Penser après les cours...!

Dernière scène (22) de la Médée de Rouquette

Par cyberblaise - publié le jeudi 31 janvier 2013 à 18:17 dans 02w1èreL 602
Notes au fur et à mesure de la lecture:
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Personnages présents : Jason, le vieux, la vieille le chœur 1 et le chœur 2

Psaume du néant : la mère.

Beaucoup de personnages pur un dénouement qui se place sous le signe du néant, du rien, de la disparition.

Le personnage de Jason comme dans d'autres textes se pose la question du soutien des Dieux à Médée et se sent abandonné.

Injonctions pour tenter d'attraper Médée et de la capturer. Exclamatives : sursaut d'énergie et de volonté avant l'abattement. Beaucoup d'agitation du coup sur le plateau dan la recherche de Médée, agitation inefficace d'ailleurs.

Enfants morts sur scène : effet de dévoilement macabre indiqué par les didascalies, rôle de la couverture rouge depuis le début de la pièce.

Auteur qui imagine le rythme du dialogue et de la représentation : temps  de l'action de retirer la couverture avant la question : où est-elle ? Temps de la recherche : agitation vaine sur scène. Les trois points indiquent souvent le temps d'un jeu avant la parole.

Questions de Jason suscitent le mouvement de ceux qui l'accompagnent : questions reprises trois fois.

Disparition magique de Médée : « plus rien : thème du néant.

(Didascalies  en italiques qui ressemblent à des phrases de récit.)

Trois fois adresses au vieux : Effet de la magie de Médée qui  semble paralyser le personnage, il met longtemps à sortir d'un état second : « comme tiré d'un songe » cf le début de la pièce, iln'est plus sûr de sa vision :" il m'a semblé voir voler dans le ciel", modalisateur du doute : vision irréelle, mirage, reprise du char comme dans le mythe : "de feu que trainaient des dragons crachant des flammes » mais déjà processus de déréalisation, d'anéantissement du réel.

Haussement d'épaules des miliciens : incompréhension, scepticisme, rationalisme, incrédulité ?

Reprise des injonctions de recherche : trois fois le verbe à l'impératif : « cherchez », repris par la vieille adjuvante de Jason? mais reprise plutôt ironique car elle souligne la puissance de Médée : "Remuez la terre et le ciel, vous ne la retrouverez jamais ». Formule les images valorisantes et divines de Médée : Médée sans fin, Médée éternelle. Points de suspensions qui soulignent l'émerveillement et la révérence, l'extrême respect.

Quatrième reprise de "où est-elle" : impuissance et incrédulité de Jason, question du lieu, de la disparition, la reprise de la question souligne la disparition: caractéristique divine de Médée : "elle est nulle part et partout », comparaison avec "le vent sans visage"( impalpable, insaisissable) et le temps sans mémoire( Médée échappe au temps et au souvenir des actions passées et êtres aimés) : poésie des expressions de la vieille. Médée; pas atteinte par la mort, immortelle : "elle vivra sans fin". Portrait de Médée en déesse dans la bouche de la vieille.Elle possède les attributs du divin: l'immortalité, le don d'ubiquité.


Intervention du choeur 1 pour questionner Jason puis adresse de Jason au chœur.

Chœur 2 comme le vieux « parlant au milieu du songe » Interrogation sur l'identité de Médée : qui est-ce Médée ? Déréalisation.

Dénouement constitué de beaucoup de questions concernant Médée, mais pas seulement elle : Jason demande "où est la maison" : les agissements de Médée semblent avoir perturbé l'ordre du monde : Jason n'a plus de repères, devenu « fou », focalise sur la couverture rouge.Son monde ancien a disparu et n'a plus aucune réalité. Comme s'il avait rêvé sa vie avec Médée.


Chœur 2 qui questionne comme s'il ne se rappelait plus ce qui s'était passé : trois fois : déni: la couverture rouge ? Il y avait une couverture rouge ? Nous n'avons jamais vu de couverture rouge ?

Les frontières entre rêve et réalité n'existent plus, remise en question des perceptions. Jason lui aussi en proie au doute : « mai que s'est-il passé ? Je n'ai pas rêvé ? »


Choeur 1 souligne l'atmosphère onirique par la répétition des participes passés : état de quelque chose qui est terminé, révolu : quatre fois « rêvé ». La poésie est liée aussi aux répétitions des mots et à leurs connotations, pas seulement aux images.


Jason réduit au néant et à l'incertitude : il n'y a plus rien : phrase présentative qui constate, reprise par les deux chœurs ensemble : anéantissement confirmé trois fois.

D'où psaume du néant. Prière chantée.

