Français - seconde 9 de M. Lissonnet au lycée Queneau

Le MUMA expose les poèmes des 2d 9 !

Par raymondqueneau - publié le vendredi 20 avril 2018 à 06:07

Pour retrouver l’exposition temporaire du MUMA :

Par raymondqueneau - publié le jeudi 8 mars 2018 à 07:24
http://www.muma-lehavre.fr/fr/expositions/comme-une-histoire-le-havre/selection-doeuvres

Véronique Ellena, "Le Havre, un angle de l’avenue Foch", 2007

Un carnet de voyage au Havre réalisé par Ekin Karadag avec Mme Meier en art

Par raymondqueneau - publié le lundi 5 mars 2018 à 09:08

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°16

Par raymondqueneau - publié le lundi 26 février 2018 à 08:03

D’après la photo de Corinne MERCADIER (1955), Carré lunaire III, série « Longue Distance », 2005, tirages numériques sur papier baryté, 70 x 120 cm. © Corinne Mercadier

 

 

 

Comme un voile qui vole au vent

 

 

 

La personne sur la plage, d’un grave regard, observe sa vie dans les méandres des vagues.

Tous ces moments de joies disparues, malmenés par le souffle du vent, comme un souvenir lointain.

Et cette nostalgie ne fait qu’accroître son mal-être.

Elle voit dans les vagues tous les chemins de sa vie, toutes ses erreurs qui l’ont menées sur cette plage.

Les reflets du soleil, larmes dorées sur la mer agitée, se perdent dans l’horizon comme tous ses cris de désespoir.

 

Pourtant au loin subsiste un espoir, flou et aussi noir que son c½ur.

Espoir fou d’une personne seule et désespérée.

Mais elle n’a plus la force de l’atteindre.

Qui donc pourrait l’aider ?

Personne ne semble la remarquer.

Ni le ciel, ni l’eau, ni la terre pas même le soleil qui était pourtant son allier durant sa bataille.

 

Mais aujourd’hui, les pieds nus sur les galets, plus rien ne semble la soulager.

Alors elle se dirige doucement vers la mer, dernière demeure qu’elle puisse habitée.

L’eau froide lui glace le sang mais ce n’est rien comparé à toutes ses souffrances.

Résignée elle ne regarde plus en arrière.

Elle décide dans un dernier effort d’avancer vers un avenir meilleur,

Brillant comme le soleil et bleu comme la mer.

Sa dernière chance s’est noyée dans l’eau scintillante de la Méditerranée,

Et sa vie s’en est allée,

Comme un voile qui vole au vent…

 

 

Julie Borniambuc 2nd 9

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°15 (d’après une photographie du Muma)

Par raymondqueneau - publié le lundi 26 février 2018 à 07:47

Après le cataclysme

 

Ce fut après le cataclysme que le désert envahit les rues.

 

Les portes étaient barricadées, les voitures étaient recouvertes de poussière,

 

La vie s’était réfugiée dans les hauteurs, tandis que le ciel s’assombrissait,

 

En bas, les lampadaires s’allumaient encore pour éclairer les rues,

 

Mais la lumière était devenue inutile et finit par s’éteindre,

 

Laissant cette fois-ci les rues dans la même pénombre qu’au ciel,

 

En haut, les habitants étaient peu nombreux à être encore en vie,

 

La ville se reconstruisit petit à petit du haut

 

Vers le bas


Chloé et Marina, 2e 9

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°14

Par raymondqueneau - publié le lundi 26 février 2018 à 07:41

Charlène Beaucamp

Maëva Tricot

2GT9

 

Au Crépuscule

D’après un poème deVictor Hugo

 

 

Vois ce spectacle est fabuleux. Ce paysage couchant

Qui toujours devant nous s’anime

Ces immeubles, ces vagues, ces reflets

Au coucher du soleil

Cette mer laisse entendre une douce musique qui berce

Nos émotions au fil des battements de notre âme

Ce spectacle fait par Dieu, puis refait par les Hommes, montre la double main emprunte en ses contours

Et des yeux regardant au loin

Ces couleurs, ces lumières, ces flots, ces bateaux,

Qui nous épanouissent

Cette houle au temps très agité

Qui balaye le sable

Comme une tempête hivernale

Où la ville reste magique

Avec ses ports

Ce bruit infini

Sur lequel par moments s’élève la brume mystérieuse

Ces plages impérieuses

la balade en famille est très agréable, où on pourrait passer des heures entières à se perdre dans l’horizon

Tout ce que nous voyons, brumeux ou transparent

Flottant dans les clartés, dans les ombres errantes

ça et là, au fil du temps

Regardez ceci c’est le port du Havre.

