Le bateau livre

BILAN padlet : adresse pour se connecter

Par Mme Bruère - publié le 24-avril-2017 à 05:12 dans Théatre
https://padlet.com/veronique_bruere/notes

Eléments de correction pour la question de corpus du bac blanc

Par Mme Bruère - publié le 22-avril-2017 à 09:54 dans Méthodologie
A quoi tient l’efficacité de ces discours ?
I- Entre émotion et indignation -
Les procédés rhétoriques utilisés sont nombreux pour mettre en valeur le propos et le rendre convaincant (susciter l’adhésion de l’auditoire).
- La ponctuation ( !, ?...), les tournures injonctives, les adresses à l’interlocuteur, les répétitions, les énumérations n’ont pas la même finalité dans les trois textes : déclencher l’émotion dans le texte 1, l’indignation dans le texte 2 (forte valeur péjorative du pronom « on » pour rabaisser ceux qui exploitent les ouvriers mineurs, vocabulaire cru), l’émotion et l’indignation dans le texte 3 (discours hésitant au début et dont l’intensité va crescendo).
- Les trois personnages deviennent acteurs d’un moment important de l’Histoire, de leur histoire.

II- La théâtralisation de la parole
- Les répliques s’apparentent dans les textes 1 et 3 à des tirades théâtrales. « Les applaudissements » de la foule dans le texte 3 rappellent les didascalies. Mise en abyme de la parole : Méréana dit qu’ils disent que nous ne disons rien… (l.25, 30)
- Cette parole est associée dans le texte 2 a une démonstration visuelle (« il montrait », « il les faisait défiler »…) = mise en scène de la parole qui donne aussi à voir. Ce qui est donné à voir crédibilise le propos d’Etienne.

Cl : Textes qui déclenchent la pitié, la sympathie au sens étymologique (souffrir avec). Véritable réflexion sur les droits de l’Homme, la condition humaine.

Bilan des oraux blancs

Par Mme Bruère - publié le 13-avril-2017 à 01:12 dans Méthodologie
Moyenne de la classe : 11,4 / Les notes vont de 5 à 16
14 élèves ont eu la moyenne et plus.

Problématiques qui vont été proposées :

Jacquard : Comment l’auteur définit-il la science ?
Barjavel (excipit) : Comment peut se définir l’Humanité après cet excipit ?
Barjavel (description du monde utopique) : Quelles sont les caractéristiques de ce récit ?
Zola : Quels sentiments de l’homme face à la science fait ressortir cet extrait ? Comment Zola parvient-il à représenter l’exaltation du savant ?
Barjavel (incipit) : Est-ce ici un incipit traditionnel ?
Fontenelle : Qu’est-ce que la science à la lecture de ce texte ? Comment Fontenelle procède-t-il pour convaincre son lecteur ? (problématique tombée deux fois)
Ile des esclaves (sc 3) : Que dénonce cette scène comique ?
Ile des esclaves (sc 9) : Quelle est la portée morale de ce dénouement et son ambiguité ?
Ecume des jours : Vian reprend-il tous les codes de la rencontre amoureuse ?
Princesse de Clèves : Quelles sont les caractéristiques de cette scène de rencontre ? (problématique tombée deux fois)
Ile des esclaves (sc 6) : En quoi cet extrait nous présente-t-il une scène de comédie ?      Comment Arlequin et Cléanthis procède-t-il pour montrer aux maîtres leurs défauts ?
Montesquieu : Quel portrait de la société française du XVIIIème siècle nous est dressé par l’auteur ?
 


Oraux blanc de français

Par Mme Bruère - publié le 14-mars-2017 à 08:33 dans Méthodologie
Chers élèves,

Voici le planning des oraux du bac blanc de français.
Mardi 28 mars : Pierric (13H30), Alex (14H30), Maud (15H30), Maxence (15H30), 

Mercredi 29 mars : Sarah (8H30), Maeva (8H30), Jordan (8H30), Mathilde (8H30), Quentin (8H30), Kelvin (8H30), Steven (9H30), Alexia (9H30), Majid (9H30), Hichame (9H30),Sâra (9H30), Dylan (9H30)

Jeudi 30 mars : Mélissa (14H30)

Vous vous présenterez à l’heure indiquée entre parenthèses devant la salle qui sera mentionnée sur les panneaux en liège dans le mail. Vous découvrirez à ce moment-là le nom de votre examinateur ;)

Pensez à vous munir de :
- votre lutin, joliment présenté !
- vos oeuvres intégrales et lectures cursives
- des stylos et surtout des stabilos
- quelques feuilles de brouillon au cas où...
- une montre
- et toute votre tête, bien pleine ! Sans oublier votre bonne humeur...

