ECRITURE LONGUE 214

FIN

Par samsagace63 - publié le lundi 1 mai 2017 à 15:07
FIN DE L’HISTOIRE:

Choisissez un des incipits et proposez-en une fin. Vous publierez votre travail sous la forme d’un commentaire (cliquez sur « commentaires » en bas de l’incipit choisi : attention à bien vous être d’abord identifié dans « zone de gestion ».)


                          DONNEZ COMME TITRE "FIN"                            


Votre suite, assez longue, devra  :

- achever le récit de manière cohérente et vraisemblable

- Intégrer les éléments de résolution signalés dans le jet précédent.

  • Attention à bien reprendre par ailleurs le tissu d’indices présents dans les différentes parties de récit qui précèdent.

VOUS AVEZ JUSQU’AU 14 MAI, 18 heures

Mahatir et Edena

Par BASTIDE2017 - publié le mardi 24 janvier 2017 à 06:49
      En Mongolie au milieu des steppes et des paysages montagneux sans fin vivaient les jumeaux Edena et Mahatir. C’étaient des enfants de 11 ans, malicieux et très curieux . Un jour, alors qu’ils jouaient dans leur jardin avec les chèvres, un vieux monsieur aux cheveux gris pénétra dans leur maison, il tenait entre ses mains un énorme livre plein de poussière. La porte de la yourte étant grande ouverte, le vieil homme n’eut pas de mal à pénétrer à l’intérieur de la demeure; il posa le livre sur une grande table, sous les yeux curieux des jumeaux qui s’étaient cachés derrière un arbre pour ne pas se faire remarquer. Le vieil homme un peu boiteux repartit, aussi mystérieusement qu’il était entré..
     A peine le vieillard s’était-il éloigné que les jumeaux se jetèrent sur ce mystérieux livre, mais il était scellé avec une corde et un sceau rouge qui représentait un dragon. La couverture était totalement neutre, aucun titre, aucune image , que de la poussière et ce sceau. Les jumeaux cherchèrent une partie de l’après midi le moyen d’ouvrir le livre et de découvrir ce qu’il pouvait bien renfermer. Le soir, à la fin du repas, Edena fatiguée se leva et marcha jusqu’à son lit , mais le tissu qui lui servait de pyjama se coinça dans une des pointes de la yourte qui servait à faire tenir les habits mouillés, sa mère prit la première chose coupante qui lui  passa sous la main, un coupe papier: elle coupa le tissu avec une facilité étonnante, Edena et Mahatir se regardèrent et dans ce regard ils comprirent tous les deux qu’ils avaient eu la même idée.
     Le lendemain ils se réveillèrent avant tout le reste de la famille, ils prirent le coupe papier qui était posé sur le rebord de la table. Edena regarda son frère et coupa, d’un coup franc la corde qui scellait le livre. Ils ouvrirent le livre et découvrirent quelque chose de merveilleux.

Suite 1: C. Thomas
Ce vieux grimoire renfermait les légendes Mongoles. Dans ce pays où l’hindouisme est la principale religion, on prête une âme aux objets, aux animaux, aux végétaux qui sont vénérés par le peuple mongol. Edena et Mahatir ont été élevés dans ces contes et légendes. Lorsqu’ils étaient enfants, leur grand-père s’installait à côté du feu sur une vieille souche d’arbre servant de siège, une tasse de lait de chèvre tiède à la main, la tête incliné vers l’avant, les yeux clos, il se raclait la gorge avant de commencer à leur conter les récits des grandes batailles mongoles, le commencement du monde ou encore bien d’autres poésies et fabuleuses histoires qui font la culture des mongols aujourd’hui. Edena et Mahatir étaient fascinés par ces légendes que leur grand-père, barde de renom dans leur coin de steppe, racontait avec tant de passion et de précision que lorsque les enfants fermaient les yeux ils avaient l’impression d’être au milieu d’une plaine immense, montant des chevaux fougueux et courageux aux côtés des légendaires cavaliers mongoles.
Lorsqu’ils ouvrent le livre et commencent à lire, il n’en reviennent pas! Ils ont sous les yeux l’½uvre originale manuscrite de l’histoire Mongole depuis son commencement.
Soudain, le bruit d’un froissement de couverture les fit sursauter. Ils se hâtèrent de cacher le vieux livre sous l’oreiller de Mahatir, là ou leur mère ne le trouverait pas. Leur père se leva, se frotta les yeux et dirigea son regard vers les jumeaux leur adressant un timide sourire avant de sortir de la yourte pour aller faire sa toilette matinale.
Mahatir lui emboita le pas aussitôt. Il poussa la porte recouverte de peau de la yourte, plissant les yeux, éblouis par la lumière naissante du jour. Devant lui se dressait l’immense steppe aux couleurs verdoyantes, quelques rochers dispersés ici et là donnaient l’impression d’un jeu d’échec géant figé dans une partie inachevée; le bruit  de l’eau du petit torrent qui ruisselait  non loin à était apaisant et sa couleur faisant écho au bleu du ciel mongol. Seule une colline de roche et d’herbes sèches de faible altitude venait troubler cette sensation d’infinie étendue. Une légère brise de vent tiède soufflait, faisant incliner les rares arbustes disséminés autour de la yourte.
Edena resta un plus longtemps au lit ce jour là afin de s’assurer que sa mère ne trouverait pas le grimoire. Mahatir, lui, était déjà parti rejoindre son père pour l’aider à garder leur troupeau. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que les jumeaux purent se rejoindre dans leur petit lieu habituel tandis que leur mère était sortie ramasser du bois pour le souper du soir et que leur père était occupé à rassembler les troupeaux.
A l’abri du vent et hors de portée de vue de leurs parents, les jumeaux s’installèrent et ouvrirent le vieux livre poussiéreux. Edena se mit à lire à haute voix et en l’espace de quelques secondes les enfants se retrouvèrent face à une étonnante créature. La bête ressemblait à un loup, de couleur bleue et de la taille d’un ours, la créature n’avait pas l’air de les avoir vus ni sentis.
Edena et Mahatir en profitèrent pour se faufiler derrière un rocher et observer discrètement ce que faisait le loup bleu.

