Le personnage de Julien (suite 2)
1. Un personnage social : pas
déterminisme social, né pauvre, roturier, obscur, il réussit : génie
reconnu : souffre dans son amour propre mais les élites ne lui ferment pas
les portes. Son mérite indispose mais procure des avancements successifs et
spectaculaires : carrière toujours ascendante. Protection féminine et
masculine : découverte de nouveaux espaces et milieux : maison du
maire, séminaire, cure, évêché, hôtel de la Mole, Paris, Strasbourg, Londres,
garnison. Plus le milieu s'élève, mieux il est accueilli : mieux vu de l'archevêque
que des séminaristes, de l'aristocratie parisienne que des libéraux et industriels
de Verrière, protégé par Frilair, condamné par Valenod : haine de la
médiocratie provinciale. Pas un persécuté de la société : reçoit un nom
noble en passant de l'église à l'armée par son mariage avec Mathilde.
2. Le héros ambitieux :
Héros de
l'ambition, passion antagoniste de l'amour, qui est l'essence traditionnelle du
roman : absolu. Désir de faire fortune « à 20 ans l'idée du monde et
de l'effet à y produire l'emporte sur tout » ; ambition :
passion non généreuse, un égoïsme et un but, désir « de prendre un état »,
de s'enrichir, de monter dans l'échelle sociale, voisine du besoin, de
l'intérêt, de l'avidité et même de l'appétit cf les séminaristes, doubles
inférieurs de julien, vanité calcul servile, pire : l'ambition satisfaite.
Stendhal invente
l'ambition comme passion héroïque, absolue. Avidité et besoin sont retournés en
générosité. Un héros inclassable : toujours déclassé : l'ambition de
s'élever qui n'a pas de terme n'a pas non plus d'origine. Tantôt J est confondu
avec l'anonymat des gueux et des misérables, tantôt assimilé à sa fonction de
« domestique », parfois roturier, homme du tiers état : prend
conscience de sa haine robespierriste contre les nobles et de sa compétition à
mort avec eux// camp ennemi : riches, possédants d'une richesse reçue et
non conquise. Cf discours : jeunes gens pauvres différents des riches,
paysans enrichis, bourgeois indignés alors que J « plébéien révolté »
mais son père est riche, quoique charpentier, humilité indélébile du
travailleur manuel revendiquée. Arrive au statut de
« Monsieur » : Monsieur Julien, Mr Sorel, l'abbé Sorel, M. Le
chevalier Julien Sorel de la Vernaye par Mathilde. Importance des
dénominations : ex un joli petit prêtre, un petit abbé, un jeune lévite,
un jeune prêtre mais « étudiant en théologie », il n'a du prêtre que
l'habit et l'air ».
Un jeune homme pauvre ?
collectionne les emplois : pbl de tenue et de rôle pour chaque étape de sa
carrière : usage théâtral du vêtement, signe social cf les éperons sous la
soutane
Fils d'un
charpentier riche qui ne lui donne rien, séparé des séminaristes vraiment
pauvres, mais doit gagner son pain, travailler pour subsister. Comptabilité
obsessionnelle du roman : salaires, économies, se soustraire au besoin cf
les six cents francs qu'il offre à l'abbé Pirard. Il repousse l'aisance moyenne
qui lui est offerte : mariage avec Elisa, association avec Fouqué comme
une tentation de la prudence et de la médiocrité, qui arrêterait son essor
ambitieux à un gain, à l'assurance du bien-être.
