Penser après les cours...!

Interview de Marguerite Duras lors de la sortie du Ravissement de lol.V.Stein

Par cyberblaise - publié le jeudi 16 mai 2013 à 18:19 dans 02w1èreL 602
  Archive de l'INA:
http://www.ina.fr/video/I04257861

Marguerite Duras raconte son roman à la télévision.

Une émission sur Marguerite Duras sur France Inter

Par cyberblaise - publié le dimanche 12 mai 2013 à 11:48 dans 02w1èreL 602
http://www.franceinter.fr/emission-cosmopolitaine-special-odeon-marguerite-duras

Réécriture et mythes

Par cyberblaise - publié le mardi 16 avril 2013 à 13:43 dans 02w1èreL 602
Voici une liste de mythes littéraires qui ont donné lieu à de nombreuses réécritures:
http://zonelitteraire.e-monsite.com/medias/files/les-mythes-litteraires.pdf

sujet de Bac blanc La Fontaine L'Homme et son image

Par cyberblaise - publié le lundi 15 avril 2013 à 14:23 dans 02w1èreL 602
Mieux comprendre la fable en l'écoutant:
http://www.youtube.com/watch?v=tDrzpO18Y-4

Corrigé de la dissertation du bac blanc 1 (602)

Par cyberblaise - publié le vendredi 12 avril 2013 à 12:44 dans 02w1èreL 602

 Introduction :

Lorsque l'on veut convaincre ou persuader d'une thèse, l'on peut avoir recours à différents types d'argumentation selon la cible visée. Dans le domaine politique, dans le contexte judiciaire, c'est l'argumentation directe, le discours, l'essai, qui domine avec son enchaînement logique d'arguments étayés par des exemples, son appel à la raison ; dans d'autres cultures que la culture occidentale, l'argumentation indirecte au travers de fables, apologues et paraboles est plus prisée. Sous l'Ancien Régime en France et en particulier au XVIIIème siècle, beaucoup d'auteurs désireux de remettre en question l'ordre politique ou de faire la satire de certains aspects de la société ont utilisé un regard extérieur pour argumenter et vulgariser leur point de vue, ainsi les auteurs du corpus, Cyrano dans Les Etats et Empires du Soleil place sa satire de la religion dans un tribunal du monde des oiseaux, Le Baron Lahontan donne la parole à un indien huron pour remettre en question les comportements occidentaux et Mercier fait parler un personnage surgi d'une société éloignée dans le temps pour critiquer la violence à l'origine de la prospérité et du confort des Parisiens du XVIIIème siècle  dans un roman d'anticipation. A chaque fois, c'est un regard extérieur- celui d'un animal, d'un représentant d'une autre culture, d'un homme du futur- qui est porteur du jugement critique. L'on peut se demander alors quel est l'intérêt d'un tel procédé pour argumenter. Nous verrons tout d'abord que le procédé permet aux auteurs pour une part de déjouer la censure et de se protéger un peu des reproches de subversion dans des régimes politiques qui acceptent mal la contestation directe ; nous montrerons ensuite que le regard extérieur est souvent associé à l'argumentation indirecte qui vise à propager des idées tout en amusant et séduisant celui que l'on veut persuader ; dans un troisième temps, nous développerons que le regard extérieur permet souvent de faire entendre le point de vue de ceux qui sont dévalorisés ou opprimés, tout en  relativisant la superbe des occidentaux  et en faisant réfléchir à l'altérité.


Ceux et celles qui veulent s'entraîner peuvent m'envoyer leur développement à partir de cette introduction.

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Corrigé du sujet d'invention bac blanc1 (602 L)

Par cyberblaise - publié le vendredi 12 avril 2013 à 12:31 dans 02w1èreL 602

Sujet d'invention

Monsieur Le Procureur, Messiers les députés des deux chambres du Parlement des Oiseaux, je ne vais pas nier les faits qui me conduisent à être jugé devant vous et par vous : j'ai blessé Guillemette, la perdrix, en pratiquant une activité qui est à l'honneur dans notre espèce, la chasse, que nous ont léguée nos ancêtres à la fois parce que nous avons besoin de nous nourrir et d'éprouver notre corps et notre courage dans une pratique physique  souvent dangereuse. Parmi la gent des oiseaux, il en est qui comme nous s'adonne à cet art, j'ai bien dit « art » car pour être un bon chasseur il faut maîtriser une technique sophistiquée ; les oiseaux de proie, les aigles, les condors, les griffons que vous nommez, les faucons, les éperviers, les autours savent ce que je veux signifier : pour atteindre une proie il faut beaucoup de patience et d'habileté. L'on ne peut me reprocher une pratique que les vôtres utilisent aussi et encore moins du coup- vous en conviendrez- vouloir me condamner à mort !

