GONCOURT EN CHAMSON

Bonjour à tous

Par goncourtenchamson - publié le dimanche 20 décembre 2009 à 15:20
Ce blog est le fruit du travail de la classe de Terminale L du Lycée André Chamson du Vigan pendant les semaines
du Prix Goncourt des Lycéens 2009.
 


Vous y trouverez nos critiques littéraires
dans une rubrique qui doit beaucoup
 à la plume incisive de Cédrick.
 


Vous y trouverez également nos comptes-rendus des moments forts de ce projet avec nos impressions.
 

M. Christian Cavalli, notre professeur de lettres, a
également relaté ce Goncourt de son point de vue de professeur.


N'hésitez pas à poster des commentaires, nous en sommes friands !

Toute aventure mérite des photos !

Par goncourtenchamson - publié le jeudi 10 décembre 2009 à 15:12
 Cliquez sur les photos pour les agrandir et les voir entièrement :

   
 
    


 


Jean-Michel Guenassia – Le Club des Incorrigibles Optimistes

Par goncourtenchamson - publié le lundi 7 décembre 2009 à 22:19 dans Nos critiques littéraires

Impossible, dirons-nous, de ne pas parler du très apprécié lauréat de ce Prix Goncourt des Lycéens. La taille de l’objet, il est vrai, aurait pu aisément en rebuter plus d’un ; difficile pour de nombreux lycéens, au commencement du roman, d’être optimiste.

Mais cette hypothétique a priori est vite balayé par le souffle du roman ; le lecteur, pour peu qu’il se laissât faire, est emporté dès les premières pages dans la reconstitution d’une époque, véritable portrait d’une génération ; et le récit mouvementé d’une adolescence, inévitable formation d’un homme.

L’intrigue est captivante, les personnages attachants ; Leonid, Igor, Sacha, tous nous touchent, par leur vision du monde, de la vie, et parce qu’ils ont, en chacun d’eux, une petite part de nous-mêmes. C’est aussi ce qu’a réussi Guenassia : la création de personnages plus vrais que nature, complexes, fouillés, et avant tout, profondément humains.

Le souvenir de Michel Marini, le protagoniste, nous hante pour longtemps aussitôt le livre refermé ; c’est tout le talent de l’auteur, qui nous pousse durant sept cent cinquante pages aux côtés de Michel sans jamais nous lasser – et seuls des écrivains ou des lecteurs confirmés savent combien c’est difficile.

Le roman, en lui-même, est remarquable en tous points ; l’écriture est simple, fluide et accessible ; la structure très fouillée, où l’auteur distille les flash-back et autres rebondissements tel un orfèvre du chapitre, tel un forgeron de la phrase ; la longue expérience de Guenassia en tant que scénariste y est, à coup sûr, pour quelque chose.

Les décors, les personnages, tout existe, tout se représente avec une clarté désarmante dans notre esprit – et de faire remarquer également le côté cinématographique de la chose – et le lecteur assiste, ailleurs et en un autre temps, aux péripéties et aux déboires qui font la vie de chacun ; même si l’adolescence de Michel Marini a quelque chose d’extraordinaire, naturellement – tout le monde n’a pas nonchalamment rencontré Kessel ou Sartre au détour d’un club d’échecs.

Guenassia a également eu la finesse de faire découvrir ou redécouvrir au lecteur un contexte historique difficile et tendu ; les années 60, en France, où des réfugiés des Pays de l’Est, fuyant le communisme, se voyaient contraints de s’exiler à l’Ouest, quittant femmes, enfants et vie quotidienne pour une vie en France, pleine de nostalgie, de regrets – et de rancœur ; et tout cela par le prisme subtil des yeux de Michel, perspicace, mais qui ne saisit pas, naturellement, chacune des implications politiques – et surtout, qui a de bien plus importantes choses dont il doit se soucier, comme l’arrivée de son bulletin scolaire, sa famille – peut-être un peu stéréotypée -, ses amis, et la gestion de sentiments contradictoires ; et ce club d’échecs, véritable monde à lui tout seul – lorsque Michel y rentre, il y oublie ses soucis, découvre peu à peu la vie de chacun des hommes du Club, assiste à d’interminables débats idéologiques et politiques, bref, il y mûrit.

La narration ne faiblit jamais, alternant allègrement entre la légèreté de la jeunesse et la gravité de l’âge adulte ; Guenassia amène doucement le lecteur à s’interroger, à soulever lui-même certains problèmes ; le lecteur se promène, se prend une gifle, crie, chuchote, lit, écoute, dort avec le narrateur – car le roman est une grande réussite.