L'ambition comme passion, pas de
quelque chose, certes l'Eglise semble permettre la fortune : « ce bel
état de prêtre qui mène à tout », plutôt rêve de pouvoir, gloire, héroïsme :
« se faire un nom », faire des choses extraordinaires » de
supériorité absolue, de « reconnaissance » qui compenserait son
humiliation native. Montée gratuite pour gagner sa propre estime ! Projection
dans l'avenir, dans l'espace ouvert et sans terme de l'imagination :
nécessaire à l'âme d'artiste de j, s'éteint quand l'esprit de J n'est plus
occupé que de l'image de Mathilde ou dans la proximité de la mort. « ivre
d'ambition » quand futur époux de Mathilde, père de son fils, il semble
calculer l'avenir. L'avancement social est un besoin pour les doubles
inférieurs et grotesques de j, les Valenod, séminaristes, Tambeau, Frilair,
Fervaques : parvenus ! J en est un parfois ex fascination devant
l'élégance de Mathilde mais condamne Rousseau : « laquais
parvenu ». Bassesse, obsession jusqu'à la surenchère de sa condition. J
n'est jamais tenté de faire oublier sa condition : revendique son
indignité devant Mathilde, refuse toute prévenance, la met au défi de le
traiter en laquais en feignant d'en être un et la force à s'abaisser elle cf
les lettres où il lui rappelle son infériorité. « Parvenu qui ne parvient
à rien « sinon à la gloire de l'échafaud. Se sent intégré à la noblesse
en la méprisant. Jamais à genoux ! Son orgueil l'a sauvé de son
infériorité première. Il est plus blessé par la grossièreté que par la
pauvreté : ambitieux au nom de la délicatesse de son cœur, au nom de la
culture et de son éducation de « lisard » : il veut mettre sa
place en harmonie avec une noblesse native d'âme. Il s'amoindrirait s'il
désirait quelque chose de précis : semble demander réparation d'une
insupportable infériorité sociale, se révolte contre « l'horreur du
mépris ». Lors du procès, il ne veut pas devoir sa vie aux autres :
il va donc mourir dans son état originel de fil de charpentier, annulant tous
ses succès et se mettent au-dessus d'eux, au dessus de l'ambition et des
ambitieux « affranchi à la fois du dépit et du défi »
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Le personnage de Julien
Julien Sorel, notes d'après Essai sur le
romanesque stendhalien. Michel Crouzet.
1. Un héros problématique : J
« héros ado », « le jeune homme de génie, pour tous les temps et
tous les peuples à culture » A. Suares
Crainte de
Stendhal d'avoir créé un type plus qu'une intrigue // avec le Misanthrope.
Eclatement du
caractère de J : pas vraiment « caractère qui serait un personnage
explicitant par ses actes une définition qui lui préexiste et qu'il prouve.
J : héros en action, en devenir, ce qu'il est = ce qu'il fait et dit, en
mouvement. Sans statut déterminé : transgresse toute catégorie, virtualité
et mystère. Accumule en lui plusieurs personnages : aspects plutôt que
totalité : jeune homme de 1830, parvenu social, homme de la démocratie
montante, plébéien ambitieux, séducteur, séminariste, assassin, rebelle.
Coup de pistolet
raté : personnage plein d'affinités avec le crime et la violence, héros du
mal, apostat, négateur, révolté fondamental mais aussi rêveur, âme tendre et
sensible, artiste potentiel, homme au génie fatalement avorté, un être masqué,
inconnu cf « pour le commun des hommes, je serai un assassin
vulgaire », un Stendhal bis.
Un être en
promesses : au-delà des catégories morales et psychologiques. Ensemble
d'antinomies : cf un air de jeune fille et délicatesse unis à l'énergie
farouche et concentrée, naïveté presque sotte unie à une ruse de principe.
« éducation » :
métamorphose de petit paysan buté et battu qui « a le fanatisme de l'illettré »
pour deux seuls livres qu'il connaît en
un dandy parisien, ennobli et anobli, mais annihilé brusquement par la lettre
de dénonciation de Mme de Rênal.
Entre des
qualités contraires : vanité et orgueil, ambition et amour, infériorité et
supériorité. Gloire noire des assises où se révèle pour Stendhal la vérité du
cœur humain masquée par les conformismes sociaux etc Le criminel, c'est l'homme
consacré dans sa différence, son honneur inversé, son impulsion
terrifiante : aristocratie négative, fondée sur le défi et la force de
caractère : « là un homme prend d'emblée le rang que lui assigne sa
manière d'envisager la mort ». Dans le guillotiné, la société reconnait
l'homme fort qui la nie et la menace. « Son crime le sauve de
l'odieux »J était mis à mal par ses succès : audace majeure de
Stendhal : j pas un héros sympathique, pas un héros au sens
habituel : intériorité du révolté. Héros déplaisant qui devient un héros
véritable en se libérant de lui-même, en devenant en fait un héros de
roman : accède à une générosité qui ne lui est pas donnée au départ :
« plus honnête homme à l'approche de la mort qu'il ne l'avait été durant
sa vie ».
