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Les notes de lecture

 

fleche Nouvelle collection : « Écrivains au présent »

Dominique Rabaté, Pascal Quignard, « Étude de l'œuvre »
Francine Dugast-Portes, Annie Ernaux, « Étude de l'œuvre »
Sjef Houppermans, Jean Echenoz, « Étude de l'œuvre »
Dominique Viart, François Bon, « Étude de l'œuvre »

Bordas, 2008

quignar.jpgernau.jpg À ceux qui aiment revenir sur les livres et les thèmes d’un auteur un peu plus longuement que dans le cadre d’un article de presse et prendre connaissance des analyses d’un spécialiste,
à ceux qui observent l’évolution actuelle des genres littéraires ou à ceux qui veulent être guidés dans leur découverte de nouveaux auteurs,
à ceux qui se souviennent des collections « Écrivains de toujours » et « Les Contemporains » aux éditions du Seuil, qui souhaitaient retrouver les auteurs de la génération suivante et qui avaient apprécié l’ouvrage de Dominique Viart et Bruno Vercier, La littérature française au présent,
à ceux-là, Bordas offre une nouvelle collection qui s’ouvre avec l’étude des œuvres de Pascal Quignard, Annie Ernaux, Jean Echenoz et François Bon, lesquels se sont déjà invités dans plus d’un cours de français.

echeno.jpgbo.jpgDeux aspects frappent dans cette collection :
– à la lecture des quatre analyses successivement, il apparaît que la forme de critique présentée, bien que très cadrée, comporte quelques aspects imitatifs, discrets mais révélateurs de la personnalité de chaque auteur étudié et de chaque universitaire au travail ;
– le chapitre qui raconte l’accueil reçu par une œuvre ainsi que les rapports entretenus par celle-ci avec d’autres disciplines se révèle très précieux pour des auteurs qui relèvent de la « fiction critique ».

La thématique intime/extime d’Annie Ernaux, son parcours très distant dans la littérature féminine, sa fascination pour l’abjection et son sens de la révolte valent aussi par le travail de la sociologie et de l’histoire dans ses livres où la critique sociale s’inscrit de manière originale et efficace.
Pascal Quignard passe du traité élitiste, du fragment, de la vie minuscule, de la mini-fiction, du « petit traité » à l’ample roman écrit pour le Goncourt, fait éclater les genres littéraires et entretient les rapports les plus complexes avec la musique, la peinture et l’histoire érudite.
François Bon fait retour sur le réel et les expériences de vie, sur la ville et les paysages, sur son histoire et ses projets, tout en maintenant le soupçon, en faisant délirer la langue et en rapportant du cinéma les pouvoirs de l’image mentale, mais il travaille par ailleurs dans le théâtre, la biographie de chanteurs, les ateliers d’écriture et les réseaux : « A nous de contaminer Internet de l’intérieur ».
L’écriture ludique et distanciée de Jean Echenoz parcourt les genres du roman, sentimental, policier, d’espionnage, d’aventures, de science-fiction, alterne les techniques et joue avec les codes ; elle voit ses figures de style contaminées par le cinéma, qui n’est pas seulement un sujet ou une référence : « [des vêtements] si courts et si décolletés qu’entre les deux adjectifs ne demeure plus rien de vrai tissu ».

Les synthèses déjà publiées dans cette collection rappellent ou exposent comment jouent tradition littéraire, virtualités du récit et modes d’intertextalité, mais aussi la force des mélanges entre médias, l’échange entre les arts, la circulation des formes.
Il ne reste plus qu’à découvrir quels seront les prochains auteurs abordés dans la prochaine rafale.
Michel Bézard - 13 avril 2008


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