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Groupe de travail Terminale L

Synthèse des consignes de correction 2005


Par Danièle Langloys | Mis en ligne le 10-09-2005


Merci aux collègues, moins nombreux que l'an dernier, qui ont fourni les consignes de correction de leur académie ; le principe est toujours le même : aux consignes nationales données en tête de cette synthèse, le travail dans chaque académie a ajouté des consignes plus précises. J'apprécie par exemple que l'académie de Lyon précise les ambiguïtés de la question sur le merveilleux (comment croiser Le Conte du Graal et les Continuations ?) , souligne qu'une question libellée « étudiez » (l'apologue de la Porte de la Loi) peut appeler un plan qui sépare les deux œuvres sans qu'on puisse sanctionner, et définisse ce qu'on entend par dramatisation et théâtralisation. L'académie de Poitiers précise à juste titre la différence de portée de l'apologue dans le roman et dans le film. Quelques différences entre académies pour apprécier le déséquilibre éventuel dans la question 2 du sujet 2 entre l'exploitation du roman et du film.

Kafka/Welles a souvent donné de meilleurs résultats que Le Conte du Graal : la question sur le merveilleux a souvent été mal traitée ; vous avez aussi souligné que Welles était mieux connu que Kafka. Globalement, je pense que nous avons apprécié que ces sujets de secours posent des questions somme toutes basiques, souvent exploitées dans le cours : elles n'ont donc pas déconcerté les candidats. Pourvu que cela dure !


Comme l'an dernier, j'isole en fin de synthèse, le sujet ( Kafka/Welles) qui va nous resservir en réunissant les consignes sur les deux questions.


CONSIGNES DE CORRECTION BAC 2005

Sujet 1 : CHRETIEN DE TROYES


Question 1
Quel rôle joue le personnage de BIanchefleur dans l'évolution de Perceval ?
Vous répondrez à cette question en vous fondant sur votre lecture de Perceval ou le Roman du Graal
de Chrétien de Troyes suivi d'extraits des Continuations.

CE QU'ON ATTEND

1) Rôle de BIanchefleur dans la découverte de l'amour (éveil du désir lors de la première rencontre).
2) Application pratique du discours de Gorneman sur la chevalerie (au service d'une dame et dans un combat selon les codes de chevalerie : défense de Beaurepaire).
3) Confirmation et approfondissement de l'amour avec l'épisode des trois gouttes de sang sur la neige.
4) Témoignage de la fidélité de Perceval à ses engagements (cf mariage des deux jeunes gens dans les Continuations).

CE QU'ON VALORISE : l'un ou l'autre de ces éléments :

1) BIanchefleur permet à Perceval de quitter le monde de la naïveté et d'accéder au monde adulte.
2) Passage de la sensualité à un amour sublimé, fondé sur un dépassement de la courtoisie (la charité, la conversion ).
3) BIanchefleur n'est pas un obstacle à la quête de Perceval mais elle n'est qu'une étape.
4) Dans les Continuations : deuxième défense de Beaurepaire (Arides).

CE QU'ON PENALISE

- Un exposé sur la figure féminine dans Perceval ou le roman du Graal sans lien précis avec le rôle de BIanchefleur dans l'évolution de Perceval.
- La narration sans commentaire des différents épisodes mettant en scène BIanchefleur et Perceval.

Question 2
Dans une étude sur Perceval ou le Roman du Graal de Chrétien de Troyes, C. Durvye écrit que le monde merveilleux est « à la fois plein de pièges affreux et merveilles sublimes » En quoi votre lecture de Perceval ou le Roman du Graal de Chrétien de Troyes suivi des Continuations confirme t-elle ce double aspect du merveilleux ?

CE QU'ON ATTEND

1) Connaissance des passages relevant du merveilleux (ex: les châteaux dans le roman ) et renforcement de ce merveilleux dans les Continuations.
2) Explicitation des expressions :
- « pièges affreux » :
lieux : gué Périlleux, la chapelle de la Main noire. objets : lit de la Merveille = risque d'être transpercé , siège périlleux = piège pour les chevaliers engloutis, colonne de Merlin= perte de la raison. Personnages : la vieille qui ressuscite les morts dans les Continuations.
- « merveilles sublimes » : le Graal et la lumière, la lance qui saigne.
3) Rôle du merveilleux :
- « pièges affreux » : permettre à Perceval et Gauvain de prouver leur bravoure
- « merveilles sublimes » permettre à Perceval d'accéder à une dimension spirituelle (Perceval :
nouveau roi du Graal).

CE QU'ON VALORISE : l'un ou l'autre de ces éléments :

1) La mise en évidence de l'ambiguïté :
- le merveilleux est un piège pour les mauvais chevaliers : (ceux qui font de la prouesse une finalité) ; au contraire il valorise le chevalier qui poursuit une quête spirituelle et déjoue les sortilèges.
- Certains objets comme la lance qui saigne (à la fois sacrée car elle touché le Christ et maléfique car elle peut détruire le royaume de Logres).
- Certains personnages comme la demoiselle Hideuse (physique animal et prophéties funestes) ne causent aucun mal.

2) La précision dans l'identification des lieux propices au merveilleux : le Gué Périlleux, le château du Graal (mystère du pont-levis).