Poème en prose N°13 inspiré de la visite au MUMA (expo photos sur le Havre)

Par raymondqueneau - publié le samedi 24 février 2018 à 09:48

La femme à la fenêtre


Qui connait la vie de cette femme, à cette fenêtre au rez-de-chaussée?

Personne malheureusement.

Cette femme regarde par sa fenêtre avec envie les gens souriants.

S’imagine elle aussi une vie heureuse.

Elle tiendrait la main de son mari, tout en se baladant dans les rues, les bras qui se balancent dans le vent…

Seule à sa fenêtre, une main sur la vitre, elle pense au fait que son mari rentrera bientôt,

Mais s’il lui prend la main ce ne sera pas pour la faire valser.

Un visage si  beau malgré les marques des années passées.

Une femme au regard si triste et qui devait être si beau.

Tout le monde observe cette femme à la fenêtre et personne ne la connait.

Tous ces gens qui la jugent d’un simple regard, si seulement ils savaient…

Tous les hommes la désirent, mais ils ne savent pas que les bleus recouvrant son corps la privent de tout mouvement.

Elle s’imagine une vie meilleure en dehors de cette prison, une vie saine, une vie qu’elle aime.

La femme à la fenêtre.


Marie Perivier / Laura Moricet (2d 9)

Poème en prose N°12 (collectif)

Par raymondqueneau - publié le vendredi 9 février 2018 à 02:53

Sombre réalité

Assis sur un banc, j’attends que le temps passe et s’efface. J’aperçois à la fenêtre une âme encore innocente qui s’entête à contempler le ciel étoilé.


Soudain une ombre apparaît, une femme au c½ur brisé et aux cheveux dorés. Dans son ½il blessé je perçois le reflet d’une vie détruite et dans cette scène mélancolique je me vois, moi, dans les yeux de ce petit garçon. Moi, petit et innocent, d’une fragilité misérable.


Tout d’un coup, ses yeux croisent les miens, pleins d’espoir et d’amertume et je me sens alors projeté dans un univers mystérieux et ténébreux. Mon âme s’échappe de mon c½ur, ma vie s’arrache...


L’aube parvient dans une brume matinale. Le soleil commence à se dévoiler. La sérénité plane sur mon atmosphère, mais la peur continue son long trajet dans mon esprit. Le jour les démons sont sages, mais à la nuit tombée ils envahissent la ville.


Mon père, ce héros -comme on me l’avait décrit auparavant- est mort à mes yeux, le jour où il a levé pour la première fois la main sur ma mère. Accro à l’alcool, il est le pire de tous, un être détestable. Pourtant, je l’admirais quand j’étais plus jeune, tant pour son intelligence que par sa carrure imposante.


Il ne reste plus rien de notre vie d’avant, si insouciante et si gaie. Nos rêves, nos joies, nos souvenirs... tout s’est envolé en un rien de temps.

 

Un sentiment de vide dans le c½ur et une âme déchue sur la conscience, c’est notre présent et notre futur.

L’adrénaline monte. Je sens l’angoisse, me nouer le c½ur. J’entends ses lourds pas résonner dans le vieil escalier. Mon c½ur bat à un rythme élevé. Il s’intensifie chaque seconde. La porte s’ouvre avec fracas et une voix enragée d’alcool s’abat contre ma mère. Il prononce des mots incompréhensibles, la peur s’installe. Il titube vers celle-ci et lève un poing déjà amoché. Je suis immobilisé, je voudrais la sauver de ses griffes mais je n’y arrive pas je suis impuissant.


Une claque, un cri, une larme. Mon c½ur se brise tandis que la trace apparaît. Les tic-tac de la pendule sont assourdissants, le silence est effroyablement glacial.

C’est toujours la même chose, chaque soir il rentre ivre et incontrôlable et chaque soir de nouveaux coups violents et répétés s’abattent contre ma mère.


Je n’arrive plus à me taire, mes larmes sont ma seule façon d’exprimer mes sentiments. Je n’ai plus les mots.

 

Louanna Anika

(Louna, Otilia, Ekin; 2GT9)

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°11

Par raymondqueneau - publié le lundi 5 février 2018 à 07:39
Poème de Lomane Preterre

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°11

Par raymondqueneau - publié le samedi 3 février 2018 à 05:06

Le Havre / 18ème siècle

Les chaumières délabrées, dans ce terrible côte à côte, s’entrechoquent quelque fois, comme les tombes en formes de croix qui peuplent le cimetière de Troie.

         Dans cette rue où il fait si froid, je me perds devant ces maisons pareilles à des ruines et je pense à toi, à tes yeux qui m’illumine. Et la sombre nuit qui m’inspire me dirige vers ton logis.