C’est ainsi qu’à la fermeture du livre, on comprend immédiatement l’engouement que suscite ce livre, de par sa limpidité et sa légèreté étonnantes ; car c’est bien cela, ce livre détonne, étonne, sonne comme une cloche au milieu d’un paysage littéraire peut-être un peu trop silencieux ; et l’impression taraudante, et stimulante, d’avoir vécu une adolescence de plus.




Cédrick Méléard.

Jury final et impressions

Par goncourtenchamson - publié le vendredi 4 décembre 2009 à 16:00 dans Récits de vie du Goncourt

La réunion a commencé avec le discours sincère et touchant de Madame Moriaux, dans la salle de réunion où toute la classe ainsi que M. Cavalli, M. Brénier et Madame Laurence Patri. Ensuite nous avons embrayé sur un premier chois dans lequel se démarquaient les trois auteurs dont nous avions fait la rencontre à Nîmes. Cependant, suite à de vifs débats les avis ont rapidement divergé pour se diriger vers des livres « plus littéraires ». Mais ce choix se fit au prix de petites déceptions... En revanche, malgré ces petites déceptions et ces petites divergences d'opinions, chacun a su écouter l'autre et défendre comme il se devait les livres qu'il a appréciés. Pour toutes les deux, cette réunion a marqué l'aboutissement d'un projet qui nous a permis de gagner en maturité grâce aux responsabilités que nous avions en tant que lecteur. De plus, ce projet a su être mené à bien, grâce à la touche personnelle apportée par chacun. Avoir participé à ce projet, et avoir réalisé  que notre avis avait de l'importance, nous a permis de prendre confiance en nous... Le Vigan, lycée André Chamson a participé au « Prix Goncourt des Lycéens 2009 », nous n'aurions jamais pensé que ça arriverait et pourtant ce projet a été possible grâce à l'implication personnelle de M. Cavalli, M. Brénier et bien d'autres ! Merci à vous tous de vous être mobilisés pour que ça ait pu se réaliser!

 

Célia et Stéphanie

PREMIERE LECTURE, PREMIERES EMOTIONS ...

Par goncourtenchamson - publié le vendredi 27 novembre 2009 à 15:01 dans Nos critiques littéraires

Les Heures Souterraines

de Delphine de Vigan


Par Stéphanie FOURNEL


Vendredi 18 septembre, milieu de l'après midi... Remise des premiers livres, j'en ai un dans chaque main. J'hésite comme une gamine dans un magasin de jouets ! Mauvaise fille de Justine Lévy ou bien Les Heures Souterraines de Delphine de Vigan? J'hésite, je dois me mettre d'accord avec les camarades de mon groupe. Finalement j'opte pour le livre de Delphine de Vigan, peut-être parce que le résumé me semble plus attractif que celui de Mauvaise Fille.

Arrivée le soir chez moi, je me mets à la lecture. Dès la première page je me sens emportée! Cette écriture singulière donne un côté original à ce livre qui pourrait paraître terne... Et pourtant non! Ces deux histoires de vie croisées semblent tellement réelles, tellement bien racontées que j'imagine n'importe qui dans la peau des personnages... Leurs destins semblent tellement proches de nous que je me mets à imaginer les gens que je croise à la place de Mathilde et de Thibault.

Mais dans cette histoire de vie, les passages sont parfois longs mais ce côté quelque peu négatif ne m'empêche pas d'aimer ce livre. J'aime cette écriture violente, comme la vie des personnages. Cette violence enfouie dans les moindres recoins d'une ville qui passe de la lumière à l'ombre. Le moindre mot donne matière à réfléchir, à retranscrire ce roman dans la réalité qu'est la société dans laquelle nous vivons. Les souffrances des personnages, parfois un peu exagérées font vivre le lecteur à la place des personnages.

A la lecture de ce roman, on peut se surprendre à se dire "Oh non! Ce n'est pas possible, il ne peut pas faire ça!", à pester contre les injustices faites à cette mère de famille travailleuse mais aussi à vivre la même incompréhension que Thibault face à cette femme froide qu'il aime sans rien avoir en retour, si ce n'est un amour physique.

Roman de vie, destins croisés, souffrance ravalée, violence masquée... Voici un roman qui donne matière à réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons. Un livre qui donne une claque, qui montre la perfidie d'un monde prétendu évolué, qui montre que celui-ci malgré les évolutions qu'il a subies reste une jungle dans laquelle la loi du plus fort aura souvent raison. Une société dans lesquelles les relations restent un mystère et dans laquelle le moindre petit élément peut déclencher un long chemin vers la destruction.

J'ai aimé ce livre, je ne regrette en aucun cas ce premier choix! A lire pour ceux qui aiment les récits de vie, quelque peu psychologiques !


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