Héros selon
« la loi intérieure », l'autonomie de la volonté et de la force.
2. La réception de Julien par la critique :
affadissement du personnage en masquant ses aspects inquiétants par la critique
alors que les contemporains en percevaient les aspects atroces. Malheureux,
malfaisant, agressivité de J à l'égard des femmes. « Plus nous avançons
dans la démocratie, plus le chef d'œuvre de Stendhal devient actuel »
préface 1928 P Bourget
Visée
apologétique de J : puisqu'il est dans son droit et que la société est
dans son tort. Effacement de l'ambition, de l'hypocrisie cf Bardèche.
3. Un personnage historique : forceur
de barrages sociaux qui annonce l'Insurgé
de Vallès. Le délégué de la jeunesse de province à la conquête de Paris, des
places, des femmes, du pouvoir : le héros de l'égalité démocratique.
J : Fils du peuple, ennemi des nobles, des prêtres, des riches, proche des
conspirateurs : « jacobin » d'intention et d'affinité.
Personnage de 1830 « potentiellement » politique : seule
cause à laquelle il adhère cependant la sienne ! cf « son imagination
rêvait de distinction pour lui et de liberté pour tous. »
Chute de la
Restauration : rétrospectivement, heurt des « jeunes gens de la
petite bourgeoisie bien élevée et ne sachant où se placer » et de la
Congrégation qui occupe tous les emplois. » Valeur résolument collective
du héros. Napoléon est le modèle de J, modèle qui s'éloigne au cours du roman,
symbolise l'exploit rémunéré, accession possible par tous à tous les emplois,
possibilité d'une ascension quasi miraculeuse, égalité comme conquête de la
révolution. Conquête héroïque cf vol de l'épervier//aigle, mais tortueuse
aussi, immédiate, marquée par des promotions stupéfiantes. Tout est possible
pour l'individu énergique sous l'Empire. Cf Tocqueville Démocratie en Amérique : individualisme révolutionnaire :
livre « les hommes à eux-mêmes et ouvre devant l'esprit de chacun un
espace vide et sans borne, l'envie, la haine et le mépris du voisin, l'orgueil
et la confiance exagérée en soi-même, envahissent pour ainsi dire le cœur humain »
leurré par la gloire de Napoléon : « tourmenter de désirs absurdes
la jeunesse française voudrait copier sa destinée au lieu d'inventer. »
4. Vraies et fausses passions :
ambigüité du rêve napoléonien de J : le XIXème siècle aime se sacrifier à
des passions qu'il n'a pas : interrogation de Stendhal sur les fausses
passions : actions faites sans plaisir réel et par pur conformisme cf Passion
de Mathilde « passion d'imitation ». Le fait que les passions de J,
l'ambition qui a servi d'axe principal au roman, son amour pour Mathilde qui
l'a mis à l'agonie disparaissent comme par enchantement à la fin, au point
qu'il songe au mariage futur de Mathilde et souffre de sa présence suggère la
passion d'imitation.
5. L'Unique :
Napoléon : l'Autre : force de
prédateur, énergie du conquérant, Moi tyran, Individu souverain, homme
providentiel : déploiement bouleversant de sa puissance personnelle.//
Danton homme de la terreur bénéfique « passer comme la tempête et faire le
mal comme au hasard », homme épopée. Personnage romantique.
J héros typique
d'une classe du peuple qui est fort parce qu'il combat au nom de besoins vitaux
et réels ( différent besoin social dicté par la vanité et l'opinion des
autres » est l'homme différent, supérieur parce que différent. Limite de
la saisie de j comme type : asocial, rebelle à l'encadrement de la société
fut-elle celle de l'amitié et de l'intérêt cf « je suis insociable »
« J ne s'est affilié à aucun salon, aucune coterie », il
« méprise les autres … n'aime agir que seul ». Singularité absolue
qui le fait respecter, aimer ou haïr : refus d'être un homme
copie ! »Malheur à qui se distingue » pensée de la société. Pour
me de Rênal : « l'être singulier dont la rencontre avait bouleversé
son existence », échappe aux catégories « il ya de tout dans ce
jeune homme excepté de la jeunesse » énigme de son unicité : cf
« Pourquoi suis-je moi ? Inconnu et monstrueux aussi pour lui-même.