Suite 2: A. Rochez
Le loup ne bougeait pas , il était comme figé dans l’espace. Ce n’était pas une scène qui se déroulait devant les jumeaux mais seulement une image qui se peignait. Edena et Mahatir avaient reconnu cette bête, ils auraient pu l’identifier parmi beaucoup d’autres, il s’agissait du mystique Loup Bleu, le loup céleste Börte Cino, vénéré par tous et père de tout le peuple Mongol. Cet animal légendaire ressemblait trait pour trait à la créature que leur avait décrit leur grand-père pendant les multiples folklores passionnants qui avaient occupé beaucoup de leurs soirées d’enfance ; il était d’une splendeur inqualifiable , sa fourrure était d’un gris clair aux reflets bleus parsemé de taches à quelques endroits. Il était d’une taille impressionnante, son regard était plongé dans le paysage lointain , sa tête était levée vers l’horizon et comme l’avait souvent dit  l’aïeul des deux enfant , sa posture le faisait apparaitre tel un roi se tenant devant son peuple, un roi puissant, dominant le monde. Les alentours commencèrent alors à changer, à se brouiller, comme si on les avait effacés pour en créer de nouveaux. Les jumeaux ne virent bientôt plus leur antre secrète ni le rocher derrière lequel ils s’abritaient : un tableau bien différent était en train de se brosser. Des arbres naissaient un peu partout , des arbres grands, hauts, garnis de feuilles, des arbres à n’en plus finir, des arbres qu’on ne voyait pas ici, au milieu des steppes. Ce nouveau paysage qui finissait d’apparaitre était en totale opposition avec les démesurés paysages montagneux où ils se trouvaient quelques minutes auparavant. Le loup était toujours là, d’une immobilité parfaite. Tout à coup, sans que les enfants aient eu le temps de s’habituer à ce nouvel environnement, le paysage recommença à changer, tout devint trouble, s’effaça au fur et à mesure, ils furent pris dans un tourbillon de vide et sans qu’ils  comprennent comment cela c’était produit, ils se retrouvèrent au milieu d’un rassemblement. Visiblement, ce peuple qui bougeait dans tous les sens, qui applaudissait avec joie, était en train d’acclamer quelqu’un. Edena essaya, mais en vain, de comprendre ce que n’arrêtait pas de crier cette foule en effervescence  puis elle entendit distinctement.
« -Grand Khan  , Grand Khan ! »
C’était donc le nom d’un homme que ce flot de gens hurlait. Mahatir et Edena se rappelaient très bien de l’histoire du Grand Khan, de son vrai nom Gengis Khan. C’était le fondateur de l’empire Mongol et d’après leurs souvenirs,  il était une figure légendaire que le peuple Mongol prenait pour le père de leur nation mais il avait été aussi associé à un conquérant impitoyable et sanguinaire. Les enfants comprirent alors le lien entre le Loup Bleu et Gengis Khan puisque la légende disait que Börte Cino était l’ancêtre de ce Grand Khan. Le temps s’accéléra. Les jumeaux assistèrent aux nombreuses conquêtes conduites par Gengis Khan,  ils virent ensuite de nombreux autres successeurs, de nombreux autres Khan ,  de nombreux autres souverains tel Ögödei ou encore Töregene. Le temps continuait à accélérer, les siècles défilaient devant leurs yeux ébahis,  leur montrant l’évolution de l’histoire Mongole.
Ils virent des guerres, des conquêtes, des émeutes et, subitement, comme si la bande de ce sempiternel long métrage était arrivé à terme, ils ne virent plus ses flots de souvenirs en rafales mais ils se retrouvèrent au milieu d’une prairie sans fin, entourés de chevaux endiablés que des cavaliers montaient avec assurance et détermination. Edena et Mahatir se trouvaient là au centre d’une grande bataille dont ils ne connaissaient par la raison et ils y assistaient en temps réel. Ils demeuraient à la lisière d’une forêt , cachés par quelques buissons épars.  D’où ils étaient, ils pouvaient entendre les hurlements que poussaient les légendaires guerriers prêts à sa lancer à l’assaut. Soudain, un guerrier revêtu d’une armure et d’un masque doré et qui semblait être le chef, s’élança vers le clan qui les opposait et attaqua. Tout se passa ensuite très vite : tous les soldats s’élancèrent à sa suite vers les cavaliers adverses, lançant des flèches, brandissant haut vers le ciel leurs épées. Edena et Mahatir regardaient ce spectacle qui se déroulait très près d’eux, avec un effroi terrible. Un combat acharné faisait alors rage, les guerriers se donnaient de multiples coups, on entendait le son métallique des épées se percutant.
Tout à coup, un étrange cri rauque retentit près de Mahatir . Il tourna alors la tête et une vue horrible lui vrilla l’esprit. Sa s½ur qui était debout quelques minutes plus tôt, était désormais couchée sur le sol, sa jambe, qui était transpercée par une flèche, était en sang et son visage était baigné de larmes. Mahatir s’empressa de prendre Edena et de l’emmener derrière un arbre à l’abri de toutes autres attaques dont ils pourraient être l’objet.
«  Que s’est-il passé ? demanda Mahatir
- Je ne sais pas….Une flèche a été lancée dans notre direction mais je ne pensais pas qu’elle pouvait nous atteindre, répondit Edena qui ne pouvait s’empêcher de grimacer de douleur , comment est-il possible que nous soyons vraiment dans le passé et que se soit réel ?
- Je n’en ai aucune idée » , répliqua son frère
Mahatir inspecta la blessure d’Edena avec précaution.
« Tu perds beaucoup de sang Edena , il faut que l’on trouve de l’aide au plus vite ,dit-il en regardant le champ de bataille sur lequel continuait la lutte obstinée entre les deux peuples, mais ce n’est sûrement pas ici que nous la trouverons ! »,  poursuivit-il.
 Après que Mahatir eu fait un léger bandage à Edena, ils décidèrent de partir à la recherche d’un quelconque village en traversant la forêt.
Deux heures étaient passées, et malgré le fait qu’Edena était blessée, ils avaient parcouru de nombreux kilomètres mais la fatigue commençait à se ressentir et il ne voyait toujours pas l’ombre d’une habitation. Subitement fatiguée, Edena annonça qu’elle n’en pouvait plus. Elle était tellement harassée qu’elle ne tenait debout que grâce aux bras de son frère qui la tenait. Ils s’apprêtaient à stopper leur marche lorsque Mahatir crut voir, entre deux arbres, un village de yourtes.  Il crut d’abord que c’était un mirage puis après avoir regardé de plus près il vit qu’il s’agissait bien de contours d’habitations qui se dessinaient dans la clarté du soir. Une lueur d’espoir naquit alors dans le regard des deux enfants et Mahatir annonça qu’il fallait donc continuer d’avancer.  Quelques minutes plus tard ils se trouvaient à l’entrée du village. La joie qu’ils ressentirent à ce moment là était indescriptible mais fut vite remplacée par un sentiment de peur. Quelques villageois qui se trouvaient dehors scrutèrent quelques secondes les nouveaux arrivants puis,  voyant que c’était des étrangers, se mirent à crier. Des gardes surgirent alors et commencèrent à  s’approcher dangereusement du duo. Les deux enfants ne savaient comment réagir à cette offensive.  Mahatir dit alors à sa s½ur qu’il était préférable de fuir et s’engagea entre deux yourtes. Ralentis par la blessure d’Edena,  sils pdaient du terrain sur leurs poursuivants. Ils se croyaient perdus quand, brusquement, des bras sortis de nulle part saisirent Mahatir et sa s½ur, qu’il aidait à marcher. L’homme qui les avait sauvés les avait entrainés dans une petite yourte où aucune lumière ne pénétrait, ils entendirent les pas précipités des gardes passant devant l’entrée. Lorsque Mahatir voulut se retourner vers sa s½ur pour savoir si elle allait bien, il vit qu’elle regardait avec un  étonnement non dissimulé l’homme qui venait de les sauver. En effet quand Mahatir regarda à son tour l’individu, il fut frappé de stupeur : c’était le vieil homme mystérieux et un peu boiteux qui avait déposé le fameux livre dans leur yourte !


Paysage de Mongolie


 Yacks...