Une fois l’oral blanc de français terminé, vous ne rentrez en classe qu’au début du cours suivant. La règle d’or est de ne pas interrompre un enseignant.

Enfin, je vous rappelle, pour votre plus grande joie, que les cours de français sont banalisés la dernière semaine.

Bonnes révisions ! Je compte sur vous !

Quelques problématiques...

Fontenelle
• En quoi ce texte participe-t-il de la réflexion sur la science contre les superstitions ?
• Comment Fontenelle conduit-il dans ce texte la satire du monde scientifique de son temps ?
• Comment ce texte interroge-t-il l’attitude de l’homme face à la science ?
Zola
• De quelle manière ce texte romanesque présente-t-il une réflexion sur la science ?
• En quoi ce texte fait-il réfléchir sur le rapport de l’Homme à la science ?
• Quelle attitude de l’homme face à la science apparaît ici ?
• Quelles visions de la science et de l’homme s’opposent dans ce texte ?
Jacquard
• Comment la composition de ce texte permet-elle de définir l’attitude scientifique de l’homme ?
• Qu’est-ce que la science selon ces pages ?
ROMAN
Incipit Barjavel
• En quoi cet incipit est-il original ? Donne-t-il le ton du roman ?
• Que nous apprend cet incipit ?
La cité utopique Barjavel
• Comment l’utopie est-elle décrite ?
• Sommes-nous en présence d’une utopie ? Pourquoi ?
• En quoi ce qui se trouve décrit ici est-il en effet une utopie ?
• Comment cet extrait met-il en lumière le topos littéraire de l’utopie ?

Points fréquemment abordés lors de l’entretien :
Généralités • Connaissances sur l’auteur du texte étudié • Connaissances sur les caractéristiques du siècle abordé : mouvement littéraire (les Lumières, le réalisme, le naturalisme…) • Confrontation des textes du corpus (à la manière d’une question de corpus…) • Etude des documents iconographiques pour eux-mêmes (étudiez « Le Géographe » de Vermeer) • Confrontation des textes du corpus avec les documents iconographiques • Evoquer les lectures cursives, donner ses impressions de lecteur (que vous a apporté la lecture de… ?) • Donner son avis sur les spectacles vus dans l’année. Réflexion sur les mises en scène…
Points plus précis - En quoi dans l’½uvre de Barjavel la dystopie est-elle en germe dans l’utopie ? - Que retirez-vous du travail sur la science au terme de votre travail ?

Et enfin la piqûre de rappel ! : Les dix commandements
• UTILISER LE LUTIN (où figurent TOUS LES TEXTES et AUCUN COURS)
• APPRENDRE A GERER SON STRESS : que celui-ci se transforme en un trac galvanisant !
• PRENDRE EN COMPTE LA QUESTION POSEE : ne pas réciter le cours et faire un PLAN CONSTRUIT (parties et SOUS-PARTIES)
• L’ANALYSE D’UN TEXTE DOIT PASSER PAR DES REPERAGES STYLISTIQUES PRECIS ET COMMENTES : attention à la PARAPHRASE
• LA CONNAISSANCE DES DOCUMENTS COMPLEMENTAIRES EST OBLIGATOIRE…
• AVOIR FAIT TOUTES LES LECTURES CURSIVES OBLIGATOIRES (voire facultatives) EST UNE EVIDENCE…
• ADOPTER LA BONNE POSTURE : ETRE OUVERT A L’ECHANGE, ADOPTER UNE ATTITUDE INVESTIE, CONVAINCUE ET MOTIVEE (être poli, ne pas se montrer hostile aux questions de l’examinateur)
• ETRE AUTONOME DANS L’ECHANGE (ne pas tout attendre de l’examinateur, essayer de devancer ses questions)
• SOIGNER LA QUALITE DE SON FRANÇAIS (s’en fiche, tombe dans le panneau, vachement, genre…) et parfois savoir se censurer (« Mallarmé parle pour ne rien dire… »)
• Enfin, TROUVEZ VOTRE PROPRE STYLE pour vous DIFFERENCIER DE « LA MASSE »

XXème et XXIème siècles

Par Mme Bruère - publié le 4-mars-2017 à 09:41 dans Théatre
Adresse du padlet pour réaliser le travail sur Les Bonnes de Jean Genet : https://padlet.com/veronique_bruere/lesbonnes

XVIIème siècle

Par Mme Bruère - publié le 4-mars-2017 à 09:37 dans Théatre
Adresse du padlet pour réaliser le travail sur Dom Juan de Molière : https://padlet.com/veronique_bruere/domjuan

XVIIIème siècle

Par Mme Bruère - publié le 27-févr.-2017 à 09:43 dans Argumentation

Les Lettres Persanes, « les caprices de la mode »                                     

Intro :

- Lettres Persanes, Montesquieu, XVIIIè s, siècle des Lumières

- Lettre de Rica à Rhédi = persans qui partent à la découverte du monde

- Description des m½urs parisiennes = critique de la mode

- LECTURE

- Comment la question de l’altérité est-elle traitée dans ce texte ?