Promesse, potentiel.
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Semaine du 18 au 23 mars (602)
Mercredi 20 mars: rendez-vous à 8h30 devant le musée Unterlinden. S'il pleut, abritez-vous sous la galerie du Rempart.De 9h à 10h: travail sur le Retable d'Issenheim de Grunewald et sur la Melancolie de Cranach. 10h à 12H: visite de l'exposition sur l'humanisme rhénan à la bibliothèque municipale des Dominicains.
Jeudi 21 mars: suite des exposés sur le Rouge et le Noir, étude du dernier texte dans le Rouge: le discours de Julien lors de son procès. Samedi 23 mars (L): Introduction au Gargantua de Rabelais. Etude du début du prologue ( faire les 7 questions pour préparer le commentaire)
Nouveau descriptif provisoire Let ES
SÉQUENCE N° 1: étude d'une œuvre intégrale : L'Île des Esclaves de Marivaux (1725) Problématique : «L'Île des Esclaves, une pièce subversive? » Objet d'étude : Le texte théâtral et sa représentation du XVIIème siècle à nos jours. Pour l'exposé : Lectures analytiques retenues pour l'épreuve orale : 1.- Scène 1 : La scène d'exposition. 2. Extrait de la scène 3 : tirade de Cléanthis : « Madame, au contraire, a-t-elle mal reposé (…) ce sont de pauvres gens pour nous. » 3. Scène 6 du début à « Nous sommes aussi bouffons que nos patrons ; mais nous sommes plus sages. » 4. Scène 10 Pour l'entretien : Études d'ensemble ou éléments de synthèse : Pourquoi on hésite à qualifier la pièce de Marivaux de subversive ? Les relations Maîtres-Valets dans la pièce. L'opposition entre Arlequin et Cléanthis. La dimension comique de la pièce. Le rôle de Trivelin Autres lectures : Lectures cursives : Maître Puntila et son valet Matti de B.Brecht, Au choix l'une au moins des pièces suivantes : Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, les Fourberies de Scapin, Dom Juan de Molière, les Fausses Confidences de Marivaux, Mademoiselle Julie Strindberg, Les Bonnes de Genet, En Attendant Godot de Beckett . Autres travaux et activités personnelles : Analyse chorale de la représentation grâce à un abonnement à quatre spectacles à la CDE: Maître Puntila et son valet Matti de Brecht, Les Bâtisseurs d'empire de Vian, Quatre-vingt treize d'après le roman de Hugo, Un chapeau de paille d'Italie de Labiche. Réflexion sur la réception d'une pièce de théâtre selon que l'on connaisse le texte au préalable ou que l'on découvre « la fable » à partir de la représentation. Documents complémentaires : prolongement de la scène 3 de L'Ile des Esclaves. L'art du portrait dans les caractères de La Bruyère, la scène dite des portraits dans Le Misanthrope de Molière. SÉQUENCE N° 2 : étude d'un groupement de textes Evolution du personnage du valet de Molière à Brecht. Problématique : «Comment est suggérée l'évolution du rapport de domination à travers le personnage du valet ?» Objet d'étude : Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours. Pour l'exposé : Lectures analytiques retenues pour l'épreuve orale : 1. Extrait de Dom Juan, scène 1 : le portrait de Don Juan par Sganarelle 2. Extrait de L'Île des Esclaves de Marivaux : scène 1 L'émancipation d'Arlequin 3. Extrait du Mariage de Figaro de Beaumarchais : le monologue de Figaro 4. Dernière scène de Maître Puntila et son valet Matti de Brecht Pour l'entretien : Comparaison des différentes figures de valet et de leurs relations avec les maîtres. Autres travaux : Observation d'extraits de captations différentes mises en scène : Dom Juan, mis en scène par Daniel Mesguich, différentes représentations de Maître Puntila et son valet Matti, analyse chorale de la mise en scène de Guy-Pierre Couleau vue à la CDE, documentaire sur le personnage de Figaro produit par Arte. Autres lectures : Il a été recommandé de lire les pièces dont un extrait a été étudié. SÉQUENCE N° 3 (groupement de textes) L'argumentation au service de l'émancipation Problématique : « Esclaves et fiers de l'être ? « Servitudes volontaires » : quand la littérature pose la question de notre aliénation et propose des voies d'émancipation Objet d'étude : La question de l'homme dans les genres de l'argumentation du XVIIème siècle à nos jours. Pour l'exposé : Lectures analytiques retenues pour l'épreuve orale : -Texte 