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WebLettres classiques

La transmission des manuscrits latins

Responsable de ces pages : François Giroud

Cette section vise à fournir un minimum d'informations utiles sur le parcours suivi par les textes de l'Antiquité pour parvenir jusqu'à nous, ou au moins, jusqu'à la Renaissance. En aucun cas, il ne s'agit d'une recension complète des ressources disponibles sur la Toile en la matière.
Les trois premières pages proposent un bref panorama historique, la dernière s'intéresse à l'écriture elle-même et à son évolution.
N.B. Tous les liens vers l'extérieur s'ouvrent dans de nouvelles fenêtres.

LA REPUBLIQUE

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Initialement, à Rome, on utilise comme support de conservation pour les documents de toute nature le papyrus en rouleau (volumen) ; la consultation n'en est pas très commode, et la diffusion des œuvres s'en ressent d'autant plus que jusqu'à la fin de la République, il n'existe pas de bibliothèque officielle : on recopie pour des particuliers, et dans le domaine littéraire, l'intérêt se porte d'abord sur les épopées d'Ennius plutôt que sur la prose de Caton (Cicéron le déplore dans son Brutus, 65 ssq.) — et il est vrai que le De agri cultura a souffert de reproductions peu soigneuses. Les copies de textes dramatiques, elles, sont "subventionnées" par le magistrat commanditaire de la pièce, à l'occasion de la représentation ; mais les reprises entraînent des modifications sensibles, pour toutes les raisons qu'on peut imaginer, comme en attestent les vers 13-14 du prologue de la Casina de Plaute.

Pour la préservation des premières œuvres latines, nous sommes sans doute redevables aux grammairiens d'alors, que Suétone énumère dans les 12 premiers chapitres de son De Grammaticis (1), et qui importent la "signalétique" et les techniques critiques des Alexandrins. Varron aboutit ainsi, après plusieurs autres, à définir les 21 pièces qui sont attribuables à Plaute de façon certaine, et son autorité semble avoir garanti la survie des 21 pièces qui nous sont précisément parvenues.
Quant aux Comédies de Térence (le lien précédent renvoie à une édition du XII° siècle), elles ont connu elles aussi bien des vicissitudes ; c'est l'occasion de signaler le catalogue des manuscrits anciens de l'Université d'Oxford (en anglais) — il faut patienter un peu pour le chargement de la page ; si vous avez un accès à haut débit, allez directement voir l'ensemble des vignettes de cette édition.

[ N.B. Tous les manuscrits de la "Bodleian Library" consultables sur internet sont catalogués par ordre chronologique ; on peut juste déplorer qu'un pareil trésor soit accompagné de notices aussi succinctes. ]

Cependant, selon Cicéron, dans ses Lettres à son frère Quintus, III, 4, 5 - III, 5, 6, la multiplication des copistes à la fin de la République n'était pas gage de qualité — et on n'a guère progressé, si on en juge par l'édition à laquelle nous venons de renvoyer, et qui relève d'un usage aveugle du "copier-coller"... Atticus, le célèbre correspondant de Cicéron, était un des rares à posséder une "équipe" de copistes de qualité, qu'il mettait au service de l'orateur. On déduit d'ailleurs d'un courrier de Cicéron (Lettres à Attticus 13, 13, 1) que la fiabilité des copies était encore remise en cause par la possibilité qu'exerçaient parfois les auteurs de remanier des ouvrages déjà en circulation ; sans parler de l'absence de droits d'auteur...



(1) On notera l'histoire de la jambe cassée dans un égout : les détours de l'histoire sont étranges... [retour]



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