ECRITURE LONGUE 1S3

FIN

Par samsagace63 - publié le samedi 8 avril 2017 à 15:38
FIN DE L’HISTOIRE:

Choisissez un des quatre incipit et proposez-en une fin. Vous publierez votre travail sous la forme d’un commentaire (cliquez sur « commentaires » en bas de l’incipit choisi : attention à bien vous être d’abord identifié dans « zone de gestion ».)


                          DONNEZ COMME TITRE "FIN"                            


Votre suite, assez longue, devra  :

- achever le récit de manière cohérente et vraisemblable

- Intégrer la maison à la gargouille comme lieu de l’action finale.

  • Attention à bien reprendre le tissu d’indices présents dans les différentes parties de récit qui précèdent.

VOUS AVEZ JUSQU’AU 7 MAI, 18 heures

L’étrange histoire de Tara

Par BARDET2017 - publié le dimanche 29 janvier 2017 à 12:31 dans Ecriture Longue
Tara venait juste de finir sa journée et pourtant il était déjà 21h. Elle travaillait dans une petite boutique de vêtements à l’angle des rues Georges Clemenceau et du Président Roosevelt. Tous les soirs, elle rentrait chez elle en empruntant le même chemin. Une routine à laquelle elle tenait car elle aimait à se dégourdir les jambes et respirer l’air frais dans les parcs de Vichy après une bonne journée de travail. Vichy, de nos jours, était une ville paisible et silencieuse, passées les 21 heures, il était rare de rencontrer encore des promeneurs. Pourtant, ce soir-là, malgré le froid glacial et les ténèbres de la nuit oppressantes, Tara croisa un jeune couple. Elle ralentit son pas inconsciemment, son regard ne pouvant se détacher de ces deux promeneurs. Elle ne savait pas ce qui l’attirait autant chez eux mais quelque chose l’intriguait fortement. Ils étaient tous deux vêtus de noir, la seule note de couleur dans cette nuit sombre était une écharpe rouge enlacée autour du cou de l’homme. Ce dernier regarda Tara et arbora un sourire malicieux qu’elle ne comprit pas immédiatement. Tout à coup son pied heurta un objet au son métallique. Elle le ramassa, c’était une boîte en fer blanc. Pensant que cette boîte appartenait au jeune couple, elle se retourna précipitamment mais constata qu’ils avaient disparu et qu’elle était seule dans la nuit.

Suite 1: Yanis Leca
     Tara ouvrit presque immédiatement la boîte en fer blanc. A l’intérieur, elle trouva une photo en noir et blanc d’un homme, cadrée au-dessus niveau de la ceinture. Il était plutôt brun, avec  une longue barbe et  un large front,  les épaules imposantes. Son visage était, couvert de suie. Il était habillé de la manière suivante: il avait un casque de poilu, une veste de soldat de cette époque et portait sur son dos un grand sac. De celui-ci dépassaient des casseroles et des bols ainsi qu’un fusil en bandoulière. Tout ceci laissa penser à Tara que cet homme sur la photo avait fait la Première guerre mondiale. Au dos de l’image était inscrite une adresse : 29 rue de la Chaise, Vichy. Tara se dit que cette photo avait sûrement une grande valeur sentimentale pour la personne qui l’avait égarée. Elle décida donc d’aller de ce pas à l’adresse marquée au dos.
     Quinze minutes plus tard, la jeune femme arriva au 29 rue de la Chaise, elle s’arrêta face à une grande maison. Cette dernière était au bout de la rue, elle possédait un vaste jardin dont on devinait qu’il devait être bien entretenu. En cette  soirée de pleine lune, on pouvait voir l’ombre que projetaient les arbres sur la maison. Le toit de la maison possédait une cheminée fumante et était aussi très sombre, certainement de l’ardoise.  De part et d’autre de la façade en briques rouges,  de grands volets noirs se laissaient aller au gré du vent. Pour accéder à la maison, il fallait passer par un portillon ouvrant sur une allée de quelques mètres. Celle-ci  menait aux escaliers pour enfin arriver en face de la porte d’entrée en chêne vernis. Le perron était orné d’un épais tapis.
      Tara s’apprêtait à pousser le petit portillon pour remettre la photo en question à son destinataire quand soudain elle entendit le bruit d’une voiture roulant à toute allure et se dirigeant vers elle. Tara prit peur et  se cacha derrière une poubelle non loin de la maison. De là, Tara put assister à toute  la scène sans être vue.
     La voiture s’arrêta net devant la maison n°29, un homme encagoulé en sortit. Il traversa le jardin en courant. Arrivé devant la porte, il s’arrêta un moment, scruta les alentours et s’assura que personne ne le regardait.  Ceci fait, il cassa un carreau de la porte et entra. Pour Tara, les minutes semblèrent interminables. Enfin, l’homme ressortit en claquant la porte avec sur son épaule, un sac noir qui semblait se débattre dans tous les sens. L’homme, toujours aux aguets, mit le sac dans le coffre de sa berline noire.  Le mystérieux visiteur repartit en toute hâte, aussi vite qu’il était arrivé. Grâce à la lumière d’un lampadaire, Tara releva la plaque d’immatriculation du véhicule : « AB-344-ZE ».
Encore sous le choc, Tara attendit cinq bonnes minutes avant de sortir de sa cachette.  Elle poussa le petit portillon pour accéder au jardin. Elle le traversa, monta les escaliers pour arriver devant la porte d’entrée. 

Suite 2: A. Canillos

Elle toqua en espérant que quelqu’un viendrait lui ouvrir mais en vain. Elle poussa donc la porte qui était entrouverte et entra dans la maison. Elle se retrouva dans un grand salon ou les objets étaient éparpillés comme s’il y avait eu une lutte, elle avança prudemment sans toucher aux objets qui étaient au sol. Elle aperçut sur une commode une photo d’un homme qui tenait dans ses bras un petit garçon. A côté de lui se tenait un homme âgé qui ressemblait à l’homme de la mystérieuse photo trouvée dans la boîte. Elle sortit précipitamment de la maison de peur qu’on ne la vit et appela la police car elle pensa c’était la meilleure chose à faire.
    Cela faisait maintenant deux semaines que Tara cherchait sans relâche des indices pour retrouver cet homme. Après avoir expliqué ce qu’elle avait vu aux policiers, ils lui avaient demandé de rester à leur  disposition et de leur faire signe si elle se rappelait de nouvelles choses. Mais même si la police lui avait dit qu’elle s’en chargeait, que ce n’était pas à elle de faire ces recherches, elle voulait le retrouver ou aider. Elle avait interrogé tout le voisinage, fait des recherches sur l’homme qui avait été enlevé et avait découvert qu’il s’agissait du petit fils de l’homme de la photo qu’elle possédait. Il s’appelait Rémi Durolles, il était âgé de 57 ans et il tenait une petite bijouterie dans le centre de la ville. Elle avait obtenu ces informations un matin en passant devant la maison de M. Durolles où elle passait régulièrement depuis l’enlèvement, en quête d’informations. Elle avait fait la rencontre de Marie, la femme de ménage qui n’était pas au courant de la disparition de son employeur. Elles s’étaient installées à un café et Marie lui avait donné ces informations et expliqué qu’elle travaillait pour lui depuis 10 ans et qu’elle n’avait rien vu de suspect. Quelques jours plus tard elles se retrouvèrent pour parler de l’évolution de l’enquête qui semblait stagner.
    Ce matin-là, elle se rendait à sa petite boutique comme tous les jours mais alors qu’elle allait traverser la petite rue, une berline noire se gara, un homme habillé de noir en sortit et attrapa Tara puis la poussa dans la voiture.
«Tu aurais dû t’occuper de tes affaires et ne pas te mêler de la vie des autres » dit l’homme.
La dernière pensée de Tara avant de se faire assommer par l’homme fut que c’était la même voiture qu’elle avait vue lors de l’enlèvement...
Lorsque qu’elle se réveilla, elle ressentit une vive douleur à la tête, et vit deux yeux qui la fixaient, inquiets :
    « Ça va ? » demanda un homme qui était dans le fond de la pièce dans l’ombre.
    « Euh... Bien, où sommes-nous ?
    - Je n’en sais pas plus que vous, je suis arrivé dans les mêmes conditions, inconscient. Comment vous appelez-vous ?
    - Oh je vois, je suis Tara et vous ?
    - Rémi Durolles. Pourquoi avez-vous été enlevée ?
    - C’est donc vous M. Durolles ! Il y a quelques semaines, je suis venue chez vous vous rapporter une boite qui contenait une photo que j’ai trouvée en me baladant. J’ai donc pensé qu’elle vous appartenait mais en arrivant chez vous j’ai assisté à votre enlèvement. J’ai donc contacté la police mais celle-ci m’a dit de rester en dehors cette affaire. Je voulais comprendre et me rendre utile car je n’ai rien pu faire pour vous venir en aide lors de votre enlèvement, mais j’ai dû alerter votre kidnappeur qui a découvert mes recherches.
    - Je comprends, je suis désolé de vous avoir embarqué dans tout cela.
    - Ce n’est rien. Pour quelles raisons avez-vous été enlevé ?
    - Je ne peux pas vous le dire pour l’instant, ça vous mettrait en danger.
    - Il faut trouver une solution pour sortir d’ici » dit Tara d’un air déterminé.
Ils mirent en place un plan pour tenter de s’échapper. Quelques minutes plus tard un homme entra dans la pièce avec le repas pour les deux victimes. Ils foncèrent sur lui, en le bousculant, l’homme tomba et ils purent passer. Malheureusement pour eux, ils furent rattrapés par d’autres hommes dans le couloir, une balle effleura la jambe de Tara ce qui la stoppa mais Rémi ne s’aperçut pas immédiatement que Tara ne le suivait plus et continua sa fuite.