3) La mise en évidence d'un pouvoir merveilleux :
- Gauvain se révèle être le chevalier qui éteindrait sans rémission les enchantements du palais
- Perceval triomphe de l'enchantement de la Main noire grâce au voile blanc.

CE QU'ON PENALISE
- Un devoir sans référence précise à l'œuvre
- Un catalogue des épisodes merveilleux sans interprétation.



Sujet 2 : KAFKA ; WELLES

Question 1 Etudiez l'apologue de la Porte de la Loi dans Le Procès de Kafka et Le Procès de Welles.

CE QU'ON ATTEND

Connaissance du statut de l'épisode dans les deux œuvres : publication à part chez Kafka, mise en exergue chez Welles et reprise dans la cathédrale (63) ; modes d'apparition différents : texte sacré à gloser chez Kafka, « écran d'épingles » en rupture avec l'image cinématographique ; narration par l'ecclésiastique chez Kafka, assumée par l'avocat projectionniste chez Welles.
Connaissance du contenu de l'apologue. Mise en relation de cet apologue avec l'histoire de K.

CE QU'ON VALORISE : l'un ou l'autre de ces éléments :

Mise en rapport de l'apologue avec l'histoire de K : on acceptera des interprétations différentes du
moment qu'elles sont justifiées.
Interrogation sur la terminologie définissant le statut de l'épisode : apologue, légende, parabole,
histoire sacrée ?
Réflexion sur la technique de la mise en abyme.

CE QU'ON PENALISE

Le récit détaillé de la scène sans analyse et sans interprétation.
L'absence de construction.
Une des deux oeuvres évoquée de façon déséquilibrée.

Question 2
Les personnages féminins du Procès de Kafka vous semblent-ils modifiés ou non par leur traitement cinématographique dans Le Procès de Welles ?

CE QU'ON ATTEND

1) Un traitement identique :
une réflexion qui propose une classification des personnages féminins en fonction du rôle qu'ils jouent :
- confidentes, auxiliaires
- initiatrices, révélatrices du pouvoir de séduction de K
- femmes fatales (annonciatrices de la fin funeste de K (les petites filles : Erynies)
- opposantes (Mlle Montag) Toute classification est recevable du moment qu'elle est justifiée.

2) Un traitement différent :
- théâtralisation
- dramatisation
- érotisation. On attend du candidat l'évocation de scènes du film (aspect sonore et visuel).

CE QU'ON VALORISE :

Un élément qui permet d'évaluer chez l'élève sa capacité à porter un jugement esthétique sur l'aspect visuel.

CE QU'ON PENALISE :

- Une copie ne prenant en compte que l'aspect narratif.
- Une absence de réflexion sur la spécificité des deux œuvres, les deux langages (c'est-à-dire considérer que les fonctions sont identiques).



CONSIGNES ACADEMIE DE LYON


QUESTIONS D'ORDRE GENERAL


.Que faire si un élève a traité une question de chaque sujet ?

- On ne note que la question sur 12, et pas la question sur 8. Le cas d'un candidat qui traiterait les deux questions sur 8 n'a pas été examiné, mais on peut penser qu'on ne tient compte alors que de celle qui figure en premier lieu dans la copie.

. Que faire s'il y a une seule introduction pour les deux sujets ?
- On pénalise la question sur 12 pour absence d'introduction (- 2pts/ 12)

. Il est conseillé de faire apparaître les deux sous - notes dans l'en-tête de la copie - appréciation question 1, note /8.
- appréciation question 2, note /12.
- note globale dans le cadre prévu.

. Orthographe : on tient compte du temps limité : les candidats ne peuvent pas se relire. Néanmoins, on sanctionne des fautes graves (syntaxe) jusqu'à - 2pts pour l'ensemble de la copie. Ne pas faire apparaître cela dans l'en-tête, comme une soustraction. On mentionne seulement : « Orthographe déplorable ».

ORAL

. On rappelle que les candidats n'ont pas les oeuvres.
. L'épreuve dure 40' : 20' de préparation, 20' de passation. Celles-ci comportent un entretien, dont la durée est laissée à l'appréciation de l'examinateur. C'est plus souple qu'à l'EAF, ce n'est pas forcément 10'+10' « pile ». L'examinateur doit préparer une batterie de questions, du type plutôt « questions de cours ». On peut être plus indulgent sur La Bruyère, dont la lecture même parait avoir posé beaucoup de problèmes dans nombre de classes.

CHRETIEN DE TROYES

Question 1.

- On ne peut pas aller jusqu'à la note maximale s'il n'y a pas de références aux Continuations : On s'arrête à 7/8, même pour une TB copie.
- Valoriser les copies qui établissent que, pour Perceval, la quête l'emporte sur l'amour.
- Pénaliser celles qui se contentent d'un exposé sur Blanchefleur.
- Le plan organisé serait quelque chose, (pas nécessairement dans cet ordre!) comme :
1. Evolution dans l'amour
2. Evolution dans la chevalerie.
3. Evolution dans la spiritualité.

Question 2.

