avec accumulation d'adjectifs pour le chien, une seule caractérisation restrictive pour le loup, pas de statut social valorisant. Mais force du chien seulement physique car il est en position de faiblesse : il s'est fourvoyé par mégarde, seul et faible lui-aussi : rapport de force. Seul le loup a droit aux majuscules et aux titres valorisants.

Métaphores de deux représentants de classes sociales différentes : les nantis dont le pouvoir repose sur la force et les miséreux qui doivent user de débrouillardise, de ruse et de finesse.

Métrique vers 1 décasyllabe/ chien= alexandrin plus noble, à la rime peau/beau

Hardiment/humblement

Enumération: misérables, cancres, hères, pauvres diables à valeur hyperboliques : triste condition des loups selon le chien

Ironie du loup qui pleure de tendresse à l'idée de sa félicité : châteaux en Espagne, rêve de sécurité et confort Métaphore: "se forge une félicité": rêve qui devient concret comme un métal sculpté.

Sonorités : importance du sens vertical par les mots à la rimes : peau/beau, hardiment/humblement, lippée/épée, faim/destin, félicité/pelé/attaché

Complaire= salaire : morale du courtisan

Axes de lectures : Etude de la vivacité du récit ( art du récit de La Fontaine), construction des deux personnages en opposition, quelle morale tirer de l'histoire ?

La morale ? Mieux vaut être libre avec le ventre creux que vivre dans la servitude. Courage du loup qui suit son idéal de vie alors que la faim le taraude, mais comment expliquer la générosité du Chien qui n'avait aucun intérêt à persuader le loup de mener la même vie que lui ?

-          Généreux, compassion mais parce qu'il se sent flatter, amadouer par les compliments.

-          Conscient des sacrifices qu'il consent : gêné d'évoquer son collier: on dirait qu'il cherche à se persuader lui-même que le confort mérite de renoncer à sa liberté.

-Récit métaphorique : les deux animaux peuvent représenter différents types d'homme : défense de la liberté cf JJ Rousseau mauvais exemple à donner aux enfants qui n'ont qu'une idée confuse de la notion de liberté : «  Je n'oublierai jamais d'avoir beaucoup vu pleurer une petite fille qu'on avait désolée avec cette fable, tout en lui prêchant toujours la docilité. On eut peine à savoir la cause de ses pleurs ; on la sut enfin. La pauvre enfant s'ennuyait à la chaîne, elle se sentait le cou pelé ; elle pleurait de n'être pas loup. » La liberté a aussi des devoirs !

-Représentation des courtisans de Louis XIV et de certains nobles qui refusent de s'abaisser à flatter le Roi au prix de rester pauvres et inconnus. Phèdre, l'auteur latin, aurait écrit cette fable pour mettre en scène deux personnages historiques, des frères nobles d'une tribu conquise par les Romains : l'un aurait accepté la domination, l'autre s'était battu jusqu'au bout pour la liberté.

-Référence au statut des écrivains et artistes dépendants de leur mécène : pas de droits d'auteur, négociation d'un prix avec les imprimeurs qui ensuite bénéficiait de tout ce que rapportait l'ouvrage. La Fontaine trouve refuge auprès de Fouquet  mais arrestation en 1661, poème au roi pour défendre son mécène, n'obtiendra jamais de pension royale et élection retardée à l'académie française, vit loin de la cour.

Fables paraissent en 1668, succès mais soucis d'argent demeurent pourtant reçu dans les salons huppés et auprès de la Duchesse d'Orléans ( meurt en 1672). Protection de Mme de la Sablière qui l'hébergera pendant 20 ans. Loup= artiste qui ne veut pas aliéner sa liberté pour avoir de meilleures conditions de vie : liberté d'expression , jamais mendier la faveur du Roi.

Valable pour nous encore : exemple: aliénation liée au désir de paraître, société de consommation qui pousse à l'endettement et donc crée des chaînes: travail plus pour payer des produits de consommation qui ne sont pas forcément nécessaires.