Mais je voudrais surtout plaider les circonstances atténuantes en montrant que le discours du Procureur fait du genre humain un portrait d'une noirceur exagérée, révélant d'ailleurs beaucoup de préjugés et une méconnaissance de la grandeur et de la beauté de notre humanité.

Le portrait physique qui est proposé d'un être humain par le Procureur est tout à fait caricatural et me fait dire que vous avez des tendances racistes qui consistent à juger autrui selon l'apparence physique et a considéré comme mauvais ceux qui ne vous ressemblent pas. Vous nous reprochez de ne pas avoir de plumes comme vous, nous dévalorisez en nous traitant de « galeux » ; nous avons tout simplement été faits autrement par Dieu, qui a diversifié les apparences des espèces  peuplant la terre. Dieu aurait même dit que nous avons été faits à son image, vous êtes donc bien présomptueux  de nous mésestimer.  Comme vous ne savez pas à quoi servent des dents, vous nous pensez idiots au point de garder des « petits grès carrés » dans la bouche. Votre ignorance ne saurait être un argument de poids pour me condamner à mort.

Vous éprouvez également de « l'horreur » au premier regard devant notre comportement que vous ne comprenez pas. « Le rire est, en effet, le propre de l'homme » et il nous procure beaucoup de joie et de bonheur. Ce n'est pas « folie », c'est signe que nous apprécions la vie et ses plaisirs. Le rire nous permet de supporter les aléas de la vie, de prendre du recul, de la distance par rapport à ce qui nous fait souffrir, mais aussi de nous rassembler dans une allégresse commune. Vous décrivez une sorte de gesticulation qui, dans votre bouche, paraît effectivement absurde et vous la qualifiez de « magie », en sous-entendant qu'elle est mauvaise, porteuse de malheurs alors qu'il s'agit du rituel de la prière et de l'action de grâce à Dieu que nous pratiquons pacifiquement pour l'honorer. Notre croyance nous a conduits à célébrer notre Dieu par des œuvres d'une beauté inouïe qui prouvent bien que notre âme n'est pas noire. Vous volez autour de nos cathédrales gothiques, véritables dentelles de pierre, et vous nichez aux creux de nos statues. Nos édifices n'ont rien à envier à vos nids les plus sophistiqués. Nos musiques sont écrites et jouées pour charmer les anges ; les Vêpres de la vierge de Monteverdi, le Requiem de Mozart, les Lieder de Schubert, les quatuors et les symphonies de Beethoven surpassent de beaucoup vos chants, pourtant mélodieux. Vous devez vous rendre à l'évidence, vos apriori négatifs sur le genre humain sont d'abord liés au fait que vous ne nous connaissez pas vraiment.

J'en viens maintenant aux arguments donnés par votre Procureur et je vais les réfuter point par point. Vous nous reprochez de ne pas vivre selon la nature parce que nous serions des ferments de destruction  de la société. Certes les hommes sont parfois sujets à des conflits, ils se font la guerre, leurs désaccords peuvent être meurtriers mais les hommes sont aussi des philosophes qui réfléchissent à la meilleure société possible, à des organisations politiques qui permettent de vivre en paix et dans la prospérité. Il faudrait étudier les auteurs humanistes qui dévoilent leur projet éducatif comme Rabelais dans son Gargantua si plaisant à lire ou Montaigne dans le chapitre des Essais intitulé «  De l'institution des enfants », il faudrait lire l'Utopie de Thomas More pour se rendre compte que les hommes de tout temps ont eu le souci de créer des sociétés harmonieuses où il fait bon vivre. Je prendrai un autre exemple qui prouve que les hommes aiment faire société : ils sont les inventeurs du théâtre, art qui rassemble un public volontaire dans un bâtiment magnifique situé au cœur de chaque ville. Et que font-ils en ce lieu ? Ils regardent vivre devant eux des personnages joués par des acteurs qui leur font ressentir toutes leurs émotions, ils admirent le courage des héros, pleurent devant les misères endurées, partagent tout ce qui fait la particularité de la vie des hommes : les sentiments amoureux, la peur de la mort, les rêves de réussite, la lutte pour exister. Cet art n'est-il pas la preuve que l'homme aime se rassembler et se sentir solidaire d'autrui ?

