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[127] - Sujets d’invention sur la poésie

Je souhaitais un travail d’invention à la fois original et plaisant (pour les élèves et pour moi) portant sur la poésie.

 

Constitution d’une anthologie et travail d’invention à partir de celle-ci

Je peux vous suggérer ma modeste expérience de l’an passé que je compte reprendre cette année car cela avait été très productif : je leur avais demandé de rédiger la préface de leur anthologie poétique personnelle constituée de 5 poèmes en justifiant leur choix : thème, auteur, mouvement... Tout était possible (y compris un corpus de leurs propres poèmes) à condition qu’il y ait une cohérence expliquée par la préface qui devait en outre évoquer chacun des textes choisis en étant autant argumentée que personnelle.

- Vous pourriez proposer la rédaction d’une préface à une petite anthologie qu’aurait réunie l’élève.
Le sujet pourrait plus ou moins proposer des pistes sur le rôle de la poésie, son aptitude à exprimer les sentiments, la question de savoir si elle le fait mieux que le roman, l’intérêt de ce genre d’anthologie, faire réfléchir sur la situation d’énonciation (journal de lycée, revue littéraire, magazine hebdomadaire)
Les pistes de réflexion ne manquent pas.

- Je leur demandais, quand je fonctionnais à ce niveau, de composer une chanson : ils présentaient le texte et la musique originale puis ils devaient présenter aussi un travail d’invention qui respecte le rythme de la chanson de départ. Le mérite était que cela leur plaisait de me faire connaître la musique ou les chanteurs qu’ils appréciaient (pensant souvent que en bon prof de français je n’aimais que la musique classique...!) et c’était agréable à corriger. Le mérite c’est que la mise en place est simple et la consigne aussi puisqu’ils suivent un modèle mais changent de sujet.

- Il peut y avoir un sujet du genre de celui tombé l’année dernière en séries technologiques (métropole) : de mémoire, il s’agissait de rédiger une préface pour une anthologie poétique, en évoquant les poèmes qui y figureraient et en justifiant ces choix. L’année dernière, j’avais donné à mes élèves un sujet du même genre que je vous résume : "Vous écrivez à un ami éditeur qui publie une anthologie de la poésie. Il pourra y placer un poème de votre choix. Vous lui proposerez, en défendant votre choix, l’un des poèmes du corpus" (éventuellement même leur donner le choix entre un poème du corpus et un autre poème qu’ils apprécient). Mais on se retrouve avec quelque chose d’assez proche d’un commentaire informel... tout dépend de vos intentions.

- Vous vous constituez une anthologie des 15 poèmes sur un même thème en choisissant au minimum 5 auteurs différents et 3 siècles différents.

Travail d’écriture

Dans la préface de l’anthologie de poèmes que vous avez réunis, vous démontrez comment l’inspiration poétique et le thème que vous avez retenus sont à vos yeux liés. Rédigez cette préface. Vous devez nourrir votre texte de citations de poèmes et de références à des auteurs.

Éléments de corrigé

Constitution de l’anthologie : avoir le souci de bien respecter les consignes :
- varier les auteurs et les époques
- retenir un même thème
Travail d’écriture.
Le libellé impose le respect d’un certain nombre de contraintes :
- l’écriture d’une préface qui ouvre une anthologie thématique ; autrement dit, à la fois un travail de présentation des textes et de justification de la pertinence de votre choix
- une argumentation qui démontre le lien fondamental qui unit le thème retenu et la poésie
- une réflexion sur la question de l’inspiration poétique
- la présence de citations et de références pertinentes

Remarque

L’exercice d’invention autorise une liberté de composition relativement large qui vous laisse la possibilité d’organiser votre argumentation comme vous le désirez (il n’y a pas véritablement de passages obligés tels que l’introduction et la conclusion). Pour autant, votre propos ne doit pas être décousu, votre préface ne doit pas se présenter comme un « catalogue » de citations ou un « puzzle ». Vous devez évidemment organiser votre texte, le faire progresser de manière cohérente (avec des transitions, des mots de liaisons). De même, vous n’avez pas de contrainte de longueur (ou de nombre de « parties » minimum) mais vous devez néanmoins présenter plusieurs arguments, variés et personnels, afin de produire une argumentation satisfaisante.

Proche de l’anthologie, mais portant sur un seul poème

J’ai donné un sujet d’invention...inventé en bac blanc et j’en ai été satisfait : un directeur de Maison d’accueil des parents d’un hôpital pour enfants souhaite décorer ce lieu de poèmes. Il organise un concours à destination des lycéens. Il leur demande de lui envoyer un poème de leur choix : qu’ils l’aient écrit ou qu’ils l’aient choisi parmi des poèmes du corpus, de l’objet d’étude, des lectures cursives ou autre. Il demande de joindre à ce poème une lettre expliquant les raisons de leur choix.
- Après la lecture de ce corpus, un des poèmes vous apparaît correspondre plus particulièrement à ce que vous appréciez dans la poésie. Vous l’adressez à une revue de poésie et dans votre lettre d’accompagnement vous en défendez l’intérêt par rapport à d’autres types de poèmes. Vous rédigez cette lettre. (il s’agit d’un corpus sur le sonnet).

