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[88] - Les nouveaux programmes de collège

 

Les nouveaux programmes de français au collège sont en consultation jusqu’au 9 juin sur Eduscol. Ils devraient ensuite entrer en vigueur en 2009 pour la 6e, en 2010 pour la 5e, etc.

- Une question : savez-vous d’où viennent les thématiques auxquelles il est fait référence dans la partie « histoire des arts » (« Arts, États et pouvoirs », « Arts, espace et temps », « Arts, ruptures, continuités et renaissances »...) ? j’aimerais bien savoir de quoi il est question exactement.

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- J’ai parcouru les programmes d’Arts Plastiques, d’Éducation Musicale et d’Histoire-Géographie, ainsi que les grilles de référence du socle commun, sans rien trouver à propos de ces fameux thèmes. Du coup, je me demandais dans quel document trouver une petite explication de chacun des thèmes retenus... J’ai par ailleurs suivi un stage sur la lecture de l’image et cela intéresserait la formatrice de savoir où l’on peut se renseigner sur ces thèmes.

Enfin, ces thèmes n’apparaissent pas non plus dans le projet de programme de l’école primaire, pourtant censée enseigner également l’histoire des arts.
C’est un peu embêtant de ne pas savoir sur quoi se former à propos d’une nouvelle (et si belle) discipline à enseigner...

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- Je voudrais plutôt savoir dans quel document officiel ou selon quelle théorie, chez quel critique, on peut trouver une explication de chaque thématique citée dans les nouveaux programmes comme si elles renvoyaient à des choix préexistants et valables pour toutes les disciplines devant enseigner l’histoire des arts.
Je lis en effet pour la 4e : « Parmi les thématiques laissées au choix du professeur, celle d’"Art, États et pouvoirs" peut permettre d’aborder des thèmes comme l’architecture des châteaux (Moyen Âge, Renaissance, XVIIe siècle), l’art de Cour (la comédie - ballet) et la place de l’écrivain à la Cour ». On voit à peu près de quoi on doit parler en cours de Français, mais cela reste tout de même très vague.

Il existerait donc un ensemble de thématiques dans lesquelles nous pourrions puiser. Mais comment savoir autrement qu’empiriquement ce qu’on veut nous faire enseigner ? Les auteurs de ces programmes ne se sont-ils pas exprimés sur ces thèmes, ou n’ont-ils pas puisé ces thématiques dans un texte officiel ? quelles références est-il fait allusion ? (je note au passage que les programmes de lettres sont assez peu diserts en ce qui concerne les sources ; dans les derniers programmes, on disait à peine quel critique avait conceptualisé la notion de forme de discours)

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- Je viens de me plonger (noyer !!!!) dans le projet de programme de français et plusieurs points m’interpellent :
- je me demande à quel(s) texte(s) plus précis fait référence la partie de notre enseignement appelé « histoire des arts » déclinée en différentes histoires comme par exemple « arts, états et pouvoirs », « arts du langage », « arts de l’espace » ! Je ne vois pas à quoi cela renvoie !
- d’autre part, je trouve l’année de 5e très alourdie avec des notions ou des œuvres jusque-là réservés/conseillées en 4e ;
- par contre, la présentation pour la classe de 3e semble avoir été « bâclée » !
- enfin, la volonté est clairement affichée d’accentuer les compétences en langue et en culture sous toutes ses formes ; si cela est une bonne chose, je trouve que globalement on n’est pas encore revenu aux fondamentaux car ce projet multiplie et démultiplie les compétences à acquérir. Je reste donc assez négative ; et vous ?

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- Je vous rejoins sur certains points, notamment pour le programme de 3e. Toutefois, je trouve que les directives concernant les notions de grammaire à étudier par niveau sont assez claires, contrairement au programme actuel. Au moins, nous savons où nous devons aller...

Je reste dubitative quant aux objectifs d’écriture : quand je constate que je peine à faire écrire deux pages à des 4e, je doute parvenir à trois pages d’écriture pour les 3e ; je n’ai jamais eu ce niveau : qu’en pensez-vous ?