- C. Durvye a commis le « Perceval » de la collection « Réseau » aux éditions Ellipses. On trouve cette citation à la page 88, mais la suite n'est pas très éclairante. Le sujet lui-même paraît « flottant », dans la mesure où il ne s'ancre sur rien de précis: les lieux, les personnages, la narration. Et surtout il est très délicat parce que le merveilleux est très différent dans le Conte, qui garde le mystère, et dans les Continuations, qui ne cessent de le lever!
- On exige pourtant des références aux Continuations.
- Il est nécessaire que la copie explicite « pièges affreux » et « merveilles sublimes ».
- On redoute d'avoir des copies qui fassent une dichotomie, et donc un « plan - catalogue ». Il n'a pas été difficile d'en trouver dans le carottage ! Mais, étant donné la difficulté du sujet, on peut aller jusqu'à 8/12 pour un catalogue bien écrit, doté de références précises au texte, et même à 9, si la copie intègre de bonnes références aux Continuations.
- On valorise les copies qui traitent « à la fois », et donc qui dépassent la dichotomie redoutée, notamment celles qui font état de l'ambivalence du merveilleux.

KAFKA/WELLES :

Question 1.

- Le sujet porte « Etudiez », et non « Comparez ». On ne peut donc pas sanctionner les copies qui vont installer une dichotomie du type : 1)Kafka ; 2 )Welles ...

On peut dès lors admettre des plans différents :

Première Possibilité :

1. Place de l'épisode (dans Kafka, puis dans Welles, ou les deux ensemble) ; sanctionner (3 ou 4/8 si Kafka seulement)

2. Interprétation (dans Kafka, puis dans Welles, ou les deux ensemble).

Deuxième possibilité :

1. Place et interprétation dans Kafka.(et statut)

2. Place et interprétation dans Welles.

- Il semble important que les deux oeuvres soient traitées de façon à peu près égale. Si Welles est carrément absent, on attribue autour de 3 ou 4/8 au maximum.
- Si on n'a que le récit de la scène, on ne peut pas aller plus haut non plus.
Non seulement « on acceptera des interprétations différentes », mais on les attend (existentielles, métaphysiques ...)
- Pour l'analyse de la version cinématographique, il est important que les candidats soulignent que Welles s'attribue le rôle. qu'il joue de sa voix et de son physique. On peut valoriser aussi ceux qui mentionnent la technique de « l'écran d'épingles », comme ceux qui décrivent la façon dont les images, projetées sur K., conduisent à assimiler son histoire à celle de « l'homme de la campagne ».

Question 2.

- Ce qu'on attend, c'est non pas que les candidats évoquent un « traitement », mais plutôt un rôle ou, mieux, des fonctions identiques des personnages féminins dans les deux oeuvres. En somme, il y a une fidélité globale de Welles à Kafka, mais un traitement en effet différent : des personnages disparaissent, d'autres sont modifiés, changent de nom (Mlle Montag > Miss Pittl), de profession (Mlle Bürstner) etc ...
- Pour ces différences de traitement, on se met d'accord pour considérer que « théâtralisation » peut s'entendre comme tout ce qui grossit les signes (ex : la boiterie de Miss Pittl, l'inceste suggéré avec la cousine Irmie), et « dramatisation » comme tout ce qui condense le temps et resserre le rythme.
- Il semble important que les candidats soulignent le lien des personnages féminins avec la justice, et pas seulement comme « confidentes » ou « auxiliaires », mais comme révélatrices de la corruption.


CONSIGNES ACADEMIE DE POITIERS

Chrétien de Troyes :
Question 1 (8 points)

Le libellé lisible ne prête pas à confusion. On valorisera la différence de traitement du personnage de Blanchefleur chez Chrétien de Troyes qui laisse plus de doute que les continuateurs sur la tension entre amour conjugal et amour courtois ( rôle de l'adultère). Insister sur son rôle qui consiste à prendre l'initiative. Application de la théorie de la chevalerie dans l'exemple.
Dépassement plutôt qu'approfondissement de l'amour de loin, de l'amour mystique, d'une purification : image de l'amour idéalisé, passage à l'abstraction, dépasse caractère concret de l'amour vers une sublimation, l'accès à une dimension supérieure, vers une fidélité connotée religieusement dans le recul et le regard critique de Chrétien. Blanchefleur apparaît comme une étape, un palier, non une fin.

Ce que l'on valorise :
On n'attend pas l'un ou l'autre de ces éléments mais les trois premiers.
Ne pas se contenter d'un commentaire qui suit les exemples mais structurer la pensée pour répondre à la question posée : ne pas se contenter de raconter mais mettre l'accent sur l'argumentation dans un ordre démonstratif : présenter l'argument et l'appuyer sur des exemples ou inversement mais dans un mouvement argumentatif. Annoncer le plan dans l'introduction.

Question 2 (12 points)

Il apparaît nécessaire de définir le merveilleux. On valorisera les copies qui n'oublient pas l'objet d'étude, la notion de modèle et
dépassent les deux aspects du merveilleux indiqués par le sujet ;
distinguent le statut différent du merveilleux chez Chrétien et chez ses continuateurs plus diaboliques, plus manichéens.
Le merveilleux chez Chrétien est problématique et renvoie à nos interrogations de lecteur, à la question sur le royaume de ce monde et l'autre monde. En fait jusqu'à quel point Chrétien croit-il à ces merveilles ? Perceval ne pose pas les questions or la merveille serait dans le regard critique de l'homme. On valorisera la perception de ces ambiguïtés et l'idée de quête.