La Mère reprend l'affirmation du Rien que les deux chœurs et Jason avaient formulé mais variation sur la formulation ; chiasme :"et le rien est tout/  et le tout est rien" opposition traditionnelle entre tout et rien ici annulée.

Thème de l'illusion de réalité : le monde n'est qu'une croyance en son existence, prise de conscience de la primauté du néant sur l'existence.

Chœur 2 : allusion à Shakespeare et Calderon : tout est néant, la vie est un songe. « Familles et patries « semblent développer "nations", éléments naturels, éléments politiques, éléments individuels et sociaux : pas d'espoir.

Dénonciation de l'illusion d'être comme d'une croyance erronée : être ou ne pas être: paradoxe de la condition humaine.San amour, tout disparaît dans le néant.

Chœur 2 utilise des métaphores : néant = lit, étoffe et comparaisons « tout s'en va dans une même absence comme  en la nuit l'écho de notre pas » : scène peuplée d'ombres et d'échos, mouvement de tout vers la disparition : image concrète du néant et de la mort, le bruit d'un pas qui s'éloigne et s'éteint.

Reprise en refrain par les deux chœurs à l'unisson des paroles de la mère.

Différence entre choeur 1 et choeur? le premier s'exprime avec des abstractions: rien, tout être, éternité de façon plus philosophique, le deuxième évoque des réalités plus humaines et des images concrètes, plus poétiques mais tout deux expriment le néant.


Didascalie finale : pièce qui se termine sur une façon de dire et sur une gestuelle spécifique, sorte de chorégraphie : pas paroles qui seraient phrases adressées assumées par le locuteur qui les prononce mais ricanement de pie sur leur branche, sortes de cris de satisfaction, de dérision, de joie à voir vérifiées les horribles prophéties des vieilles : triomphe du mal,  joie mauvaise d'avoir eu raison dans le malheur,coloration sinistre, inquiétante,  monde déshumanisé .

Indication d'éclairage : affaiblissement de la lumière en même temps qu'affaiblissement progressif des « criailleries » (allitération pour suggérer le caractère désagréable des propos et rires malveillants) : mise en valeur sur la droite de la scène de l'incendie de Corinthe : rouges clartés cf couverture rouge ! Fin très expressionniste et violente.


Pistes d'axes de lecture ou de questions d'oral:

Un dénouement qui met en scène la disparition du monde de Jason. 

Un dénouement qui s'apparente à une fin du monde.

Jason un personnage désespéré dépossédé de son existence

Médee , une figure divinisée par les témoins de son histoire

Un dénouement tragique qui exprime le triomphe du mal

Un dénouement pessimiste

Un dénouement qui évoque l'esthétique baroque

Un dénouement  noir et poétique


Une réécriture de Blanche Neige au cinéma

Par cyberblaise - publié le dimanche 27 janvier 2013 à 14:57 dans 02w1èreL 602
Vous pouvez voir en ce moment au cinéma Le Colisée une réécriture par un réalisateur espagnol de l'histoire de Blanche Neige dans un très beau film en noir et blanc: Blancanieves
http://www.telerama.fr/cinema/films/blancanieves,437436.php

Médée en Bande Dessinée

Par cyberblaise - publié le dimanche 27 janvier 2013 à 12:43 dans 02w1èreL 602
Vous trouverez des renseignements sur cette oeuvre ici:

http://www.du9.org/chronique/medee/

Médée de Max Rouquette mise en scène par Martinelli

Par cyberblaise - publié le jeudi 17 janvier 2013 à 14:57 dans 02w1èreL 602
Différents documents d'approfondissements:
http://www.nanterre-amandiers.com/uploads/play/117_drama.pdf

Un site consacré à l'écrivain:
http://www.max-rouquette.org/oeuvre/oeuvre-theatre/medee
Une interview de l'écrivain:
http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Conversation.html

Un extrait de la captation du spectacle:
http://www.dailymotion.com/video/xapkv1_medee-de-max-rouquette-mise-en-scen_creation#.UPf1AvKF6vg

Un article très intéressant intitulé Médée à la croisée des cultures qui montre combien le mythe de Médée est actuel et analyse la représentation de Martinelli:
http://www.revue-relief.org/index.php/relief/article/viewFile/687/754

Rappel du travail pour les L jeudi17 janvier (602L)

Par cyberblaise - publié le vendredi 11 janvier 2013 à 11:52 dans 02w1èreL 602
Comme annoncé avant les vacances, nous travaillerons sur la Médée de Rouquette. Comme pour chaque réécriture, nous mettrons en avant les différences et ressemblances avec les versions antérieures.Nous étudierons la dernière scène qui n'a de sens qu'enfonction de ce qui la précède donc relisez la pièce, au minimum le résumé qui figure dans votre édition.
Nous verrons une partie de la mise en scène de Martinelli.