Suite 3: E Bourgeois

Il songea un instant à faire demi-tour pour aller sauver celle qui avait voulu l’aider quelques semaines auparavant. Mais après mûre réflexion, il abandonna ce projet; il avait quand même passé trois semaines dans cet endroit sombre et humide et ne voulait pas y retourner. Cependant, il se promit de tout faire pour sortir Tara de cette situation qu’elle n’avait pas choisie. Il s’en voulait terriblement de la laisser seule entre les mains de ces voyous. Pourtant, plus les heures passaient plus il s’éloignait de sa prison, plus il était déterminé à ne jamais y retourner. Sa première pensée fut de retourner chez lui pour récupérer ce que ses kidnappeurs désiraient tant. Arrivé devant chez lui, Rémi eu un moment de flottement et des images de son enlèvement tourbillonnèrent dans sa tête. Une peur le saisit aussitôt, la peur de revivre cette expérience traumatisante. Mais il était obligé de rentrer pour protéger son secret. Il entra, son regard terrifié fixa tous les recoins de la maison. Il monta les marches, s’agrippant à la rampe comme si sa vie en dépendait. Ses jambes tremblaient tellement qu’il eut du mal à arriver tout en haut de l’escalier. Dans sa chambre se trouvait une trappe dissimulée sous son lit, cachée sous un tapis. Il l’ouvrit et y prit cent euros en coupures de dix et de vingt qu’il avait pris soin de ranger proprement mais aussi un couteau appartenant à son grand-père. Celui-ci lui avait donné pour se défendre et pour lui porter chance, et enfin une clef accompagnée d’un petit papier avec une adresse. Rémi ne savait pas vraiment où elle le mènerait mais il savait que son grand-père cachait là-bas son bien le plus précieux. Quand il fut prêt à s’y rendre, il entendit une voix qui lui disait: « Je sais que tu es là! Sors et il ne t’arrivera rien ! Sors ou je viens te chercher avec mon fusil ! » Rémi, pris de panique, fuit par la fenêtre de sa chambre et laissa tomber le petit papier avec l’adresse. Il réussit à atteindre la seconde fenêtre mais fut déséquilibré et tomba. En se relevant, il était complètement désorienté mais il devait courir pour échapper à son kidnappeur. Cela faisait maintenant dix bonnes minutes qu’il courait, il se cacha alors dans une ruelle pour pouvoir regarder où menait l’adresse et se mettre à l’abri. Il chercha partout dans ses poches et se rendit compte qu’il avait perdu le papier. Heureusement, il l’avait inscrit dans sa mémoire. Quand il finit par arriver sur les lieux, il vit une grande maison qui ressemblait à un manoir. Elle devait dater de plus de cent ans et semblait inhabitée. Elle avait une architecture ouvragée, de grandes fenêtres à petits carreaux et un balcon à chaque étage. Il aperçut aussi une gargouille qui lui glaça le sang. Il la trouvait terrifiante car elle ressemblait à un démon avec ses grandes griffes et ses grandes ailes. Ces monstrueux yeux de pierre le fixaient comme si la gargouille était là pour monter la garde. Elle semblait sur le point de prendre vie et surgir pour lui sauter dessus. Elle devait être ancienne car elle commençait à être rongée par le temps. Rémi, d’un pas hésitant, introduit la clé qu’il possédait et fut soulagé de pouvoir franchir la gigantesque porte d’entrée et se sentir enfin en sécurité. Il entra dans un large salon et s’assit dans un grand fauteuil de velours vert. Il découvrit en face de lui le portrait de son grand-père en uniforme de commandant.
Pendant ce temps, Tara, souffrant de la balle qui l’avait touchée, était toujours enfermée dans cette cave sombre. Elle criait de toutes ses forces, pensant que quelqu’un viendrait la chercher. Ce fut le cas quelques minutes plus tard, l’homme qui lui avait tiré dessus lui dit: « Toi, tu viens avec nous. Tu nous serviras d’appât. Et cesse de crier! » Il lui coinça un chiffon dans la bouche pour la faire taire.
Cinq hommes armés prirent Tara et l’enfermèrent dans le coffre de la Bentley. Ils montèrent dans la voiture et prirent le chemin de l’adresse trouvée chez Rémi par l’un des voyous. Arrivée sur place, Tara attachée ne savait que faire, Ses agresseurs ouvrirent brusquement la porte d’entrée et crièrent à Rémi : « Donne-nous ce que ton grand-père nous doit ou on la tue!!  »

Incipit roman

Par LAGARDE2017 - publié le dimanche 29 janvier 2017 à 08:40 dans Ecriture Longue
Quand votre téléphone sonne à 3h du matin, ce n’est jamais bon signe surtout lorsqu’on est détective spécialisé dans les homicides. Comme à chaque fois, je me précipitai vers le téléphone sans prendre le temps de me couvrir, pour ne pas rater l’appel. Je décrochai et écoutai attentivement mon interlocuteur. A peine avais-je posé le téléphone sur mon oreille que je compris de quoi il s’agissait. Je reconnus immédiatement mon supérieur qui m’annonçait le code 999, triple 9 dans le jargon. A la seule entente de ce code, ma nuque se raidit et ma respiration s’accéléra. Ce code signifiait qu’un agent de police venait d’être assassiné. Après avoir reçu toutes les instructions et noté l’adresse du drame dans mon carnet, je fonçai m’habiller sans oublier mon chapeau et ma pipe, bien rangés sur ma table de nuit.
Cinq minutes plus tard, j’étais en moto dans les rues de vichy en direction de la scène de crime. Il faisait nuit noire, pas une seule étoile ne semblait vouloir se dévoiler dans le ciel. J’étais totalement seul et avait presque le sentiment de me trouver dans une ville fantôme. Un épais brouillard recouvrait la ville, ce qui m’obligeait à être très vigilant, d’autant plus que la température avoisinait les moins dix degrés, ce qui engourdissait fortement mes doigts. Après dix minutes de trajet, j’aperçus enfin la maison au bout de la rue. La police et les pompiers étaient déjà sur place. C’était une grande maison en pierre, entourée d’un magnifique jardin. Je m’empressai alors de pénétrer dans l’enceinte de la demeure afin de me renseigner plus précisément sur les détails de cet assassinat. Un policier m’invita alors à rejoindre l’intérieur de la maison afin d’analyser la scène de crime. Le drame s’était déroulé dans le salon. A peine avez-je mis le pied dans celui ci qu’un sentiment d’effroi m’envahit. Le cadavre de la victime se trouvait au milieu du salon, entre le canapé et la télé.Il était sur le ventre et portait des marques de poignard, de brûlures et de lacérations sur tout le corps comme ci ses assassins l’avaient torturé jusqu’à ce qu’il avoue quelque chose. Toute la moquette était rouge de sang et les rideaux étaient déchirés, ce qui me laisser penser que la victime s’était défendue. Mis à part cela, aucun indice flagrant ne m’apparaissait. Aucune ½uvre d’art n’avaient été volée. Le coffre-fort de la maison n’avait pas été pillé non plus. Le mobile n’était donc pas l’argent. Des témoins affirmaient avoir vu un jeune couple s’enfuir en courant de la maison en possession d’une petite boite en fer blanc. L’un d’entre eux portait une écharpe rouge facilement identifiable. Mais alors qu’y avait-il dans cette boite pour pousser deux êtres humains à commettre un meurtre? Et surtout qui étaient ces deux personnes qui s’étaient enfuis de la maison ? Voila deux questions auxquelles j’avais bien l’intention de répondre.