On pénalisera le simple catalogue. On ne se montrera pas pointilleux sur la précision dans l'identification des lieux propices.

On n'attend pas une dissertation mais une réponse
pertinente ;
organisée ;
rédigée, révélant la maîtrise de la langue ;
illustrée d'exemples pertinents chez Chrétiens et chez ses continuateurs.

On ne pénalisera pas l'orthographe au-delà de deux points.

Kafka ; Welles :
Les deux questions paraissent convenir.

Question 1 (8 points)

Etudier l'apologue ne signifie pas le résumer mais le situer dans l'oeuvre et préciser le sens qu'il prend par sa place et par son contenu, préciser le statut de ce récit.
Il manque dans le corrigé la différence de portée. Le roman présente l'apologue et le commente, le cinéma le montre seulement mais deux fois. Le roman permet l'identification du lecteur à l'un ou à l'autre des personnages, ce qui change le point de vue, à la différence du film, où K refuse l'identification. Le cinéma prend pleinement son sens d'image mais gomme la dimension sacrée. Chez Kafka la conscience de la culpabilité prend une portée plus universelle. Chez Welles on ne trouve pas d'énigme ni mystère mais la logique du rêve, avec une portée politique, référence à la Shoah, au maccarthysme, à la dictature du « computateur », plus que morale. Welles se met en scène lui-même dans une leçon de cinéma et de mise en abyme. Le film ajoute la visée pédagogique : voilà ce qu'il faut comprendre. L'apologue n'a pas de sens ou le commentaire n'a pas de fin : y-a-t-il une interprétation ? S'il n'y en a pas, c'est vertigineux : réflexion sur la responsabilité, sur le choix, sur la liberté et la fatalité chez Kafka par rapport à Welles. Sens tragique chez Kafka, K l'homme sans Dieu.
On valorisera l'élève qui ne se limitera pas au descriptif mais verra la problématique et l'ambiguïté du rêve ou cauchemar. On ne pénalisera pas excessivement un déséquilibre dans l'évocation des deux oeuvres.

Question 2 (12 points)

Le libellé : Les personnages féminins du procès de Kafka vous semblent-ils modifiés ou non par leur traitement cinématographique dans Le Procès de Welles ? pose la question du plan. On attend une comparaison sur leur rôle par rapport au héros, le lien qu'elles entretiennent avec la justice. Elles incarnent de nouvelles Erinyes : monstres chez les deux. Pas de description physique chez Kafka. Chez les deux , on trouve l'Eve tentatrice, (cf. affiche avec Jeanne Moreau), chez Kafka la femme peut nuire mais aussi aider. ( la cousine)
Aucun personnage féminin n'apparaît salvateur chez Welles. La traversée du miroir montre l'ambiguïté. Welles renforce l'image cinématographique de femme fatale. Il remplace Mlle Montag par Miss Pittl. Les deux font de la femme une métaphore de la justice, en rapport avec le démon par la parole. La dramatisation est plus forte par les ressources du cinéma, chez Welles : le cinéma « monstre ».
On n'attend pas que l'élève raconte mais réfléchisse sur la spécificité des deux langages.

On n'attend pas une dissertation mais une réponse
pertinente ;
organisée ;
rédigée, révélant la maîtrise de la langue ;
illustrée d'exemples pertinents.
L'évaluation se fondera sur les éléments suivants :
La connaissance des oeuvres et des objets d'étude au programme ;
L'aptitude à prendre en compte des problématiques ;
La clarté, la pertinence et la cohérence des propos ;
La mise en ordre de savoirs littéraires et culturels ;
La justesse et la correction de l'expression.
( Note de service n° 2002-140 du 26-6-2002, BO n° 27 du 4 juillet 2002)

On ne pénalisera pas la confusion de numéros de séquences pourvu qu'elles soient identifiées.
On ne pénalisera pas l'orthographe au-delà de deux points.


CONSIGNES ACADEMIE DE MONTPELLIER


TERMINALE L - ÉPREUVE DE LITTÉRATURE


INTRUCTIONS GÉNÉRALES

CONSEILS PRATIQUES

* Une appréciation claire et précise qui justifie la note sera portée en tête des copies. On n'hésitera pas à faire figurer dans les marges de nécessaires annotations à caractère purement technique.
* Le barème sera explicitement mentionné.
* La note globale sera portée sur la copie, en vérifiant soigneusement le total pour éviter tout recours. Si une pénalisation intervient pour l'expression, elle devra apparaître clairement et de manière distincte sur la copie.
* Une permanence téléphonique sera assurée du au (cf. annexe)

ÉVALUATION
* Il est recommandé d'utiliser tout l'éventail des notes. De très bonnes copies peuvent se voir attribuer des notes supérieures à 16, sans hésiter à recourir à la note de 20/20. Il est légitime et important qu'un bon élève de série L puisse obtenir une moyenne équivalente à un bon élève de série S.

* En revanche, il est demandé d'éviter les notes humiliantes. Une copie sera notée 04/20 seulement lorsque seront simultanément présents trois défauts : méconnaissance des règles de l'exercice, expression constamment défectueuse, absence avérée de connaissances.

