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Par Laucun - publié le 2017-janv.- 7 à 09:18 dans Lectures analytiques du bac

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Correction Dom Juan comédie comique : 1ère partie et 2de

Par Laucun - publié le 2017-janv.- 6 à 08:39 dans Argumentation

Exemple de corrigé à partir des copies remises

 

Introduction générale ; cf polycopié du sujet




 

Rappel de la thèse défendue et annonce des sous-parties (= arguments pour la défendre)

     Dans la plupart de ses grandes comédies, Molière a usé de toute la gamme des procédés comiques : harmonisant toutes les sources du rire d’une scène à l’autre. Il s’agit, tour à tour, du comique de geste associé au spectacle théâtral, de caractère lié à l’ensemble des personnages principaux ou secondaires, de langage associé à des dialogues d’une variété extrême.

Premier argument  = 1er paragraphe

      En premier lieu, l’auteur s’appuie sur la farce d’origine médiévale, populaire et profane, et sur les jeux de mimes de la commedia dell’arte. Cet humour farcesque et très visuel apparaît essentiellement grâce au personnage de Sganarelle, souffre-douleur de son maître. Molière a poussé certains traits du personnage jusqu’au grotesque : le soufflet destiné à Pierrot est en effet reçu douloureusement par le valet à l’acte II, scène III ; puis, il chute à la  scène première de l’acte III ; enfin il est prétendument atteint d’une colique pour échapper à un combat périlleux, à l’acte III, scène V. De même le jeu de sièges et la sortie brutale de M. Dimanche indiquée par les didascalies externes à la fin de l’acte IV, scène 3 « en le poussant » relève de cet aspect bouffon de la farce distrayante et burlesque. Le créditeur venu réclamer son dû repart doublement bredouille, un retournement de situation qui rappelle le moment où Dom Juan, le séducteur, devait battre en retraite face à deux prétendues conquêtes paysannes sans parvenir à ses fins. Par ailleurs le comique un peu grossier, trivial ou scatologique, multipliant les retournements de situation et les jeux de scène de la farce, s’accompagne d’une autre forme comique plus satirique liée au caractère.

Transition et deuxième paragraphe :

      En effet les traits psychologiques du personnage traditionnel de comédie prêtent presque tous à sourire. La couardise du valet est assez traditionnelle tout comme son désir souvent réprimé de faire des remontrances à son maître ; ces deux traits se trouvaient déjà chez le Catalinon de Tirso de Molina, une des sources du Dom Juan de Molière. Au contact de son maître Sganarelle a acquis quelque prétention à jouer au philosophe : il s’écoute parler et prétend avoir besoin de contradiction pour pouvoir soutenir la discussion (acte III, scène première). Mais sa naïve dialectique défend aussi maladroitement les causes les plus diverses : les bienfaits du tabac puis de la médecine, la croyance au "moine bourru" et l’existence de Dieu ! Quant aux paysans, ils ont le langage et les manières des rustres de la farce. Leurs propos, imitation d’un patois d’Ile de France, laissent à sourire. Pierrot ainsi ne peut que tenir des propos paradoxaux : « je voyais que je ne voyais plus rien » ! Le noble Dom Juan n’échappe pas au comique de caractère, monomaniaque comme Harpagon peut l’être dans l’Avare, ses outrances le ridiculisent souvent. A la fin de la célèbre tirade sur l’inconstance amoureuse ne clame-t-il pas qu’il lui vaudrait d’ « autres mondes pour pouvoir étendre ses conquêtes amoureuses » ? Son goût de l’hyperbole marque la démesure du matamore de la séduction et du libertin impénitent. Mais son hubris (sa démesure orgueilleuse) semble plus ridicule qu’effrayant : contrairement aux personnages de tragédie, il ne suscite ni terreur, ni pitié.

