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Les notes de lecture

 

fleche Rire, s’exercer

Gérard Genette, Bardadrac
Éditions du Seuil, 2006

bardadrac.jpg Parmi les raisons de lire le Bardadrac de Gérard Genette paru au printemps dernier et déjà abondamment commenté, j’en retiendrai deux, qui nous intéressent directement sur ce site.

1. Ce livre sans équivalent constitue une bonne introduction à la lecture d’une œuvre déformée par son succès universitaire, puis scolaire. Personne n’est responsable de ses disciples et, de ce point de vue, Bardadrac est bienvenu en ce sens qu’il anéantit l’idée, paresseusement reprise depuis quelques années, d’un Genette auteur d’un système rigide dont il ne faudrait retenir que quelques concepts traînant dans des manuels obligatoires.
Or, non seulement Genette est un théoricien brillant, mais, dans Bardadrac, ouvrage assez proche de Roland Barthes par Roland Barthes dans lequel RB avait lui aussi repris sa liberté, il se révèle à ceux qui ne le connaissent pas, ou mal : qu’il s’agisse de politique, de théorie littéraire ou d’autobiographie, humour savant, notations pince-sans-rire et récits drolatiques surprendront ceux qui avaient manqué le chapitre « Morts de rire » dans Figures V.

2. « … je découvris très vite que l’enseignement est plus agréable à donner qu’à recevoir. Et plus profitable : le peu que j’ai appris, ce fut d’abord, comme élève, en désertant des classes inutiles pour lire en cachette des livres plus instructifs, mais surtout et plus tard, comme professeur, en préparant des cours qui, juste retour des choses, ne l’étaient peut-être, instructifs, que pour moi. » … et aussi, comme écrivain, en proposant, par exemple, aux enseignants qui souhaitent intéresser leurs élèves au Dictionnaire des idées reçues (entrée Médialectes), à Je me souviens (entrée Souvenances) ou aux mots-valises (entrée Mots-chimères), des suites fournies et contemporaines qui se prêtent à comparaison avec leurs premiers auteurs et à prolongement dans des exercices libérateurs.

Des exemples ? Comme il est exclu de citer in extenso l’épisode dans lequel Genette a pris au piège François Truffaut quand celui-ci s’occupait encore du courrier des lecteurs aux Cahiers du cinéma (p. 49), voyons comment certains mots peuvent être lus comme s’ils étaient des mots-valises : « Courtisane : infusion rapide ; Crépuscule : petite crêpe tardive ; Libellule : tout petit livre ; Matricule : toute petite mère ; minuscule : toute petite mine ; Palliatif : fétu resté dans la chevelure après une sieste à la grange… »




Michel Bézard, 18 novembre 2006


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