Suite 3: C. Thomas

« Mais que faites vous ici ? demanda le vieil homme,
- Je, je …
- On ne sait pas ! répliqua Edena d’une voix étranglée et rauque, ne pouvant dissimuler sa douleur,
- Où est Nyamsuren ? Où est votre grand-père ? (indices de résolution)
- Nous sommes seuls... Mais vous connaissez grand-père ? »
L’homme ne répondit pas, il se contenta de préparer un cataplasme à base de feuilles, d’herbes, de terre et d’eau. Il demanda à Mahatir de maintenir sa s½ur plaquée au sol et de l’empêcher de bouger.
« La douleur va être vive ! Tiens la bien ! »
Mahatir hésita, il était terrifié par ce qu’il venait de vivre et le fait de devoir contraindre sa s½ur le mettait mal à l’aise. De plus, il ne savait pas s’il pouvait avoir confiance en ce vieux bonhomme: après tout jusqu’ici il ne leur avait apporté que des ennuis, c’est lui qui avait déposé le grimoire, sans se livre ils n’en seraient pas là...
Le jeune garçon plongea son regard dans celui de sa s½ur, cherchant son approbation mais il n’y vit que de la douleur, une souffrance telle que Mahatir eut bien du mal à retenir ses larmes à la vue de celles d’ Edena.
Un hurlement strident et profond retentit, puis plus rien.
« Qu’est ce qu’elle a ? Elle ne bouge plus! Faites quelque chose ! Edena! Edena !
- Du calme, la douleur était intense, elle s’est évanouie, et crois-moi: c’est une bonne chose pour elle, laissons-la se reposer.»
Mahatir s’installa au centre de la yourte, près du feu, le regard perdu dans la flamme vacillante du foyer.
Le vieux bonhomme lui tendit une tasse de lait de chamelle chaude et s’assit près de lui, Après un moment de silence, le vieil homme commença :
« J’ai rencontré ton grand-père il y a de cela bien des printemps. A l’époque, je parcourais la steppe avec pour seul compagnon mon cheval. Je m’était établi pour l’hiver près d’un lac au pied d’une petite montagne. A la fonte des neiges, alors que je m’apprêtais à repartir, je décidai de profiter encore un peu de ce paysage. La montagne jusqu’alors recouverte de neige prenait une couleur verdoyante à mesure que le manteau blanc fondait. Quelques plaques de neige persistaient à son sommet, des yacks étaient venus goûter à l’herbe fraîche et tendre et le lac commençait son dégel. J’entendais le craquement de la glace, le ruissellement de l’eau endormie et immobile jusqu’ici.
C’est la que j’entendis un homme crier. Il était dans l’eau, coincé entre deux plaques de glace. Je me précipitai vers lui mais il avait disparu avant que j’aie eu le temps d’arriver jusqu’à lui. Je pris mon courage à deux mains et plongeai dans l’eau glaciale du lac au c½ur noir. Mon corps tout entier me brûlait, chaque mouvement me demandait un effort surhumain, je n’arrivai même plus à penser. A bout de souffle, je croyais me noyer quand je fus happé par un tourbillon, Je me  retrouvai à la surface, l’air gonflant douloureusement mes poumons. Je nageai jusqu’à la rive quand j’aperçus ton grand-père qui se tenait debout face à une sculpture, on aurait dit un tableau peint à l’huile. Les couleurs étaient vives et chatoyantes, le spectacle irréel, Nyamsuren me tendit la main et m’aida à sortir de l’eau. Nous avons allumé un feu afin de nous réchauffer et de sécher nos vêtements. Nyamsuren était de nature curieuse alors nous partîmes à la découverte de ce lieu inconnu. Des sculptures de tortue étaient alignées; tu le sais,  elles représentent l’esprit de l’eau, l’indépendance, la solidarité et la longévité. Nous nous approchâmes, une sorte de tronc creux était planté en plein milieu de leurs carapaces. Ton grand-père y plongea la main et en sortit un vieux grimoire. (indices de résolution)
 Il l’ouvrit et une sorte de brouillard envahit l’horizon avant que tout ne redevienne clair.
Nous étions là, planté devant la cité de Karakorum. Mais la cité ne devait pas être là, elle avait existé mais il y avait plus de 700 ans...en 1260... »
Le vieux bonhomme n’eut pas le temps de finir, Edena s’agitait dans tous les sens. Elle était brûlante de fièvre, l’infection gagnait sa jambe, il fallait réagir vite.
Le vieil homme prépara un nouveau cataplasme puis se dirigea en direction d’un vieux coffre en bois bien caché sous un tas de peaux.
Il en sortit un étrange accoutrement.
« Vous êtes chamane ?!
-Oui, de père en fils et ce depuis plus de deux siècles, maintenant silence »
Le rituel commença, Mahatir se tenait près de sa s½ur, le vieil homme entama sa danse.
Peu de temps, après la petite Edena  se réveilla. Elle allait mieux, sa jambe était sauvée et la douleur atténuée.
Mahatir demanda alors comment arrêter ça, comment arrêter ce périple.
« Le livre... » (éléments de résolution)

Vie et Mort

Par FAURE2017 - publié le lundi 23 janvier 2017 à 08:22
      En Inde, dans le désert du Thar, seuls au monde, des jumeaux de 15 ans du nom de Vie et de Mort se promènent à la recherche d’eau et de nourriture. A l’aide de leur livre légué par leur mère intitulé « Survivre en terrain hostile », les ados vagabondent dans le désert. Ils meurent de faim et de soif depuis deux jours, seuls avec un vieux coupe-papier rouillé. Depuis longtemps et même depuis toujours ils ne mangent que pour survivre et la famine les ronge de jour en jour. Les enfants ont quelques complications pendant leur périple car Vie se met à boiter et Mort est noyé de tristesse. L’ainé de quelques minutes a instauré une règle qui consiste à se remémorer tous les soirs les rares bons moments de leur existence pour ainsi garder le moral. Vie et Mort ne sont pas dans le désert par pur hasard mais par survie car, depuis quelques jours, ils ont été contraints de fuir leur village ravagé par la guerre.

Suite 1: F. BOULARD
Malgré la tristesse de son frère, et la sienne, Vie décida tout de même de ne pas baisser les bras et de continuer à suivre le livre légué par leur mère avant de mourir. Mort perdait espoir de retrouver un jour une personne qui pourrait les aider mais décida d’écouter Vie malgré sa douleur. Il faisait très chaud, ils étaient à bout de souffle et d’un coup Vie tomba à terre, épuisé par la chaleur et  sa jambe qui lui faisait terriblement souffrir, il ferma les yeux quelques secondes mais presque aussitôt Mort s’écria qu’il voyait un village au loin et le força à se relever. Vie pensait que Mort avait des hallucinations mais il constata que son frère ne se trompait pas; alors ils se précipitèrent pour rejoindre le village.
Le plus courageux des deux, Vie, rentra le premier, Mort le suivit de tout près. Vie ne vit personne dehors alors entra dans la première maison mais personne n’y habitait, il essaya les cinq  maisons suivantes, toujours personne. Mort vit au fond du village une maison esseulée.  Peut-être  y aurait-il quelqu’un? Vie, pas très confiant décida quand même d’aller voir. Ils rentrèrent et découvrirent un homme. Vie demanda à cet homme d’où il venait  et pourquoi il y avait que lui dans ce village, le monsieur se présenta et raconta ce qui lui était arrivé aux jumeaux qui l’écoutaient attentivement.
L’homme s’appelait Solitude, il avait 52 ans et avait perdu sa famille quelques jours plus tôt à cause de la guerre. Les jumeaux découvrirent ainsi que cet homme venait du même village qu’eux. Solitude s’était enfuit et s’était retrouvé dans le désert, il avait continué à marcher pendant plusieurs heures sans savoir où il allait puis comme eux, il avait trouvé ce village dévasté, il avait fouillé toute les maisons sans rien trouver, puis dans la dernière maison, ultime espoir,  il avait trouvé de la nourriture dans les placards alors il s’y était installé jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Après avoir écouté son histoire, les jumeaux mangèrent le peu qu’il restait de pain, décidèrent de passer la nuit là et de repartir le lendemain accompagné de Solitude.

Suite 2: A. SIMON
Cette nuit Vie et Mort dormirent sur une pile de vieux coussins. Cela faisait des jours que les deux frères dormaient à même le sol dans le désert. En se levant, Vie aperçut Solitude préparer de quoi manger. Sur la table se trouvait du pain sec ainsi qu’une carafe d’eau sale. Sachant que Mort dormait encore, Vie en profita pour poser des questions à Solitude sur leur village et sur les nouvelles du pays, s’il en avait :
-Tu sais mon petit, commença Solitude, j’ai le fort regret de te déclarer que notre cher petit village a sûrement été réduit en miettes. Hier, je ne vous ai pas dit qu’en arrivant dans cette maison j’ai trouvé une radio. J’ai réussi à la faire marcher et les actualités sont très négatives... Le gouvernement est tombé suite à une attaque de barbares et maintenant ce sont eux qui ont le pouvoir. Ils veulent mener une guerre mondiale pour une raison que j’ignore. Ils pillent les villages et tuent toutes les personnes qu’ils croisent, c’est pour cela qu’il faut que l’on se fasse discrets en repartant tout à l’heure. Je ne voulais pas vous le dire pour ne pas vous effrayer mais toi tu as le droit de le savoir, je te trouve très débrouillard comparé à ton frère.
Cela faisait maintenant plusieurs heures que Vie, Mort et Solitude marchaient dans le désert du Thar sans savoir où aller.  Pour éviter que le silence ne s’installe entre eux, Vie racontait ce qu’il avait lu dans le livre que sa mère lui avait légué à son frère et lui. Il expliquait comment se procurer de l’eau dans le désert: il fallait creuser dans le sable jusqu’à apercevoir du sable humide et laisser l’eau jaillir par elle-même. Mort n’était pas très convaincu par cette idée. Solitude demanda à Vie d’emprunter son livre pour pouvoir le lire dans la soirée. Au bout d’un moment, les deux frères et Solitude décidèrent de s’arrêter un peu pour se reposer et aussi parce que la douleur de la jambe de Vie commençait à se faire ressentir.
- Je reviendrai avec de la nourriture, avait dit Solitude, je reviendrai dans quelques heures..
Les deux jumeaux avaient dormi contre des rochers à l’abri du vent cette nuit. Solitude n’était toujours pas revenu. Les jumeaux commençaient à se demander si cet homme qu’ils n’avaient rencontré que la veille était fiable :
- Vie, tu ne comprends donc pas ? Il est parti pour de bon il a pris le livre et les seules vivres que l’on possédait. Cet homme est un imposteur ! s’exclama Mort
- Je ne sais pas. Il m’a raconté qu’une guerre s’annonce et que des barbares tuaient toutes les personnes qu’ils croisaient. J’ai bien peur qu’il en ait croisé et qu’il soit mort.
- Attends! Quand t’a-t-il raconté ça?
 - Il me l’a dit quand tu dormais, mais peu importe.
- Tu es en train de me dire que tu m’as caché une information si importante car un homme que tu connais à peine te l’as demandé ?
- Il ne voulait pas t’effrayer.
Vie et Mort passèrent toute l’après-midi à faire les cent pas autour des rochers en espérant que Solitude reviendrait sain et sauf avec de la nourriture. Aucun des frères n’avait ouvert la bouche depuis leur petite querelle de la matinée. Tout d’un coup, des coups de feu  retentirent. Les deux jumeaux virent au loin des silhouettes s’approcher d’eux.