1 : extrait du Discours sur la Servitude Volontaire de La Boétie -Texte 2 : fable de La Fontaine : « Le Loup et le Chien » -Texte 3 : « Femmes soyez soumises à vos maris » de Voltaire -Texte 4 : Poème de Victor Hugo, extrait du recueil L'Année Terrible : « A qui la faute ? » Pour l'entretien : Les différents procédés de l'argumentation directe et indirectes dans les textes étudiés. Réflexions sur « la servitude volontaire » et les moyens de s'émanciper. » Études d'ensemble ou éléments de synthèse : Réflexion sur l'efficacité de l'argumentation directe et indirecte. Les procédés de l'argumentation dans les textes du corpus. Autres lectures recommandées : Romans : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, 1984 d'Orwell SÉQUENCE N° 4 (œuvre intégrale) Discours de la Servitude volontaire de la Boétie Objets d'étude : La question de l'homme dans les genres de l'argumentation du XVIIème siècle à nos jours. Humanisme et Renaissance Un discours politique et humaniste Problématique : analyse politique d'un homme qui réfléchit à la question du pouvoir. Un pamphlet, forme argumentative qui emploie des armes particulières. Une œuvre caractéristique de l'époque humaniste : appui sur les réflexions des penseurs antiques, connaissance des exemples majeurs de tyrans, raisonnement solidement construit. Une œuvre proposant un idéal et visant à persuader de sa possibilité de réalisation. - « Pauvres gens misérables […] fondre sous son poids et se rompre. » -« Cette ruse des tyrans d'abêtir leurs sujets(…) il est insensible. » -« J'en arrive maintenant à un point qui est, selon moi, le ressort et le secret de la domination(…)à épier ses volontés et à deviner ses pensées. » Documents complémentaires : comparaison de la conception de l'amitié dans un texte de Montaigne et de La Boétie. Objet d'étude : le roman et ses personnages Séquence 5: Le Rouge et le Noir de Stendhal (1830) Problématique: "Mais qui est donc Julien Sorel ?
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Pénétrer dans l'univers de Stendhal
Vous trouverez sur ce lien une exposition virtuelle avec des quiz pour vérifier votre connaissance de Stendhal. http://www.lectura.fr/dossiers/stendhal/index.php
Corrigé du bac blanc ES " La grasse matinée" de Prévert
Mieux comprendre ce poème, en allant voir là: http://www.french.pomona.edu/MSAIGAL/CLASSES/FR102/spring04/rsv/prevert.htm
Une version chantée accompagnée d'un court métrage: http://aflyonbonjour.ning.com/group/b2n2/forum/topics/la-grasse-matinee?xg_source=activity
Une lecture analytique du texte: http://lewebpedagogique.com/hberkane6/paroles-1946-de-jacques-prevert-lecture-analytique-n-12/
Printemps des poètes: la voix du poète
Pour vous plonger dans la poésie en prévision de cet objet d'étude, vous pouvez écouter l'émission du samedi 9 mars , ça peut pas faire de mal sur France Inter. Guillaume Galienne est accompagné du comédien à la voix si singulière, Denis Lavant. http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-la-15eme-edition-du-printemps-des-poetes
ou l'ouverture du Printemps des Poètes sur France Culture: poésie mise en musique: http://www.franceculture.fr/emission-fictions-droles-de-drames-soiree-d-inauguration-du-15eme-printemps-des-poetes-2013-03-09
Le Rouge et le Noir, chronique de 1830
Pour mieux comprendre l'époque à la quelle se situe l'histoire de Julien Sorel, voici un excellent article qui explique bien le contexte politique et en quoi Julien est représentatif de la jeunesse pauvre de son temps. http://webpublication.studyrama.com/EP_139/index.html#/98/
Semaine du 12 au 17 mars (602)
Mercredi 14 mars: Fin de la narration de la 2ème partie du roman. Démarrage des exposés pour la Parenthèse sur le personnage de Julien Sorel. Apportez la documentation que vous avez recueillie et votre réflexion sur la question que vous avez choisie de travailler. ES en AP: corrigé du bac blanc. Améliorer la question préalable chez vous. Jeudi 15 en L: sujet de dissertation sur la réécriture travaillé ensemble en cours. Classe entière: suite du travail sur les exposés.(1H) Commentaire du discours de Julien à son procès. (1H) Samedi L: introduction à l'humanisme et à gargantua. Vos utopies.