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- Ces programmes, j’en entends parler mais dans nos casiers, rien encore, et il en serait presque temps. Sauriez-vous me dire où me renseigner, existe-t-il un site dans lequel me plonger à mon tour ? Merci d’avance de combler ainsi mon ignorance infâme !

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- Je me demande surtout comment on va pouvoir cumuler et l’étude des textes + langue + expression et l’histoire de l’art en 4 h 30 !!!

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- Moi aussi, j’ai profité de la discussion et je suis allée consulter ces nouveaux programmes sur le site ministériel. Et comment dire ? Je suis affolée, abattue... peut-être suis-je totalement déformée par le niveau des élèves de mon collège ZEP (35 pour cent de réussite au brevet ; 40 pour cent d’élèves allant en seconde générale..) mais je me dis : Comment vais-je faire ? Les œuvres préconisées sont impossibles à faire avec mes élèves (cf. les œuvres intégrales préconisées en 4e ! et moi, je peine à leur faire comprendre des petites nouvelles policières jeunesse en ce moment !) ; enfin faire écrire 20 lignes en 4e est déjà bien. Enfin pour la progression grammaticale, nous en avions mise une au point dans notre collège mais quand je vois ce qui serait exigé en 6e....

Moi qui croyais que les nouveaux programmes allaient être « allégés » et plus centrés sur des compétences....J’ai l’impression qu’on me demande l’impossible et surtout qu’on ne pense pas beaucoup au niveau réel des élèves à leur entrée en 6e. Je ne pense quand même pas que mon collège soit le seul en France où les professeurs de français sont devant des adolescents ne maîtrisant ni les bases de la lecture et de l’écriture.
La journée de rentrée a été dure et là, ce soir, c’est le coup de grâce !

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- Je viens de faire un petit tour du côté de ces nouveaux programmes... Plusieurs remarques qui rejoignent les messages précédents :
- je les trouve très directifs quant au choix des œuvres, parfois même maladroits (je suis d’accord avec la collègue qui pense que certains titres sont « mal attribués ») ;
- j’apprécie que les notions grammaticales soient précisément réparties, même si certains choix sont là encore contestables. De plus, j’ai sans doute lu trop vite, mais je n’ai pas vu clairement tous les COD/COi, à part (sans simple opposition avec l’attribut du sujet). Enfin, à part en latin, j’utilise assez peu l’attribut du COD avec mes élèves, et vous ?
- je me pose aussi des questions à propos de certaines notions, notamment toutes celles qui tournent autour des arts de l’espace. On remarque d’ailleurs que ces parties du programme sont beaucoup plus vagues, il n’y a aucune notion précise définie...
- Enfin, il me semble difficile de demander aux élèves de 3e d’écrire 3 pages toutes les 3 semaines... et à moi de les corriger ! Ou je vais devoir gagner en efficacité, ou faire moins de petits travaux, moins varier mes cours (bref, moins me faire plaisir pour essayer de donner du plaisir : cela devient vraiment du luxe).

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- Pour continuer à s’interroger sur les projets de nouveaux programmes, voici juste une question :

Quid de la littérature de jeunesse ?

Tout juste est-il concédé qu’elle peut être utilisée pour une lecture cursive. Et encore, du bout des lèvres ! Vade retro !

Bien entendu, on trouve du très niais et du très mal écrit dans la littérature de jeunesse, mais aussi des œuvres réellement engagées, denses et splendidement rédigées (Le Combat d’hiver, de Mourlevat, m’a emballé par exemple).

Mais non, il faut en revenir aux classiques, et évacuer toute notion de plaisir (même si, heureusement, les classiques, grâce à nous, créent de réels bonheurs). L’école, c’est du sérieux, n’est-ce pas ? Elle n’est pas faite pour être drôle ! Il faut suer, souffrir.