I- Un regard moqueur

A- Le ridicule des femmes

- Femmes au centre du texte

- Comparées à des enfants capricieux : changements intempestifs de mode

- Habit = déguisement / maquillage = grimées comme des sauvages

B- Une vision caricaturale

- Femmes blâmées mais derrière le masque de l’étranger se cache Montesquieu qui force le trait

- Quantité d’hyperboles. Non respect des proportions. Corps humain métamorphosé.  La mode fait perdre la raison

- Course contre la montre. Délais de plus en plus  courts.

Tr : Femme au centre de la critique mais pour mieux dénoncer le poids des apparences au XVIIIè

II- La dénonciation du paraître

A- Des êtres fabriqués

- CL de l’architecture. Femme toutes faites sur le même modèle

- Perte de la personnalité, êtres superficiels. Se parer = cacher ce que l’on est réellement (costume). Les femmes deviennent des étrangères.

B- Des êtres soumis

- Dernier paragraphe = morale qui ouvre le débat

- Dénonciation de la monarchie et de la comédie sociale. Roi qui donne les codes à respecter pour se conformer à un idéal esthétique

Conclusion :

- Critique virulente et originale. Style propre au XVIIIè

- L’autre se perd dans une uniformisation

- Alors même que la question du beau est impossible à résoudre. Cf Voltaire

Recueil des sonnets de 2G

Par Mme Bruère - publié le 24-févr.-2017 à 11:53 dans Le salon des refusés
Publiez ici votre sonnet en ajoutant un commentaire.

XVIIIème siècle

Par Mme Bruère - publié le 22-févr.-2017 à 09:40 dans Théatre

L’île des esclaves, scène 3

Intro :

- L’île des esclaves, Marivaux, XVIIIè s, siècle des Lumières, 1725

- Scène 3 où figurent 3 personnages : Trivelin, chef d’orchestre, Euphrosine, spectatrice, Cléanthis, actrice. Elle fait le portrait de sa maîtresse

- Portrait virulent pour en dégager les défauts

- LECTURE

- En quoi ce portrait est-il un blâme ?

I- Une maîtresse aux nombreux défauts

A- Une femme versatile…

- Euphrosine est tout et son contraire : antithèses dans la première réplique de Cléanthis.

- Renforcé par des phrases très longues ( ;). Rythme des phrases qui mime les changements d’humeur

- Femme capricieuse centrée sur elle et son apparence

B- et narcissique

- Répétition du mot « Madame » : tout tourne autour de Euphrosine

- CL de la coquetterie et du regard. Tout est centré sur son « visage »

- Seul ce que les autres pensent d’elle importe Euphrosine. Elle se pare pour être vue = jeu de la comédie sociale

Tr : Derrière cette drôlerie du jeu de la caricature, de la parodie se cache une véritable critique sur la société de l’époque

II- Du rire à la critique sociale

A- Une leçon…

- Euphrosine subit le jeu de Cléanthis orchestré par Trivelin. Il motive l’esclave à poursuivre et amplifier.

- Cléanthis monopolise la parole pour s’imposer. Evolution dans la critique, passage de « elle » à « je » : Cléanthis se met dans la peau de sa maîtresse. Echange virtuel des fonctions. Elle rapporte tout ce qu’elle a entendu

- Inversion fictive des rôles pour faire comprendre au dominant les souffrances infligées au dominé = théâtre dans le théâtre.  

B- Au nom des droits de l’homme

- Ce jeu conduit à aller plus loin dans la dénonciation des défauts : Euphrosine ne respecte pas les droits fondamentaux de l’homme.

- Autoritarisme d’Euphrosine. Cléanthis n’est là que pour exécuter des ordres.

- Scène criante de vérité comme en témoigne la réplique d’Euphrosine.  Elle ne supporte pas l’image négative qu’elle donne à voir.

Conclusion :

- Blâme virulent qui recadre le débat social important à l’époque. Esclave plus lucide que sa maîtresse. Elle sait trouver le mot juste

- De la même manière, le persan (Lettres persanes) ouvre les yeux du lecteur sur les caprices de la mode au XVIIIès. Les parisiennes sont, comme Euphrosine, centrées sur leur apparence. 