Le silence domine la terre, avant de laisser place à la guerre. Les hommes quittent leur travail, pour rejoindre leurs misérables vies, dans leurs maisons saccagées. Et les voleurs se préparent à errer sur ces parvis, dérivant tels des fantômes, seul leurs ombres signalant leurs présences comme un avertissement. Je presse le pas, impatient de te retrouver, quand soudain, je tombe sur le roi de leur secte privé. Pourtant tout prêt de mon but, à quelque pas seulement, j’arrête ma lutte, la mort, j’attends. Il lève son pistolet, puis des coups de feu retentissent. La peur m’envahit et je ferme les yeux, abandonnant la vie.

 

Une lumière m’éblouit et je sais que je meurs, seulement, je ne ressens aucune douleur. Est-ce cela, la mort ? Une douce liberté, un lourd fardeau envolé et notre esprit qui dérive dans l’éternel néant.

Je pense au Paradis, à tous les péchés que j’ai commis, à toutes les ½uvres que j’ai accomplies et je prie lorsque je sens mon âme partir au purgatoire, pour me juger. St Pierre sera-t-il assez clément pour m’accorder la paix ? Puis j’attends. J’attends la délivrance, la souffrance, la peine, la haine, l’amour, la tristesse, le regret, la mort, qui tarde à venir. Rien.

Rien ne se passe. Tout doucement, j’ouvre les yeux et je t’aperçois, tel un ange descendu des cieux.

Tu me regardes, une larme trahissant ton sourire réconfortant, avec dans tes petites mains, un fusil ravageur.

 

Et à tes pieds je vois mon ennemi, le roi.

 

Otilia Benoist, 2d 9, 2017

       La tête sous les nuages


La voisine regarde le paysage urbain.                                                 

Sa  fumée à perte de vue, sa pollution qui essaye de s’échapper

Et se heurte à un plafond 

de ténèbres orageuses

En bas, les passants sous leurs parapluies
Ne se regardent plus.                                                                      
Ils se bousculent sans se dire pardon.
                                                                                                                             
                

Elle les regarde.                                                                                                                                        

Au-dessus d’eux, d’autres font comme elle

Là-bas, c’est le port

Les flots sauvages attaquent les bateaux

Les mouettes se bagarrent pour un morceau de pain

Le paysage se forme sous ses yeux


Mais personne ne le voit


Comme un soleil

qu’on ne regarde pas.                                                                                          

Effacé comme la nuit sombre sans lune.

Les chemins s’éteignent petit à petit. 



Mélissa Jourdain / Gautier Mariette           

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°9

Par raymondqueneau - publié le samedi 3 février 2018 à 04:48

LA ROUTINE           


Ils sortent à 6h et rentrent à 20, comme pour se recharger. Le chargeur restant toujours au même endroit, ils partent à 6h et rentrent à 20.


Les yeux de plus en plus creusés chaque jour et le sourire de moins en moins visible.  Où sont donc passées toutes les couleurs de la jeunesse ? Sans doute dans ce bâtiment fait de béton où l’on voit, ceux qui sont censés s’amuser, sortir à 6h et rentrer à 20.


Et si leur logement représentait leur vie ? En commençant du 4ème étage, la vie serait joyeuse. Plus le temps passe, plus on descendrait et au fil des étages les visages rentreraient en dedans, de plus en plus dépourvus de couleurs.


Tels des machines, ils sortent à 6h et rentrent à 20. Comme pour se recharger.


Marie LEFEBVRE /2nd 9

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n° 6 à 8

Par raymondqueneau - publié le dimanche 28 janvier 2018 à 09:59

Souviens-toi d’oublier.

(Nietzsche)

                                           

Un souvenir, seul, reste d’un bonheur immense. Un cheval à bascule, immaculé de lumière, fait pleurer les murs.

Un père, tenant un journal en guise de rempart, bloque un assaut de souvenirs qui verseraient sur ses joues une vague de souvenirs tristes.

Une mère, sur le seuil de la marche, au bout d’un chemin de lumière, cherche son esprit du regard. Tel un aimant, cette lumière l’attire et ce cheval le pousse.

Avec un coup de vent, le cheval bascule, une image remonte. L’enfant.

Les enfants aimés, les enfants chéris, les enfants disparus hantent l’âme des vivants. Une peur commune et paralysante aux parents dont le seul souhait est de mourir avant que les enfants n’en aient le temps.

Alors, la mère avance, la lumière l’aspire et dans une douce étreinte, pousse un dernier soupir autour des souvenirs des bras de l’enfant.