Julien au séminaire extrait du chapitre 26 de la première partie
Texte 3 Julien au séminaire : . Introduction Texte extrait du roman de Stendhal Le Rouge et le Noir,
roman initiatique qui raconte le parcours de Julien Sorel dans une
société marquée par le conservatisme de la Restauration. Stendhal place
l'histoire de ses personnages au moment où il écrit, c'est donc une
chronique des années 1826/1830, en pleine période romantique, mais le
regard qu'il pose sur son héros et sur la société est déjà marqué par
une distance réaliste et critique. Situation
du passage : Entrée au séminaire, Motifs : pour éviter de compromettre
Mme de Rênal en poursuivant leur liaison adultérine suite aux remords de
Mme de Rênal et sur les recommandations de l'abbé Chéla. ( A étoffer avec vos souvenirs des chapitres qui précèdent pour montrer au correcteur que vous connaissez le roman) Problématique
: Quelles sont dans ce passage les caractéristiques du roman
d'apprentissage ? En quoi peut-on dire que cette page est satirique?
I - Les étapes de l'évolution de Julien : l'intégration au séminaire, un douloureux apprentissage 1. Solitude
et rejet de la part des autres : Malgré les efforts stratégiques
déployés par Julien, ses efforts d'habileté tombent à plat : ➙
maladresse car tombé dans un milieu où l'on est encore plus rusé que
lui. Cf « les habiles « se comportent autrement. Solitude du personnage
marquée par l'opposition singulier/ pluriel : Il / les habiles au
séminaire Il / ses camarades ➙
individu seul face au groupe. L'opposition souligne la singularité du
personnage, mis à l'écart du groupe par ses différences : -observe
réserve et silence, air hautain, repousse ses camarades -a choisi un confesseur suspect , -n'a pas suivi la
loi du groupe : on lui reproche son indépendance d'esprit, son refus de
se soumettre au conformisme ambiant : « esprit fort « (...) il pensait,
il jugeait par lui-même » Solitude
aussi car il ne peut s'épancher (silence de Pirard, absence de
communication, si ce n'est dans le cadre de la Confession, qualifiée de
« tribunal de la pénitence », donc dans un cadre rigide, tribunal de la
pénitence codifié et impersonnel… Pour l'aider dans son apprentissage , il lui manque un mentor, un adjuvant. souffrance aussi car constamment soumis
au regard des autres, sous leur jugement perpétuel : cf point de vue
qui est celui des séminaristes : " à leurs yeux ", ... "un vice
énorme ", voir aussi les verbes de jugement : « il passait
pour » ... « les habiles ne regardent qu'aux détails », noter aussi les
verbes au passifs qui montrent
qu'il est objet de leur regard : « il était convaincu de ce vice » ou
encore le « on » impersonnel : « on se vengea de lui ». 2. Pour remédier à cette souffrance, nécessité d'une prise de conscience de sa situation : « Du
moment que Julien se fut aperçu de sa folie il ne s'ennuya plus. » :
soudaineté de sa réaction (passé antérieur + passé simple), la même chose
pour « Du moment que Julien fut détrompé...les exercices ...devinrent
ses moments d'action » ➙
Julien est plongé dans un monde hostile où chacun de ses actes a été
pesé et lui a attiré amis et ennemis.