Par ailleurs, vous reprochez aux hommes leur sentiment de supériorité que vous jugez inégalitaire et irrespectueux à l'égard des autres espèces. Certes les hommes s'attaquent à certaines espèces animales, pour se nourrir le plus souvent, mais le règne animal est ainsi fait que chacun est la proie et le prédateur d'une autre espèce, et vous ne pouvez nier que l'homme, grâce à l'intelligence dont il est doué et grâce aux œuvres qu'il est le seul à avoir créées, est une espèce vraiment très sophistiquée : jusqu'à preuve du contraire ce ne sont pas des oiseaux qui ont écrit Le Rouge et le Noir,  A la recherche du temps perdu, ni peint la chapelle Sixtine !

L'homme est d'ailleurs sensible à la beauté des animaux et de la nature, il s'en entoure et s'en inspire. Souvent il la protège. Les jardins construits par l'homme sont de véritables havres pour lui, mais aussi pour les animaux qui s'y réfugient. A l'intérieur de l'humanité, certaines ethnies vivent en parfaite symbiose avec la nature, je songe notamment à un peuple d'Inde, les Bishnois dont l'histoire est racontée dans un roman d'Irène Frain, La Forêt des 29, qui font reculer le désert en plantant des arbres et protègent tous les animaux qui sont considérés par eux comme des frères. L'enseignement de leur maître fait des émules dans le monde entier. Quand l'homme altère la nature, aussitôt d'autres se lèvent pour y remédier et trouver une parade. L'humanité est diverse et traiter tous les hommes de barbares est  alors une généralisation abusive.

Vous vous étonnez aussi de la tendance humaine à ne pas savoir jouir de la liberté en pointant toutes les soumissions que les hommes accepteraient parce que naturellement « enclins à la servitude », c'est faire peu de cas de certaines relations qui ne sont pas de servitude comme vous le pensez, ainsi les « jeunes » ne sont pas « esclaves des vieux », ils leur témoignent de l'amour et du respect car les Anciens les ont élevés et leur ont transmis leurs connaissances, leur savoir vivre. C'est faire peu de cas aussi des luttes des hommes pour vivre libres. Dès l'Antiquité grecque, en créant la démocratie, ils ont inventé une société où des hommes, des citoyens, s'organisent, votent eux-mêmes les règles qui régissent la communauté. De nombreux textes témoignent de leur volonté d'être libres ainsi La Boétie, dans le Discours de la Servitude Volontaire, qui, pourtant constate que beaucoup de ces congénères semblent accepter d'être tyrannisé, accuse la coutume et l'éducation d'être responsables de ce fait et invite les Français à simplement désobéir, à ne plus servir pour se libérer du despote. Partout où des hommes sont soumis à l'oppression, des voix s'élèvent pour susciter la révolte. Louis-Sébastien Mercier, au XVIIIème siècle déjà, dans son roman d'anticipation L'An 2440, rêve s'il en fut jamais imagine une société qui ne pratiquerait plus le commerce triangulaire et donc le commerce d'esclaves. La littérature  est bien l'invention humaine qui témoigne du désir de liberté que l'on trouve au cœur des aspirations humaines. Victor Hugo écrit dans son poème « A qui la faute ? », extrait du recueil L'Année Terrible : « Ton libérateur, c'est le livre ». Il  y montre tous les bienfaits de la lecture et des œuvres littéraires pour émanciper les esprits. Dans son roman QuatreVingt Treize, même s'il évoque les massacres perpétrés de part et d'autre, chez les Vendéens comme chez les sans-culottes, il met en relief l'importance de la première République et de la Constituante notamment parce qu'elles ont organisé l'instruction pour tous, base de la liberté. Les exemples abondent pour montrer que les hommes chérissent la liberté.

Messiers les jurés du Parlement des Oiseaux, en voulant me priver de ma liberté et même de ma vie, tout simplement parce que je suis un membre de l'espèce humaine que vous craignez faute d'en comprendre la grandeur, c'est vous qui avez « l'âme noire » et vous comportez en barbares intolérants et destructeurs car les apports de l'humanité, -art, science, pensée,- valent largement que l'on respecte les hommes autant que les autres espèces.

