Des mots pour le dire

Interview de Ionesco

Par vadministrateur - publié le vendredi 16 février 2018 à 08:09 dans 1ère

Le théâtre de l’absurde

Par vadministrateur - publié le vendredi 16 février 2018 à 03:43 dans 1ère
     Face à l’absurdité du monde, les dramaturges du « théâtre de l’absurde » développent un immobilisme, une attente désespérée. Ne parvenant pas à se contenter de la forme dramatique telle qu’elle existe à l’époque, et qui repose souvent sur des bases réalistes, ils poursuivent le travail entamé par les surréalistes sur une poétisation de la langue, et mettent la forme dramatique au service de ce constat d’absurdité. Aucun ne fait plus confiance à la langue comme outil de communication. Le langage est l’outil du pouvoir, il est oppressant et absurde, le plus souvent figé dans des formes sclérosées.

      Le but du théâtre de l’absurde est de présenter la situation fondamentale, particulière, d’un individu englué dans l’absurdité du monde. Les auteurs de l’absurde refusent le réalisme des personnages et de l’intrigue. Leurs pièces ne mettent pas en scène de personnalités marquées, ni d’intrigue dans le sens « narratif » du terme. Le lieu où se déroule l’action n’est souvent pas cité avec précision. Le temps n’est pas linéaire : soit il n’avance pas, soit il se répète. Enfin, le théâtre de l’absurde travaille à la fois le comique et le tragique Si les pièces d’Ionesco sont souvent considérées en fonction de leur potentiel comique, l’auteur n’avait de cesse de rappeler leurs bases tragiques, puisqu’elles reposaient toutes sur des constats plutôt sombres.

      Le théâtre de l’absurde n’est pas un courant littéraire ou une école, mais bien un agrégat d’approches très différentes de l’art théâtral. Mais ces avant-gardes des années cinquante ont pour point commun d’avoir ouvert la voie à une nouvelle façon d’écrire des pièces. Libérant le dialogue et la scène de carcans traditionnels, elles laissent en héritage aux dramaturges qui suivent l’intuition que la forme théâtrale doit être remise en question, et qu’un travail différent sur la langue est possible.

Le théâtre de l’absurde se caractérise donc par :
- La disparition de l’intrigue traditionnelle et un cadre spatio-temporel imprécis
- Des personnages en crise, sans identité marquée
- Une absence de communication (le langage exprime le vide et l’incohérence)
- Un mélange des registres comique et tragique
- L’importance accrue des didascalies: le théâtre est autant gestes et attitudes que paroles

Ionesco et la Roumanie

Par vadministrateur - publié le vendredi 16 février 2018 à 02:01 dans 1ère
Ionesco

À Bucarest, M. Ionesco père se remarie et obtient le poste enviable d’inspecteur général du gouvernement, avant de devenir avocat à Bucarest . Il adhère bientôt à la Garde de Fer, mouvement fasciste et antisémite, soutenue par le gouvernement du IIIème Reich.

Pendant ce temps à Paris, Thérèse et ses enfants vivent chichement dans un hôtel peu confortable. Lors d’un bombardement, Thérèse prend peur et décide d’envoyer Eugen et Marilina chez des paysans de la Mayenne. Outre que les petits seront à l’abri, ils pourront manger à leur faim...

Le séjour fut un bonheur pour Eugène. Les fermiers sont de braves gens, l’instituteur est passionnant, le curé est bon et généreux. L’enfant découvre les joies renouvelées qu’offre chaque jour la nature. Eugène Ionesco n’oubliera jamais ses deux années de petit paysan. Ce fut le paradis sur terre.

Hélas, tout s’achève, la guerre est finie, le grand-père maternel prend sa retraite, il faut rentrer à Paris pour vivre tous ensemble, cinq personnes en appartement de deux pièces sur une cour sombre et humide, dans une petite rue de XVème.

Quelques mois plus tard, le père se rappelle qu’il a deux enfants et les réclame.

Le retour en pays natal ne se passe pas sans mal. Première difficulté : le jeune Eugène ne connaît pas un mot de roumain, il doit apprendre la langue dans un temps record pour entrer au lycée. Seconde difficulté : les rapports entre beaux-enfants et belle-mère sont virulents.

À Paris, sans ses enfants, la vie est trop triste pour Thérèse aussi décide-t-elle de retourner à Bucarest où elle s’installe dans un minuscule logement. Mise à la porte par sa marâtre, Marilina rejoint sa mère. Eugène, à la suite d’une violente altercation avec son père, se réfugie auprès d’elles deux. Grâce à une bourse, le garçon peut s’installer dans une chambre indépendante et continuer ses études .


Les gardes de fer

Nom pris par le parti fasciste roumain qui s’appuie sur un antisémitisme combatif et, après 1933, sur la propagande national-socialiste.

La Garde de fer est fondée par un jeune capitaine, Codreanu. Il prétend rendre à la vie politique un idéal qu’on croit évanoui depuis la réalisation de l’unité nationale ; jusqu’en 1933, le gouvernement fait preuve de faiblesse, voire de complaisance, à l’égard de cet agitateur qui se pose en sauveur national. Mais, comme les luttes intérieures sont marquées par une recrudescence de la violence et que la Garde de fer se transforme en une véritable armée, le président du Conseil, le libéral Duca, en ordonne la dissolution ; la réponse est quasi immédiate ; Duca est assassiné en décembre 1933. Devant la propagande frénétique de la Garde de fer et la faiblesse du régime parlementaire, seule la dictature royale apparaît capable de barrer la route à la puissance de Codreanu, qui risque de déchaîner la violence.

