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Les notes de lecture

 

fleche Spectateurs et lecteurs aussi font vivre le théâtre

Christian Biet et Christophe Triau, Qu’est-ce que le théâtre ?
Folio Essais Inédit, 2006

biet.jpg Encore une histoire du théâtre ? Non. On ne présente plus ces deux spécialistes de l’histoire et de l’esthétique du théâtre. Ils se sont intéressés à la démarche du spectateur ou du lecteur de théâtre, démarche qui a subi des évolutions constantes à partir d’un dispositif somme toute basique et surtout s’appuie sur des conventions et du jeu sous toutes ses formes. Les auteurs insistent sur le caractère collectif du théâtre, quand il est joué, interaction d’un spectacle et de spectateurs après le travail à plusieurs que représente une pièce de théâtre…
Plutôt que de faire le tour des questions habituellement attachées au domaine, les deux auteurs privilégient certaines approches, celles qui soulignent les interactions sociales ou fantasmatiques qui se jouent au théâtre : la question de l’espace est envisagée dans ses dimensions architecturale, dramaturgique et sociale, un long chapitre concerne le rôle du corps ; une attention particulière est portée à la période contemporaine, à travers son interrogation de la théâtralité : le théâtre s’est mis à parler de lui-même.
Un fil conducteur anime l’ouvrage et explique la place accordée aux recherches contemporaines : l’illusion dramatique ne peut pas avoir l’efficacité de l’illusion médiatique et le théâtre se fixe alors un autre objectif : devenir le lieu de toutes sortes de potentialités ou virtualités qui ne visent pas à captiver le spectateur mais à l’émanciper en suscitant son activité critique et créatrice. Cette circulation du sens entre espace scénique, salle et texte crée ce que les auteurs appellent une illusion non pas dramatique mais « participative ». Dire que le théâtre met en doute l’illusion n’est pas une idée récente et il est plus intéressant de le définir comme un lieu d’interaction esthétique et sociale, un espace critique de jeu au sens où on dit que le jeu dans les rouages d’une machine, celle de la cité, permet qu’elle fonctionne.
Ce lien avec la cité n’est pas sans rappeler le théâtre éminemment politique de la société athénienne et son indiscutable modernité.
Danièle Langloys, 10 novembre 2006


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