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Tendre et Cruel de Crimp, réécriture des Trachiniennes de Sophocle

Par cyberblaise - publié le vendredi 29 mars 2013 à 14:41 dans 02w1èreL 602
Vous pouvez consulter le dossier fourni par le Théâtre de la Ville à Paris pour approfondir ce point:
http://www.theatredelaville-paris.com/Publish/media/1884/Tendre_et_Cruel_Dossier-pedago.pdf

Un reportage photographique sur la pièce:
http://www.divergence-images.com/agathe-poupeney/reportages/tendre-et-cruel-de-martin-crimp-mise-en-scene-apo0998/

http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Tendre-et-cruel-6348/ensavoirplus/

Les Mouches de Sartre à la radio (réécriture)

Par cyberblaise - publié le mardi 26 mars 2013 à 11:12 dans 02w1èreL 602
Avec Les mouches, Sartre entreprend lui aussi une réécriture moderne du mythe grec des Atrides et plus précisément de la pièce de Sophocle, Electre : Oreste rentre à Argos, sa ville natale, envahie par les mouches. Il est accompagné de son précepteur, le Pédagogue. Clytemnestre sa mère et Egisthe son beau père ont assassiné son père, Agamemnon. Sa sœur Electre est réduite en esclavage dans le palais et tente de soulever le peuple, mais Jupiter dieu des mouches et de la mort, l'en empêche.

http://www.franceculture.fr/emission-fictions-theatre-et-cie-les-mouches-de-jean-paul-sartre-2013-03-24

Gustave Doré illustrateur de Gargantua

Par cyberblaise - publié le samedi 23 mars 2013 à 12:05 dans 02w1èreL 602
https://www.google.fr/search?q=Gustave+Dor%C3%A9+Gargantua&hl=en&client=firefox-a&rls=org.mozilla:fr:official&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ei=kopNUY7VEMrX7Abp4IHYAg&ved=0CC4QsAQ&biw=1024&bih=629

Biographie de Gustave Doré:
http://elisabeth.kennel.perso.neuf.fr/gustave_dore_1832.htm

Scatologie et registre bas dans Gargantua

Par cyberblaise - publié le samedi 23 mars 2013 à 11:50 dans 02w1èreL 602
L'utilisation de la sexualité et de la scatologie au service du rire satirique.

1) L'exploitation des savoirs du corps humain

- Ambiance carnavalesque : Ex : insistance sur la « braguette », de dimensions considérables, et dont on nous précise qu'elle n'est nullement un leurre : 16 aunes 1/4, (soit plus de 19 mètres de tissu), une émeraude « de la grosseur d'une pomme d'orange » -> le gigantisme ne concerne donc pas seulement le boire et le manger, mais également l'appétit sexuel.

- Sexualité :

  • Présente au chap. 4 : réf à l'appétit sexuel illustré de façon comique (exagérations, accumulations, répétitions)
  • sexe présent en paroles et non en actes grâce au langage grossier : obscénités.

- Scatologie :

  • présente au chap. 13 : invention du torche-cul + énumération des détails.
  • Chap. 6 : scatologie : confusion entre l'enfant et les excréments de la mère avec beaucoup de détails.

- > Ces thèmes tendent à s'estomper au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture du roman : omniprésent tant que Gargantua est enfant, il commence à se réduire avec l'éducation de Ponocrates, réapparaît quelque peu dans la guerre (la jument qui noie une armée), puis disparaît lors du chap. consacré à Thélème : pas de nourriture, et la sexualité y semble « sage », malgré l'absence de contraintes.

Cela montre donc sur le fait que la présence de tels thèmes n'est pas un hasard et a bien une signification aux yeux de Rabelais.

2) Les fonctions des références sexuelles et scatologiques

- Termes crus sur le corps humain tout au long de l'œuvre : volonté de l'auteur de faire voir la scène aux lecteurs afin qu'ils aient l'impression de la vivre : implication du lecteur + effet de réel.

- Insiste sur les parties du corps sur lesquels reposent un interdit religieux afin d'accepter le sexe et ses fonctions : personnage de Gargamelle qui accepte son corps parfaitement et en plaisante même = elle est en contradictions avec les préceptes de l'Eglise.

- Invention du « torche-cul » au chap. 13 par Gargantua représente en réalité l'esprit innovateur et humaniste de Gargantua qui s'oppose donc aux principes de l'Eglise qui tendent à interdire l'exploration du corps humain.

- Les plaisirs de la vie présents dans l'œuvre représentent pourtant une angoisse chez l'homme de l'époque : celle de mourir mais aussi celle des persécutions de l'Eglise, ainsi il profite donc largement de ce qui lui est offert.

- Sexe associé à la douleur (Gargamelle maudit le sexe de Grandgousier qui la fait souffrir lorsqu'elle met au monde Gargantua) -> angoisse de la mort.

- Corps = source de souffrance (Gargamelle met au monde Gargantua dans d'horribles souffrances) + chap. présentant les massacres de Frère Jean.


in http://www.lyceegervillereache.fr/spip.php?article891



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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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