Tout savoir sur le théâtre de Sénèque

Par cyberblaise - publié le dimanche 16 décembre 2012 à 18:09 dans 02w1èreL 602
Une émission de radio qui donne la parole à   Florence Dupont, spécialiste du théâtre latin:
http://www.franceculture.fr/emission-le-journal-de-la-philosophie-theatre-complet-de-seneque-2012-10-23

La Conquête de la Toison d'Or De Corneille (602L)

Par cyberblaise - publié le jeudi 13 décembre 2012 à 14:38 dans 02w1èreL 602
Vous pouvez lire la deuxième pièce de Corneille qui traite du mythe des Argonautes:
http://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition.php?t=../documents/CORNEILLEP_TOISON.xml

Médée de Marc-Antoine Charpentier (602L)

Par cyberblaise - publié le jeudi 13 décembre 2012 à 14:21 dans 02w1èreL 602
A la fin du XVIIème siècle, sur un livret de Thomas Corneille, Médée en opéra baroque.
Au mois d'octobre 2012, une version en a été donnée à paris dans une mise en scène très contemporaine:
http://www.francetv.fr/culturebox/medee-de-marc-antoine-charpentier-au-theatre-des-champs-elysees-120817
Un entretien vidéo avec Muriel Haim qui dirige l'opéra, avec la chanteuse qui tient le rôle titre.
http://www.theatrechampselysees.fr/opera/opera-mis-en-scene/medee
Vous trouverez sur le même site une video de répétition.

Médée de Corneille (602L)

Par cyberblaise - publié le jeudi 13 décembre 2012 à 14:07 dans 02w1èreL 602
Comme je ne suis pas certaine d'avoir le temps de vous montrer les extraits de la mise en scène de  Paul Correia, je les mets en ligne:
http://www.dailymotion.com/video/xnkigk_nice-corneille-revisite-au-tnn_news#.UMnRi6yF6vg

En particulier les deux scènes finales:
http://www.youtube.com/watch?v=jPYQBwBD3CM

Un article sur cette mise en scène très contemporaine avec multimédias.

Tirade de Médée, dénouement de la pièce de Sénèque

Par cyberblaise - publié le dimanche 25 novembre 2012 à 09:30 dans 02w1èreL 602
 

 Analyse détaillée de la tirade de Médée étape par étape :

Lignes 1-4 : refus de fuir, expression d'orgueil, affirmation du « Moi », émotions très vives perceptibles aux nombreuses exclamatives. Cruauté : expression de la jouissance ( « j'aime, heureux commencement, joie que tu goûtes, jouis) »  au « spectacle » de la destruction qu'elle a produite, ironise sur le « nouvel hymen ». Médée sorte de metteur en scène qui a changé l'ordre des choses cf champ lexical du théâtre qui parcourt  le texte, importance du « voir », voyeurisme sadique.

Emportée par son élan vengeur, s'adresse à elle-même, questions, injonctions.

Lignes 4-6 : Prise de conscience du mobile du dépit amoureux : » Tu aimes encore », désir de vengeance pas assouvi par la mort de la rivale, se traite d' »insensée » plusieurs fois dans le texte :"insensée que tu es, insensée que je suis, âme égarée." Désir d'une punition qui doive rétablir la puissance de Médée qui se sent outragée, cherche une identité. Cf impératif catégorique « il faut » Premier mobile.

Ligne 6-10 :se rêve transgressant toutes les normes : briser les liens les plus sacrés, étouffer tous les remords, sortir de la morale commune : monstre cf taches sur les mains désirées. S'exhorte à la haine par des impératifs, gradation qui montre comment elle va arriver à une vengeance surhumaine : en cherchant dans son cœur tout ce qui y est amassé de violence et de fureur, démesure, folie de l'excès. Travais sur soi, recherche d'un dépassement par rapport aux crimes déjà commis.

Ligne9-10 : passé vu comme un entraînement : « prélude » , »essai » : opposition entre les crimes « commis pour un autre » (Jason) et « mes propres vengeances », crimes précédents : apprentissage, expérience, nouveau crime projeté vu comme une affirmation d'une identité accomplie : «  grand forfait », elle n'est plus « une vierge timide ».