Suite 1: Martin Lacroix
        Comme je vous l’ai dit, le corps était placé entre la télévision qui était sur un meuble encombré de je ne sais combien de télécommandes et un canapé noir. Par-dessus celui-ci, je  pouvais apercevoir la cuisine à travers le rideau de porte qui laissait passer la lumière; et qui provoquait une multitude de petites lignes d’ombres parallèles entre elles. Derrière le canapé était placée une étagère sur laquelle était disposé des livres, des DVD, des photos de famille avec le Big Ben en arrière-plan et plusieurs objets avec les couleurs du drapeau de l’Angleterre.
         Il y avait un porte manteau à l’entrée, juste à côté de moi où une écharpe bleue en laine était accrochée et qui se balançait à chaque fois que la porte s’ouvrait. A ma gauche, il y avait un petit couloir sombre qui menait sûrement à une chambre et à ma droite était placé un escalier en colimaçon. 
        Après avoir inspecté l’ensemble des lieux, j’entendis se garer devant la maison cette bonne vieille 403 que l’on pouvait reconnaître à trois kilomètres. C’était Alfred, mon coéquipier. Je ne me souviens même pas depuis combien de temps il possède cette carcasse. Il y a bien douze ans qu’on se connaît et je ne l’ai jamais vu avec une autre voiture. Je sais qu’il vit à Cusset juste à côté de Vichy dans une petite maison avec sa femme mais c’est à peu près tout ce que je sais de lui. Je n’ai jamais vu sa compagne et ne suis jamais entré dans sa maison depuis toutes ces années à travailler avec lui. Peut-être qu’il ne veut pas dévoiler sa vie privée, pas même avec ses connaissances de longue date pour telle ou telle raison. S’il a quelque chose à cacher ? Je ne sais pas et ne cherche pas à savoir. Chacun fait ce qu’il veut tant qu’il y a respect de la loi !
         Je m’approchai donc de la fenêtre et poussait un des rideaux avec mon chapeau que je tenais à la main pour le voir sortir de sa voiture. Il était garé entre une ambulance et une voiture de police. Il portait une longue redingote noire à boutons, des gangs de la même couleur ainsi qu’un jean bleu. Il s’approcha de la maison avant d’avoir mis une bonne minute à fermer sa voiture. Un sourire me vint aux lèvres en le voyant. La porte s’ouvrit et le courant d’air me glaça. Son visage était marqué de nombreuses rides, il devait bien approcher de la soixantaine maintenant mais ces cernes de fatigue le rendaient encore plus affreux. Il referma la porte et son regard se tourna vers moi :
       « C’est quoi tous c’monde dehors, y’a vraiment besoin d’autant de flics ! Qu’est-ce qui se passe ?
       -C’est un des nôtres Alfred, il s’appelle Malcolm, un nom anglais comme toi »
En entendant se prénom, son visage se crispa comme s’il avait vu un mort. Je lui demandais donc s’il le connaissait :
      « Ouais, me dit-il en ravalant sa salive, c’était mon ancien coéquipier.
      -Ton coéquipier ?
      -Quand j’étais flic à Londres. »
Puis il me poussa pour aller s’accroupir à côté du canapé devant le corps. Il regardait la tête de l’homme allongé au milieu du salon.
      « C’est bien lui, dit-il, qui a bien pu faire un telle chose dans un ville si tranquille ?
      - Un voisin a vu un homme et une femme s’enfuir de la maison. L’un d’eux portait une écharpe rouge et l’autre une boîte en fer blanc. T’as pas une idée de qui aurait pu en vouloir à ton ancien coéquipier ? »
       Alfred fouillait le blouson de la victime et ne semblait pas m’écouter. Son attitude ne semblait pas ordinaire. Il sortit une photo du portefeuille du policier et la plongea dans la poche de sa redingote sans que je puisse la voir.
       « Viens, faut que je te parle. »
      Il laissa le portefeuille ouvert sur le corps de la victime, sortit de la maison et alla jusqu’à sa voiture. Je le suivis donc et entrai dans sa voiture. Il démarra le moteur et roula sans savoir où aller.
       « Qu’est-ce qui se passe,  Alfred, tu le connaissais depuis longtemps ? T’as une idée de qui aurait pu faire ça ? Et tu ne m’as jamais dit que t’étais à Londres!
        -Quand j’étais là-bas, je travaillais sur une affaire de meurtre en séries. C’était un jeune couple qui massacrait leurs victimes sauvagement avec un couteau. Comme s’ils avaient des comptes à régler. On commençait à avoir certains problèmes avec le type que t’as vu dans la maison et on a dû partir pour ce bled. Le couple de meurtriers s’était retourné contre les flics de Londres et plusieurs d’entre nous avaient reçu des menaces et deux ont été tués. On est venu ici pour leur échapper car ça commençait à devenir chaud là-bas. J’espère qu’ils ne sont pas venus ici pour se venger ! Et surtout qu’il ne vont pas impliquer tous les flics de la ville ! »

Suite 2: L. LABUSSIERE

Alfred avait besoin de prendre l’air, ça lui avait mis un coup de voir son ancien coéquipier assassiné. Il m’emmena dans un café et me raconta sa vie à Londres, les enquêtes qu’il avait menées avec Malcolm, les heures qu’ils avaient passées ensemble à chercher des indices... Il ne m’avait jamais parlé de cette partie de sa vie, il avait préféré tirer un trait dessus, même sa compagne n’était pas au courant.  Malcolm et lui avaient quitté le pays après avoir reçu de sérieuses menaces du couple assassin. Ce couple ne plaisantait pas, il avait déjà tué deux policiers à Londres et comptait bien continuer le massacre. C’est pour cela que Alfred n’avait jamais rien dit à propos de Londres, ni à sa femme ni à personne: si jamais l’information remontait jusqu’au couple, il risquait sa vie, il savait de quoi ils étaient capables.
              Le lendemain, je retrouvai Alfred au commissariat, on ne savait pas encore qui était l’assassin de Malcolm, mais j’avoue qu’avec l’histoire qu’Alfred m’avait raconté la veille, j’avais de sérieuses raisons de penser que le couple de Londres était là, à Vichy, venu pour continuer leur massacre.
               A midi, je proposai à Alfred de venir manger avec moi.  En sortant du magasin, nos sandwichs à la main, nous retournâmes à la voiture lorsqu’une voiture noire avec les vitres teintées arriva droit sur nous, à toute allure :
"Attention Alfred "
On se jeta entre deux voitures garées en épi sur la gauche. La voiture noire passa tellement vite devant nous que j’eus à peine le temps de voir la vitre côté passage remonter et d’entendre un bruit de verre  retentir à mes pieds.
“Qu’est ce que c’est ?, s’écria Alfred
- J’en sais rien mais ils ne nous veulent pas de bien!
- Tu crois que ça pourrait être le couple dont je te parlais?
 - Je sais pas Alfred, je sais pas.... Et ça, c’est quoi ?", demandai-je en  montrant une petite bouteille en verre à mes pieds.
        Je la ramassai, mon regard resta rivé dessus sans que je puisse l’ouvrir. On pouvait apercevoir un papier à l’intérieur. Alfred saisit la bouteille que je tenais dans ma main droite. Il l’ouvit, déplia le papier et devint pâle tout d’un coup. Il me le donna, la main tremblante. C’était une menace, écrite sur un morceau de papier déchiré. On pouvait lire: "Cessez de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas, cela pourrait vous être fatal".
        Sous le choc, nous repartîmes au commissariat. Je demandai à Alfred si cette menace ressemblait à celles que lui et Malcolm avaient reçues lorsqu’ils étaient à Londres. Il me regarda et me dit que oui, il précisa que les menaces que faisait le couple étaient à chaque fois présentées de la même façon, dans une petite bouteille de verre et sur un morceau de papier déchiré.
         Le week-end arriva et je vécus dans la peur. Je ne dormais plus. Dès que j’entendais un bruit je courrais à ma fenêtre. J’étais terrorisé. Je voyais déjà le couple arriver et me torturer jusqu’à ce que je meure.
          Lundi matin je pris un café dès mon arrivée au commissariat, histoire de tenir toute la journée, j’étais épuisé. J’allai m’installer derrière mon bureau. Alfred n’était pas encore arrivé, ce n’était pas dans ces habitudes d’être en retard. Je me demandai si c’était moi qui était en avance mais ma montre affichait 8h06, Alfred avait déjà 6 minutes de retard. Je regardai son bureau vide lorsque la commissaire arriva pour me dire qu’il ne viendrait pas. La femme d’Alfred avait appelé au commissariat. Alfred n’avait pas dormi chez lui et il n’était toujours pas revenu. Je me posai beaucoup de questions.  Pourquoi n’avait-il pas dormi chez lui ? Avait-il décidé de fuir après les menaces du couple ? Ou alors avait-il déjà était victime de ces menaces?
Je décidai donc d’aller chez Alfred, je n’y étais jamais allé mais je savais où il habitait. Je n’avais jamais vu sa femme non plus. Mais il fallait absolument que je sache ce qui arrivait à Alfred.