Le père, bloqué dans les barricades de ses souvenirs, ne voit rien venir.

Le c½ur brisé mais impassible n’arbitre plus ses émotions.

Il l’enferme dans un monde de souvenirs qui finira par l’épargner.

                                                                                                          

Cavalier seul

 

Pour la dernière fois, il rentre dans le salon hébergeant de nombreux souvenirs. Une lumière éblouissante passe par la porte d’en face. Son passé est derrière, plus rien ne le retient.

Mais, son pied bute, il s’arrête net. Il réussit à décrocher son regard de cette fascinante lumière.

C’est là qu’il le voit, immaculé de lumière.

Son cheval à bascule, jouet favori de ses jeunes années, qui l’a fait tellement rêver.

Alors, il s’attarde, pose sa valise. Et, le regarde fixement jusqu’à ce que des larmes commencent à se former dans ses yeux.

Sans même s’en rendre compte, instinctivement, sa main rejoint la crinière du cheval et le caresse. Sous son toucher, le cheval s’anime. Il bascule faiblement. Sa main descend vers la selle dans un mouvement long et étiré pour que tous les souvenirs aient le temps de parvenir à son esprit.

Sa main remonte, et s’arrête au museau de l’animal.

Puis, comme il l’aurait fait à un jeune enfant, il embrasse doucement le cheval sur le front.

Après quelques secondes d’hésitation, il sépare douloureusement sa main du cheval.

Un dernier regard vers ses belles années.

Puis, leur tourne le dos, attrape sa valise.

Et, cette lumière, que seuls les adultes peuvent voir, l’absorbe complètement.

 

Le retour d’un cavalier.

 

Pour la première fois, sa mère marchait dans cette maison vide.

Elle s’attendait à des bruits, des cris, des surprises, des pleurs, mais rien ne venait.

Tout était calme, paisible et elle se rappelait enfin que le fruit de son bonheur était parti.

Dans son salon vide et triste, attendait un vieux cheval à bascule qui cherchait son cavalier.

Ce cheval immaculé de lumière parut vouloir raviver des souvenirs enfouis.

Alors, comme elle l’aurait fait pour un vrai cheval, la femme s’approcha doucement et lui caressa l’encolure, laissant remonter en elle les souvenirs de son enfant.

Elle se mit à chuchoter tout bas, comme une promesse, qu’il reviendra.

Son enfant était parti, il avait quitté le foyer maternel pour créer enfin le sien.

Sa mère s’en voulait de penser comme cela et se disait que c’était prévu depuis toujours. Mais, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’il l’avait abandonné. Alors, tous les soirs, elle l’appelait, triste et heureuse de savoir qu’il était heureux où il était. Elle lui répétait sans cesse qu’une place était toujours libre à la maison, et qu’elle attendait sa visite.

Un jour, son fils vint lui rendre visite, et amena avec lui sa fille. Sa mère et lui discutèrent de choses sans importances. Puis, il regarda dans le salon, et vit sa fille accrochée au cheval. C’est alors qu’il vit à sa place ce petit garçon jouant au cow-boy, sur ce jouet. C’était lui, des années auparavant.

Ce souvenir le bouleversa, il resta bloqué tel une statue de fer. Il le regardait, les yeux écarquillés. Et, il se mit à regretter son innocence des années passées. Puis, sa fille lui réapparut, il l’attrapa, la serra dans ses bras.

Sans pouvoir résister à ses envies, il demanda à sa mère d’emporter avec lui ce cheval à bascule, qui avait bercé son enfance. Elle refusa. Simplement, il avait juste à venir plus souvent chez elle et partager avec sa fille, leurs souvenirs d’enfance.

Voici le compromis trouvé entre les besoins de l’enfant et de l’enfance.

Après avoir dit au revoir à sa mère, il promit à sa fille et à lui-même de revenir afin que ce cheval berce de nouveau son âme d’enfant.


Amélie et Juliette KELLER

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°5

Par raymondqueneau - publié le dimanche 28 janvier 2018 à 09:54

Sombres réalités

(sur une trame d’un poème d e Victor Hugo)

 

Vois, ce spectacle est enchanteresse- Ce paysage est merveilleux ;

qui toujours devant nous, nous captive et nous emprisonne dans sa beauté ;

Ces arbres, ces fleurs, ces cascades, ce petit bois dans la vallée.

Ce petit coin de paradis où l’on entend la magie des lieux nous envahir, où la végétation danse dans le vent, où nous sommes tous petits face à la grandeur du pays.

Ce bout du monde fait par Dieu, puis refait par les hommes,

Montrant la double main empreinte en ses contours.