Le Prince de Machiavel (1ère ES-L)

Par cyberblaise - publié le vendredi 21 septembre 2012 à 10:32 dans 02w 1èreL/Es Camille See

En savoir plus sur l'oeuvre que j'ai rapprochées de celle de la Boétie ( discours de sciences politiques.

 Regardez la table des matières du Prince:

http://e-edu.nbu.bg/pluginfile.php/129167/mod_resource/content/0/Textes_auxiliaires/le_prince.pdf


Un résumé de la conception politique de Machiavel


http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/logphil/auteurs/machiave.htm


une émission de radio:

http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4429915

Précisions sur le travail à faire en 602 pour le mercredi 26 septembre.

Par cyberblaise - publié le vendredi 21 septembre 2012 à 09:02 dans 02w 1èreL/Es Camille See

-Finir la préparation au commentaire de la fable "Le loup et le chien" en appliquant la méthode. (  Faites-le en prises de notes)

-Rédiger l'introduction au commentaire de l'extrait du Discours de la Servitude Volontaire de La Boétie et la partie du développement correspondant au centre d'intérêt suivant: une double mise en accusation du peuple et du tyran.

- Amélioration du sujet d'invention: vous avez jusqu'au jeudi 27 pour ceux qui ont déjà la copie.

Fiche auteur ( méthode)

Par cyberblaise - publié le jeudi 20 septembre 2012 à 19:51 dans 02w 1èreL/Es Camille See

 Quelqu'un me demande une méthode pour faire une fiche auteur:

.
-Etat civil ( nom, prénom date et lieu de naissance et de mort, lieux de vie principaux)
-Famille: Milieu, a-t-il rejeté son milieu, a-t-il été soutenu par sa famille?
-Formation: études, inspirations, maîtres qui l'ont influencé
-Faits marquants: amours, relations, participation à des évènements historiques, traumatismes qui l'ont influencé...
-Oeuvres principales et genres pratiqués
- Conceptions de l'écriture: démarches, projets d'artistes, objectifs à travers son oeuvre et son activité d'écrivain
- Courants littéraires auxquels il appartient, lien avec d'autres artistes.
Insistance particulière sur les conditions dans les quelles il a produit l'oeuvre étudiée.

Panique pour organiser son classeur!

Par cyberblaise - publié le jeudi 20 septembre 2012 à 08:47 dans 02w 1èreL/Es Camille See

 Voici ce que je viens de répondre à quelqu'un qui s'interroge sur l'organisation du classeur et des cours, ça peut servir à d'autres:

 
 Dans ton classeur tu dois avoir pour le moment quatre parties en ES ou six en L qui correspondent aux  objets d'études nationaux et une partie pour les fiches méthode.Dans les parties qui correspondent aux objets d'étude, tu dois mettre ta recherche sur le libellé des objets d'études y compris sur les objets d'étude dont nous n'avons pas encore beaucoup parlé: Ecriture poétique ( tu mets dans cette rubrique les poèmes distribués et les raisons pour lesquelles tu as préféré tel ou tel poème, ainsi que l'anthologie que je vous ai demandé de fabriquer au jour le jour) et le personnage de roman. ( Si tu es entrain de lire un roman, tu notes ce que tu retiens du personnage principal dans cette partie du classeur.
 
  Au tout début du classeur, figure le guide pour la classe de français, le programme général de l'année avec le fil rouge portant sur le rapport entre liberté et littérature  et des pistes pour les oeuvres et séquences que nous allons étudier. Tu peux mettre aussi au début du classeur les mots du champ lexical de la liberté que j'ai demandé de chercher, le texte sur qu'est-ce qu'un homme libre qui figure sur le blog et ce que tu as écrit toi à ce sujet.
 