XVIIème siècle

Par Mme Bruère - publié le 10-févr.-2017 à 09:34 dans Roman/Nouvelle
Le topos de la rencontre amoureuse : de La Princesse de Clèves à L’Ecume des jours


En quoi cette scène préfigure-t-elle un amour impossible ?
I- Une scène muette au service des regards
A- Le poids des apparences
- Le regard de la Cour : On voit le duc de Nemours sans le voir (description laudative du premier paragraphe). Mise en scène de la princesse, regard des spectateurs sur l’actrice, entrée majestueuse et triomphale
- Le regard des deux personnages sur eux-mêmes :- Aller à un bal nécessite une préparation : parure. Place importante donnée au physique / Costume théâtral. Le cadre du bal renforce l’idée qu’il faut se montrer
B- Une alchimie visuelle
- Un effacement du cadre : focus sur le prince et la princesse. Le voc du regard se démultiplie = cristallisation
- La naissance des sentiments : mise en avant de la surprise. Ils se reconnaissent avant de se connaître = éblouissement physique à l’origine d’un coup de foudre réciproque.
II- Entre conte de fée et prémice d’une tragédie
A- Une rencontre prédestinée
- Jeux de parallélismes : entrées en scène similaires, beauté commune hors du commun, origine sociale identique (aristocratie)
- Se reconnaître sans se connaître : pas de présentations officielles, élan amoureux de Nemours qui ne manifeste aucun doute.
B- Mais piégée par le jeu social
- Mme de Clèves, un esprit guidé par Mme La Dauphine et le roi. La Cour se plaît à réunir les amants, elle pousse à la tentation. A la fin du texte, ils observent le travail accompli.
- Un amour impossible car disparité au niveau des attitudes (action/passivité. M de Nemours est plus expressif). Scène qui va poser le dilemme passion-raison. Cet amour est contrarié d’entrée de jeu car il est interdit.

Boris Vian - L’Ecume des jours.
En quoi l’échec de Colin est-il une réussite dans cette scène?
I- Une rencontre amoureuse décalée
A- Un Colin tétanisé

- Un Dom Juan intimidé : vision misogyne des femmes (= proie) et en même temps timidité verbale et intellectuelle (jeu de mots raté)
- Et réduit à l’état d’enfant. Il prend Alise pour une maman rassurante.
B- Pour une Chloé désinhibée
- Elle domine en faisant le premier pas par le regard puis par les gestes
- Description méliorative qui la met en avant : inspire la confiance et l’assurance par son physique
II- Une singularité au service de l’originalité
A- La fragilité humaine

- Des émotions à fleur de peau et rendues concrètes par des comparaisons prosaiques qui donnent à sentir et à entendre
- Des émotions données à lire par un langage familier . Cela rend les personnages plus humains et donc plus proches du lecteur. Rencontre réaliste.
B- Un coup de foudre volontairement imparfait
- Deux temps interrompus par un intermède comique
- Le moment est désacralisé; Voc du corps humain parodique = robot, pantin. Cela retranscrit la maladresse du moment
- Se dégagent de cette scène de l’humour et de la fantaisie. Topos modernisé, rendu unique et en même temps universel. 

Voici une autre façon d’envisager le texte. Mais celle-ci met moins l’accent sur la réécriture du topos de la rencontre amoureuse.

Boris Vian (1920-1959) était un écrivain français, un ingénieur, un inventeur, un poète, un parolier, un chanteur, un critique et un musicien de jazz (plus exactement trompettiste).  Il a également publié sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, et pris d’autres pseudonymes comme Bison Ravi (anagramme de son nom). Son roman le plus célèbre est  L’Ecume des jours,  publié en 1946. Ce texte relate la scène de la première rencontre entre Colin et Chloé. Isis reçoit ses amis lors d’une soirée. Colin, qui éprouve le désir de devenir amoureux, découvre pour la première fois Chloé. On se demandera comment cette scène de première rencontre s’inscrit ici dans la tradition littéraire romanesque. Pour cela, nous verrons tout d’abord comment le coup de foudre amoureux est mis en scène puis nous montrerons qu’il s’agit d’une scène de rencontre originale.

I/ La mise en place de la rencontre

1/ Le cadre spatio-temporel

·         Il n’y a pas, à proprement parler, d’indicateurs de temps et de lieu dans l’extrait. Néanmoins l’espace et la durée de la scène sont implicites.

·         Colin rencontre Chloé au cours d’un bal qui se déroule dans l’appartement d’Isis.  Le cadre de la première rencontre est souvent festif : la personne aimée est remarquée au milieu d’un ensemble, sélectionnée par le regard de l’être amoureux et illuminée par les rayons de la fête.

