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[25] - Éloge ou critique de l’infidélité

Il s’agissait de recenser des œuvres qui évoquent le thème de l’infidélité, en particulier pour en faire l’éloge ou la critique.

 

Références

- Tristan et Iseult.
- BALZAC (de) H., Le Lys dans la vallée (le personnage de Mme de Mortsauf, exemple même d’une fidélité méritoire...).
- BRASSENS G., « Saturne » (chanson ; « Je sais par cœur toutes les grâces... »).
- COMTE-SPONVILLE A., Petit traité des grandes vertus.
- CREBILLON fils, Les Égarements du cœur et de l’esprit, 1736 (VOIR UN EXTRAIT CI-DESSOUS).
- FLAUBERT G., Madame Bovary (personnage d’Emma).
- FRANCE (de) M., Le Lai du chèvrefeuille.
- GIRAUDOUX J., Amphitryon 38 (conversation entre Amphitryon et Alcmène, où tous deux évoquent leur future vieillesse après une longue vie de fidélité - c’est un magnifique éloge du couple et de la fidélité, qui prend un sens bien ironique vu la suite de la pièce).
- LA FAYETTE, La Princesse de Clèves (notamment le passage qui présente la princesse et l’éducation que lui a donnée sa mère, ou encore le discours de sa mère sur son lit de mort).
- LA FONTAINE (de) J., Fables, « Les deux pigeons ».
- LACLOS, Les Liaisons dangereuses (mettre en regard le point de vue de Mme de Merteuil et celui de Mme de Tourvel ; VOIR UN EXTRAIT CI-DESSOUS).
- MOLIERE, Dom Juan (la tirade de Don Juan à l’acte I scène 2).
- MOLIERE, L’École des femmes (les maximes du mariage qu’Arnophle fait lire à Agnès).
- MOLIERE, Tartuffe (II, 2, v. 495-517, lorsque Dorine met Orgon face à ses responsabilités quant au mariage qu’il entend imposer à sa fille).
- PREVERT J., Paroles, « Pour toi mon amour » (poème contre le mariage, contre l’idée qu’il est possible d’acheter et de s’approprier l’amour).
- ROUGEMONT (de) D., Le Mythe dans la littérature, « L’amour et l’Occident », ed. Plon, 1939 (sur Don Juan, Tristan...).

LACLOS, Les Liaisons dangereuses, lettre de la Marquise au Vicomte

On s’ennuie de tout, mon ange, c’est une loi de la nature ; ce n’est pas ma faute. Si donc, je m’ennuie aujourd’hui d’une aventure qui m’a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n’est pas ma faute. Si, par exemple, j’ai eu juste autant d’amour que toi de vertu, et c’est sûrement beaucoup dire, il n’est pas étonnant que l’un ait fini en même temps que l’autre. Ce n’est pas ma faute. Il suit de là, que depuis quelque temps je t’ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m’y forçait en quelque sorte ! Ce n’est pas ma faute. Aujourd’hui, une femme que j’aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n’est pas ma faute. Je sens bien que voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la Nature n’a accordé aux hommes que la constance, tandis qu’elle donnait aux femmes l’obstination, ce n’est pas ma faute. Crois-moi, choisis un autre amant, comme j’ai fait une autre maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n’est pas ma faute. Adieu, mon ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je te reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute. De vous dire, Vicomte, l’effet de cette dernière tentative, et ce qui s’en est suivi, ce n’est pas le moment : mais je vous promets de vous le dire dans ma première lettre. Vous y trouverez aussi mon ultimatum sur le renouvellement du traité que vous me proposez. Jusque-là, adieu tout simplement... A propos, je vous remercie de vos détails sur la petite Volanges ; c’est un article à réserver jusqu’au lendemain du mariage, pour la gazette de médisance. En attendant, je vous fais mon compliment de condoléances sur la perte de votre postérité. Bonsoir, Vicomte.
Du château de..., ce 24 novembre 17**.