- Le travail sur le texte de La Boétie est à mettre dans la partie sur la question de l'homme dans l'argumentation. L'intitulé provisoire de la séquence 1 est Esclave et fier de l'être?
Texte 1 extrait du Discours de la servitude volontaire de la Boétie
Tu mets dans le classeur  ta propre préparation du texte, les notes que tu as prises en cours sur le texte ou les notes que j'ai mises sur Penser après les cours, si tu préfères garder tes notes de cours en fiche méthode sur la préparation du commentaire en fin de classeur. ( Moi je les laisserai dans la partie Argumentation)
la fiche auteur sur La Boétie
Texte 2: la fable de La Fontaine: Le loup et le chien
-ta préparation pour la semaine prochaine
- la fiche auteur sur la Fontaine
 
Le sujet d'invention avec la scène d'exposition de l'île des Esclaves est bien sûr à mettre dans la partie Théâtre: ce sera le premier texte de l'étude de l'oeuvre intégrale dans la séquence 2 sur les relations Maître et Valet. SI tu as déjà lu une autre pièce signalée dans la liste des lectures cursives, tu mets ce que tu as retenu de la relation maître-valet dans la pièce lue.

La séance est ce que nous faisons à chaque plage horaire mais tu auras remarqué que je m'adapte au rythme de la classe avec une certaine souplesse et que souvent je déborde; ce qui compte est que vous compreniez le lien entre ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons de cette manière. C'est pourquoi un classeur est un meilleur outil de travail pour moi qu'un cahier car on peut le compléter, le modifier au fur et à mesure. il faut être en alerte, saisir les connexions. Sens-toi libre d'organiser ton classeur en fonction de la logique que tu perçois, de rajouter des choses que tu trouves seule et qui te semble avoir un rapport, ou ce que je mets en approfondissement sur le blog.

,

Reprise de l'étude du texte de la Boétie (2)

Par cyberblaise - publié le jeudi 20 septembre 2012 à 08:44 dans 02w 1èreL/Es Camille See

3.       La structure du passage qui met en relief la stratégie argumentative de La Boétie, la façon dont il cherche à persuader le peuple.

Ligne 1à 6 : Adresse, apostrophe véhémente au peuple décrit dans son état de malheur et de dénuement, perception de l'indignation et de la compassion de l'orateur dans l'exclamative, sentiment d'un véritable scandale.

Ligne6à10 : Enoncé de la cause de cet état déplorable, identification du responsable – un ennemi- effet de surprise, mais portrait de ce dernier qui rend difficilement compréhensible son pouvoir car il est semblable aux autres hommes, rien ne le prédispose à disposer d'un tel pouvoir d'anéantissement.

Lignes 12 à18 : Mise en évidence de la responsabilité du peuple dans sa soumission par des questions rhétoriques accumulées qui visent à faire réfléchir le peuple : il est complice du tyran puisque c'est dans ses rangs que le tyran trouve des gens pour accomplir ses forfaits.

Ligne : Enumération des aspects concrets de la connivence et de l'interaction : toutes les actions du peuple sont subordonnées aux volontés et désirs du tyran, nombreuses subordonnées de but ( pour qu'il, afin qu'il » qui montrent que le peuple n'agit pas pour lui même jamais mais toujours pour le bienêtre du tyran. Parallélisme de structure qui souligne l'opposition entre le peuple et le tyran.

Ligne 26 : Hypothèse d'une délivrance possible au conditionnel, nécessité de la volonté.

 Fin du texte: Exhortation à ne plus servir à l'impératif, formule choc qui indique qu'il suffit de ne plus participer à la vie du tyran pour gagner en liberté. Approfondissement du conseil avec l'image très persuasive de la statue, colosse qui, faute de base, s'effondre, sorte de prophétie au futur encourageante pour l'avenir : espoir d'une issue à la servitude.

4.       Champs lexicaux dominants :

-malheur du peuple, misère matérielle et morale : pauvres, misérables, mal, enlever, piller, dévaster, dépouiller…,

-actions violentes qui rappellent des situations de guerre : dégâts, ruines, guerre, mort, dévaster, piller, détruire, courir sus, boucherie…

-Corps humain : yeux, mains, corps, pieds : le tyran a le même corps que les autres, deux yeux, deux mains mais la suite du texte montre par les métonymies que le peuple lui donne des yeux par l'intermédiaire des argus qui espionnent, des « mains supplémentaires, des « pieds » pour fouler : cf « Ce qu'il a de plus que vous ce sont les moyens que vous lui fournissez pour détruire »

-Actions positives et civilisatrices du peuple, élogieuses pour lui et opposées à la destruction que produit le maître : semer, élever, nourrir, s'user à la peine

 

5. Etude de la syntaxe, des constructions de phrases :

-exclamative indignée de la première phrase,

-exclamation ironique entre parenthèses,

-subordonnées de conséquence et de but qui indiquent les effets produits par l'attitude du peuple,

-tournure restrictive ne…que pour indiquer l'absence de puissance propre du tyran.