Suite 3: L. Labussière

Après avoir avoir roulé pendant une vingtaine de minutes en direction de  chez ’Alfred, j’arrivai devant une petite maison en pierre assez vieille. Je pensais m’être trompé, elle avait plutôt l’air inhabitée. Pourtant en m’approchant, je vis le nom d’Alfred sur la boîte aux lettres. Je sonnai. Une femme d’une cinquantaine d’années, aux cheveux blonds noués en chignon m’ouvrit. Elle portait des lunettes et une robe bleue.
    Je me présentai. Je lui dis que j’étais le coéquipier d’Alfred, que nous travaillions sur une enquête de meurtre ensemble, et que j’étais inquiet car il n’était pas venu travailler. Je lui demandai si elle ne savait pas où il pourrait être. Elle me fit rentrer, et m’invita à m’asseoir sur le canapé. Non, elle ne savait pas où son mari pouvait être. Depuis la veille elle n’avait pas de nouvelles. Il était rentré après sa journée de travail, il avait posé ses affaires et avait mangé avec elle mais il était reparti juste après sans rien lui dire et n’avait pas dormi chez eux. Elle fondit en larmes. J’essayais de la rassurer mais j’étais moi-même très inquiet. Elle avait essayé de le joindre toute la nuit mais pas de réponse. Je lui demandai ce qu’il avait emmené avec lui. Presque rien, elle l’avait vu partir dans sa voiture seulement avec son portefeuille et son téléphone portable à la main. Je lui demandai si elle n’avait pas cherché un indice dans ses affaires. Non, elle n’y avait pas pensé. Je trouvais ça étrange, cela aurait été la première chose à laquelle j’aurais pensé, peut-être était-ce mes réflexes de détectives ? On décida de fouiller ensemble dans les affaires d’Alfred, je cherchai dans les poches de ses vêtements pendant qu’elle cherchait dans son bureau. J’arrivai près de sa veste, celle qu’il portait hier. Je fouillai dans ses poches, lorsque dans sa poche intérieure, je sentis quelque chose. C’était une photo. La photo qu’il avait prise la veille dans le porte-feuilles de Malcolm, je la reconnaissais. C’était la photo d’une maison, une jolie maison, et puis il y avait une adresse au dos. Sa femme me regarda.
« Qu’est-ce que c’est ?
- Une photo, il l’a prise dans le porte-feuilles de la victime hier.
- Ils se connaissaient ?
- Il ne vous en a pas parlé hier soir ?
- Non.
-Venez, je vais tout vous raconter. »
Je lui racontai tout, depuis le début, la vie d’Alfred à Londres avec Malcolm, le couple assassin, l’enquête, la menace. Elle n’en revenait pas. Comment avait-il pu ne rien lui dire pendant tout ce temps ?
- Il faut que j’aille à l’adresse indiquée sur la photo, lui dis-je, Alfred y est peut-être.
- Je viens avec vous !
- Non, vous, vous restez ici au cas où il reviendrait. Je vous laisse mon numéro. On se tient au courant. »
Je partis donc à cette adresse. Il devait être environ 11 heures lorsque j’arrivai. La maison était encore plus belle que sur la photo. Elle me paraissait immense. Il y avait plein de fenêtres. Dans la rue à droite de la maison, je vis la voiture d’Alfred. J’imaginais le pire. Je me posai des dizaines de questions mais je n’osai pas pénétrer dans la grande bâtisse. Je restais là, à regarder toutes ces fenêtres, j’avais peur de ce que j’allais découvrir. J’avais pourtant l’habitude de ce genre de situation, mais là il s’agissait d’Alfred.
Après quelques minutes je décidai d’y aller. Je frappai à la porte. Personne ne m’ouvrit. Je décidai donc d’entrer. Il faisait sombre. Tous les volets étaient fermés  sauf ceux d’une pièce au fond du couloir. Je m’approchai. Lorsque j’arrivai au niveau de cette pièce, j’entendis une respiration. Mon sang se glaça. Je m’approchai et je vis Alfred assis par terre dans un coin de cette pièce. C’était un petit salon. Je courrai vers lui afin de voir s’il allait bien.
- Alfred !
- Mais qu’est ce que tu fais là ?
- C’est à moi de te poser cette question.
Je l’aide à se relever, et nous allâmes nous asseoir sur deux fauteuils non loin de la fenêtre. Alfred me regardais, puis se décida à me parler.
         - Il faut que je te dises... En fait, hier je ne t’ai pas tout raconté... Avec Malcolm quand nous sommes arrivés de Londres, nous nous sommes réfugiés ici. Les propriétaires ne viennent presque jamais. C’est la maison de vacances d’un riche homme d’affaire et de sa famille. On est resté presque trois mois enfermés ici. On n’osaient pas sortir, on avait tellement peur que le couple assassin de Londres nous rattrape, ou que les voisins nous voient ici. On avait quelques économies mais il a bien fallu qu’on se remettent à travailler. J’ai trouvé ce poste au commissariat, et puis j’ai rencontré ma femme. Malcolm a fait sa vie de son côté et puis on se voyait de moins en moins. On a pris cette maison en photo le jour où nous avons décidé de reprendre une vie normale, ici en France. Avec Malcolm on s’est promis de toujours garder cette photo avec nous dans nos portefeuilles. C’était le début d’une nouvelle vie. Alors quand j’ai vu le corps de Malcolm l’autre jour, j’ai tout de suite pensé à la photo et à la maison. On aurait fini par découvrir qu’on avait vécu illégalement ici. Et puis...
          Je vie une larme couler sur sa joue.
        - Et puis quoi ? Alfred, il faut que tu me dises tout ce que tu sais et qui pourrai faire avancer l’enquête. Il faut qu’on arrête ses assassins.
          Il ne me répondis pas. Je décidai alors de lui dire que j’étais aller voir sa femme et que je lui avais tout raconté, enfin tout ce que je savais, qu’elle était vraiment très inquiète et qu’il fallait que je l’appelle pour lui dire où il était.
        -  Non attends, me dis t-il, il n’avait pas fini de me raconter. De temps en temps avec Malcolm, on avait l’habitude de se retrouver ici. Cela nous faisait du bien de savoir qu’on pourrait toujours compter l’un sur l’autre même si on se voyait moins. Il y a un mois environ, quand nous sommes venus ici avec Malcolm, nous avons trouvé une lettre qui avait été glissée sous la porte. Il y avait écrit : Vous ne pensiez pas vous en tirer comme ça ? On a de suite penser au couple assassin, pourtant, ce n’était pas dans leurs habitudes de laisser des lettres. Le couple pensait sûrement que nous habitions toujours là. Nous avons donc décider de ne plus revenir ici. Plus jamais. Mais hier je m’y suis senti obligé. J’avais peur de trouver d’autres menaces ou pire, je ne sais pas. Mais non, je n’ai rien retrouvé, à part les souvenirs que j’ai avec Malcolm.
- Tu aurais dû m’en parler... Mais il y a quand même une chose que je ne comprends pas, qu’est ce qu’il y a dans la boîte en fer blanc qu’ont vue les témoins ?
- Ça je ne sais pas.. J’ai beau réfléchir, je n’ai pas le souvenir de cette boîte, je ne sais pas d’où elle vient..
- Ce n’est pas grave, aller viens, on rentre chez toi, il faut que tu racontes tout à ta femme.
      Nous sortîmes dehors, Alfred n’était pas en état de conduire, je décidai donc de le ramener. En allant jusqu’à ma moto, je ne pus m’empêcher de regarder cette maison. Je ne pensais pas que mon pauvre Alfred avais vécu autant de choses difficiles dans sa vie.
Perdu dans mes pensées, mon regard s’arrêta sur une fenêtre du premier étage. Elle était cassée. Bizarre, j’avais pourtant bien regardée la maison en arrivant et je ne l’avais pas remarquée.
- Elle était cassée cette fenêtre quand vous viviez ici ?
- Non.
- Et tu sais si elle était déjà cassée hier quand tu es venu ?
- Non, je ne sais pas, je ne suis pas monté à l’étage. Mais pourquoi tu me demandes ça ?
- Regardes la gargouille.
- Qu’est ce qu’elle a ?
- Tu ne vois pas ? On dirait qu’il y a un morceau de tissus rouge dessus. Ça te rappelle rien ?
- Si je me souviens, tu m’avais parlé d’une écharpe rouge au début de l’enquête... Tu ne penses tout de même pas à la même chose que moi ?
- Et si ils étaient là ?
- Mais depuis quand ?
- Pas longtemps.
- Comment ça ?
- Quand je suis arrivé elle n’était pas ouverte. J’en suis sûr.