Maisons traditionnelles dans le désert du Thar



La ville de Jaisalmer dans le désert du Thar

Suite 3: E. Bellanger


Vie et Mort se rapprochèrent l’un de l’autre : était-ce Solitude qui revenait avec de la nourriture ou des barbares qui allaient les tuer? En fait, c’était bien Solitude, mais il était accompagné de deux hommes avec deux chameaux. Un des hommes avait tiré des coups de feu pour effrayer des animaux sauvages qui venaient dans leur direction. Les deux hommes portaient des turbans sur la tête et avaient la peau brulée par le soleil. Solitude expliqua aux jumeaux qu’il les avait rencontrés sur son chemin alors que les deux hommes rentraient vers leur village : ils étaient partis chercher de l’eau au puits et avaient chargé leurs sacs d’eau sur le dos des chameaux.
 Vie et Mort étaient très méfiants et Vie demanda à Solitude :
- En quoi ces deux inconnus peuvent-ils nous aider ? Êtes-vous sûr, Solitude, que ce ne sont pas des barbares ?
- Ne t’inquiète pas, petit, répondit Solitude, j’ai pu me faire comprendre, connaissant un peu leur dialecte ! Ils vont nous conduire dans leur village à dos de chameaux. Mais avant, nous allons encore passer la nuit ici et nous partirons demain matin.
Mort et Vie étaient toujours très inquiets. Pourtant les deux hommes partagèrent la nourriture et l’eau qu’ils leur restaient avec les jumeaux et Solitude, sans prononcer un mot.
Après une nuit froide, ils se préparèrent pour rejoindre le village. C’était à dos de chameaux que Vie et Mort allaient poursuivre leur route. La chaleur se faisait déjà sentir dès le matin. Solitude, lui, décida de marcher à côté des chameaux et de réserver les bêtes pour les jumeaux et les deux hommes.
Les hommes aux turbans n’avaient jamais parlé durant toute la route. Vie et Mort étaient épuisés et avaient bien du mal à tenir entre les deux bosses du chameau. Solitude croyait en la bonne foi des deux hommes alors que Vie et Mort restaient convaincus qu’ils ne les conduiraient pas à un village. Et pourtant, après des heures de marche à dos de chameaux, dans le désert, Vie, Mort et Solitude n’en crurent pas leurs yeux : le village émergeait de ce désert de sable.
Une lueur d’espoir jaillissait enfin. C’était un village de chameliers. Une fois arrivées, les deux hommes leur montrèrent une petite maison et leur firent comprendre qu’ils pouvaient s’y reposer. C’était  une maison traditionnelle, ronde, recouverte d’un toit de chaume. Les murs extérieurs étaient blancs et peints de motifs symboliques, de couleur ocre. Les murs étaient sûrement faits de boue ou de terre séchée. Une fenêtre et une porte étaient les seules ouvertures vers l’extérieur. A côté de la maison ronde, une autre rectangulaire se dressait comme un lieu de culte. Vie et Mort allaient enfin pouvoir se reposer. Quant à Solitude, bien que terrassé par la fatigue, il dit :
- Nous allons reprendre des forces ici, boire, manger, dormir, avant de repartir demain ! Je dois vous avouer que j’ai lu dans le livre de votre mère, que si vous atteigniez la ville de Jaisalmer (élément de résolution) vous devriez trouver de l’aide pour vous rendre au Pakistan, pays où vous pourrez enfin vivre loin de cette guerre. Je ne sais pas si Jaisalmer vous parle mais ce n’est plus très loin d’ici. Courage ! Nous allons y arriver.
Vie et Mort gardaient donc un espoir de s’en sortir …
Tous les trois passèrent la journée et la nuit au village et repartirent le lendemain matin.
Solitude avait réussi à troquer un chameau pour continuer leur route, avec quelques réserves de nourriture. A tour de rôle, Vie, Mort, et Solitude se partageaient le dos de l’animal.
Pendant des jours, des paysages désertiques, parfois de dunes, s’étendaient à perte de vue. Solitude et Mort arrivaient encore à marcher mais Vie souffrait de plus en plus de sa jambe. Mort se demandait si Vie ne le faisait pas exprès pour être sur le chameau continuellement. Solitude, inquiet de l’état de santé de Vie, décida de s’arrêter et d’examiner sa jambe. Il comprit tout de suite, que Vie avait du être piqué par un scorpion non venimeux durant une nuit et que la piqure avait dû s’infecter malgré tout. Il dit à Mort qu’il lui fallait trouver des plantes médicinales au plus vite pour soigner la jambe de son frère. Sinon, il risquerait de ne jamais atteindre Jaisalmer. Mort comprit que c’était sérieux et qu’il fallait trouver des herbes sans tarder.
Sur ces terres arides, la végétation est rare, mais par chance, non loin de leur campement, ils trouvèrent les bonnes plantes. Mort les arracha et s’empressa de les ramener à Solitude. Ce dernier les écrasa et le frotta sur la plaie de Vie, dans l’espoir que cela le soulage et lui permette de continuer leur chemin.
Après quelques heures de repos, ils repartirent. Vie semblait moins souffrir. La nourriture commençait à manquer ainsi que l’eau. Heureusement, après toutes ces journées de marche, la ville de Jaisalmer leur apparut au loin comme sortie du sable. Il faisait toujours très chaud. La forteresse  dominait un labyrinthe de petites maisons. Le fort s’étendait sur une hauteur. Sa couleur dorée se confondait avec le sable.
Solitude était soulagé. Quant à Vie et Mort, ils se demandèrent pourquoi leur mère avait parlé de Jaisalmer comme de la ville de l’espoir. En quoi leur arrivée dans cette ville, pouvait bien les conduire à trouver une vie meilleure ? Les jumeaux étaient épuisés mais gardaient espoir. Cependant, ils se demandaient si ce n’était pas une ville fantôme, comme celle qu’ils avaient quittée… Dans quelle maison allaient-ils trouver de l’aide ? Leur mère leur avait-elle caché l’existence d’un proche à Jaisalmer (élément de résolution).
Tous les trois décidèrent de laisser le chameau aux portes de cette ville et d’explorer à pied les étroites ruelles. Y avait-il une personne encore en vie, qui pourrait les aider, et les sortir de ce périple infernal ? Ni Vie, ni Mort et encore moins Solitude, n’en avaient la moindre idée…