* L'expérience des sessions précédentes invite à rappeler la difficulté de l'épreuve, à cause de ses modalités (2 heures) et de la densité des textes au programme. Est-il besoin de préciser que l'on ne saurait attendre la perfection canonique et qu'un devoir de baccalauréat n'est pas un devoir de concours ? Il convient donc de prendre en compte les efforts des candidats et la connaissance qu'ils ont pu acquérir des textes étudiés.



EXPRESSION FRANCAISE

*Une bonne maîtrise de la langue sera valorisée. Il convient de distinguer entre les erreurs lexicales, pour lesquelles on se montrera indulgents, et les erreurs de grammaire.

*Pour l'ensemble de la copie, on enlèvera trois points maximum pour une carence grave de l'expression, orthographe, syntaxe, accentuation et ponctuation comprises. Cette pénalisation devra apparaître clairement et de manière distincte sur la copie.

* Cependant, des erreurs répétées et grossières d'orthographe, de vocabulaire, de syntaxe qui rendent les propos inintelligibles et témoignent d'une méconnaissance grave de la langue interdisent une note supérieure à la moyenne.


HARMONISATION
Il s'agit de se placer dans une perspective de notation relative pour éviter des distorsions entre jurys. On n'hésitera pas à modifier les notes de manière à entrer dans le cadre de la moyenne académique.

REMARQUES VALABLES POUR TOUS LES SUJETS

1. Critères d'évaluation mentionnés dans le B.O. n° 27 du 04 juillet 2002.
 Connaissance des œuvres et des objets d'études au programme.

 Aptitude à prendre en compte des problématiques.

 Capacité à organiser une argumentation appuyée sur des exemples pertinents.

 Mise en œuvre des savoirs littéraires et culturels.

 Clarté, pertinence et cohérence des propos.

 Justesse de l'expression et correction de l'expression.


2. Rappel sur les questions, B.O. n° 27 du 04 juillet 2002.
 Les candidats répondent à deux questions de façon construite et organisée, en deux développements successifs.

 Question 1 : elle porte sur un aspect de l'œuvre retenue.

 Question 2 : elle porte sur l'ensemble de l'œuvre, en relation avec l'objet d'étude retenu.
Il n'est nullement mentionné que les questions puissent porter sur les lectures complémentaires. On ne peut pas exiger des élèves qu'ils répondent en sollicitant les œuvres complémentaires lues pendant l'année. La connaissance évaluée le jour de l'examen est celle de l'œuvre du programme.

3. L'analyse des critères et des questions appelle les observations suivantes:
 La réponse s'organise autour d'une problématique et d'une idée directrice. On ne saurait donc se contenter d'une narration, même si la connaissance des œuvres demeure le premier critère d'évaluation.
 Il ne s'agit pas, pour chacune des questions, d'une mini-dissertation. On souhaite une entrée en matière brève et efficace, et non pas une introduction canonique. Le développement doit progresser et être organisé. La composition en trois étapes n'est pas attendue. Enfin, si une clôture explicite du développement est nécessaire, elle n'a pas lieu d'adopter la forme d'une conclusion canonique.
 Certaines questions impliquent parfois l'usage de la première personne du singulier.
 Lorsqu'une copie est inachevée, les brouillons joints n'ont pas à être pris en compte.
 Toute réponse doit être rédigée. Un plan, aussi détaillé soit-il, ne peut se voir attribuer, dans le meilleur des cas, que la moitié des points prévus.

 Si les questions ne sont pas explicitement numérotées, on ne sanctionnera pas le candidat, à la condition que les réponses soient nettement différenciées.

 On attend des références précises à l'œuvre, sans qu'elles prennent nécessairement la forme de citations. Dans le cas de citations pertinentes, on valorisera la copie. On pénalisera les inexactitudes répétées qui révèlent une connaissance insuffisante de l'œuvre. Les contresens caractérisés seront pénalisés plus lourdement.

 Les candidats qui, au-delà de la connaissance précise de l'œuvre, témoignent d'une réelle culture seront valorisés, à condition toutefois que ce savoir soit utilisé avec discernement par rapport à la question posée.



On ne saurait attendre la perfection canonique : un devoir de baccalauréat n'est pas un devoir de concours. Il convient donc de prendre en compte les efforts des candidats et la connaissance qu'ils ont pu acquérir des oeuvres étudiées.


PISTES DE CORRECTION

TERMINALE L - ÉPREUVE DE LITTÉRATURE



RAPPEL IMPORTANT



On évaluera les copies en tenant compte des consignes générales, et tout particulièrement du fait que l'on n'attend pas du candidat deux « dissertations », mais un propos organisé, avec une entrée en matière brève et efficace, sans qu'il s'agisse pour autant d'une introduction canonique.



SUJET 1 : CHRETIEN DE TROYES



QUESTION 1


Quel rôle joue le personnage de Blanchefleur dans l'évolution de Perceval ?
Vous répondrez à cette question en vous fondant sur votre lecture de Perceval ou le Roman du Graal de Chrétien de Troyes suivi d'extraits des Continuations.


CE QU'ON ATTEND :


 Rôle de Blanchefleur dans la découverte de l'amour (éveil du désir lors de la première rencontre).
 Application pratique du discours de Gorneman sur la chevalerie (au service d'une dame et dans un combat selon les codes de chevalerie : défense de Beaurepaire VS épisodes antérieurs).
 Confirmation et approfondissement de l'amour. Référence à l'épisode des trois gouttes de sang sur la neige comme une étape dans l'évolution intérieure ; de l'action à la contemplation.
 Témoignage de la fidélité de Perceval à ses engagements (cf. mariage des deux jeunes gens dans les Continuations.)