·         Un bal fournit un cadre plus modeste et favorise la rencontre amoureuse, puisque la danse, qui en est l’activité principale, permet l’échange et favorise le rapprochement des corps et des c½urs.

·         Isis joue son rôle de maîtresse de maison et de cérémonie : elle « présente » des filles à Colin, filles dont Chloé est la dernière.

·         Isis remplit la fonction d’adjuvante de l’amour.

·         La danse de Colin avec Alise prélude à celle qui le réunit à Chloé qu’il invite.

 2/ Positions des partenaires et portrait physique

           Les positions des partenaires ne sont pas précisées quand ils se rencontrent.

·         On devine cependant qu’ils sont face à face, quand Isis les met en présence.

·         Ce face à face ne dure pas puisque Colin s’éloigne de Chloé et « s‘enfuit ». 

·         Le portrait de Chloé est fait en deux passages :

·         Il est d’abord dit que la jeune fille « avait des lèvres rouges, les cheveux bruns, l’air heureux et sa robe n’y était pour rien » ;· puis qu’elle « avait les yeux bleus », « les cheveux frisés et brillants ».

·         Les notations de couleurs (rouge, brun bleu) font de Chloé un tableau. Ces notations sont attribuées au corps de la  jeune fille, aux « lèvres », aux « cheveux «, aux « yeux ».

·         Sa robe n’a pas d’importance.

·         Ainsi Chloé devient un être naturel et non artificiel : sa beauté est toute naturelle.

II/ La mise en scène de la rencontre

1/ De l’effet au choc affectif

·         L’effet, comme dans la plupart des scènes de première rencontre, est instantané.

·         Il est signalé par le passage brutal de l’imparfait au passé simple.

·         Avant la rencontre règne la durée répétitive du simple désir ; sitôt après la rencontre, surviennent le bouleversement  devant l’irruption de la nouveauté et de la passion.

·         Alors que d’habitude l’échange des regards est canonique dans ce type de scènes, Vian l’omet mais il est fidèle au modèle en précisant les manifestations psychologiques de l’effet

·         Deux notations traduisent l’ébranlement physique que connaît Colin par des comparaisons inattendues : l’une concerne la bouche (« Sa bouche lui faisait comme du gratouillis de beignets brûlés »), l’autre concerne classiquement le c½ur qui bat si fort qu’on l’entend (« ça lui faisait comme une musique militaire allemande, où l’on n’entend que la grosse caisse »).

·         Une autre manifestation supplémentaire du trouble ressenti est sa difficulté d’élocution (« Bonj... »).

·         Lors de son dialogue avec Alise, il ne réussit qu’à aligner des grossièretés, comme s’il régressait à l’état infantile

2/ De l’échange au franchissement

 ·         Dans une première séquence, l’échange a été raté sur le plan de la parole puisqu’il avait « la conviction d’avoir dit une stupidité ».

·         Après cette communication entravée, l’échange réussit grâce à la danse, quand Colin « alla inviter Chloé ». 

·         Le franchissement est immédiat.

·         Sitôt invitée par Colin, « Chloé le regarda » et « Elle riait ». Les corps se rapprochent d’abord sur un geste volontaire du jeune homme qui commande à son organisme : «  Il réduisit l’écartement de leurs deux corps par le moyen d’un raccourcissement du biceps droit, transmis du cerveau, le long d’une paire de nerfs crâniens choisis judicieusement. »

·         Chloé répond à ce geste de manière tout aussi décidée : elle « appliqua, d’un geste ferme et déterminé, sa tempe sur la joue de Colin.

·         Si la parole a échoué à rapprocher les amoureux, les corps, grâce à la musique et à la danse, se sont trouvés et sont entrés en harmonie.

·         Le résultat de ce franchissement immédiat relève du miracle.

          Toutes les circonstances de la découverte respective de Colin et de Chloé laissent prévoir un amour qui n’aura pas de suite, pas d’histoire amoureuse profonde. Deux êtres sont mis en place, deux êtres jeunes, beaux, heureux, que leurs amis, la musique et la danse et jusqu’à leurs prénoms rapprochent dans un cadre de fête. La mise en scène consiste en une scène de rencontre où l’effet de coup de foudre est immédiatement suivi de l’échange et du franchissement de la distance. Boris Vian suit donc le modèle de la première rencontre,  sur le plan thématique il est un romancier traditionnel. Son originalité réside dans le ton qu’il utilise pour raconter cet épisode : l’humour qui se traduit par les jeux de mots montre une forme de pudeur dans l’expression des sentiments.


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