La prise de conscience est suivie
aussitôt d'un changement d'attitude. « il voulut connaître » : réaction
énergique, volonté lucide d'analyser la situation pour mieux adapter son
comportement aux circonstances. Monologue intérieur au discours direct et indirect libre qui prouve que Julien apprend par autoanalyse et introspection. Mais vocabulaire de la difficulté :
« le mal à réparer était immense, la tâche était fort difficile » : véritable défi héroïque. Le
résultat est encore pire: hostilité total:"ennemis qui augmentent,vengeance . Julien
prend la mesure de ses erreurs de stratégie à son arrivée au séminaire où il voulait s'illustrer par son mérite scolaire. Changement radical :
« sans cesse sur ses gardes...se dessiner un caractère tout nouveau ».
Julien décide de relever le défi , Julien
décide de porter un masque, de brider sa personnalité, et de se
contraindre : combat. mouvement = jeu de l'hypocrisie
triomphante : thématique du regard « les yeux baissés » deviennent le
symbole de la sournoiserie, de la soumission, rites surjoués avec componction pour en faire accroire: chapelets,
cantiques... conséquence: ce qui était mortellement ennuyeux /actions les plus intéressantes ➙
dédoublement de Julien : sous le séminariste appliqué, se cache un
homme qui ne cherche plus qu'à paraître : action les plus intéressantes,
...actions significatives cf jusqu'à la fin de mon rôle ➙
Julien se définit comme un acteur d'un pièce de théâtre. Julien devient Tarfuffe après avoir cru être un Don Juan chez Mme de Rênal. Toujours
besoin d'un modèle à imiter cf Travail d'Hercule, Imitation de la fausse
modestie du pape Sixte Quint. 3 . Caractéristiques du roman d'apprentissage : structure
du passage, «.reconnut... s'aperçut... » : constant jugement : la
situation présente conduit à un examen de conscience ; elle oppose les
illusions passées à la réalité présente tout au long du monologue
intérieur : PASSÉ/ PRÉSENT "Quelle n'était pas ma présomption! Me voici
enfin dans le monde. Je croyais vivre Je me préparais .... Mon seul
mérite consistait La science n'est donc rien ici ,J'avais la sottise
d'être fier »: jeu sur les temps verbaux. La réflexion témoigne de l'effort fait par Julien pour
apprendre de ses expériences, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.
Recherche d'exemple à suivre : Exemple de Chazel (lignes 34 à 36) :
valeur des temps: Imparfait (Je me préparais .... Mon seul mérite
consistait...) retour sur le passé, Présent du constat: (la science n'est donc rien
ici) puis analyse de la situation postérieure : Futur (le monde tel que je le
trouverai jusqu'à la fin de mon rôle), regard désabusé sur l'avenir +
Allusion à Hercule et ses 12 travaux, ➙ notion d'épreuve à traverser, de travail sur soi à accomplir pour se forger « un nouveau caractère ». Vocabulaire du théâtre. II - Une vision désabusée du monde religieux: la dimension satirique du texte.
1. Efficacité de la satire du séminaire liée à l' Importance
du jeu des points de vue dans le texte : Omniscient au début,
« ne regardent qu'aux détails; à leurs yeux » = point de vue des
séminaristes, « vice énorme » puis point de vue de Julien + folie....
l'étendue du mal ➙
cette alternance de points de vue permet la dénonciation des manœuvres
des séminaristes par le jugement du narrateur : « ne regardent qu'aux
détails » : confrontation du point de vue du narrateur et de celui des
séminaristes permet de montrer la perversion ,soulignée par les
oppositions: détails...petites actions / vice énorme. Le point de vue de
Julien souligne sa solitude qui le force à l'introspection, montre aussi la
distorsion que son regard fait subir aux choses « le mal », « la
folie » : Julien exagère les échecs de son comportement. Ainsi le séminaire apparaît à travers le prisme de plusieurs regards ➙ visée dénonciatrice. Le séminaire est déjà un espace négatif car il fait souffrir l'élève alors qu'il devrait lui permettre d'épanouir sa vocation religieuse.