Et des épineux et des feuillus taillés en cure dents,

Ces fleurs, ces cascades, ces versants,

Ces belles choses qui se sont transformées en des choses inutiles.

Pour cet outil infâme, dont l’Homme se sert pour détruire.

Qui accorde de l’importance à ces petites plantes vertes ?

Comme un enfant qui fait tomber sa tour de lattes de bois,

La ville que je n’espérais jamais voir est apparue.

Ce lieu ne m’inspire aucune confiance ; aucun trait de bonté dans cette ½uvre d’art inhumaine.

Ces grandes tours qui s’amusent à chatouiller les nuages et cette horde de moteurs et de klaxons m’assiège de tous les côtés.

Et ces nuages gris qui envahissent lentement nos poumons pour réduire la vie au néant et au trépas.

Et ce mode de vie plaît à tous ces habitants ! Ceux qui pensent que la vie ne tient qu’à un fil vivent dans ces lieux repoussants et regrettables.

Ici, les gens ressemblent à des zombies : ils se lèvent, ils vont travailler, ils mangent et vont se coucher en priant Dieu pour que la journée d’après soit meilleure.

Mais Dieu ne les écoute pas et doit se dire : « Soit tu travailles dur pour vivre mais si tu n’avais pas monté toutes ces tours de Babel pour ton besoin de puissance et de vie moderne, tu y aurais découvert la vraie vie et profiterait de ce que je t’offrais. »

Après ce reproche divin, l’Homme n’a cessé de bâtir et de détruire son monde pour construire encore plus de tours créant ainsi ce monde invivable, préparant son autodestruction.

 Dubus Caroline 2nde9

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°4

Par raymondqueneau - publié le dimanche 28 janvier 2018 à 09:53

Poésie en prose

 

Immeuble Perret

 

Premier étage, appartement n°2. Les rayons chatoyants du soleil matinal tachent les murs blancs de peinture fraîche. Une paresseuse atmosphère s’échappe des meubles neufs, luxe d’une nouvelle vie promise à ces deux amants qui s’éveillent.

 

Deuxième étage, appartement n°6. La joie et la gaieté émanent de cet endroit. Les enfants jouent tranquillement, les parents rentrent du travail, le chat dort profondément. Tout est calme, seule la tendresse d’une famille soudée règne en ces lieux.

 

Troisième étage, appartement n°10. L’assiette se brise, le dîner prend fin. Les mariés retirent leurs alliances et se hurlent les pires adieux en arrachant le sourire et le bonheur à leurs enfants. Les grands cartons jonchant le sol accompagnés de bagages mal fermées signent la fin d’un foyer autrefois inséparable.

 

Quatrième étage, appartement n°14. La fétide odeur de tabac imprègne les murs jaunis par le temps. Un hideux vieillard, seul et courbé, observe de ses yeux creux sa tasse de café bon marché. De temps en temps, sans bruit, il essuie les larmes silencieuses qu’ont laissé les bêtises de ses années passées.

 

Dernier étage, appartement n°18. Le soir tombe, la pénombre enveloppe le séjour. Assise dans son fauteuil abîmé, une vieille dame tient dans ses mains ridées les dernières minutes de son existence. Elle est abandonnée là, à compter les « tic tac » de son horloge et à observer l’aiguille cavalant sur le cadran. Jusqu’à s’endormir paisiblement, pour ne jamais plus se réveiller.


Séléna Bellenger, 2d 9

Poème en vers libres inspiré par la sortie au Havre n°3

Par raymondqueneau - publié le dimanche 28 janvier 2018 à 09:51

Les souvenirs


Je me souviens, petite pièce, vaste endroit

Tout est flou

Le jour éclaire la pièce

La couleur au sol reflète une tristesse interne

Tout est calme

****

La lumière du jour

La pièce est vide

Le silence n’est qu’un transfert d’espoir

Soudain des battements d’ailes

L’oiseau sur cette blanche entre

Cacher sur le bureau sa respiration est forte

Tout à coup ! Battements d’ailes l’oiseau quitte cette pièce d’un regard perçant

****

Ce regard perçant absorbe la pièce

Plus un bruit, l’espoir est long et lent

Douce atmosphère, qu’allons-nous faire ?

****

Dur moment, la nuit tombe

L’appel de cette nuit laisse un paraître un goût d’ amertume

Volet fermé, lumière éteinte

La pièce est calme

Le temps s’arrête.

