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WebLettres classiques

La transmission des manuscrits latins

Responsable de ces pages : François Giroud

Du IV° siècle à la Renaissance

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Lors du déclin et de la chute de l'Empire, le christianisme — qui ne répugnait pas à "recycler" les auteurs païens — met en place peu à peu, par les monastères d'abord, des modes de préservation et de transmission. Au VI° siècle, le Mont Cassin en Italie, Isidore de Séville en Espagne, relèvent le flambeau. Pour cette époque, on peut consulter sur le site "ibiblio.org" une image du manuscrit dit "Palatinus", de Virgile.

Durant les années 550 à 750, les pertes furent certainement nombreuses : destructions de bâtiments, négligences, réutilisations (palimpsestes affectant surtout les auteurs classiques), etc. La meilleure preuve en est l'extrême rareté des manuscrits copiés à cette époque sur le continent, et parvenus jusqu'à nous.

La renaissance carolingienne se caractérise par l'importation du savoir anglo-saxon, incarné spécialement par Alcuin (1), et de textes conservés en Angleterre ou en Irlande, relativement à l'abri des turbulences continentales. Ce premier "sauvetage" est suivi d'une période moins active, mais où le Mont Cassin et Fulda jouent un rôle décisif. Pour illustrer cette période, "ibiblio.org" nous permet de voir un manuscrit de l' Historia Augusta daté du IX° siècle ; ou encore, un manuscrit de Plaute du IX° siècle également et qui, selon la notice jointe à l'image, fut apporté en Italie par Poggio Bracciolini, qui y a ajouté des notes et l'a copié, comme Niccolo Niccoli ; la copie de ce dernier a elle-même provoqué beaucoup d'autres manuscrits à Rome et ailleurs ; le théâtre profane de la Renaissance doit beaucoup à la découverte de ce travail...

La renaissance du XII° siècle, avec le rôle croissant des écoles cathédrales (futures universités) et une activité intellectuelle qui se diversifie un peu partout en Europe, permet de passer un nouveau cap : elle favorise les auteurs païens, car le nombre de lecteurs augmente, ce qui suscite une multiplication spectaculaire du nombre des copies. C'est l'occasion d'évoquer le Bestiaire dit "d'Aberdeen" (copié et enluminé en Angleterre vers 1200), que l'on peut consulter page après page, intégralement sur le site du CLUES (Centre for Computer Based Learning in Land Use and Environmental Sciences). Autour de la reproduction en images d'une qualité remarquable, se trouve la transcription (et la traduction en anglais) du texte latin. Il est possible de rechercher des mots ou des phrases à l'intérieur du texte du bestiaire. Voilà une numérisation réussie ! On peut visiter aussi le site des manuscrits numérisés de Wallonie, qui expose un choix de miniatures, et en particulier certaines images présentent le texte latin, comme dans le Psautier dit "de Lambert le Bègue" (vers 1290).

Il faut cependant la "vraie" Renaissance, soit les XIV°, XV° et XVI° siècle, pour qu'enfin l'essentiel des ouvrages antiques soit rendu accessible, dans des versions amendées sérieusement. Nous abordons là un domaine où la documentation abonde. Ainsi, au "Rochester Institute of technology", le catalogue des manuscrits propose, parmi les livres d'heures et bréviaires, deux images de l'Histoire romaine de Tite-Live, provenant d'un manuscrit médiéval italien du XV° siècle.

  1. Je renvoie ici, à titre d'exemple, vers son Conflictus veris et hiemis, qui représente l'équilibre - instable - entre la quête du classicisme, et certaines figures si propres au Moyen-Age. [retour]


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