Par
le monologue intérieur de Julien, le narrateur s'efface pour laisser
s'exprimer son personnage à la première personne (vision de l'intérieur)
: Ponctuation abondante, exclamative = émotion, situation de crise,
méditation désabusée de Julien : « me voici enfin dans le monde tel que
je le trouverai » nous permet de connaître son intimité : se considère
comme un héros mythique, Hercule, confronté à des ennemis ( plusieurs
fois dans le texte) qui l'assaillent. Dépit, amertume de Julien : "la
science" c'est-à-dire ici les connaissances théologiques "les progrès dans le dogme" sont discréditées = balivernes ➙
Julien avait «la sottise d'en être fier». Julien jette un regard
désabusé sur les valeurs qui l'ont construit, et cède à une attitude
cynique et hypocrite (cf comparaison avec Sixte Quint : cherche comme
lui à « tromper son monde », à se donner l'allure de la piété , se
traite de naïf et de dupe. 2.
la satire passe par l'ironie du narrateurl : Le mode de vie au séminaire est décrit sur le
mode de la distanciation ironique: mise en italiques de certains termes,
« esprit fort. »... ... ».il pensait, il jugeait par lui-même », "autorité" ,
exagération des expressions : « vice énorme » , dépersonnalisation des
séminaristes mis dans un tout indifférencié par le pronom indéfini : on se vengea
de lui + ironie de la dernière phrase qui associe les progrès dans la
dévotion à « la façon de manger un œuf à la coque» ➙
dérision , décalage entre le sérieux contenu dans le mot « dévotion" et
la situation triviale: « manger un œuf à la coque ».
Soulignement de
l'art de la soumission qui se cache dans les gestes les plus quotidiens,
mais aussi moquerie à l'égard du naïf Julien qui s'est trompé du tout
au tout dans son comportement et qui exagère son échec. 3.. Le séminaire : un microcosme inquiétant très éloigné des valeurs chrétiennes➙
un lieu d'hypocrisie et de calculs. Mesquinerie (importance des
détails, les petites chose auxquelles on accorde de l'importance
souligne étroitesse d'esprit), hypocrisie, violence morale :
« venger,... mépris, ...dérision »,grossièreté, conformisme et aveugle obéissance ,
rejet de l'autre, car différent … Importance de la nourriture ➙ œuf à la coque : métaphore des appétits terrestres, ➙
absence de spiritualité cf plus loin dans le chapitre l'épisode de la choucroute : Stendhal
présente le séminaire comme un monde hostile en totale contradiction
avec les valeurs chrétiennes de partage, d'altruisme (Rappel : Stendhal
est athée) On peut y voir une image réduite d'une société sans pitié (
cf les intrigues de Verrière, ou celles du milieu de La Môle) Absence
de spiritualité, d'attention à l'autre et manque de reconnaissance de
l'intelligence et de l'érudition, du mérite et du travail scolaire. Séminaire : lieu où apprend la
soumission. Impossible
que julien y progresse vraiment. L'abbé Pirard dont Julien regrette
qu'il ne se soit pas montré plus présent finira par trouver la solution
pour que Julien ne dépérisse pas au séminaire : l'envoyer à Paris chez
M . de la Môle comme secrétaire, donc finalement l'abbé Pirard sera un
véritable adjuvant.
CONCLUSION Une
vision très amère de la société, jugée comme hypocrite et hostile. Le
roman permet bien ici de transmettre une vision du monde. C'est la
vision de Stendhal qui se sert de son personnage pour mieux la traduire .
La crise que traverse le personnage (cf. monologue intérieur) donne
plus d'acuité à cette vision du monde. Intérêt du roman d'apprentissage :
le lecteur apprend en même temps que le héros. Insister sur le fait que malgré son ambition de réussite sociale, Julien peine à devenir un hypocrite, cette conduite lui pèse énormément et n'est absolument pas naturelle pour lui.
Questions possibles au bac: Que découvre le lecteur sur Julien dans ce passage? En quoi peut-on dire que cet extrait révèle l'opinion très négative que se fait Stendhal du séminaire? En quoi cet extrait confirme-t-il que le Rouge et le Noir est un roman d'apprentissage?
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