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Les notes de lecture

 

fleche Mètre-étalon ?

André de Peretti et François Muller, Contes et fables pour l'enseignant moderne
(approches analogiques en pédagogie)
Éditions Hachette éducation, 2006

perettimuller.jpg Avouons-le, après trente ans (et un peu plus) de pratique, l’auteur de ce billet n’a qu’une passion modérée (c’est un euphémisme) pour les ouvrages de pédagogie. Il les trouve le plus souvent inutiles (c’est peut-être une litote). C’est pourquoi il leur préfère les contes et d’abord les contes d’animaux. C’est en traquant cette sorte de textes sur Internet qu’il est tombé par hasard sur les Contes et fables pour l'enseignant moderne d’André de Peretti et François Muller.
Des animaux il y en a, et des plus singuliers, dans ce qui s’avère être un ouvrage destiné à tous les enseignants.
Du colibri au cheval – en passant par le porc-épic, Hokusai, Œdipe, les deux nigauds (quand on vous disait qu’il y a de drôles d’animaux), le limaçon et même une écluse – sont abordés les problèmes les plus divers. En procédant par analogie (ils le revendiquent), les auteurs nous poussent à réfléchir sans moralisme ni dogmatisme à nos pratiques : rapport avec les élèves, hétérogénéité des classes, hiérarchie, objectifs, la liste est longue.

On ne saurait trop recommander, par exemple, le chapitre sur la notation et l’évaluation (l’animal convoqué est le mètre-étalon qui nous conduit au « maître-étalon » !).
« L'axiome intouchable ? Tout se passe dans l'imaginaire scolaire habituel comme si l'acte évaluateur était réputé absolu, intouchable, sacré et ne pouvant être discuté. C'est très net à l'université. Ce besoin de sécurité républicaine et d'authenticité affirmée aboutit à l'idée que, quand un enseignant note, n'importe quel autre enseignant en n'importe quel lieu et n'importe quelle circonstance aurait appliqué rigoureusement la même notation. Une copie quelconque présentée en un lieu quelconque permettrait automatiquement à tout enseignant de mettre exactement la même note. La croyance ici centrale, c'est bien l'idée qu'il y a, comme toujours en France, législatrice universelle, un modèle unique d'enseignant qui serait déposé dans un lieu de référence universel auprès du “mètre étalon”. C'est bien le sous-entendu du “maître étalon” universel ! » (page 78)
Même l’évaluation des enseignants est abordée avec tous les problèmes qu’elle pose. On a d’ailleurs eu une pensée émue pour Le Petit Livre rouge des écoliers et des lycéens, (horresco referens), paru en 1971 et aussitôt interdit. L’analyse des pratiques docimologiques nous avait bien réjouis.

On en prend, on peut en laisser, on ne reste jamais indifférent.
Avec son « pour l’enseignant moderne » le titre vous a un côté début de siècle (le XXe évidemment !) et cela montre assez l’humour des auteurs qu’on retrouve à chaque page, alors que l’information donnée est des plus sérieuses et qu’on y apprend bien des détails, et pas seulement sur le colibri. Ce sont bien les enseignants du XXIe siècle qui sont visés ici.

Les auteurs n’hésitent pas à renvoyer à de nombreux sites sur Internet pour que l’exploration, la réflexion s’élargissent encore.

Plusieurs passages du livre sont abondamment cités à l’adresse
http://francois.muller.free.fr/contes/index.htm
On y trouvera aussi une présentation des auteurs :
– André de Peretti qui est à l’origine des MAFPEN et des IUFM. Mais est-il besoin de le présenter ?
– François Muller, agrégé de grammaire et auteur du salutaire Manuel de survie à l’usage de l’enseignant paru aux éditions de l’Étudiant en 2005.

Roger Berthet, 18 novembre 2006


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