L’atome

Par DENIS2017 - publié le dimanche 22 janvier 2017 à 07:10
      Mai 2047. Nous sommes à Tokyo, du moins, ce qu’il en reste. Il y a 60 ans, de nombreuses bombes nucléaires ont éclaté au Japon des suites d’une guerre nucléaire entre le pays du soleil levant et la Russie. Je n’ai pas connu cette guerre, évidemment, je n’ai que 16 ans. Nous sommes nés dans l’abri communautaire de la ville, mon frère jumeau et moi. N’ayant jamais connu notre mère, nous avons été élevés par notre père. Tout se passait bien, jusqu’à ces derniers mois. Cela fait depuis mars que nous mourrons presque de faim, nous sommes quelques centaines dans l’abri et les provisions se font rares (environ un morceau de pain rassi par jour).
     Aujourd’hui, en me levant, j’entends des cris dans le hall d’entrée. Je m’empresse de réveiller mon frère, et par sécurité, je prends ce qui pourrait me servir d’arme, un simple coupe-papier dans le bureau de mon père. En me dirigeant vers la source des cris, je remarque des traces de sang au sol. J’ai envie de rebrousser chemin et d’aller me recoucher, mais je décide quand même de continuer, en prenant mon courage à deux mains. En arrivant dans le hall, je vois des résidents de l’abri devant la porte scellée. Je remarque mon père à la tête de toutes ces personnes, en train de frapper un garde. En regardant à ma gauche, je vois plusieurs personnes armés jusqu’aux dents, armure anti-émeute, fusils d’assauts automatiques, entrer dans le hall. Mon frère me tire par la manche et m’entraîne dans une pièce adjacente, une buanderie. Quelques secondes plus tard, j’entends des coups de feu, des cris, des pleurs, et, ce qui me glaça le sang...des rires.
     Un grand silence se fit. Cachés derrière une machine à laver, on entendit la porte de la pièce s’ouvrir. Un garde fit son apparition. Ce n’était pas difficile de comprendre ses intentions, il venait chercher et tuer les survivants. Il s’approchait dangereusement. Il passa près de notre cachette en nous tournant le dos. J’aurais pu le laisser partir, il n’y avait que peu de chances qu’il  nous remarque. Mais j’ai choisi la solution de facilité : lui trancher la carotide avec mon coupe-papier. Il s’effondra et, dans le peu de temps qui lui restait, il se retourna et me lança un regard à vous glacer le sang. Je vis un meurtrier dans l’éclat de ses yeux. Il y avait sûrement d’autres gardes, je pris donc son armure, et son arme pour me camoufler. J’ordonnai à mon frère de rester derrière moi. Je sortis du hall: je vis un charnier humain. Plus aucun garde à l’horizon. Et parmi les cadavres, je reconnus mon père. Je voulus pleurer, mais je me retenais, pour garder le peu de fierté qu’il me restait. Mon frère, en revanche, éclata en sanglots. Au milieu des cadavres, je remarquai un livre. Je le pris par curiosité, l’ouvrit, et vit qu’il était vierge. Un bout de charbon était posé par terre. Je le saisis. Je m’avançai vers la porte, l’ouvris avec la commande à côté. Je sortis, et en regardant les ruines de ma ville, pris le bout de charbon et le livre. Et dans ce carnet, j’écrivis : « Jour 1 »

SUITE 1: L. PINDON
Cela fait déjà de nombreuses heures que nous marchons. L’atmosphère se fait de plus en plus insupportable, la zone étant toujours très affectée par les radiations. Nos forces commencent à s’épuiser, nous devons concentrer le peu d’énergie qu’il nous reste pour trouver un endroit où dormir. En effet, la nuit menace de tomber et il n’est pas question de s’établir ici, au milieu des ruines de la ville où trainent je ne sais quelles personnes malintentionnées, ou mêmes des « monstres » comme les appelait notre père. Je n’en ai jamais vu en vrai, car je ne suis jamais sorti de l’abri, mais mon géniteur, qui lui avait ce privilège, m’en avait parlé. Il les décrivait comme d’horribles créatures qui étaient anciennement des hommes, des femmes et des enfants qui avaient petit à petit muté à cause de la très forte radiation. Car malheureusement, tout le monde n’avait pas trouvé de refuge à temps. A l’époque de mon grand-père, quelques temps après la catastrophe, c’était le chaos. Le peu de gens qu’il restait vivaient dans l’anarchie la plus totale, une guerre civile avait éclaté dans le pays. Le gouvernement avait  été  boycotté et un groupe avait pris le pouvoir très rapidement et terrorisait la foule. Ils se faisaient appeler « Les Héros », mais ils portaient mal leur nom. Leur passe-temps préféré ? Massacrer de pauvres innocents. Je parle d’eux comme s’ils étaient morts mais en réalité, je n’en ai aucune idée. Le nombre de membres de ce groupe ne cessait de s’accroître et la menace devenait de plus en plus imminente, c’est alors que ma famille avait décidé de prendre la fuite. Ils trouvèrent un endroit assez isolé, peu affecté par les bombes nucléaires, où s’étaient réfugiées de nombreuses personnes : l’abri communautaire. Un endroit paradisiaque avec tout ce qu’il fallait, c’est-à-dire des rations suffisantes pour tenir longtemps, de l’électricité, des bons matelas. Mais il manquait quelque chose : des armes. Un jour, un groupe ennemi attaqua le refuge et pilla la grande majorité de la nourriture sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit. Comment je sais tout ça ? Mon grand-père tenait un journal où il écrivait tout ce qu’il se passait et il l’avait transmis à mon père qui me l’avait donné ensuite. Je ne sais pas pourquoi il ne l’avait pas donné à mon frère, mais passons. Aujourd’hui ce livre est sous un lit dans une chambre que je ne reverrai sans doutes jamais. Mon frère me tire de mes pensées en pointant du doigt un vieux bâtiment qui semble avoir tenu le choc :
-Regarde là-bas ! Ça pourrait le faire pour cette nuit, non ?
-Je vais aller jeter un coup d’½il, reste ici.
Mais bien sûr, têtu ou peureux comme il est, il me suit. Je vois très bien qu’il est envahi par la tristesse,  à cause de la mort de tous les gens que nous connaissions, dont notre père, ou par le fait d’avoir quitté le seul endroit où nous avons toujours vécu. Je le comprends, mais j’essaye de ne montrer aucun de mes sentiments, il faut qu’on reste fort afin de pouvoir affronter ce qui nous attend. Mon frère est si naïf, je en suis même pas sûr qu’il soit au courant de l’existence des monstres. Je sais que je devrais le lui dire mais je n’y arrive pas, je n’ai pas envie de briser le peu d’innocence qui lui reste. Lorsque nous franchissons le seuil de la porte, j’ai comme un mauvais pressentiment. Le bruit venant de la pièce du fond me le confirme. Je décide d’aller voir et ordonne à mon frère de rester dans l’entrée. Plus je m’approche, plus le bruit ressemble à une voix humaine. La voix devient plus claire, ça ressemble très fortement à des plaintes. Je m’arme du couteau que j’ai pris sur le corps d’un des gardes qui se trouvaient à l’abri. Je pousse légèrement la porte de ce qui semble être une cuisine, et découvre une fille de dos qui doit avoir notre âge. Elle est de taille et de corpulence moyennes. J’ai l’impression qu’elle n’a pas remarqué ma présence alors j’ouvre un peu plus la porte afin de pouvoir mieux l’observer. Ses longs cheveux châtains cendrés sont attachés en une queue de cheval et retenus par une simple casquette noire. Ses vêtements sont simples, elle porte une veste, un jean et des bottes. Elle n’a pas l’air très propre. A sa taille se trouve une ceinture, mais pas une ceinture comme les autres : je peux voir un couteau accroché à cette dernière ainsi qu’un emplacement pour une arme. Effectivement, en regardant mieux, j’aperçois un pistolet posé sur la table. Je vois qu’elle essaye de se retirer quelque chose du bras Au moment où je décide de partir, des hurlements provenant de l’entrée. La fille fait un mouvement brusque de la tête en ma direction, ses yeux rentrent en contact avec les miens. Ils sont d’un gris à vous faire glacer le sang. Quand je réalise que les cris sont ceux de mon frère, je fonce à toute vitesse  mais c’est trop tard. Il n’est plus là. La porte elle ouverte, la nuit est déjà tombée. J’ai l’impression que le monde s’écroule autour de moi, mon frère n’est pas du genre à faire des blagues de ce genre. Je commence à crier son prénom, je sors dehors je regarde autour de moi sans cesses de l’appeler mais il ne vient pas. J’ai l’impression d’être dans un horrible cauchemar. Je ne sais pas quoi faire, je n’aurais pas dû le laisser tout seul. Je m’en veux tellement. Je craque et éclate en sanglots, il fait nuit noire et je n’y vois rien, je ne peux pas me permettre de le chercher ce soir. Il ne connait rien de ce monde, je ne sais pas comment il va s’en sortir. Au moment où je décide de partir, j’entends un coup de feu. Je me retourne vivement et, avec le peu de lumière produit par la Lune, je vois un homme, ou plutôt un cadavre s’effondrer devant moi. Sa peau a l’air très pâle et ses yeux d’un jaune étonnant. Je regarde plus loin et vois la fille avec son pistolet en main. Elle me crie :
-Dépêche-toi de rentrer ou je te laisse passer la nuit avec les égorgeurs !
Sans me faire attendre, je cours à l’intérieur du bâtiment et elle referme la porte derrière moi. Je m’apprête à prendre la parole mais elle me devance :
-Sérieux c’était quoi ça ! Tu peux pas faire attention ? Un peu plus et il n’aurait fait qu’une seule bouchée de toi, t’es inconscient ?
-Attends deux secondes, ils n’auraient fait qu’une seule bouchée de moi ? C’était qui ? Un de ces monstres ?
-Je vois… ça fait combien de temps que t’es dehors ?
-Ce matin. L’abri où on se trouvaient mon frère et moi a été attaqué par un groupe et tout le monde a été tué, enfin je crois. On a donc décidé de fuir.
-Ton frère ? Il est où là ?
-Bonne question… Il a disparu au moment où tu m’a vu dans la cuisine, les cris venaient de lui.
-Mais t’es dingue ! Déjà vous vous faites repérer par Les Héros, vous vous invitez chez moi, tu laisses ton frère tout seul, il attire tous les égorgeurs à ma porte et en plus tu me fais gaspiller une balle !
-Mais tu crois que je l’ai fait exprès? Tu crois que j’ai laissé mon père se faire tuer et mon frère se faire kidnapper car je le voulais? D’ailleurs il est sûrement déjà mort à l’heure qu’il est, alors si tu voulais pas « gaspiller une balle » comme tu dis, t’aurais dû me laisser crever !
-Ne dis pas ça… je suis désolée. Je n’aurais pas dû m’emporter comme ça.
Je ne réponds rien et vais m’asseoir par terre. Je prends le livre que j’ai trouvé dans l’abri qui se trouve dans mon sac à dos et commence à écrire en dessous de « Jour 1 » tout ce qu’il s’est passé aujourd’hui, tout ce que je ressens. D’un côté ça me soulage un peu, mais je me sens encore horriblement coupable de la disparition de mon frère. J’ai tellement de questions à poser à cette fille, à propos de ces Héros, des monstres, du monde qui nous entoure, de tout, mais ce soir ne me semble pas le bon moment. En parlant d’elle, elle m’intrigue vraiment. Elle a l’air d’avoir un caractère de chien mais j’ai l’impression qu’elle s’est formée une carapace, qu’elle porte un masque. Elle a dû endurer des choses que je n’imagine même pas. Lorsque je lève les yeux vers elle, je m’aperçois qu’elle m’observe. Je ne sais pas depuis combien de temps, peut-être plusieurs minutes. Elle ne détourne pas son  regard, au contraire elle m’invite à m’installer sur le matelas sur lequel elle s’est assise. Je ne me fais pas prier et la rejoins. Quand je me pose à ses côtés, je ne trouve rien de mieux que de détailler la pièce. Cela semble être une ancienne salle à manger qui est assez grande, je dois l’avouer. Les murs décrépits sont blancs tout comme le plafond, et le plancher est d’un vieux bois délavé. Sur le mur de gauche est encastré une petite fenêtre avec des barreaux en fer rouillés et au centre de la pièce se trouve une table en bois massif ainsi que deux chaises autour de celle-ci. Je remarque que la pièce n’est pas vraiment meublée par rapport à sa taille. A droite, c’est-à-dire en face de nous car le matelas est collé au mur, sont installées les affaires de … la fille, elle n’en a pas beaucoup, juste deux gros sacs. Elle doit juste être de passage ou alors ça ne fait pas longtemps qu’elle est ici. J’aimerais bien mieux la connaître, mais je ne suis même pas sûr de continuer mon chemin avec elle. Soudainement, elle prend la parole :
-T’écrivais quoi dans ton bouquin tout à l’heure ?
-Des paragraphes, des phrases, des mots, des lettres...
-Ça va j’ai compris.
Un ange passe. Soudainement, elle dit :
-Je t’aiderai à retrouver ton frère.
-Pourquoi ?
-J’ai besoin de donner un but à ma vie.
-Je...merci.
-Je le fais pas pour toi.
- Ça fait mal.
-Mais si j’appréciais pas ta compagnie ça ferait longtemps que je t’aurais tiré une balle entre les deux yeux.
-C’est censé me rassurer ?
-Non.
Sur ce, je me couche et ferme les yeux essayant de rejoindre les bras de Morphée.
 Cette soirée m’a beaucoup fait réfléchir. Je me suis fait la promesse suivante : je jure que je retrouverai la personne qui a tué mon père, je retrouverai mon frère et tuerai toutes les personnes qui ont et feront du mal à mon entourage. Je le promets.