***

- Même s’ils ne la promeuvent pas, les nouveaux programmes ne vous interdisent pas formellement de faire lire ou même d’étudier en classe de la littérature pour la jeunesse. Comme il n’y a que très peu de lignes sur le sujet dans le projet qui nous est soumis, vous
pouvez retourner cette absence dans votre sens : qui ne dit mot consent...

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- Je n’ai également enseigné qu’en ZEP ou, pour être tout à fait précise, en Ambition réussite. Il ne faut pas oublier que les programmes ont vocation à être nationaux et que nous continuerons bien sûr dans nos établissements particuliers à les adapter, voire à nous en affranchir.

Comme beaucoup, j’apprécie l’effort de clarification de la progression grammaticale, même si je note le retour d’anciennes dénominations qui auraient fait hurler mes formateurs d’IUFM. Entre nous, ce retournement me fait surtout sourire.

En revanche, je me désole de l’absence de la Littérature de jeunesse, et des éternelles redites avec le primaire sur le niveau sixième. J’ignore si ce que je rencontrais dans mon collège est également ressenti par les élèves d’établissement moins difficile. Mais les miens en avaient assez d’entendre parler du conte ou de La Fontaine... Je ne dirais pas qu’ils en avaient forcément gardé de très grands souvenirs mais une lassitude s’installait dès que j’abordais ces sujets de manière conventionnelle. Je biaisais en étudiant les parodies de conte... Mais quand je vois que mon fils de cinq ans, en maternelle donc, intègre déjà le conte et sa structure, je m’interroge sur ces répétitions : ne créent-elles pas un certain ennui, une certaine lassitude chez nos sixièmes ?

Il faudra poursuivre le débat bien sur mais je partage l’opinion de la collègue qui s’interroge sur nos capacités à tout faire passer en si peu d’heures.

***

- En effet, dans mon académie, les inspecteurs font passer le message qu’il faut revenir à LA littérature et de nombreux collègues se sont vus critiquer parce qu’ils étudiaient de la littérature jeunesse. Comme si on avait décidé une fois pour toute ce qui relevait de LA littérature et ce qui n’en relève pas...

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- Moi non plus, je ne décolère pas devant ces « nouveaux » programmes et je sais déjà que je ne pourrais pas les respecter pas parce que sinon, je perds mes élèves et les enfonce encore plus...

Autre observation : ces nouveaux programmes sont en fait dans la continuité des nouveaux programmes de l’école primaire, notamment dans la maîtrise de la langue, où désormais les élèves de CP devront maîtriser les 4 temps de l’indicatif (présent, futur, passé composé, imparfait) et où les élèves de CM devront savoir le passé simple, le plus-que-parfait, le passé antérieur et le conditionnel présent et passé. Ainsi, en 6e, on abordera le subjonctif
présent !

Personnellement, je vois le subjonctif en ce moment avec mes 3e qui ont du mal à le reconnaître ! Les professeurs des écoles ont manifesté leur désapprobation devant ce nouveau programme de langue qui ne pourra être fait que par les bons élèves ayant chez eux un soutien pour leur travail personnel. Et nous, que fera-t-on alors avec tous ceux qui n’ont même pas assimilé les 4e temps du CP ? on continue à empiler sur du vide ? Et on continue seulement avec les élèves ayant réussi au primaire ? C’est un choix de société et d’éducation, non ?

Non, décidément, je ne décolère pas....

***

- Deux choses qui me chagrinent concernant les nouveaux programmes.

La première, c’est, du point de vue de la grammaire, une sorte de leurre. Certes, les notions sont mieux organisées. Mais à y regarder de plus près, il y a, non pas une progression, mais un saucissonnage des notions qui rend assez perplexe. L’organisation n’est faite, ni selon un niveau de difficulté, ni selon l’étude des textes, mais de manière presque arbitraire : par exemple, on demande l’étude de la phrase simple en sixième, et celle de la différence entre phrase simple et phrase complexe en cinquième. Fort bien... Mais comment aborder, comme préconisé, la juxtaposition et la coordination en sixième sans avoir étudié la différence entre phrase simple et phrase complexe ? Et les exemples sont à l’avenant.