CE QU'ON VALORISE : l'un ou l'autre de ces éléments


 Blanchefleur permet à Perceval de quitter le monde de la naïveté et d'accéder au monde adulte.
 Passage de la sensualité à un amour sublimé, fondé sur un dépassement de la courtoisie (la charité, la conversion ).

 Blanchefleur n'est pas un obstacle à la quête de Perceval mais elle n'est qu'une étape. (cf. Dans les Continuations : deuxième défense de Beaurepaire (Aridès).



CE QU'ON PENALISE


 Un exposé sur la figure féminine dans Perceval ou le roman du Graal sans lien précis avec le rôle de Blanchefleur dans l'évolution de Perceval.

 La narration sans commentaire des différents épisodes mettant en scène Blanchefleur et Perceval ; l'absence de références, en particulier la distinction Chrétien de Troyes / Continuations
 Réduire le personnage de Blanchefleur à une simple tentatrice






QUESTION 2

Dans une étude sur Perceval ou le Roman du Graal de Chrétien de Troyes, C. Durvye écrit que le monde merveilleux est « à la fois plein de pièges affreux et merveilles sublimes » En quoi votre lecture de Perceval ou le Roman du Graal de Chrétien de Troyes suivi des Continuations confirme-t-elle ce double aspect du merveilleux ?


CE QU'ON ATTEND


Important : on attend que le candidat précise les références (Chrétien de Troyes / Continuations)
Noter que le sujet est difficile (notions de « merveilleux » / « irréalisme » / « fantastique ») ; il faudra en tenir compte dans la correction.


1. Connaissance des passages relevant du merveilleux (ex: les châteaux dans le roman ) et renforcement de ce merveilleux dans les Continuations. Le candidat peut faire référence au surgissement de la merveille; par exemple l'apparition des châteaux, du Roi-Pêcheur lui-même, la dispartion / apparition de certains personnages (cousine ; male pucelle, celle à la mule fauve …)

2. Explicitation des expressions

 « pièges affreux »

- Lieux : gué Périlleux, la chapelle de la Main noire.

- objets : lit de la Merveille = risque d'être transpercé, siège périlleux = piège pour les chevaliers engloutis, colonne de Merlin = perte de la raison.

- Personnages : la vieille qui ressuscite les morts

 « merveilles sublimes » : le Graal et la lumière, la lance qui saigne.


3. Rôle du merveilleux :

 « pièges affreux » : permettre à Perceval et Gauvain de prouver leur bravoure.
 « merveilles sublimes » permettre à Perceval d'accéder à une dimension spirituelle (Perceval nouveau roi du Graal)


CE QU'ON VALORISE : l'un ou l'autre de ces éléments


Une réflexion sur ce qu'est « la merveille » dans le roman médiéval.


1. La mise en évidence de l'ambiguïté :

- le merveilleux est un piège pour les mauvais chevaliers : (ceux qui font de la prouesse une finalité) ; au contraire il valorise le chevalier qui poursuit une quête spirituelle et déjoue les sortilèges
- certains personnages comme la demoiselle Hideuse (physique animal et prophéties funestes) ne causent aucun mal

- l'ambiguïté du château des dames : lieu de vie et de mort, hors du temps … lieu d'enfermement …
- les copies qui font la distinction entre merveilleux et fantastique
- certains objets comme la lance qui saigne, à la fois sacrée (elle a touché le Christ) et maléfique (car elle peut détruire le royaume de Logres)


2. La précision dans l'identification des lieux propices au merveilleux : le Gué Périlleux, le château du Graal (mystère du pont-levis).


3. La mise en évidence d'un pouvoir merveilleux

- Gauvain, par sa valeur, met fin aux sortilèges du lit et du lion
- Perceval triomphe de l'enchantement de la Main noire grâce au voile blanc.

4. L'évocation de la double dimension merveilleux chrétien / païen

CE QU'ON PÉNALISE


- Un devoir sans référence précise à l'œuvre

- Un catalogue des épisodes merveilleux sans interprétation.

SUJET 2 : KAFKA ; WELLES


QUESTION 1

Étudiez l'apologue de la Porte de la Loi dans Le Procès de Kafka et Le Procès de Welles.

CE QU'ON ATTEND

- Connaissance du statut de l'épisode dans les deux œuvres ; mise en exergue chez Welles et reprise dans la cathédrale (63) ; modes d'apparition différents : texte sacré glosé chez Kafka, « écran d'épingles » en rupture avec l'image cinématographique ; narration par l'aumônier des prisons chez Kafka, assumée par l'avocat projectionniste chez Welles, par la voix de Welles dans l'incipit.
- Connaissance du contenu de l'apologue.
- Mise en relation de cet apologue avec l'histoire de K. (on acceptera des interprétations différentes du moment qu'elles sont justifiées.)