****

Marie LAUGEOIS ;Perrine QUENOT ;Léa PIMONT ;Enola JEAN-LOUIS

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°2

Par raymondqueneau - publié le dimanche 28 janvier 2018 à 09:49

Le Havre 

 

Vois , ce spectacle est lumineux .Ce paysage si sombre qui toujours devant nous ne semble jamais changer;

Ces immeubles , ces volets blancs , ces fenêtres ,ce ciel immense;

Ce chemin où l’on entend de nombreux véhicules où nous sommes;

Ce bâtiment immense; fait par Dieu , puis refait par les hommes ,

Montrant la double main empreinte en ses contours ,

Et des arbres assombris par l’obscurité de la nuit,

Ces cheminées, ces voitures à l’arrêt, ces bateaux;

Ces lampadaires qui éclairent les rues sombres;

Cette église , aux multiples vitraux

Qui éclairent son intérieur de plusieurs couleurs

Comme une palette de  peinture;

La ville qui fut reconstruite,

Après qu’elle fut détruite .    


Brian Gomarin

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°1

Par raymondqueneau - publié le dimanche 28 janvier 2018 à 09:42

Le Souffle d’une vie


Petite fille aux couettes veut rejoindre le paradis qui pour elle est interdit.

Les bras tendus vers le ciel, rêve-t-elle de liberté ?

 

  Le ciel s’assombrit, mais elle garde toujours l’espoir d’un lendemain qui n’a qu’une fin.

 

  Au bout de ses mains, ses doigts tremblent de peur. Peur de voir sa vie s’éteindre comme on éteint la flamme d’une bougie.

 

  Les cheveux dans le vent, elle prend une grande inspiration, serait-ce pour le dernier souffle de vie ?

 

  Un bout de ciel bleu, la lumière qui rallume sa vie, lui redonne l’espoir de continuer de vivre.

 

  Elle regarde au loin, le port et les bateaux qui viennent et repartent comme coulent les larmes d’une  mélancolie profonde.

 

  Les immeubles figés dans la pierre regardent le temps qui court et la vie qui se fonde.

 

  Dans l’immensité de la vie, elle se sent abandonnée par son âme, seule, elle regarde sa vie défiler comme le vent agite la mer.


Clara Lecourt - 2d 9 2017



Un extrait du carnet de voyage havrais d’Otilia Benoist pour ouvrir cette série poétique inspirée de la sortie au Havre, en décembre 17

(création faite en art avec Mme Meier) :


Guy de Maupassant : La Guerre

Article publié dans le Gil Blas du 11 décembre 1883

    Donc on parle de guerre avec la Chine. Pourquoi ? on ne sait pas. Les ministres en ce moment hésitent, se demandant s’ils vont faire tuer du monde là-bas. Faire tuer du monde leur est très égal, le prétexte seul les inquiète. La Chine, nation orientale et raisonnable, cherche à éviter ces massacres mathématiques. La France, nation occidentale et barbare, pousse à la guerre, la cherche, la désire.
    Quand j’entends prononcer ce mot : la guerre, il me vient un effarement comme si on me parlait de sorcellerie, d’inquisition, d’une chose lointaine, finie, abominable, monstrueuse, contre nature.
    Quand on parle d’anthropophages, nous sourions avec orgueil en proclamant notre supériorité sur ces sauvages. Quels sont les sauvages, les vrais sauvages ? Ceux qui se battent pour manger les vaincus ou ceux qui se battent pour tuer, rien que pour tuer ? Une ville chinoise nous fait envie : nous allons pour la prendre massacrer cinquante mille Chinois et faire égorger dix mille Français. Cette ville ne nous servira à rien. Il n’y a là qu’une question d’honneur national. Donc l’honneur national (singulier honneur !) qui nous pousse à prendre une cité qui ne nous appartient pas, l’honneur national qui se trouve satisfait par le vol, par le vol d’une ville, le sera davantage encore par la mort de cinquante mille Chinois et de dix mille Français.
    Et ceux qui vont périr là-bas sont des jeunes hommes qui pourraient travailler, produire, être utiles. Leurs pères sont vieux et pauvres. Leurs mères, qui pendant vingt ans les ont aimés, adorés comme adorent les mères, apprendront dans six mois que le fils, l’enfant, le grand enfant élevé avec tant de peine, avec tant d’argent, avec tant d’amour, est tombé dans un bois de roseaux, la poitrine crevée par les balles. Pourquoi a-t-on tué son garçon, son beau garçon, son seul espoir, son orgueil, sa vie ? Elle ne sait pas. Oui, pourquoi ? Parce qu’il existe au fond de l’Asie une ville qui s’appelle Bac-Ninh ; et parce qu’un ministre qui ne la connaît pas s’est amusé à la prendre aux Chinois.
    La guerre !... se battre !... tuer !... massacrer des hommes !... Et nous avons aujourd’hui, à notre époque, avec notre civilisation, avec l’étendue de science et le degré de philosophie où est parvenu le génie humain, des écoles où l’on apprend à tuer, à tuer de très loin, avec perfection, beaucoup de monde en même temps, à tuer de pauvres diables d’hommes innocents, chargés de famille, et sans casier judiciaire. M. Jules Grévy fait grâce avec obstination aux assassins les plus abominables, aux découpeurs de femmes en morceaux, aux parricides, aux étrangleurs d’enfants. Et voici que M. Jules Ferry, pour un caprice diplomatique dont s’étonne la nation, dont s’étonnent les députés, va condamner à mort, d’un c½ur léger, quelques milliers de braves garçons.
    Et le plus stupéfiant c’est que le peuple entier ne se lève pas contre les gouvernements. Quelle différence y a-t-il donc entre les monarchies et les républiques ? Le plus stupéfiant, c’est que la société tout entière ne se révolte pas à ce seul mot de guerre.
    Ah ! nous vivrons encore pendant des siècles sous le poids des vieilles et odieuses coutumes, des criminels préjugés, des idées féroces de nos barbares aïeux.
    N’aurait-on pas honni tout autre que Victor Hugo qui eût jeté ce grand cri de délivrance et de vérité ?
    Aujourd’hui, la force s’appelle la violence et commence à être jugée ; la guerre est mise en accusation. La civilisation, sur la plainte du genre humain, instruit le procès et dresse le grand dossier criminel des conquérants et des capitaines. Les peuples en viennent à comprendre que l’agrandissement d’un forfait n’en saurait être la diminution ; que si tuer est un crime, tuer beaucoup n’en peut pas être la circonstance atténuante ; que si voler est une honte, envahir ne saurait être une gloire.
    Ah ! proclamons ces vérités absolues, déshonorons la guerre !