le mystère de l’écharpe

Par LABUSSIERE2017 - publié le vendredi 27 janvier 2017 à 01:44 dans Ecriture Longue

Vichy, de nos jours, est une jolie ville, calme et tranquille. La journée, les rues sont pleines de vie, les gens vont au travail, circulent, klaxonnent, se bousculent, d’autres sont en vacances, font les boutiques, se promènent… Le soir,  lorsque la nuit tombe, les rues se vident, les magasins ferment leurs portes, petit à petit le calme revient.

Ce soir-là, le ciel était étoilé, seul le bruit de quelques voitures résonnait au loin. Un jeune couple sortant d’un restaurant alla s’asseoir sur un banc,au bord de l’Allier. Les deux jeunes gens étaient habillés tous les deux de couleurs sombres, seule la cravate bleue du jeune homme et l’écharpe rouge de la femme ressortait. Ils discutaient de leur avenir, de leur projets tout en contemplant le ciel.  

Une trentaine de minutes, ils repartirent main dans la main en direction de leur voiture. Ils passèrent par un parc à peine éclairé, puis par une allée sur leur gauche. Brusquement, ils s’arrêtèrent et se lâchèrent la main. Une boîte en fer blanc était posée au milieu du chemin, l’homme se pencha, la ramassa et l’ouvrit. Sa compagne se mit à trembler. Ils se regardèrent et partirent en courant, la boîte à la main. Dans la précipitation, la femme laissant tomber  son écharpe rouge.

Suite 1: Lisa Bouffin

Dans l’appartement à gauche du deuxième palier, de l’immeuble qui se situe aux 15 rue Roovère, à Vichy, se trouvait la chambre d’une adolescente. Aloys de son prénom, commet indiqué sur la porte: l’étiquette était entourée de prospectus qui faisaient référence à des festivals de musique de rock ou de reggae. Sa chambre était décorée de la même façon que tout autre jeune de son âge aurait pu le faire. Un bureau où  étaient posées des feuilles de cours, des livres, des stylos ou encore de l’argent; au-dessus, des dessins abstraits représentant la solitude, la mort et l’amour. En face, se trouvait une armoire en bois d’acajou qui devait dater des années 60. À l’intérieur, les habits étaient entassés, pêle-mêle, rien n’était plié, tout était mélangé. Des vêtements étaient aussi étalés sur le tapis qui se situait face au miroir, on en trouvait aussi sur la chaise de bureau et sur le lit deux places avec quelques peluches. Au-dessus du lit une étagère remplie de babioles, en désordre,  des souvenirs de voyage pour la plupart ou des objets qui avaient une valeur sentimentale. L’étagère présentait un espace vide à droite, encore récemment occupé comme en témoignait    la poussière qui dessinait un rectangle sur le bois.
En début d’après-midi, Alois était rentrée après une soirée au bord des parcs, elle s’était étalée sur son lit comme pour aller se coucher. Elle avait les cheveux gras, elle était en jogging noir avec un débardeur gris et une veste en cuir sombre. Telle était sa tenue les lendemains de nuits blanches, elle ne se prenait pas la tête par rapport à cela, elle était bien trop fatiguée. Elle avait peu de souvenirs de sa soirée, c’était une veillée d’été, elle et ses amis avaient passé le samedi après midi suivi d’une grande partie de la nuit dans les parcs, au bord de l’allier pour ensuite se rendre dans un appartement tout près pour finir leur nuit.
Avant d’aller prendre une douche, elle décida de vider son sac pour vérifier si elle n’avait rien oublié ou perdu. Elle avait un sac à dos gris, avec des dessins au marqueur, souvenirs de soirée laissés par ses amis, ou de ses périples de jeune adolescente. À l’intérieur, un pull, un jean, du maquillage, une enceinte et… Il manquait quelque chose, elle se mit à paniquer, à chercher partout. Son sac fut étalé par terre en deux temps trois mouvements. On voyait l’inquiétude monter sur son visage, elle commençait à trembler, à sangloter. Elle prit son téléphone, appela les personnes qui se trouvaient à la soirée, personne ne savait où elle l’avait égarée. Elle se remémora les actions de la veille: elle se souvint l’avoir vue à 18h, lorsqu’elle s’était mise  à avoir froid et qu’elle avait sorti son pull, et elle avait rouvert son sac un peu avant 21h pour sortir son enceinte. Elle pensa donc qu’elle l’avait fait tomber à ce moment-là.
Elle mit ses baskets, prit ses clefs, claqua la porte, et dévala les escaliers à toute vitesse. En bas de l’immeuble, elle remonta sa rue, prit la rue de l’école Jeanne D’arc, tourna à droite dans la rue de la médiathèque, et descendit par la source des Célestins pour arriver face aux parcs. Elle se souvenait exactement où elle avait sorti l’enceinte, elle s’y rendit d’un pas rapide, mais rien ne s’y trouvait. Juste une écharpe rouge à l’endroit où elle pensait avoir perdu son objet.


