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Les notes de lecture

 

fleche Avec les enfants

Philippe Claudel, Le Monde sans les enfants
Illustrations de Pierre Koppe
Stock, 2006

claudelenfants.jpg Quand l’auteur des Âmes grises raconte des histoires aux enfants, les grandes personnes l’écoutent et s’en trouvent bien. Au point de vouloir les partager. Avec les enfants. Certes ce n’est pas au lycée qu’on pourra les présenter : elles sont d’une simplicité parfois déconcertante et le djeune moyen se croira au-dessus de ça ! Encore que… une classe de première L a été sensible aux confidences d’un Wahid (« Le petit voisin ») qui dit sa vie en Irak à un enfant de France ; et les néologismes de « Dégougouillez- moi bien ! » ont amusé des secondes qui n’ont pas hésité à l’imiter et à s’en servir pour un exposé dans le cadre de la Semaine de la langue française.
À n’en pas douter, les mésaventures de Marcel le cahier, qui grossit, qui grossit, devrait plaire à de jeunes collégiens. Dans ce livre de tendresse, les questions au Papa obtiennent des réponses qui toucheront les plus sensibles, étonneront les autres :
« Dis Papa c'est quoi la vie ?
Une belle aventure un jeu de mains sans les vilains
Une chimère qui pousse et resplendit
Un oranger aux racines profondes
Un voyage immobile qui nous charme et nous change »

Et ce même père, on sait l’aimer jusqu’à lui murmurer :
« Quand je serai grande
mon Papa
Tu seras vieux
Tu seras las
Mais moi
Je serai toujours
Toujours là
Tout près de toi
Tout contre toi
C'est moi alors qui te dirai
En t'embrassant dans le creux de l'oreille
Les mondes et les merveilles
Les lunes et les soleils
Te dire qu'il nous restera
À toi à moi
Mille choses à faire
Mille choses à dire
Mille jeux de l'oie
Mille mois de mai
Mille mois de mai »


Jaimé qui fouille une décharge pour survivre, le chasseur de cauchemars et son pote José, le grand-père qui a bien du mal à trouver une histoire à raconter, la fée maladroite, la petite fille qui ne parlait jamais, deux hâbleurs qui vantent les mérites de leurs parents jusqu’à l’extravagance, voilà autant de personnages attachants qui permettent de rêver, de s’inquiéter ou de sourire. Tout ce que l’on peut attendre d’histoires bien menées.
D’ailleurs peut-on résister à un tel début :
« C'est à peu près vers minuit et demi que l'homme réussit à retrouver Louis qui pourtant s'était bien caché derrière le fauteuil vert de la chambre de ses parents. »
Parfois cela ressemble à un apologue, mais c’est évidemment voulu et ce n’est jamais pontifiant. Un peu démonstratif ou moraliste à l’occasion mais pourquoi pas, nom d’un petit bonhomme : c’est une éducation bien douce.
D’autant plus douce que les illustrations de Pierre Koppe sont pleines de couleurs tendres et servent le texte sans redondances inutiles.

Roger BERTHET - 18 mars 2007


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