Suite 2: L. PINDON
Nous sortons enfin de la ville. Le soleil nous brûle la peau depuis plusieurs heures, c’est sûrement dû aux radiations.  Je prends la parole :
-Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
-On marche jusqu’à qu’on trouve des informations sur la disparition de ton frère.
-Ou la mort de mon père...
-Oui.
-Mais comment on va faire ? Je veux dire, ça peut prendre des semaines, voire des mois avant qu’on trouve quelque chose.
- Tu te rappelles quand je t’ai parlé des Héros ?
- Comment je pourrais oublier ?
-Eh bien, vu comment tu m’as décrit l’attaque de l’abri où vous vous étiez réfugiés, je pense fortement qu’ils y sont pour quelque chose. Et pour la disparition de ton frère aussi.
- J’espère que tu …
Soudain, un bruit de moteur se fait entendre au loin. Sans plus attendre, elle m’attrape par le bras et m’entraîne derrière des ruines d’une maison. Les ronflements de ce qui semblent être deux ou trois voitures se font de plus en plus proches. Au moment où j’ouvre la bouche pour lui demander des explications, elle pose brutalement une de ses mains sur ma bouche tandis qu’avec l’autre elle me fait signe de me taire. Je hoche la tête en guise de réponse. Plusieurs claquement de portières retentissent. Je la regarde, inquiet, alors qu’elle dégaine son arme de sa ceinture et qu’elle me tend son couteau, ou je devrais dire son poignard, que je prend, hésitant. C’est vrai que j’ai oublié le mien à l’endroit où nous avons dormi cette nuit. Des bruits de pas se font entendre, ils sont proches. Nous retenons tous les deux notre respiration. Après quelques minutes passées sous un silence pesant, les individus n’ont pas donné d’autres signes de vie. La fille décide alors de passer sa tête au-dessus des ruines pour jeter un coup d’½il lorsqu’un coup de feu retentit. Je regarde en sa direction, elle n’est heureusement pas blessée mais elle pointe son arme en direction du tireur, qui fait de même. A l’instant où il lui ordonne de poser son arme, de nombreuses personnes sortent de l’endroit où elles étaient cachées. Nous sommes cernés. Elle me lance un dernier regard, indescriptible, j’ai littéralement l’impression que ses yeux d’acier me transpercent le crâne, puis elle se lève en même temps qu’elle lève ses mains et elle jette son pistolet devant ses pieds. L’homme, âgé d’environ trente ans, armé jusqu’aux dents, lui demande d’avancer jusqu’à lui. Ce qu’elle fait, puisqu’elle n’a pas vraiment le choix. Et moi je reste assis là, incapable de bouger, comme si mes jambes étaient paralysées. Quand elle arrive à sa hauteur, le trentenaire l’attrape violemment par les cheveux ce qui la soulève pratiquement du sol. Je me relève alors brutalement, sentant la haine et la rage, qui viennent toutes les deux d’une partie de moi que je ne connais pas encore, grandir au fur et à mesure que j’entends cette fille hurler de douleur. C’est horrible, pour qui il se prend, ce type ? Elle n’a rien demandé ! Un élan de courage s’empare alors de moi, sûrement dû à l’adrénaline, je décide donc d’agir. Je ne sais pas comment, mais je ne peux pas rester planter là sans rien faire, pendant que ce débile se marre à la faire souffrir. Je fais un pas en avant lorsqu’elle frappe l’inconnu au visage, avec une pierre qu’elle a sûrement gardée dans sa poche, et ce dernier la relâche immédiatement. Je mets quelques secondes avant de réaliser ce qu’elle a fait. L’homme gît au sol, inconscient. Des coups de feu retentissent au loin. J’entends aussi une voix me crier, m’ordonner et même me supplier de courir mais mon corps refuse de bouger. Quand je reprend mes esprits, c’est trop tard.  Je la vois s’effondrer au sol, une trace rouge s’étendant sur son T-shirt. Mes jambes prennent alors l’initiative de se mettre à courir. Les meurtriers se mettent  à me tirer dessus mais ils ratent leur cible. J’aperçois une forêt, me cacher là-bas me semble une bonne idée. Je cours du mieux que je peux, j’entends toujours des tirs malgré que maintenant je sois hors d’atteinte. La nuit ainsi qu’une légère brume s’installent. Arrivé dans la forêt, je me laisse glisser contre un arbre et mets ma tête entre mes mains. Je commence à me rendre compte de ce qui vient se passer. C’est impossible. Ça n’a pas pu se passer comme ça. Elle ne peut pas être morte, par ma faute, au moment où j’ai le plus besoin d’elle. J’ai l’impression que tout ça est si irréel. Je m’en veux tellement, on aurait pu s’en sortir, tous les deux ! Pourquoi je n’ai pas réagi ?! En plus je ne connais même pas son prénom ! Je ne sais même pas qui je dois pleurer ! Mais il faut que je reste fort pour mon frère… oui c’est ça, il faut que je reste fort pour  mon frère et mon père. Tout à coup, un son étrange me sort de ma transe. On dirait… une respiration, qui se situe juste à côté de mon oreille, je peux d’ailleurs la sentir. Quand je relève la tête, j’ai un énorme mouvement de recul. C’est la fille, qui étais accroupie à deux centimètres de moi, qui me regarde avec ses grands yeux jaunes à vous faire faire des cauchemars.
-C’est impossible… je t’ai vu te faire tirer dessus ! Et pourquoi tes yeux sont jaunes?
Avant que je finisse ma phrase, elle m’attrape par le cou et me soulève du sol. Je ne comprends pas… Il m’est de plus en plus difficile de respirer. C’est alors que des images du monstre d’hier me reviennent à l’esprit. Ses doigts se pressent encore plus sur ma gorge. Si je ne fais rien, elle va me tuer. Je sors alors le poignard qu’elle m’a donné auparavant et dans un élan de désespoir, je lui assène plusieurs coups dans le ventre. Au début elle résiste mais elle finit par me relâcher. Mes mains ainsi que mes vêtements sont recouverts de sang, de son sang, c’est tout simplement horrible. Je la considérais comme mon amie, même si je ne la connaissais pas vraiment,  et maintenant j’ai son sang sur les mains. Je me dis que je dois l’enterrer, je n’ai pas le droit de la laisser comme ça, mais quand je regarde en direction du sol, son corps a disparu. J’ai immédiatement un mouvement de recul. Je me retourne pour me mettre à courir mais je tombe nez à nez avec elle. Ses yeux sont devenus d’un rouge très  intense. Sans que je m’y attende, elle plante sa main dans ma cage thoracique et la ressort. Je commence à voir flou.  Elle tient mon c½ur entre ses mains.