Suite 2: J. DUFOUR

Elle recula, regarda autour d’elle, arrêta son regard sur des passants, méfiante.
Elle repartit d’où elle était venue, refaisant un bout de chemin à l’envers en inspectant le sol, soulevant des vieux journaux traînant par terre. Elle longeait les trottoirs en entrant quelquefois dans les petites rues perpendiculaires. Elle était agacée, perdue, fatiguée.   La tête lui tournait. Elle avait la nausée. Elle s’arrêta contre un arbre et posa sa tête sur ses mains contre le tronc.
Mais qu’en avait-elle fait ? Pourquoi n’avait-elle pas fait attention ? Pourtant, cet objet était précieux à ses yeux. Elle était toujours très prudente.
Elle essaya de nouveau de se remémorer les actions de la veille : à quels moments avait-elle ouvert son sac ? En fin de journée, elle avait eu froid, elle avait sorti son pull, et en début de soirée, elle avait sorti son enceinte. Elle réfléchissait, elle n’avait jamais quitté son sac, elle l’avait toujours près d’elle.
Elle se releva. Sa vue se troubla. Elle prit de grandes respirations d’air frais. Il faisait beau, le soleil brillait.
Elle remonta la rue et retourna à l’endroit d’où elle venait.
Toujours cette écharpe rouge.
Elle s’approcha, regarda autour d’elle et la ramassa. Ce n’est bien sûr pas ce qu’elle cherchait, mais cela l’intriguait. Pourquoi trouvait-elle une écharpe rouge à l’endroit même où elle cherchait ? Un indice ? Une énigme ? Une coïncidence ?
Elle trouva un banc sur une petite place juste à côté, s’assit, se prit la tête dans les mains, l’écharpe rouge pendante sur le côté et se dit : « réfléchis...réfléchis... ». Ses yeux se plissaient comme si une idée allait lui venir et qu’elle allait enfin trouver. Elle se repassait la soirée en images dans sa tête : son amie qui rigolait, un autre qui jouait de la guitare, les bruits, l’alcool, la nuit, les lumières, et puis l’appartement.
L’appartement, l’appartement. Elle ne se rappelait plus bien. Des flashes lui revenaient. Elle se leva brusquement et partit en courant.
Quelques minutes plus tard, essoufflée, elle était au pied d’un immeuble. L’appartement était au rez de chaussée. Elle se dirigea vers l’entrée, observa les interphones. Elle situait l’appartement mais ne connaissait pas du tout le nom de la personne, donc elle ne savait pas sur quel bouton sonner.
 Mais oui bien sûr, elle avait laissé son sac sans surveillance dans l’appartement. Elle l’avait déposé dans l’entrée en arrivant. Elle s’en souvenait maintenant.
Quelle idiote ! Mais elle ne pouvait pas se douter ! En fait, elle n’était même pas sûre qu’elle cherchait au bon endroit !
Elle retourna devant l’immeuble, le détailla en se demandant comment faire ? Elle se dit qu’elle n’avait aucune chance.
Puis elle aperçut une porte fenêtre entrouverte. Elle se recula pour prendre de l’élan et en courant sauta par-dessus le petit grillage pour atterrir dans la courette. Elle s’immobilisa puis repris son avancée vers la première fenêtre. En s’approchant doucement, elle vit un jeune couple entrain de discuter. Elle ne les avaient jamais vus. Elle scruta l’intérieur de l’appartement et...elle la vit sur une étagère.
D’un coup, la porte fenêtre s’ouvrit violemment et l’homme surgit : «Que faites-vous là?».
Elle était livide. Elle s’approcha et calmement, lui raconta toute l’histoire.


Suite 3: DUFOUR


Elle ne savait pas bien par où commencer. L’air semblait lui manquer.
Il la dévisageait, la regardait, méfiant. Comment avait-elle pu rentrer ? Comment était-elle arrivée là ? Que voulait-elle ? Il cherchait, mais son visage ne lui disait rien. Il ne savait pas comment réagir. Elle avait l’air si perdu, et elle semblait si fragile et si inoffensive.
C’était une adolescente, il n’avait aucune raison d’avoir peur.
Elle avait les cheveux gras. Elle portait un jogging noir, un débardeur gris et une veste en cuir sombre. A la main, une écharpe rouge.
Il recula puis tout à coup, elle s’effondra.
Il se jeta sur elle pour la rattraper de justesse, criant, appelant sa compagne restée à l’intérieur et qui n’avait rien vu de la situation.
Marie arriva en courant se demandant ce qui se passait.
Elle le vit dans la courette avec une inconnue dans les bras et il lui sembla reconnaître son écharpe rouge, par terre.
« Mais que se passe t-il ? »
Ils la portèrent à l’intérieur de l’appartement et l’allongèrent sur le canapé.
Ils ne savaient que faire.
Elle rouvrit les yeux et elle la vit, là, posée sur l’étagère. Elle se mit à pleurer. Elle l’avait retrouvée.
Le couple se retourna, intrigué, dans la  direction de son regard et comprit qu’elle regardait la boite en fer blanc.
Marie lui apporta un verre d’eau et la rassura.
Alois avait le regard dans le vide. Elle était figée. Plusieurs émotions l’envahissaient, elle était heureuse d’avoir retrouvé sa boite, et en même temps stressée et angoissée de se trouver dans cet appartement entourée de ses deux personnes qu’elle ne connaissait pas.
Fallait-il dire la vérité ou mentir?
Alors Alois raconta.
Cette boite en fer blanc contenait tout ce qui lui restait de ses parents. Des photos, des dessins, des lettres, un porte clé avec une clé, une fleur séchée, enfin elle était pleine de petites choses importantes à ses yeux.
Elle expliqua que ses parents étaient morts quand elle était bébé. Elle avait vécu de familles d’accueil en familles d’accueil et cette boite l’avait toujours suivie. Elle y était très attachée. Elle l’ouvrait quand elle n’allait pas bien et cela la réconfortait.
Le couple était désolé et attristé par son histoire.
Ils lui demandèrent où elle habitait et avec qui. Avait-elle quelqu’un à appeler ?
Elle se mit à paniquer intérieurement. Elle ne savait pas quoi répondre. Elle vivait frauduleusement dans un appartement qu’elle avait repéré, vide. Elle aurait voulu ne pas être là, n’avoir jamais perdu sa boite.
Il fallait réfléchir vite. D’autant que le couple était inquiet de la situation et parlait d’appeler les gendarmes.
Elle se remit à pleurer. Marie lui disait de ne pas s’inquiéter, qu’ils allaient trouver une solution. Elle lui tendit la boite en fer blanc.
Marie lui raconta leur promenade, qu’il l’avait trouvée, posée au milieu d’un chemin.
Alois la serra tout contre elle, sanglotante.
Il fallait qu’elle trouve une solution pour se sortir de là. Ils n’avaient pas l’air méchant mais étaient désorientés.
Elle demanda à aller aux toilettes. Ils lui indiquèrent une porte au fond du couloir. Elle repéra les lieux et chercha une issue. Elle vit la porte d’entrée qui se trouvait au bout du même couloir. Elle s’enferma dans les toilettes, essayant de respirer pour réfléchir. Elle devait se calmer.
Elle entrouvrit la porte et regarda à droite et à gauche. Personne. Elle tendit l’oreille pour savoir où était le couple. Elle visait la porte d’entrée en essayant de voir si elle allait pouvoir l’atteindre sans se faire voir. Elle priait pour qu’elle ne soit pas fermée à clé.
Elle prit son courage à deux mains et sortit d’un bond des toilettes, courant jusqu’à la porte d’entrée. Elle avait de la chance, elle n’était pas verrouillée. Elle l’ouvrit, se jeta dehors et se mit à courir de toutes ses forces, serrant la boite en fer blanc très fort contre elle.
Elle ne se retourna pas. Elle était comme transportée, téléguidée.
Dans l’appartement, le jeune couple entendit la porte d’entrée claquer. Ils se regardèrent.
Tout à coup, dans le silence, le téléphone se mit à sonner. Ils sursautèrent. Marie se dirigea vers l’entrée pour répondre. Elle hésita puis décrocha. Sans surprise, elle savait qui appelait. Elle écoutait sans rien dire, elle hocha la tête, se retourna vers la porte et dit : « Oui, tout s’est déroulé comme prévu, elle vient de partir». Elle raccrocha. Elle restait là immobile. Son compagnon s’approcha, lui murmura à l’oreille. Ils rassemblèrent leurs affaires et sortirent de l’appartement.
Alois courait et courait encore. Elle remonta la rue, tourna à droite, à gauche, encore à droite, traversa une rue, manquant de se faire renverser par une voiture qui fit une embardée en klaxonnant.
 Elle savait où ses pas la menaient. Plus rien n’existait autour d’elle.
Elle arriva devant la maison. Elle se dressait à l’angle de la rue, immense. Le ciel était sombre et elle s’élevait blanche dans ce décor noirci. Les nuages tournaient.
Elle s’arrêta, la regarda et l’admira comme à chaque fois qu’elle venait là.
Elle l’impressionnait en en même temps, elle se sentait bien.
Elle ouvrit sa boite et sortit les dessins. Tout d’abord, la maison, on la reconnaissait bien. Et la gargouille, reproduite en détail.
 Cet animal monstrueux et fantastique, sculpté dans la pierre, comme figé, comme sorti d’un film. Son aspect était plutôt terrifiant. Elle était comme prête à bondir, à s’élancer du mur. Elle semblait vouloir nous dire quelque chose, nous expliquer.
Comme dans la légende, on aurait dit qu’elle allait reprendre vie à la tombée de la nuit avec la lune.
Elle le savait, cette gargouille était la gardienne du bien, elle tenait les forces du mal éloignées. Elle était là pour la protéger.