Ecriture d’un poème sous contrainte

- Pourquoi ne pas leur proposer, comme je l’ai fait dans une classe, d’inventer une contrainte et de l’illustrer par un exemple. Vous-même imposeriez une première contrainte : écrire un sonnet ; Les miens ont beaucoup protesté que c’était impossible (et je n’avais donné aucune contrainte ; il s’agissait de poursuivre la rencontre avec un romancier qui leur avait dit s’être imposé des contraintes ; il est grand admirateur de Perec : (Site de F. Chatelain), puis ils se sont pris au jeu et ont trouvé des idées amusantes (certaines étaient même tellement tordues, basées sur des formules mathématiques, qu’il était impossible de les illustrer !). Vous pourriez aussi préparer une série de mots ou leur demander de produire une liste de mots (par exemple, des champs lexicaux), effectuer le tirage au sort d’un certain nombre d’entre eux (à déterminer) et demander qu’ils apparaissent, soit dans le texte, soit à la rime. Vous pouvez même raffiner en faisant tirer au sort des mots différents pour chaque élève. De la sorte, vous aurez un sonnet original ;
Si la forme est trop difficile, vous pouvez aussi ne pas exiger le sonnet !
- Autre solution : la parodie en vers ou pas, par le biais de laquelle vous pourriez retrouver votre sujet de la vocation de la poésie.

- Si vous avez étudié précisément les règles du sonnet, je trouve quand même sympa et original de leur en faire rédiger un. J’avais donné ce travail facultatif à mes Secondes à la suite d’une séquence sur le sonnet et j’avais reçu des textes très intéressants. En revanche, pas facile du tout à évaluer : il y a certes les contraintes formelles, mais pour le fond, c’est bien délicat de ne pas les blesser, surtout qu’ils évoquent souvent des choses très personnelles (résultat, comme c’était facultatif, j’avais mis 15 à tout le monde, ça faisait un petit bonus dans la moyenne pour ces volontaires...).

- J’ai donné à mes élèves un sonnet à écrire sur le thème de l’espoir, dans un registre différent selon les groupes et ils devaient insérer une comparaison et une métaphore en expliquant l’effet produit par chacune de ces figures de style. Ils devaient également faire lire les sonnets aux autres qui le commentaient et notamment au niveau de l’effet "clôturant" du sonnet.

- Ecrivez un texte en prose poétique qui « évoquera une réalité quotidienne » de votre choix à laquelle vous aurez donné un autre visage en « déracinant » le mot qui la désigne

- En vous inspirant du texte de X, vous rédigerez un texte décrivant une autre saison à votre choix. Dans cette évocation, vous vous efforcerez de retrouver les procédés d’écriture et la tonalité du texte de X.

Sujets divers

Vous imaginerez le dialogue entre un poète partisan de la poésie de la douleur et un poète qui préfère une poésie de la célébration de la vie et du bonheur.

- Blaise Cendrars, poète de la modernité, parlant de la publicité affirme : « la publicité est la fleur de la vie contemporaine. Elle touche à la poésie » Aujourd’hui 1927 ; Dans un essai argumenté vous soutiendrez la thèse de Blaise Cendrars et vous montrerez comment la publicité joue souvent sur cet « écart » entre son style et ce que « tout autre aurait dit ».

- Selon Baudelaire, « le poète et le philosophe se sentent irrésistiblement entraînés vers tout ce qui est faible, contristé, orphelin. »
Vous imaginerez un débat entre un personnage défendant ce point de vue et son contradicteur, mais en limitant votre champ de réflexion au poète. Vous vous appuierez sur les textes du corpus et sur vos lectures personnelles.
Un court paragraphe placé avant le débat permettra au lecteur de connaître les circonstances dans lesquelles les personnages échangent leurs points de vue ainsi que leurs relations.

- Poursuivant sa réflexion sur le « métier de poète », Guillaume Apollinaire explique à Lou pourquoi il écrit des poèmes pour elle, dans une caserne parmi d’autres soldats, en attendant de partir pour la guerre. Vous rédigerez cette lettre.

- En s’inspirant des idées de Victor Hugo, un éditeur justifie dans une lettre ouverte communiquée à la presse la publication d’un recueil de poésies résolument novatrices.
Composez le manifeste ou la préface qu’un poète partisan de l’art pour l’art pourrait placer en tête de son recueil de poésies. Vous veillerez à ce qu’il appuie son intervention sur des exemples précis justifiant son refus de l’engagement.


Ce document correspond à la synthèse de contributions de collègues professeurs de lettres échangées sur la liste de discussion Profs-L ou en privé, suite à une demande initiale postée sur cette même liste. Cette compilation a été réalisée par la personne dont le nom figure dans ce document. Ce texte est protégé par la législation en vigueur. Fourni à titre d’information seulement et pour l’usage personnel du visiteur, il est protégé par les droits d’auteur en vigueur. Toute rediffusion à des fins commerciales ou non est interdite sans autorisation.




Michèle Tillard

Professeur de lettres classiques au lycée Montesquieu du Mans. Elle enseigne en classe préparatoire scientifique, en Hypokhâgne (le grec) et à l’université (méthodologie des exercices littéraires et stylistique française en licence de lettres modernes).
Elle a soutenu une thèse sur "la poésie contemporaine dans la Sarthe, de 1985 à 2000)".



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