    Un artiste habile en cette partie, un massacreur de génie, M. de Moltke, a répondu, voici deux ans, aux délégués de la paix, les étranges paroles que voici : « La guerre est sainte, d’institution divine ; c’est une des lois sacrées du monde ; elle entretient chez les hommes tous les grands, les nobles sentiments, l’honneur, le désintéressement, la vertu, le courage, et les empêche en un mot de tomber dans le plus hideux matérialisme ! ».
    Ainsi, se réunir en troupeaux de quatre cent mille hommes, marcher jour et nuit sans repos, ne penser à rien, ne rien étudier, ne rien apprendre, ne rien lire, n’être utile à personne, pourrir de saleté, coucher dans la fange, vivre comme les brutes dans un hébétement continu, piller les villes, brûler les villages, ruiner les peuples, puis rencontrer une autre agglomération de viande humaine, se ruer dessus, faire des lacs de sang, des plaines de chair pilée mêlée à la terre boueuse et rougie, des monceaux de cadavres, avoir les bras ou les jambes emportés, la cervelle écrabouillée sans profit pour personne, et crever au coin d’un champ tandis que vos vieux parents, votre femme et vos enfants meurent de faim ; voilà ce qu’on appelle ne pas tomber dans le plus hideux matérialisme !
    Les hommes de guerre sont les fléaux du monde. Nous luttons contre la nature, contre l’ignorance, contre les obstacles de toute sorte, pour rendre moins dure notre misérable vie. Des hommes, des bienfaiteurs, des savants usent leur existence à travailler, à chercher ce qui peut aider, ce qui peut secourir, ce qui peut soulager leurs frères. Ils vont, acharnés à leur besogne utile, entassant les découvertes, agrandissant l’esprit humain, élargissant la science, donnant chaque jour à l’intelligence une somme de savoir nouveau, donnant chaque jour à leur patrie du bien-être, de l’aisance, de la force.
    La guerre arrive. En six mois, les généraux ont détruit vingt ans d’efforts, de patience, de travail et de génie.
    Voilà ce qu’on appelle ne pas tomber dans le plus hideux matérialisme.
    Nous l’avons vue, la guerre. Nous avons vu les hommes redevenus des brutes, affolés, tuer par plaisir, par terreur, par bravade, par ostentation. Alors que le droit n’existe plus, que la loi est morte, que toute notion du juste disparaît, nous avons vu fusiller des innocents trouvés sur une route et devenus suspects parce qu’ils avaient peur. Nous avons vu tuer des chiens enchaînés devant la porte de leurs maîtres pour essayer des revolvers neufs, nous avons vu mitrailler par plaisir des vaches couchées dans un champ, sans aucune raison, pour tirer des coups de fusils, histoire de rire.
    Voilà ce qu’on appelle ne pas tomber dans le plus hideux matérialisme.
    Entrer dans un pays, égorger l’homme qui défend sa maison parce qu’il est vêtu d’une blouse et n’a pas de képi sur la tête, brûler les habitations de misérables gens qui n’ont plus de pain, casser des meubles, en voler d’autres, boire le vin trouvé dans les caves, violer les femmes trouvées dans les rues, brûler des millions de francs en poudre, et laisser derrière soi la misère et le choléra.
    Voilà ce qu’on appelle ne pas tomber dans le plus hideux matérialisme.
    Qu’ont-ils donc fait pour prouver même un peu d’intelligence, les hommes de guerre ? Rien. Qu’ont-ils inventé ? Des canons et des fusils. Voilà tout.
    L’inventeur de la brouette, Pascal, n’a-t-il pas plus fait pour l’homme par cette simple et pratique idée d’ajuster une roue à deux bâtons que l’inventeur des fortifications modernes, Vauban ?
    Que nous reste-t-il de la Grèce ? Des livres, des marbres. Est-elle grande parce qu’elle a vaincu ou parce qu’elle a produit ?
    Est-ce l’invasion des Perses qui l’a empêchée de tomber dans le plus hideux matérialisme.
    Sont-ce les invasions des barbares qui ont sauvé Rome et l’ont régénérée ?
    Est-ce que Napoléon Ier a continué le grand mouvement intellectuel commencé à la fin du dernier siècle par les philosophes révolutionnaires ?