-Phrase présentative : »Ce qu'il a de plus… »

-Nombreuses interrogations oratoires, questions rhétoriques.

-Structures anaphoriques avec ‘Vous » qui insiste sur le décalage entre le peuple et le tyran.

-Phases impératives qui exhortent à l'action…

 

6 Les figures de style :

 Enumérations amplificatrices avec gradations.

Nombreux pluriels qui insistent sur l'opposition du peuple avec le tyran unique. Nombreuses antithèses qui mettent en relief la disproportion du bénéfice entre le peuple et le tyran ou l'opposition de la valeur morale des actions menées par chacun.

Superlatif  à valeur hyperbolique: « le plus beau et le plus clair de votre revenu »

Paradoxes à valeur ironique : exemple : "Vous vivez comme un grand bonheur qu'on vous laissât seulement la moitié de vos bien, de vos familles, de vos vies » : ce paradoxe témoigne du degré extrême de soumission du peuple prêt à tout accepter et qui ne s'indigne plus.

Nombreuses hyperboles liées au pluriel des noms : « nombre infini de nos villes » qui souligne que la force est du côté du peuple par son nombre et donc que la soumission est liée à l'acceptation par le peuple de cet état.

métonymie des "mains" et des "pieds" qui viennent suppléer au fait que le tyran comme chaque homme n'en a que deux donc mise en évidence de la complicité du peuple.

Métaphore de la guerre comme « boucherie », du peuple assimilé à des animaux de bât : « vous tienne la bride plus courte » : déshumanisation, instrumentalisation des hommes qui perdent  alors leur humanité selon la Boétie.

Comparaison finale du tyran avec une statue que l'on pourrait faire tomber en lui ôtant sa base.

 

7. Etude des sonorités : allitérations en V, répétitions dans la première phrase du préfixe privatif : dé-


Reprise de l'étude du texte de La Boétie (1)

Par cyberblaise - publié le mercredi 19 septembre 2012 à 07:11 dans 02w 1èreL/Es Camille See

 Objet d'étude : la question de l'homme dans l'argumentation.

La séquence : Esclave et fier de l'être ?

Préparation au commentaire de l'extrait du Discours de la servitude  volontaire de la Boétie (Texte 1)

1.       Exploiter le paratexte pour mieux comprendre et noter tout ce que l'on a compris du texte : auteur humaniste du XVIème siècle qui écrit pendant une période de conflit, guerres de religions entre catholiques et protestants. Genre : argumentation directe comme le prouve le mot « discours », donc texte qui contient une thèse défendue : le peuple est complice d'une certaine manière de celui qui le tyrannise et il y a un moyen de se délivrer du tyran. La première idée est paradoxale- elle heurte l'opinion commune- car l'on pense généralement que le peuple est contraint par la peur à subir la tyrannie, donc « servitude volontaire »= idée neuve, subversive.  ( expression « servitude volontaire » empruntée par la Boetie à l'auteur latin Sénèque qui dit que les courtisans pratiquent la servitude volontaire., mais la Boétie l'applique au peuple). Le ton est dénonciateur.