CE QU'ON VALORISE : l'un ou l'autre de ces éléments

- Interrogation sur la terminologie définissant le statut de l'épisode : apologue, légende, parabole, histoire sacrée ?
- Réflexion sur la technique de la mise en abyme. (un récit dans le récit / des images dans l'image)
- La différence dans l'attitude de K selon l'œuvre
- Une analyse technique de l'écran d'épingles (+ des références historiques)

CE QU'ON PENALISE

- Le récit détaillé de la scène sans analyse et sans interprétation.
- Une des deux oeuvres évoquée de façon trop déséquilibrée.


QUESTION 2

Les personnages féminins du Procès de Kafka vous semblent-ils modifiés ou non par leur traitement cinématographique dans Le Procès de Welles ?

CE QU'ON ATTEND

On attend du candidat l'évocation précise de scènes du film (aspect sonore et visuel).
Il faut envisager différents personnages de femmes et ne pas se focaliser sur un ou deux.

Attention ! ce qui suit n'est aucunement un plan mais des indications de possibles pistes d'analyse.

Le choix des comédiennes ne peut être innocent.

1. Un traitement identique :
une réflexion qui propose une caractérisation des personnages féminins en fonction du rôle qu'ils jouent :
- confidentes, auxiliaires
- initiatrices, révélatrices du pouvoir de séduction de K
- femmes fatales (annonciatrices de la fin funeste de K (les petites filles : Erinyes)
- opposantes (Melle Montag)

Toute organisation est recevable du moment qu'elle est justifiée.

2. Un traitement différent :
- passage au concret (incarnation : de l'imaginaire à l'image)
- dramatisation
- érotisation.
- une plus forte féminisation dans le film ; des personnages masculins disparaissent dans le film, leur rôle est souvent suppléé par des femmes ; les rôles féminins sont soit préservés soit « concentrés »
- création
- concentration


CE QU'ON VALORISE :

La capacité à porter un jugement esthétique sur l'aspect visuel en s'appuyant sur des références précises.


CE QU'ON PÉNALISE
- Une copie ne prenant en compte que l'aspect narratif.
- Une absence de réflexion sur la spécificité des deux oeuvres, les deux langages (c'est-à-dire considérer que les fonctions sont identiques).
- L'absence d'évaluation de la portée des changements opérés


SYNTHESE KAFKA-WELLES


Question 1 Etudiez l'apologue de la Porte de la Loi dans Le Procès de Kafka et Le Procès de Welles.

CE QU'ON ATTEND

Connaissance du statut de l'épisode dans les deux œuvres : publication à part chez Kafka, mise en exergue chez Welles et reprise dans la cathédrale (63) ; modes d'apparition différents : texte sacré à gloser chez Kafka, « écran d'épingles » en rupture avec l'image cinématographique ; narration par l'ecclésiastique chez Kafka, assumée par l'avocat projectionniste chez Welles.
Connaissance du contenu de l'apologue. Mise en relation de cet apologue avec l'histoire de K.

Connaissance du statut de l'épisode dans les deux œuvres ; mise en exergue chez Welles et reprise dans la cathédrale (63) ; modes d'apparition différents : texte sacré glosé chez Kafka, « écran d'épingles » en rupture avec l'image cinématographique ; narration par l'aumônier des prisons chez Kafka, assumée par l'avocat projectionniste chez Welles, par la voix de Welles dans l'incipit.

Connaissance du contenu de l'apologue.

Mise en relation de cet apologue avec l'histoire de K. (on acceptera des interprétations différentes du moment qu'elles sont justifiées.)

Etudier l'apologue ne signifie pas le résumer mais le situer dans l'oeuvre et préciser le sens qu'il prend par sa place et par son contenu, préciser le statut de ce récit.
Il manque dans le corrigé officiel, soulignent les consignes d'une académie, la différence de portée. Le roman présente l'apologue et le commente, le cinéma le montre seulement mais deux fois. Le roman permet l'identification du lecteur à l'un ou à l'autre des personnages, ce qui change le point de vue, à la différence du film, où K refuse l'identification. Le cinéma prend pleinement son sens d'image mais gomme la dimension sacrée. Chez Kafka la conscience de la culpabilité prend une portée plus universelle. Chez Welles on ne trouve pas d'énigme ni mystère mais la logique du rêve, avec une portée politique, référence à la Shoah, au maccarthysme, à la dictature du « computateur », plus que morale. Welles se met en scène lui-même dans une leçon de cinéma et de mise en abyme. Le film ajoute la visée pédagogique : voilà ce qu'il faut comprendre. L'apologue n'a pas de sens ou le commentaire n'a pas de fin : y-a-t-il une interprétation ? S'il n'y en a pas, c'est vertigineux : réflexion sur la responsabilité, sur le choix, sur la liberté et la fatalité chez Kafka par rapport à Welles. Sens tragique chez Kafka, K l'homme sans Dieu.



CE QU'ON VALORISE : l'un ou l'autre de ces éléments :


- Interrogation sur la terminologie définissant le statut de l'épisode : apologue, légende, parabole, histoire sacrée ?

- Réflexion sur la technique de la mise en abyme. (un récit dans le récit / des images dans
l'image)

- La différence dans l'attitude de K selon l'œuvre

- Une analyse technique de l'écran d'épingles (+ des références historiques)

- On valorisera l'élève qui ne se limitera pas au descriptif mais verra la problématique et l'ambiguïté du rêve ou cauchemar.