Dernier argument :

      Le comique verbal quant à lui, se déploie dès la scène d’’exposition grâce à l’’éloge paradoxal du tabac. Sganarelle s’appuie en effet sur des arguments d’autorité absurdes car anachroniques : « comme le dit Aristote ». Cette forme de comique ne s’achève qu’au dénouement dans un cri de détresse matérialiste réitéré « mes gages, mes gages, mes gages ! ». Cette gamme d’humour passe par les excès des traits de caractère du personnage éponyme grâce aux hyperboles fantasques et des antiphrases pleines d’ironie hypocrite. Les différentes formes de comique ne cessent donc de se mêler : la parodie, la satire, le burlesque se conjuguent le plus souvent. La mise en scène, bien entendu, jouera de cette variété comique liée aux gestes, aux caractères et aux mots. Daniel Mesguich, par exemple, représente l’acte II comme une pastorale et habille Sganarelle, le comédien Hecq, en une infirmière ridicule (et non en un docte médecin) à l’acte III.
    
Synthèse et transition vers la deuxième thèse plus nuancée

     Cependant le rire reste épisodique dans Dom Juan : trop de personnages appartiennent à l’univers tragique (ou héroïque) pour qu’’il soit question de rire d’eux. A côté des victimes parfois ridicules (Sganarelle, les paysannes, M. Dimanche bourgeois dupé à l’égal de M. Jourdain), il y a celles que l’on plaint : Done Elvire, Don Louis au sens de l’honneur familial digne d’un héros cornélien.  Cette dimension tragique apparaît dans la structure même de la pièce, le langage et le statut des personnages, l’intervention du sacré et du surnaturel.



      En premier lieu, le tragique de la pièce apparaît notamment dans sa structure. En effet tout commence dès les prédictions de Sganarelle sur l’’avenir incertain de son maître dès la fin de la première scène. Le caractère inéluctable du dénouement se confirme par la barque qui chavire et le sauvetage in extremis de Pierrot ou par la poursuite des douze cavaliers (comme les douze apôtres ?) qui poursuivent Dom Juan. Les déclarations de la statue ou du spectre sont, elles, explicites : « L’’endurcissement au péché traîne une mort funeste ». Il est peu banal enfin qu’’une comédie s’’achève par la mort programmée et spectaculaire du protagoniste et non par un dénouement heureux marqué par un mariage et un ballet. Le statut particulier de certains personnages appartenant à la noblesse confirme l’’aspect tragique de la pièce.

      En second lieu, l’’aristocratie s’accompagne d’une noblesse du langage en contraste fort avec les propos des personnages issus du Tiers État. Le vers blanc des personnages « nobles » retrouve instinctivement le rythme de l’’alexandrin racinien. Il y a du sublime dans les exhortations d’’Elvire (acte premier, scène 3) ; de la grandeur dans les reproches de Dom Louis ; de la générosité dans la reconnaissance de Dom Carlos. Là encore l’importance de la mise en scène et du jeu des acteurs (chez Jouvet, Chéreau, ou Lassale) peut nous éclairer. Jouvet, en 1940, rend la seconde intervention d’Elvire proche d’un état de grâce inégalée comme en témoignent ses notes de cours d’art dramatique. L’’absence de respect des codes du libertin impénitent peut aussi nous indigner. La compassion de Pierrot dépité légitimement : la jeune fille qu’’il aime mal mais sincèrement se trouve courtisée par le "grand seigneur méchant homme" à qui il vient de sauver la vie et qui, de surcroît, le frappe. Le paysan exprime à sa façon le code de l’’honneur que Dom Juan bafoue : « ça n’’est pas bian de battre les gens, et ce n’’est pas là la récompense de vou’s avoir sauvé d’’estre nayé ». Pathétique ce personnage farcesque s’attire néanmoins la sympathie du public et fait ressortir l’indignité cruelle du libertin, ce qui donne parfois une certaine amertume à la farce.

   En dernier lieu la tragédie survient avec l’apparition de la présence divine "deus ex machina" /.../


Autres aspects à développer  :  l’intervention du surnaturel, du merveilleux, mais aussi la dimension polémique et, bien sûr, toute la réflexion philosophique : qu’’est-ce que croire, aimer, être libre ?









Evolution du personnage de Dom Juan :





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