Je me réveille en sursaut, transpirant. Je regarde autour de moi et aperçois la fille, assise sur une chaise, en train de faire je ne sais quoi avec son arme. Je cligne plusieurs des yeux avant de me rendre compte que ce n’était qu’un cauchemar. Un terrible cauchemar. Je reviens peu à peu à moi. La fille m’observe, intriguée :
-Euh… ça va ?
-Ouais, j’ai juste fait un cauchemar.
-Ah.
Je me lève du matelas et commence à rassembler mes affaires. J’écris rapidement ce qu’il s’est  passé dans mon « rêve » en dessous de « Jour 2 » dans mon carnet,  je n’ai pas envie d’oublier ou plutôt je ne dois pas oublier. Quand j’ai fini, je le range et vérifie que mon couteau est bien dans mon sac. Ensuite, je lui demande:
-On fait quoi aujourd’hui ?
-On attend gentiment que le soleil se lève et on fout le camp de cette ville.
Effectivement, il ne fait pas encore jour.
-Et pour mon frère ?
-On s’en chargera demain. Aujourd’hui, on doit trouver des provisions. J’ai presque plus rien.
-Ok.
-Et au fait, c’était quoi ton cauchemar ?
Je préfère mentir. En plus, ça serait trop long à expliquer.
- Rien de spécial… Mais je crois qu’il n’a pas était inutile. Je pense que Les Héros ont quelque chose à voir avec toute cette histoire.
-Ouais je pense aussi. Tu sais quoi sur eux?
Je lui explique alors tout ce qu’il y avait d’écrit dans le journal de mon grand-père sur eux, ou du moins tout dont je me rappelle.
-Maintenant que j’y pense,  il y a de fortes probabilités qu’ils soient impliqués là-dedans. De toute façon, c’est notre seule piste.
Je hoche la tête. Il y peut-être encore un peu d’espoir. Elle reprend:
-Bon, on bouge ?
Je regarde par la fenêtre et en effet des rayons de soleil sont visibles au loin. Elle prend ses sacs et me passe devant, je fais de même. Avant qu’on passe le seuil de la porte, je la questionne :
-Au fait, tu t’appelles comment ?
-Aloy.
-Moi c’est Eiden, merci de demander.
J’ai cru l’entendre étouffer un  rire, mais j’ai dû rêver.

« Jour 7 :

Nous faisons une pause.  On se repose après cette longue marche à travers la forêt. Nous n’avons toujours rien trouvé sur la disparition de mon frère, Andore, ou la mort de mon père. Mais je ne perds pas espoir : je sais qu’on va y arriver, quel que soit le temps qu’il faudra et le prix à payer. En plus Aloy a une piste : elle connait la localisation d’un camp qui pourrait nous aider à en savoir plus. Elle me le répète sans cesse. Elle ne fait pas ça pour moi ! Mais je sais que au fond qu’elle ment. Si elle ne faisait pas ça pour moi, ça ferait longtemps qu’elle serait partie : je ne fais qu’enchaîner les gaffes et les maladresses. En une semaine, j’ai déjà risqué ma vie quatre fois et sans elle, je serais déjà mort. Elle m’a aussi expliqué énormément de...
Une voix, presque inaudible, m’interrompt dans mon écriture :
-Eiden… Regarde là-bas.
Accroupie, elle pointe du doigt un homme et une femme qui marchent. Ils ont l’air sur leurs gardes, méfiants, comme s’ils traquaient quelque chose. Nous nous levons alors tous les deux, en prenant soin de faire le moins de bruit possible, et nous prenons nos sacs. Au moment où je décide de prendre mon couteau en main, une horrible douleur au crâne m’envahit ainsi qu’un bruit sourd qui retentit dans mes oreilles. Je commence à voir flou, tout tourne au tour de moi, puis c’est le trou noir.

Je me réveille, avec un énorme mal de crâne. Cette fois-ci, ce n’était pas un rêve. Je tente tant bien que mal de me relever, mais tout ce que j’arrive à faire c’est de m’asseoir par terre. J’en profite pour observer les lieux. Mais au final, il n’a rien à décrire puisque je suis dans le noir. J’arrive juste à voir que je me trouve dans une minuscule pièce, avec des murs en béton. C’est sûrement une sorte de cellule de prison. Le truc, c’est que j’ai du mal à comprendre pourquoi je suis là. Et Aloy, elle s’en est sortie ? Est-ce qu’elle va bien ? J’espère que oui.  Je me rends aussi compte que je n’ai plus mes affaires, ni mon couteau. Génial. Pendant que je fais le bilan catastrophique de la situation, des bruits de pas se font de plus en plus fort. J’ai donc le réflexe de me relever, cette fois-ci j’y arrive, et la porte s’ouvre en grand.  Les problèmes ne font que commencer.


Jardin japonais



Cérémonie du thé


Suite 3: L. Pindon

Le grincement de la vielle porte en acier laisse place à deux silhouettes : un homme et une femme. L’étranger porte ce qui semble être une blouse blanche tandis que le visage de la femme me semble familier. Elle est armée d’une mitraillette ainsi que d’un poignard et d’un pistolet qui sont accrochés à sa ceinture, comme si elle avait besoin de tout cela pour me tuer. Je crois que c’est elle qui nous attaqués ce matin. Ou hier, je n’en sais plus rien. Elle me fait le signe de me lever et je m’exécute sans broncher.