L11 : réalisation de soi : « maintenant je suis Médée, génie qui s'est fortifié dans le crime : exaltation d'elle-même : applaudissement acquiescement « oui » ( à la fois héroïne et public, dédoublement qui participe de sa folie), sentiment d'une coïncidence avec elle-même. Cf début de la pièce où elle ne sait plus qui elle est : exilée abandonnée par son époux.

Elle revit au présent les crimes passés : coupé la tête du frère, mis son corps en pièce, dépouillé le père du trésor de la toison d'or, avoir armé les mais des fils de Pélias contre les jours de leur vieux père. Extrême violence revécue, inventaire jubilatoire, n'a respecté ni les liens filiaux, ni ceux de la fratrie.

L15-16 :Mûre pour un crime nouveau et inédit : cf « forfait inoui, meurtre abominable » Cherche une nouvelle victime, mais pas encore dicible : « je ne sais quelle résolution fatale que je n'ose encore m'avouer à moi-même », encore inconscient.

L17 se traite de folle de ne pas avoir attendu que Jason ait des enfants de Créuse : scénario fantasmatique qui lui permet de détester ses enfants en imaginant qu'ils ne sont pas d'elle mais de Créuse.

L18 : affirmation martelée de l'amour de sa vengeance, de son crime : expression d'un amour de soi, hyperbole royale « couronner »

L19 décision : s'exhorte à préparer le meurtre des enfants, s'adresse à eux, ne se reconnaît plus comme leur mère : opposition maintenant/autrefois, payent pour la trahison du père

Conjonction de coordination d'opposition « mais » signale le retournement de situation : corps qui réagit, trouble physique, tremblement, paralysie, sensations de froid conséquence : « mon cœur se trouble » , ébranlée dans sa détermination, retour de l'instinct maternel l20

Médée tiraillée entre sa souffrance d'épouse abandonnée et son instinct de mère, personnage clivé à plus d'un titre :Sorte de théâtre où combattent les passions : haine, ressentiment, colère, fureur, amour, rôles d'épouse et de mère, la Médée colchidienne d'autrefois, la Médée épouse du Grec Jason. Cf antithèse vengeances/affections L21 envisage au conditionnel les conséquences de son acte, se réapproprie ses enfants en utilisant des adjectif possessifs : mes fils que j'ai mis au monde.

L22 : Je ne veux pas en opposition avec le il faut de la ligne 9

L23 remet en question le mobile : culpabilité des enfants par leur lien avec le père : innocents, parallèle avec le frère lui aussi innocent qui réveille le désir de meurtre. Médée environnée par la pensée de la mort violente, obsédée.

L26-28 Déchirement exprimé par l'emploi du verbe très imagé : « balancer », combat de l'amour et de la haine qui déchire son cœur, lucidité sur son état clivé cf chiasme « la colère chasse l'amour et l'amour chasse la colère », images empruntées à la nature : flux et reflux, analogie avec une tempête, une mer déchainée : métaphore filée, cœur vu comme un bateau qui « flotte » irrésolu, qui a perdu son cap.

L28 : nouvelle adresse aux enfants, retour de la tendresse maternelle, désir de contact physique, d'embrassement, traditionnellement le rôle des enfants est de soutenir les parents devenus âgés, en prend conscience, accepte de les laisser vivre pour le père s'ils s'occupent d'elle d'abord : remède à la solitude.

L30 nouveau « mais » : se souvient de la condamnation à la solitude de l'exil, s'imagine au futur proche l'arrachement, registre pathétique utilisé par Sénèque : « pleurants et gémissants, conséquence implicite, puisqu'ils sont perdus pour leur mère, qu'ils le soient aussi pour leur père.

L32 nouveau mobile : désir de priver Jason de ce dont elle sera privée. Métaphore du feur « se rallume » : retour de la haine, personnification de la vengeance comme d'une furie : excès, démesure, se compare à la fille de tantale qui avait 14 enfants, aurait voulu en tuer plus que deux ! se sent stérile !

L34 nouveau mobile encore : sacrifier ses deux fils pour venger la trahison du père et l'assassinat du frère.

L35-43 : Médée semble harcelée par les divinités de la vengeance : Erynnies, folie qui se traduit par une vision, une sorte de transe que le discours donne à voir, Médée s »adresse à son frère démembré, sorte de scène de possession à l'issue de la quelle elle commet le premier infanticide : l42-43 elle tue le premier enfant

L44 : Bruit du dehors qui la ramène à la réalité : prise de conscience de l'arrivée des poursuivants réels, humains, ne nomme pas Jason : on. Monte sur la terrasse « vengeance à moitié satisfaite »

Pense à la nourrice qu'elle veut sauver et veut exhiber sa puissance l46 s'adresse au peuple corinthien.

 


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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