2.       Enonciation : Locuteur discret au début mais qui s'adresse dès la première phrase à des collectifs : « gens, peuples, nations » donc destinataires du discours désignés par des périphrases »,  plus loin par le pronom « vous » ; les adjectifs qui les caractérisent sont dévalorisants : "misérables, insensés, opiniâtres en votre mal"  c'est-à dire obstinés, butés et "aveugles en votre bien". Le jugement porté sur l'état du peuple est sévère, à peine atténué par l'adjectif antéposé à valeur affective « pauvres », qui exprime de la compassion et relève du registre pathétique : l'orateur cherche à rendre sensible le dénuement du peuple, sa misère matérielle mais aussi un état mental déficient : "mal, aveugle, insensé "qui selon le locuteur le conduit à accepter l'inacceptable de la part du tyran. Ce que le locuteur critique est la passivité du peuple devant les actions du tyran qui le détruise : « vous vous laisser". L'indignation du locuteur est d'ailleurs perceptible à l'exclamation. Dans la tournure impersonnelle « il semble », l'on perçoit l'effort du locuteur pour analyser le comportement du peuple et proposer une hypothèse : Responsable potentiel de l'état de destruction du peuple : « les ennemis », mais paradoxe dans le cas présent il est singulier : le tyran est donc d'abord désigne par le mot « ennemi », puis par le pronom démonstratif « celui-là » qui a une valeur négative : on le pointe du doigt, puis par le mot « maître ».

Ce qui est frappant est que tout le texte oppose les agissements d'un singulier aux souffrances de noms au pluriel, pour insister sur la disproportion.  Pourtant ce singulier n'a rien qui le signale comme apte à être le maître : cf tournure restrictive « n'a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps et rien de plus que n'a le dernier habitant du nombre infini de nos villes » : mystère alors que sa suprématie et sa puissance, dévalorisation du tyran puisqu'il est semblable aux autres.

Le locuteur, une seule fois au début du texte, s'inscrit dans le groupe dont il parle : « nos villes », fait donc partie de ceux qu'il critique même s'il a pris des distances.

Le tyran est encore désigné par des termes extrêmement dévalorisants qui signale un registre polémique c'est-à-dire qui attaque : « larron, meurtrier » et les actions qu'il commet sont destructrices et moralement dépravées : « dévaster, voleries, assouvir sa luxure, boucherie, se vautrer dans ses sales plaisirs, se mignarder en ses délices, convoitises, vengeances » Il est qualifié de « fort » et de « dur ». Le locuteur suggère à la fin du texte qu'il traite ses sujets pire que des « bêtes » et que le peuple se soumet plus que ne le font les animaux. Donc l'étude de l'énonciation met en évidence une double critique, celle du peuple qui se laisse tyranniser et qui est donc responsable pour une large part de son malheur et le tyran qui ne se comporte pas chrétiennement et dont les agissements sont totalement indignes et destructeurs. La dernière image de lui dans le texte: une statue brisée ("colosse") , sa base lui ayant été otée.

Le pronom « Je «  n'apparaît qu'à la ligne 28 explicitement : tempérament autoritaire de l'orateur « je ne veux pas », utilisation de l'impératif, mais prône une révolte pacifique, refuse l'usage de la violence contre le tyran : pas « heurter », « ébranler », verbes d'actions violentes mais simplement ne plus soutenir. Il suffirait de ne plus participer à l'oppression pour que la tyrannie soit abattue. ( la suite au prochain épisode)

Précisions sur le travail à faire en 602 pour mercredi19 septembre

Par cyberblaise - publié le lundi 17 septembre 2012 à 16:34 dans 02w 1èreL/Es Camille See
Je ne vous demande pas de rédiger un commentaire complet mais d'expliquer comment vous feriez en utilisant le texte d'Etienne de la Boétie comme support: c'est une façon de réviser la méthode de préparation d'un commentaire en m^me temps que  vous pousser à réfléchir sur le texte que nous allons étudier ensemble dans le cadre de l'objet d'étude sur l'argumentation.

ça peut pas faire de mal, excellente émission littéraire sur France Inter

Par cyberblaise - publié le samedi 15 septembre 2012 à 15:27 dans 02w 1èreL/Es Camille See

N'hésitez pas à podcaster les émissions qui portent sur le programme de français:  samedi 8 et 15 septembre, il était justement question d'Emile Zola et des Rougon-Macquart:

http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-emile-zola-le-parcours-d-un-ecrivain-engage


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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