Deuxième chose, j’ai probablement lu trop vite, mais où sont passés les différents types de discours (descriptif, narratif, argumentatif, explicatif) ? Certes, il est question de narration, de description, de « paragraphe argumenté... » Mais les nouveaux programmes ne tranchent pas sur la méthodologie ou la terminologie liées à la grammaire du discours, proposant des aberrations : demander à des élèves de cinquième d’écrire une description, mais n’étudier les « connecteurs spatiaux dans une description » qu’en quatrième ; ou bien encore, la relégation complète du « discours rapporté » en troisième !!!

Il est tout de même « parlant » que notre projet de programme ne fasse que trente pages, quand celui des collègues d’histoire-géo en fait plus de cent. Appauvrissement des contenus ? Allons, voyons, pas de mauvais esprit... !

Pour terminer, concernant la lecture des œuvres, les concepteurs précisent souvent « le professeur choisira » ou « par exemple », donc on reste quand même libres. Ouf ! Et comme le précise le collègue, sincèrement, il n’y a que les jours d’inspection que l’on suit les programmes à la lettre...

Il est vrai qu’« on » nous consulte.

Jusqu’en juin. Et croyez-en quelqu’un de concerné, il est hors de question pour les auteurs de manuels de commencer à travailler sans avoir eu la synthèse de cette précieuse consultation. Pour rappel : les collègues de primaire ont été « consultés » jusqu’à mi-avril sur leurs programmes, alors que depuis début mars, arrivaient dans les écoles les premiers spécimens des éditeurs tenant compte des... nouveaux programmes !

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- C’est plutôt la grammaire qui me fait réagir...

Quel dommage de n’enseigner la grammaire de texte qu’à partir de la 4e ! Il me semble que dès la 6e, les élèves peuvent tirer avantage de certaines notions fondamentales pour l’écriture comme les connecteurs ; cette notion a pour principal intérêt de fonctionner comme un hyperonyme en regroupant tous les mots-chevilles (des adverbes ; des conjonctions ) qui relient les propositions, les phrases entre elles. N’est-il pas judicieux de commencer par le général en début de collège, pour aller progressivement vers le particulier, c’est-à-dire affiner l’analyse grammaticale en adoptant une démarche plus « phrastique » ? De plus, cette terminologie (« connecter ») est très adaptée à leur quotidien. Je l’utilise avec profit dès la 6e.

***

- Le présent du subjonctif est déjà au programme de 6e ! Que les nouveaux programmes ne nous conviennent éventuellement pas, soit ! mais il ne me semble pas nécessaire de donner des arguments fondés sur des contre-vérités...

Une chose que je n’ai pas encore vue sur la liste : l’histoire des arts... Personnellement, je ne me sens absolument pas compétente dans cette matière qui est une discipline à part entière. Je n’ai pas fait d’études d’histoire des arts, je ne suis pas formée, je ne ferai donc pas cette partie du programme...

***

- Mais alors, au fond, que pensez-vous de ces nouveaux programmes ???
Mise à part l’histoire de l’art et une certaine clarification grammaticale, Je n’arrive pas à voir vraiment la différence moi...

Et je n’ai pas bien compris la place du socle commun dans tout ça !...

***

Pour info, le café pédagogique réagit au dernier B.O. dans l’expresso d’aujourd’hui.
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/05/09052008Accueil.aspx

***

- « L’ordre de présentation des différentes rubriques » (si quelqu’un peut me faire une explication de texte ?) : à propos de l’ordre des rubriques : dans les nouveaux programmes, on trouve en I. L’étude de la langue. Ce n’était pas le cas avant.

Cela semblerait relever d’un recentrage (cloisonnement ?) sur l’étude de la langue comme objet autonome, pas vraiment relié à la lecture et à l’écriture. Et ce dans le prolongement des nouveaux programmes du primaire.





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