Nous traversons les longs couloirs de ce bâtiment sinistre. J’essaye de trouver un moyen pour m’échapper mais pour l’instant la seule fenêtre que j’ai vue était à peine grande pour faire passer un enfant de quatre ans. En plus, ils ont eu la bonne idée d’y rajouter des barreaux. Je n’ai vraiment aucune idée de pourquoi nous sommes là, ou en tout cas pourquoi je suis là. J’espère vraiment qu’Aloy va bien. J’espère que je vais trouver des informations sur la disparition de mon frère ou la mort de mon père. Au bout d’une vingtaine de secondes, les deux individus s’arrêtent devant une porte, je suppose que je dois entrer en premier, ce que je fais. La pièce ressemble à un cabinet médical, il ressemble beaucoup à celui qu’il y avait à l’abri. Le « médecin » entre à son tour  et dit à la femme qu’elle peut rester à l’extérieur. Mais bien sûr elle insiste pour rester avec nous. Dans un élan de courage, je  demande :
- Vous êtes qui ?
La femme me répond avec un ton glacial :
- Lui c’est notre médecin et moi je suis un garde. Maintenant, assied-toi.
- Oui mais votre groupe, vous avez pas un nom ?
- Tu le sauras bien assez tôt. Dorénavant, si tu ouvres encore une seule fois la bouche sans qu’on te le demande, je t’arrache les dents et te les fais manger.
Le médecin rajoute :
- Ne fais pas attention à elle, elle est juste un peu sur les nerfs en ce moment.
Je décide quand même de ne rien répondre, je tiens à mes dents!

Quand le médecin a fini de poser ses questions, il se relève. J’ai pas très bien compris pourquoi, mais il n’a fait que de me questionner sur ma santé. Par exemple, si j’étais atteint d’une quelconque maladie, si j’ai été exposé aux radiations ou encore si je me nourrissais bien. Il n’a pas l’air très méchant mais je me méfie, il ne faut oublier qu’ils nous ont assommés et kidnappés. Il s’avance vers la femme et lui parle de je ne sais quoi, je n’arrive pas à écouter. Je me résous à regarder ce qu’il y a autour de moi. Au moment où je me demande si c’est du vrai ou faux parquet, un petit flacon qui a dû tomber du placard en face attire mon attention. Il n’est pas si loin que ça, je pourrais peut-être tenter de le récupérer. Je jette rapidement un coup d’½il en direction des deux étrangers, ils sont toujours en train de discuter. Le plus discrètement possible, je me lève de ma chaise et me dirige vers l’objet en question. Lorsque je me baisse pour l’attraper, une voix me glace le sang :
- Qu’est-ce que tu fous ?
J’ai juste le temps de mettre le flacon dans mon pantalon. Je me retourne :
- Je... Je croyais que le parquet était abîmé et je voulais vérifier car j’ai rien d’autre à faire mais apparemment je me suis trompé.
Plus pitoyable, tu meurs. Ils me regardent tous les deux de la tête aux pieds, j’espère qu’ils vont me croire. Heureusement pour moi, aucun ne fait de remarque.

Le bruit que font les bottes de la femme s’éloigne de plus en plus. Et voilà, je suis de nouveau enfermé entre quatre murs de béton, mais cette fois-ci en ayant mangé de la vraie nourriture et en étant lavé.  En observant mieux, je me rends vite compte que ce n’est pas la même pièce qu’avant. Dans un coin est disposé un vieux matelas ainsi qu’une bougie allumée. C’est mieux que rien. Je ne comprends toujours pas ce qu’ils me veulent, ni pourquoi ils ont absolument tenu  à ce que je porte ce kimono. Mais bon, je préfère porter ça que mes vêtements sales. C’est alors que je me rappelle que je n’ai pas lu ce qu’il y avait d’inscrit sur le flacon, je le ressors donc du kimono. J’ai réussi à le glisser au niveau de la ceinture. Je me rapproche de la bougie, mais ça ne sert pas à grand-chose : la lumière est trop faible. Au bout de plusieurs minutes laborieuses, j’apprends que les gélules que contient le flacon peuvent être mortelles à trop forte dose (élément de résolution). Ça peut toujours m’être utile, je ne regrette pas du tout d’avoir pris ce risque.
Après un certain temps de réflexion sur comment je vais retrouver Aloy et comment on va s’enfuir d’ici, je décide d’aller m’allonger sur le lit et de dormir, c’est la seule chose que je peux faire pour l’instant.

Je me réveille en sursaut. Des coups de feu ainsi que des cris résonnent dans les couloirs, et j’imagine l’ensemble du bâtiment. Je me suis pas vraiment posé la question, mais je me demande combien il y a de gens ici. Hier je n’ai croisé personne mais s’il y a un médecin et un garde ce n’est pas pour rien. J’espère que ce n’est rien de grave. Je sais pas quoi penser. Pour le peu que j’en ai vu, cet endroit ne m’inspire pas du tout confiance. J’essaye de me rendormir, mais en vain. Je reste là, impuissant, à me morfondre.

La porte s’ouvre. Un homme armé jusqu’aux dents me demande, ou plutôt m’ordonne, de le suivre. J’aimerais bien lui demander ce qu’il s’est passé cette nuit mais je préfère éviter. Nous arrivons, au bout de plusieurs minutes de marche, devant une grande porte métallique. J’ai l’impression que nous avons tourné en rond, c’est peut-être le but. Je ne saurais pas dire comment retourner à ma « cellule ». J’aurais pu l’attaquer mais j’ai vu quelques personnes passer dans les couloirs, je préfère ne pas prendre trop de risques. En plus je n’ai que mes mains pour me défendre, je ne fais pas le poids. Il ouvre la porte et je m’avance. Je suis stupéfait, et je crois que ça se voit si j’en crois au sourire moqueur du garde. C’est vraiment incroyable, un véritable jardin japonais s’offre à mes yeux. Comme si cet endroit était coupé du monde. Ça fait un énorme contraste entre l’intérieur et même la façade du bâtiment et l’extérieur.  Plus nous nous aventurons dans ce jardin, plus cela semble irréel. Des arbres de toutes les couleurs égayent cet endroit. Rien n’est laissé au hasard, les rochers sont parfaitement disposés, le bruit de l’eau sonne comme une mélodie, les chemins sont incroyablement entretenus. Cela me fait presque oublier le monde extérieur détruit  par une guerre nucléaire qui s’est déroulée il y a maintenant 60 ans de cela. Les personnes qui habitent ici doivent sûrement prendre un temps fou à tout entretenir. Nous passons sur un pont voûté qui donne sur un bâtiment que je n’ai encore jamais vu, mais il ressemble beaucoup aux maisons traditionnelles japonaises que mon grand-père avait décrites dans son journal.

Nous entrons dans l’édifice, l’homme toujours armé et moi portant toujours le kimono. Je suis étonné de voir que plusieurs personnes de tout âge sont déjà installées ici, tous portants un kimono. Je m’installe au près des autres, par terre. Je n’y comprends rien. En face de nous se trouve une femme qui semble préparer du thé dans un bol, en utilisant des ustensiles que je n’ai encore jamais vus auparavant.

Quand elle a fini, elle verse sa préparation dans des espèces de bols qu’elle nous apporte. Peut-être que je me répète, mais je suis totalement perdu. Je ne sais vraiment pas ce que ces gens nous veulent mais ça n’annonce rien de bon. Il faut vraiment que je parte d’ici. Mais je en partirai pas sans Aloy. La femme nous explique que cette cérémonie est un rituel de purification ou je ne sais trop quoi, je n’ai pas vraiment écouté. Lorsque nous avons terminé de boire le thé, les hommes nous ordonnent de nous lever. C’est alors que je croise le regard d’un des prisonniers (élément de résolution). Je crois que c’est le bon mot à employer, puisqu’on ne peut pas se barrer d’ici. Il me fait discrètement le signe de venir le voir, ce que je fais, tout aussi discrètement. Les gardes n’ont pas l’air de s’en rendre compte. Sans dire un mot, il me glisse un bout de papier dans la main (élément de résolution). Je le lirai plus tard, je n’ai pas vraiment envie de me faire prendre. Je fais un hochement de tête et repars dans la direction opposée, comme si de rien n’était.

Cette fois, je ne suis pas dans ma « cellule ». Après la cérémonie, les gardes nous ont tous emmenés dans un bâtiment non loin de là. L’ambiance est étrange, je ne saurais pas comment expliquer. Cela fait maintenant plus d’une heure que nous sommes réunis ici. Deux autres groupes nous ont rejoints, avec dix personnes environ dans chacun, comme nous. Un des garde prend enfin la parole, en désignant le groupe d’à côté du doigt :
- Levez-vous et suivez moi.
Tout le monde s’exécute tandis que nous nous restons plantés là. L’homme les emmène dans une pièce adjacente. Comme aucun garde ne semble faire attention à moi, je décide de lire le bout de papier que l’homme m’a donné tout à l’heure. C’est alors que des cris stridents, comme si on égorgeait quelqu’un, se font entendre. Et puis plus rien.



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