CREBILL0N fils, Les Égarements du coeur et de l’esprit, 1736

Une femme, quand elle est jeune, est plus sensible au plaisir d’inspirer des passions, qu’à celui d’en prendre. Ce qu’elle appelle tendresse, n’est le plus souvent qu’un goût vif, qui la détermine plus promptement que l’amour même, l’amuse pendant quelque temps, et s’éteint sans qu’elle le sente ou le regrette. Le mérite de s’attacher un amant pour toujours ne vaut pas à ses yeux celui d’en enchaîner plusieurs. Plutôt suspendue que fixée, toujours livrée au caprice, elle songe moins à l’objet qui la possède qu’à celui qu’elle voudrait qui la possédât. Elle attend toujours le plaisir, et n’en jouit jamais : elle se donne un amant, moins parce qu’elle le trouve aimable, que pour prouver qu’elle l’est. Souvent elle ne connaît pas mieux celui qu’elle quitte que celui qui lui succède. Peut-être si elle avait pu le garder plus longtemps, l’aurait-elle aimé, mais est-ce sa faute si elle est infidèle ? Une jolie femme dépend bien moins d’elle-même que des circonstances ; et par malheur il s’en trouve tant, de si peu prévues, de si pressantes, qu’il n’y a point à s’étonner si, après plusieurs aventures, elle n’a connu ni l’amour, ni son coeur. Est-elle parvenue à cet âge où ses charmes commencent à décroître, où les hommes indifférents pour elle lui annoncent par leur froideur que bientôt ils ne la verront qu’avec dégoût, elle songe à prévenir la solitude qui l’attend. Sûre autrefois qu’en changeant d’amants, elle ne changeait que de plaisirs ; trop heureuse alors de conserver le seul qu’elle possède, ce que lui a coûté sa conquête la lui rend précieuse. Constante par la perte qu’elle ferait à ne l’être pas, son coeur peu à peu s’accoutume au sentiment. Forcée par la bienséance d’éviter tout ce qui aidait à la dissiper et à la corrompre, elle a besoin pour ne pas tomber dans la langueur de se livrer tout entière à l’amour, qui, n’étant dans sa vie passée qu’une occupation momentanée et confondue avec mille autres, devient alors son unique ressource : elle s’y attache avec fureur ; et ce qu’on croit la dernière fantaisie d’une femme est bien souvent sa première passion. Telles étaient les dispositions de Mme de Lursay lorsqu’elle forma le dessein de m’attacher à elle.

La question s’est posée de trouver des références, afin de contrebalancer la tirade de Don Juan sur l’infidélité

Textes
- ALAIN, « Fidélité »
Texte que l’on trouve dans un profil pratique n °427-428, Le texte argumentatif au bac, p.70.
- BEETHOVEN, Fidelio
Et son épouse Léonore.
- CORNEILLE, La Place royale, (I, 1)
ANGELIQUE
Vois-tu, j’aime Alidor, et c’est assez te dire.
Le reste des mortels pourrait m’offrir des voeux,
Je suis aveugle, sourde, insensible pour eux ;
La pitié de leurs maux ne peut toucher mon âme
Que par des sentiments dérobés à ma flamme.
On ne doit point avoir des amants par quartier ;
Alidor a mon c¦ur et l’aura tout entier ;
En aimer deux, c’est être à tous deux infidèle.
[...]
Pour aimer comme il faut, il faut aimer ainsi.
La réponse de l’inconstante Phylis est bien plus enlevée et développée.
- GIRAUDOUX, Amphitryon 38 (acte I, scène 6)
Alcmène refuse d’ouvrir sa porte à Jupiter qui se présente comme son "amant" ; elle n’ouvrira que s’il se prétend son époux car elle "ne cède qu’à l’appel de la fidélité". Suit alors un éloge de la fidélité et de l’amour conjugal.
- LA FAYETTE (Madame de), La Princesse de Clèves.
- MOLIERE, Le Misanthrope.
Voir le personnage d’Alceste.
- MUSSET, La Quenouille de Barberine
Inspirée d’une nouvelle de Bandello, il s’agit d’une reprise amusante du mythe de Pénélope : ce n’est pas l’héroïne qui file, mais elle enferme celui qui
était venu la séduire en l’absence de son mari et l’oblige à gagner sa nourriture en filant la laine.

Personnages
- Artémise épouse son frère Mausole et lui fait bâtir à sa mort un grand tombeau en son honneur, le Mausolée d’Halicarnasse, l’une des sept merveilles du monde.
- Philémon et Baucis.
- Roméo et Juliette.
- Shâh Jahân, empereur moghol construit le Taj Mahal en mémoire de son épouse Arjumand Bânu Begam.
- Tristan et Iseut.


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Luc Blanvillain

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