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Les notes de lecture

 

fleche Dans les pas de Molière

Jean-Claude Noguès, L’homme qui a séduit le Soleil
Pocket jeunesse, 2008

solei.jpg « Gabriel en laissa tomber trois des quatre pommes.
- Le sieur Molière de la salle du Palais-Royal ?
- Du Palais-Royal.
- De la troupe de Monsieur ?
- De la troupe de Monsieur. »

C’est par cet échange que Gabriel, un jeune garçon qui rêve de devenir comédien, fait la connaissance de celui qu’il admire tant et qui va changer le cours de sa vie.
Tous les jours, Gabriel se rend sur le Pont-Neuf à Paris pour tenter de gagner les quelques piécettes qui lui permettront de payer sa croûte à la mère Catoche, sa logeuse. Mais la vie est dure en ces années 1660 et l’argent est difficile à rapporter, pour lui comme pour les autres bonimenteurs, saltimbanques, baladins, médecins qu’il côtoie sur le pont. Heureusement, Gabriel a pour amis la belle Amapola et Beppino, le saltimbanque ambulant, qui lui offre de temps à autre le petit rôle de Picotino, ce qui enchante littéralement Gabriel et le transcende car « par la magie d’un vêtement d’emprunt, il est un autre. »
Un beau jour, parmi les spectateurs, se trouve le fameux Molière qui, intéressé par la prestation de Gabriel, lui propose de l’engager dans sa troupe. Pour le jeune garçon, une nouvelle vie commence : il apprend à connaître les autres comédiens : Madeleine Béjart, la Du Fresne, les Du Parc, les De Brie, La Grange, la jeune Armande que Molière veut épouser. Le jeune garçon se voit déjà en comédien reconnu.
Hélas, Molière a décidé que Gabriel commencerait par être « moucheur de chandelles » et l’adolescent se contente d’observer les représentations de la compagnie du Palais-Royal. Moucheur de chandelles, ce n’est pas assez et Gabriel tente par tous les moyens d’avoir son rôle, de briller sur les planches, de déclencher les rires, ce qui n’ira pas sans provoquer l’hostilité de certains membres de la troupe, comme la jalouse Armande.
Pourtant, suivre la troupe de Molière permet de bien belles rencontres, et le lecteur n’est pas en reste : Colbert, Jean de la Fontaine, Fouquet, la reine-mère, le roi Louis XIV se succèdent sous ses yeux.
Ce roman historique peut être pour le professeur l’occasion d’aborder la notion d’intertextualité (les raisons pour lesquelles Molière écrit L’Ecole des maris, notamment) et d’étudier une courte mais assez riche période de la vie de Molière. Ce dernier commence à connaître le succès et il pourrait être intéressant de voir la vie qu’il menait alors qu’il écrivait Les Fâcheux, L’Ecole des maris puis L’Ecole des femmes. La dimension personnelle n’est pas oubliée : Molière n’est pas seulement considéré comme dramaturge, mais aussi comme un homme, agité de doutes et de tracas, ce qui le rendra plus proche pour des collégiens.
Il sera également possible d’aborder l’œuvre sous l’angle historique puisque le roman débute par la gloire de Fouquet et finit par son emprisonnement à la forteresse de Pignerol. On s’attardera sur le jeune roi Louis XIV et son souci de gloire, sur le mécénat, la vie des écrivains de l’époque, la fête que donna Fouquet à Vaux-le-Vicomte et qui le mena à sa perte. Si tout est parfaitement bien documenté, rien n’est pesant dans ce texte qui permet à tous ces personnages historiques de prendre vie.
Un livre à conseiller pour des collégiens amateurs de romans historiques et de romans d’apprentissage.


Catherine Briat - 22 juillet 2008


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