Incipit

Par LAMY2017 - publié le jeudi 26 janvier 2017 à 06:48 dans Ecriture Longue

Je ne savais pas ce qui allait m’arriver… J’étais seul, loin, loin de tout… Je me rappelle seulement de ce jeune couple qui courait pour s’enfuir sûrement, mais pourquoi ? Je ne sais plus, tout est si flou comme lorsque l’on se réveille d’un rêve, on y songe un instant puis tout s’efface…

Il y avait un train aussi et des ordres, beaucoup d’ordres dans une langue que je n’arrivais pas à comprendre. Qu’est-ce que tout cela voulait dire ? Je ne sais pas, peut-être que je me rappellerai plus tard. Tout le monde était terrorisé, les enfants criaient, les femmes hurlaient et les hommes pleuraient…

Comme un film qui se répète, à tout jamais des horreurs que j’ai connues jeune, je les revois à présent homme, si j’en suis encore un...                                                                                                          

Vichy, aujourd’hui, des souvenirs c’est tout ce qu’il me reste. Mais ce sont des souvenirs d’enfance que je n’arrive pas à vraiment me rappeler, tout est si confus : je vois quelqu’un qui court, encore, couvert d’une écharpe rouge, il fait froid, le temps est glacé, les adultes sont pétrifiés. Et je vois une jolie chose toute rouillée mais belle, cette boite en fer blanc qui me rappelle tant de souvenirs d’enfance : les petits gâteaux sucrés dedans que je partageais, avant, avant que le souffle du wagon n’arrive et ne nous emporte. Combien de temps ce souvenirs va-t-il me hanter ? Vais-je réussir à oublier ?


Suite 1: Neboud Quentin

Le réveil sonna, avec une fois de plus cette impression de connaître la vérité sans pouvoir s’en rappeler. Impossible de percer le silence laissé par mes rêves et cela me déchire petit à petit. J’éprouvais de plus en plus le besoin d’oublier, de tirer un trait sur ces évènements qui avaient gâché mon enfance. Sûrement fallait-il tout simplement comprendre.

Le réveil sonna une deuxième fois, me rappelant que nous étions lundi et qu’il était grand temps de se préparer afin de rejoindre la boutique. C’était mon premier jour. Elle appartenait à mes parents et ne me passionnait que très peu, mais elle était très importante à leurs yeux et c’est pourquoi j’avais décidé  de la reprendre après leur décès. C’était une petite boutique d’antiquaire située à côté de la gare de Vichy le long de l’Avenue des Célestins. Cette gare se compose de deux parties différenciées par l’époque à laquelle elles ont été construites. La partie à droite construite  qui sert d’entrée, de sortie et d’accueil pour les voyageurs est de construction récente;  la partie gauche, elle date de la fin du XIXème siècle. Ma boutique se situait à l’extrémité de la partie gauche et était du point de vue architectural dans la continuité de la gare. Un style plutôt classique. Sa façade était blanche avec des arcs orange et elle était bordée de beaucoup de verdure et même de jets d’eau devant ce qui ressemble à une maison carrée qui sert d’axe de symétrie pour  le reste de l’ancienne gare. Ma boutique était délimitée par un de ces arcs orange. L’entrée était constituée d’une porte-fenêtre de couleur vert foncé et de cette même façade blanche. Seul un panneau sur lequel il est écrit « ANTIQUITÉS » situé au-dessus de la porte la distingue du reste.
    Je me demandais quel effet le fait de travailler à côté de la gare allait me procurer. Serait-il trop dur de passer ses journées aux côtés des wagons ? Ces souvenirs allaient-ils me torturer encore plus l’esprit ? Allaient-ils enfin me dévoiler leurs secrets ? L’amour de mes parents pour cette boutique n’était que prétexte. J’espérais en réalité découvrir quelque chose me permettrait d’apercevoir la vérité.
    Mon premier client apparut en fin de matinée. C’était une femme blonde, d’une cinquantaine d’années, de taille moyenne et assez richement habillée. Elle ne venait pas pour acheter mais pour vendre une vieille boîte toute rouillée qui était, d’après elle, d’une grande valeur. Peut-être savait-elle que j’étais nouveau et voulait m’avoir, mais je refusai. Elle proposa alors de me la laisser gratuitement car la boîte symbolisait trop de souvenirs douloureux pour elle. J’acceptai. La dame partit.

Cette boîte ne valait rien et j’allais la jeter dans la poubelle mais j’entendis soudain un bruit en la secouant. Comme si elle contenait du sable. Je l’ouvris et découvris du sucre en poudre. Pensant que c’était en vérité la boîte dans laquelle elle avait gardé une pâtisserie et ne trouvant pas la blague de bon goût je décidai de partir retrouver cette femme. Je la vis au loin s’engager dans la rue de Paris. Je courus jusqu’à l’endroit où je l’avais aperçue pour la dernière fois, en vain.

De retour dans ma boutique, je versai le sucre dans la poubelle et je vis de nouveau, en admirant le fond de la boîte, ce moment où  je partageais de délicieux gâteaux sucrés avec mes amis, puis encore ces wagons avec les cris, les hurlements, les pleurs, les ordres et la boîte en fer blanc que je tenais dans la main. Je sursautai. Je n’avais jamais eu le souvenir d’avoir cette boîte dans laquelle je mettais mon goûter. Pourquoi ce souvenir revenait-il maintenant ? Intrigué, je scrutai à la loupe le centre du couvercle et je découvris les lettres « L.L. », mes initiales! Cette boîte était la mienne et je l’avais dans les wagons. Cette femme était donc là-bas elle aussi et elle savait que moi aussi ; surtout, elle en savait beaucoup plus que moi.


Suite 2: H. FRADIN

J’attendais la fin de journée avec peu d’entrain, perdu dans mes pensées, jouant avec cette petite boîte, la faisant passer d’une main à une autre, la tournant et la retournant dans tous les sens comme si la réponse allait apparaître subitement sur cet objet.
18h sonna. La voix féminine et stridente de la gare annonçait le départ d’un TER: " départ de Vichy quai A, à destination de  Lyon Perrache, arrivée prévue à 20h32". Cette annonce musicale insupportable sonnait la fin de mon énigmatique journée.
J’avais eu du mal à rester concentré sur la boutique, les clients, j’avais même fait fuir un acheteur! S’en doute avait- t-il pris peur lorsqu’il m’avait vu appuyé au comptoir, les yeux rivés à une petite boite en fer blanc, ne répondant pas à ses questions... Comme je le comprends! J’avoue avoir peur moi même...
"Je suis ridicule! Quel imbécile!" me disais-je, tout en fermant les volets de fer de ma petite boutique. Comment une chose aussi petite pouvait elle avoir le pouvoir de me faire ressentir de si grandes émotions? Quels souvenirs ne voulais-je pas me rappeler? Etait-ce si affreux pour que mon subconscient ait décider de verrouiller ces images et de les bannir de mon esprit?
Le visage fermé par la crispation, les yeux flanqués au sol, le dos courbé vers l’avant tel un homme abattu par la vie, je marchais ou tout du moins j’errais dans les rues de Vichy à la recherche d’une évidence, d’un signe ou tout autre chose me permettant d’éclaircir cette part d’ombre qui me terrorise mais m’attire inexorablement.

" N’ai pas peur! Tout ira bien, reste là, ne fais pas de bruit...
- Non je veux venir avec toi! j’veux v’nir! Me laisse pas!
- Chuuuuut... calme toi. Je reviens te chercher très vite mais attends bien sagement et surtout ne réponds à personne d’autre que moi!
- Non, non! C’est tout noir, ça sent mauvais, je veux...
- Stop! Écoute mon ange, je vais revenir très vite mais il faut que tu fasses ce que je te dis, d’accord? D’accord mon ange?
- D’accord....
- Tu es un bon garçon... reste sage, je reviens, je n’en ai pas pour longtemps...."
La porte se referme, le petit garçon caché dans le double fond d’une vieille armoire, sanglote en silence comme la douce voix vient de lui demander... "Je ne dois pas faire de bruit!" se répète-t-il sans cesse, serrant une boîte de fer blanc de toutes ses maigres forces contre son petit visage humide.
Non, il ne doit pas faire de bruit...
Les yeux lourds, les traits tirés, le visage encore mouillé de larmes le petit homme se laisse aller à dormir quand brusquement des voix retentissent dans le vieil appartement. Des voix graves, rauques, dans une langue qui parait dure,cassante et autoritaire.
"Nein, juden ich bin fransözich, bitte, nein juden..."  hurlait un homme dont la peur chargeait l’atmosphère et la remplissait tellement qu’elle en devenait presque palpable.