En 1938, une charte constitutionnelle confie le pouvoir au roi et aux ministres. Les chefs de la Garde de fer sont traduits devant les tribunaux ; Codreanu, condamné à neuf ans de prison, est abattu à la fin de 1938, au cours d’une « tentative d’évasion ».

En 1939, le président du Conseil, Calinesco, tombe sous les balles de la Garde de fer. Celle-ci prendra sa revanche complète, en 1940, avec l’arrivée au pouvoir du maréchal, Antenescu qui imposera au pays l’abdication du roi Charles II, l’alliance allemande et l’antisémitisme systématique.(Encyclopedia universalis)

Interview Mouawad

Par vadministrateur - publié le jeudi 8 février 2018 à 08:44 dans 1ère

LA n°4 Incendies

Par vadministrateur - publié le jeudi 8 février 2018 à 05:22 dans Textes pour l'EAF

Nawal vient de mourir et a chargé ses enfants jumeaux dans son testament de retrouver leur père ainsi que leur frère, dont ils ignoraient l’existence. Dans la dernière partie de la pièce, Nihad, l’enfant que Nawal a eu quand elle avait quinze ans, et qu’elle a été contrainte d’abandonner, apparaît sur scène. Nous sommes dans les années 80.

Un jeune homme en haut d’un immeuble.
Seul. Walkman1 (modèle 1980) sur les oreilles.
Fusil à lunette en guise de guitare, il interprète avec passion les premiers accords de The Logical song de Supertramp2.

NIHAD (marquant la guitare puis chantant à tue-tête). Kankinkankan, boudou (4 fois)

Lorsque la chanson débute, son fusil passe du statut de guitare à celui de micro. Son anglais est approximatif. Il chante le premier couplet.

Soudain, son attention est attirée par quelque chose au loin.
Il épaule son fusil, rapidement, vise tout en continuant à chanter. Il tire un coup, recharge très rapidement.

Tire de nouveau en se déplaçant. Tire de nouveau, recharge, s’immobilise et tire encore.
Très rapidement, Nihad se saisit d’un appareil. Il le braque dans la même direction, il fait le point, prend la photo. Il reprend la chanson.
Il s’arrête soudainement. Il se plaque au sol. Prend son fusil et vise tout près de lui.
Il se lève d’un coup et tire une balle. Il court vers l’endroit où il a tiré. Il a laissé son walkman qui continue à jouer.

 Nihad est debout, toujours au même endroit. Il revient, tirant par les cheveux un homme blessé. Il le projette au sol.

L’HOMME. Non ! Non! Je ne veux pas mourir !


NIHAD. « Je ne veux pas mourir ! » « Je ne veux pas mourir ! » C’est la phrase la plus débile que je connaisse !

L’HOMME. Je vous en prie, laissez-moi partir ! Je ne suis pas d’ici. Je suis photographe.

NIHAD. Photographe ?


L’HOMME. Oui ... de guerre ... photographe de guerre.

NIHAD. Et tu m’as pris en photo ... ?

L’HOMME .... Oui ... Je voulais prendre un franc-tireur3... Je vous ai vu tirer. .. je suis monté ... mais je peux vous donner les pellicules ...


NIHAD. Moi aussi, je suis photographe. Je m’appelle Nihad. Photographe de guerre. Regarde. C’est moi qui ai tout pris. Nihad lui montre photo sur photo.

L’HOMME. C’est très beau ...


NIHAD. Non ! Ce n’est pas beau. La plupart du temps on pense que ce sont des gens qui dorment. Mais non. Ils sont morts. C’est moi qui les ai tués ! Je vous jure.

L’HOMME. Je vous crois ...Fouillant dans le sac du photographe, Nihad sort un appareil photographique à déroulement automatique muni d’un déclencheur souple. Nihad regarde dans le viseur et mitraille l’homme de plusieurs photos. Il tire de son sac un gros ruban adhésif et attache l’appareil photo au bout du canon de son fusil.
Qu’est-ce que vous faites ...

L’appareil est bien fixé.
Nihad relie le déclencheur souple à la gâchette de son fusil.
Il regarde dans le viseur de son fusil et vise l’homme.
Qu’est-ce que vous faites ? ! Ne me tuez pas ! Je pourrais être votre père, j’ai l’âge de votre mère ...
Nihad tire. L’appareil se déclenche en même temps. Apparaît la photo de l’homme au moment où il est touché par la balle du fusil. Il s’adresse à l’homme mort.

NIHAD. Kirk, l am very happy to be here at « ’T.V. Show »4 ... Thank you to you, Nihad. So Nihad, what is your nesxt song ? My nexst song will be a love song.
A love song ! Yes, a love song, Kirk.
It is new on your carrière, Nihad.
You know, well, l wrote this song when it was war. War on my country. Yes, one day a woman that l love died.Yes. Shouting by a sniper. l feel a big crash in my hart. My hart colaps. Yes. l crie. And l wrote this song.
It will be a plasir to heare your love song, Nihad..No problème, Kurk.

Wajdi Mouawad, Incendies, Quatrième partie, « Incendie de Sarwane », Scène 31 (extrait), 2009

1.     Lecteur de cassettes portable. 2. Chanson de 1979. 3. Combattant qui n’appartient pas à une armée régulière. 4. L’orthographe restitue l’anglais approximatif de Nihad.


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