    Eh bien oui, puisque les gouvernements prennent ainsi le droit de mort sur les peuples, il n’y a rien d’étonnant à ce que les peuples prennent parfois le droit de mort sur les gouvernements.
    Ils se défendent. Ils ont raison. Personne n’a le droit absolu de gouverner les autres. On ne le peut faire que pour le bien de ceux qu’on dirige. Quiconque gouverne a autant le devoir d’éviter la guerre qu’un capitaine de navire a celui d’éviter le naufrage.
    Quand un capitaine a perdu son bâtiment, on le juge et on le condamne, s’il est reconnu coupable de négligence ou même d’incapacité.
    Pourquoi ne jugerait-on pas les gouvernants après chaque guerre déclarée ? Pourquoi ne les condamnerait-on pas s’ils étaient convaincus de fautes ou d’insuffisance.
    Du jour où les peuples comprendront cela, du jour où ils feront justice eux-mêmes des gouvernements meurtriers, du jour où ils refuseront de se laisser tuer sans raison, du jour où ils se serviront, s’il le faut, de leurs armes contre ceux qui les leur ont données pour massacrer, la guerre sera morte. Et ce jour viendra.

(...)

Bilan de leçon pour la première scène de la diligence : le partage du panier

Par raymondqueneau - publié le mercredi 4 octobre 2017 à 16:45

Un poème de Juliette Keller : éloge de Boule de Suif !

Par raymondqueneau - publié le mardi 3 octobre 2017 à 07:05

La guerre était maintenant arrivée

Un défilé, de soldats, par milliers

Se déroulait déjà, là, devant moi ;

Partir fut une décision, mon choix.

 

Une fois entrée dans la diligence,

Je pus voir mes compagnons de voyage.

Au moins dix personnes de tous les âges

Qui faisaient régner un large silence.

 

Carré-Lamadon, Loiseau, Cornudet

Boule de suif, bonnes s½urs, de Bréville

Aucun de nous n’avait paru hostile

A l’idée de tout, un beau jour, quitter.

 

Après de longues heures d’excursion,

mal à l’estomac, de faim, nous avions.

Heureusement, ceux-ci étaient là,

Boule de Suif et son panier repas !

 

Plus tard, la diligence fut stoppée;

Par un Prussien, sans doute un officier.

Il nous dit placidement de sorti;

A l’auberge, il nous convia à dormir.

 

Le soir, Boule de suif fut demandée

Quand elle revint enfin, sur son visage,

On apercevait colère, effroi, rage

Dû à ce qu’on lui avait ordonné.

 

En effet, nous ne pourrions repartir,

Que quand Boule de suif le voudrait bien,

Coucher avec cet officier prussien.

D’ici là, nous ne pouvions nous enfuir.

 

Des rumeurs commençaient à éclater,

Comme quoi Boule de Suif était prostituée.

Si nous voulions nous en sortir vivants,

Il fallait qu’on pense à nous maintenant !

 

L’affreuse stratégie fut établie ;

Chacun, à son tour, alla lui parler

Pour l’encourager à passer la nuit,

Avec l’officier très déterminé.

 

Le lendemain le plan fut accomplie

Le groupe avait réussi son pari.

Jamais plus Boule de suif, nous revîmes.

Mais elle sera toujours dans mon estime !


Juliette Keller, 2d9 


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