Silence, juste le silence. Tout est redevenu calme, un calme menaçant, inquiétant. Le petit bonhomme les genoux recroquevillés sur sa poitrine sa petite boîte blanche  contre le c½ur garde les yeux fermés se disant que s’il ne les rouvre pas alors rien ne lui arrivera, rien.

Soudain des bruits de pas, le son des grosses bottes de cuir allemandes martelait le sol, faisant trembler les frêles cloisons, de la poussière venant du parquet du dessus tombait dans le petit vestibule où se cachait l’enfant. Les pas se rapprochent, le bruit se fait plus menaçant, plus fort et le c½ur du petit garçon bat la chamade au rythme des bottes frappant le sol.
Les pas ralentirent, s’arrêtèrent devant la porte.
Le petit serrait les poings et les yeux, il sentait l’odeur des bottes de cuir et de la terre fraîche collé dessous. La menace se faisait de plus en plus ressentir, un grincement, la porte s’ouvre...
"Ahhhhhhhhhhh!!!!!!!!"


Tremblant de peur, le corps enduit de frisson et de sueur froide, la bouche ouverte, les muscles tétanisés, la respiration haletante et le c½ur au bord de l’implosion, je me réveille.
Vite! je saute du lit, allume la lampe de chevet, revêt mon jogging déposé soigneusement au pied de mon lit, j’ouvre l’armoire prends le premier t-shirt de la pile, l’enfile et descends à vive allure dans la cuisine. Les volets sont ouverts, dehors la rue est sombre elle me paraît plus morne, plus inquiétante qu’à l’accoutumée. Quelques réverbères sont encore allumés, une fine pluie tombe sur la verrière de l’immeuble d’en face, créant une multitude de petites perles au bout du chéneau qui viennent échouer quelques mètres plus bas sur un petit balcon à l’allure abandonné.
Je me sers un verre d’eau pour tenter de remettre de l’ordre et un peu de calme dans mon esprit perturbé, puis me vient une idée. Je tire la vieille chaise en formica jaune hérité de mes parents, grimpe dessus et tire un gros carton poussiéreux de la niche au-dessus du placard à balai de la cuisine. Je cours dans ma chambre, attrape la petite boîte de fer blanc et retourne à la cuisine. J’ouvre le carton et en sors toutes les vieilleries que mes parents avaient pris grand soin de conserver, prétextant être des souvenirs de valeur sentimentale.
Il me revient en mémoire cette phrase étonnante à laquelle je n’avais guère prêté attention à l’époque ou ma mère disait à mon père de bien conserver tout ce bric à brac car elle ne voulait pas "qu’on oublie". A ce moment j’étais encore bien jeune et très sincèrement je ne prêtais aucune attention à ma mère, les gens du quartier la prenait pour une vieille folle et moi aussi il m’arrivait de penser qu’elle l’était.
Mais que voulait elle dire par "pour ne pas qu’on oublie"? Elle était un peu fêlée certes mais de là à penser qu’elle risquait un jour d’oublier quelques choses auxquels elle avait l’air de porter tant d’importance...
Je me mis alors en quête d’indices, scrutant les photos, déchiffrant de vieilles cartes postales, quelques articles du journal "La Montagne" soigneusement découpés quand je tombe soudain sur cette photo! Là! Je reconnais la petite boîte en fer blanc! La même que dans mon cauchemar, la même que celle posée sur la table de ma cuisine!


Suite 3: Q. Nebout

Elle était posée sur le sol contre un mur en pierre grise. La photo n’était pas datée. Il était juste écrit « Pièce n°37 ». Que cela signifiait-il ? Pourquoi conserver précieusement la photo d’une boîte sans importance ? Pourquoi contribuerait-elle à « ne pas oublier » ? Ce n’était qu’une énigme de plus à résoudre.  Mais je compris qu’il pouvait y avoir beaucoup de choses à trouver dans ce vieux carton. Je me replongeai donc dedans. Il y avait beaucoup de photos qui ressemblaient à celle de la boîte. Des photos d’objets sans intérêts avec à chaque fois écrit au dos «pièce n°». Cela devenait étrange. Pourquoi les photos étaient-elle qualifiées de pièce et numérotées ? C’était pourtant des photos importantes aux yeux de ma mère, et elles ne montraient rien, juste des objets. Une photo m’interpella. C’était la seule sur laquelle apparaissaient des personnes. Un homme et une femme, un couple sûrement, se tenaient appuyés sur le muret en pierre et grise d’une sorte de terrasse surmontée d’un arc brisé en pierre blanche. Ces gens semblaient tellement heureux. Un détail me frappa. Il n’y avait rien écrit au dos de cette photo. Toutes les autres sans exceptions étaient numérotées mais pas celle-ci. De plus, elle était pliée en deux. Aucune autre ne l’était, sauf elle. Il était évident que cette photo ne venait pas du même endroit que les autres. 
    A la boutique, je ne pouvais m’empêcher de repenser à ces photos. Je me demandais quel lien elles avaient avec mes parents, avec moi. Une photo montrait ma boîte; les autres, des objets que je ne reconnaissais pas. Et pourtant elles avaient toutes un point commun avec cette écriture au dos. Mais la photo qui m’intriguait le plus était celle du couple. Pourquoi plier une photo si importante ?
    L’heure de fermer la boutique sonna. J’étais épuisé par cette journée qui ne fit que m’apporter d’avantages de questions sans réponses, de doutes.
" N’aie pas peur! Tout ira bien, reste là, ne fais pas de bruit...
- Non je veux venir avec toi! j’veux v’nir! Me laisse pas!
- Chuuuuut... calme toi. Je reviens te chercher très vite, mais attends bien sagement et surtout ne réponds à personne d’autre que moi!
- Non, non! C’est tout noir, ça sent mauvais, je veux...
- Stop! Écoute mon ange, je vais revenir très vite mais il faut que tu fasses ce que je te dis, d’accord? D’accord mon ange?
- D’accord....
- Tu es un bon garçon... reste sage, je reviens, je n’en ai pas pour longtemps.                           
 - Tu me le promets ?                                            
- Oui mon ange. Tiens, comme ça je ne te quitterai pas. Je t’aime." 
    Je me réveillai en sursaut, courus dans la cuisine, grimpai sur la chaise en formica et attrapai le vieux carton en haut du placard. C’était cette photo. C’était cette photo qu’il m’avait donné le jour où il m’avait quitté ! C’était lui dessus, avec son costume et son écharpe rouge ! Cette photo avait directement un lien avec ce qui s’était passé ! Mais qui était-il ? Pourquoi mes parents ne m’avaient-ils jamais parlé de lui et de cette photo ?
    Je retournai me promener dans Vichy. Il fallait que prenne l’air, que je prenne un peu de recul sur tout ça. J’essayais de m’aérer l’esprit, de ne plus penser à rien. Je retrouvais la paix à l’intérieur de moi. Cela me faisait énormément de bien. J’admirai la beauté de cette ville que j’aimais tant. J’admirai ses maisons, ses parcs. La splendeur d’une maison m’interpella. Elle était très massive, trois étages, constituée d’une sorte de tour qui faisait le coin de la rue, entièrement construite en pierre grise et blanche avec un toit en ardoise. Presque la totalité de ses fenêtres étaient entourées d’arcs en plein cintre ou d’arcs brisés. Une magnifique gargouille était dressée à la perpendiculaire d’un pilier. Ses ailes repliées sur son dos, elle semblait presque me sourire. Elle me semblait familière.  Je fus tout d’un coup frappé par une révélation. Cette maison était celle qui figurait sur la photo que m’avait donnée cet homme autrefois. Je devais aller voir. Je frappai à la porte.
    La femme blonde qui m’avait donné la boîte ouvrit et me reconnut. Je la questionnai. Les souvenirs rattachés à cette boîte avaient rendu fou son mari. Je lui montrai la photo de lui et la femme. Chargée d’émotion, elle m’appela Laurent.

ECRITURE LONGUE 1S3

Par samsagace63 - publié le mercredi 18 janvier 2017 à 19:13
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CONSIGNE: Écrivez le début d’un récit en intégrant les éléments suivants:
- Vichy, de nos jours
- Un jeune couple
- Un boîte en fer blanc
- Une écharpe rouge


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