CE QU'ON PENALISE

Le récit détaillé de la scène sans analyse et sans interprétation.
L'absence de construction.
Une des deux oeuvres évoquée de façon déséquilibrée mais on trouve aussi dans les consignes d'une académie : On ne pénalisera pas excessivement un déséquilibre dans l'évocation des deux oeuvres.



Le point soulevé par l'académie de Lyon est important :
Le sujet porte « Etudiez », et non « Comparez ». On ne peut donc pas sanctionner les copies qui vont installer une dichotomie du type : 1)Kafka ; 2 )Welles ...

On peut dès lors admettre des plans différents :

Première Possibilité :

1. Place de l'épisode (dans Kafka, puis dans Welles, ou les deux ensemble) ; sanctionner (3 ou 4/8 si Kafka seulement)

2. Interprétation (dans Kafka, puis dans Welles, ou les deux ensemble).

Deuxième possibilité :

1. Place et interprétation dans Kafka.(et statut)

2. Place et interprétation dans Welles.

- Il semble important que les deux oeuvres soient traitées de façon à peu près égale. Si Welles est carrément absent, on attribue autour de 3 ou 4/8 au maximum.
- Si on n'a que le récit de la scène, on ne peut pas aller plus haut non plus.
Non seulement « on acceptera des interprétations différentes », mais on les attend (existentielles, métaphysiques ...)
- Pour l'analyse de la version cinématographique, il est important que les candidats soulignent que Welles s'attribue le rôle. qu'il joue de sa voix et de son physique. On peut valoriser aussi ceux qui mentionnent la technique de « l'écran d'épingles », comme ceux qui décrivent la façon dont les images, projetées sur K., conduisent à assimiler son histoire à celle de « l'homme de la campagne ».




Question 2

Les personnages féminins du Procès de Kafka vous semblent-ils modifiés ou non par leur traitement cinématographique dans Le Procès de Welles ?


CE QU'ON ATTEND


On attend du candidat l'évocation précise de scènes du film (aspect sonore et visuel).
Il faut envisager différents personnages de femmes et ne pas se focaliser sur un ou deux.
Le choix des comédiennes ne peut être innocent.


- Ce qu'on attend, c'est non pas que les candidats évoquent un « traitement », mais plutôt un rôle ou, mieux, des fonctions identiques des personnages féminins dans les deux oeuvres. En somme, il y a une fidélité globale de Welles à Kafka, mais un traitement en effet différent : des personnages disparaissent, d'autres sont modifiés, changent de nom (Mlle Montag > Miss Pittl), de profession (Mlle Bürstner) etc ...
- Pour ces différences de traitement, on se met d'accord pour considérer que « théâtralisation » peut s'entendre comme tout ce qui grossit les signes (ex : la boiterie de Miss Pittl, l'inceste suggéré avec la cousine Irmie), et « dramatisation » comme tout ce qui condense le temps et resserre le rythme.
- Il semble important que les candidats soulignent le lien des personnages féminins avec la justice, et pas seulement comme « confidentes » ou « auxiliaires », mais comme révélatrices de la corruption.

Le libellé : Les personnages féminins du procès de Kafka vous semblent-ils modifiés ou non par leur traitement cinématographique dans Le Procès de Welles ? pose la question du plan. On attend une comparaison sur leur rôle par rapport au héros, le lien qu'elles entretiennent avec la justice. Elles incarnent de nouvelles Erinyes : monstres chez les deux. Pas de description physique chez Kafka. Chez les deux , on trouve l'Eve tentatrice, (cf. affiche avec Jeanne Moreau), chez Kafka la femme peut nuire mais aussi aider. ( la cousine)
Aucun personnage féminin n'apparaît salvateur chez Welles. La traversée du miroir montre l'ambiguïté. Welles renforce l'image cinématographique de femme fatale. Il remplace Mlle Montag par Miss Pittl. Les deux font de la femme une métaphore de la justice, en rapport avec le démon par la parole. La dramatisation est plus forte par les ressources du cinéma, chez Welles : le cinéma « monstre ».
On n'attend pas que l'élève raconte mais réfléchisse sur la spécificité des deux langages.



1) Un traitement identique :
une réflexion qui propose une classification des personnages féminins en fonction du rôle qu'ils jouent :

- confidentes, auxiliaires
- initiatrices, révélatrices du pouvoir de séduction de K
- femmes fatales (annonciatrices de la fin funeste de K (les petites filles : Erynies)
- opposantes (Mlle Montag) Toute classification est recevable du moment qu'elle est justifiée.

2) Un traitement différent :
- théâtralisation
- dramatisation
- érotisation. On attend du candidat l'évocation de scènes du film (aspect sonore et visuel).
- passage au concret (incarnation : de l'imaginaire à l'image)
- une plus forte féminisation dans le film ; des personnages masculins disparaissent dans le film, leur rôle est souvent suppléé par des femmes ; les rôles féminins sont soit préservés soit «concentrés »


CE QU'ON VALORISE :

Un élément qui permet d'évaluer chez l'élève sa capacité à porter un jugement esthétique sur l'aspect visuel.

CE QU'ON PENALISE :

- Une copie ne prenant en compte que l'aspect narratif.
- Une absence de réflexion sur la spécificité des deux œuvres, les deux langages (c'est-à-dire considérer que les fonctions sont identiques).
- L'absence d'évaluation de la portée des changements opérés
























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