Satura

Chanson d’Automne

Par AUBAGUE1S2 - publié le vendredi 11 mars 2011 à 15:52 dans La poésie, à quoi ça rime?
Paul VERLAINE (1844-1896)

Chanson d’automne
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Le choix du poème n’est pas facile , tellement la littérature française regorge de poèmes. J’ai choisi Chanson d’automne pour sa musicalité; en effet la lecture de ce poème impose une lecture lente si l’on veut en comprendre le sens profond.
- Tout d’abord, il faut dire que le poème est composé de trois strophes de six vers dont chacun sont eux-mêmes composés de quatre syllabes , ce qui en fait un poème court , rythmé par de nombreux silences.
- La sonorité de ce poème est remarquablement pertinente ainsi que les rimes. On peut faire le lien entre la sonorité et le caractère de l’auteur lors de l’écriture. Par exemple , la diérèse du mot violons qui est a la rime avec le mot long renforce encore plus cette idée de longueur et de lenteur, ou encore la métaphore des pleurs des violons n’est en fait ni plus ni moins que le bruit produit par le vent et qui, n’est pas supportable aux oreilles du protagoniste « moi ». Le rejet du mot monotone permet de le détacher du reste de la strophe et, donc, le met en valeur.
- Ce poème est riche dans le champ lexical de la nature. Plus particulièrement dans la première strophe dans laquelle l’automne est personnifié et, occupe le devant de la scène en opposition au personnage principal dont on suppose qu’il est l’auteur. L’automne est un personnage à part entière puisqu’il agit sur le personnage principal et le blesse. Il y a un passage progressif de l’automne vers le protagoniste et ce n’est qu’a la dernière strophe que l’automne disparaît pour enfin laisser réellement place à l’expression des sentiments de Verlaine. A noter la fréquence des sons en L dans la première strophe dont on peut interpréter comme la lenteur et la longueur déjà parlé ci-dessus.
-Dans la deuxième strophe, on change d’idées directrices : ici le personnage ne semble plus dominé par la nature et l’action se focalise uniquement sur lui. Quand sonne l’heure le personnage semble mélancolique et repense au passé comme s’il était condamné à mort. La deuxième strophe est ponctuée par le souvenir, la mélancolie et la tristesse.
-Enfin la dernière strophe marque l’abandon du poète qui sent remet à la nature et arrête son combat. On reconnaît le mauvais présage avec la rime entre m’en vais et mauvais. Cet abandon annonce peut-être la mort du personnage qui se compare déjà lui-même à une feuille morte qui se laisse porter par le vent paisiblement avec l’esprit tranquille.

En résumé , ce poème est remarquable à cause de son caractère mélancolique , triste mais aussi par l’emploi d’assonance et de sonorité qui vont dans le même sens. Si je devait choisir mon passage préféré dans ce poème ce serait sans hésiter la première strophe qui, je trouve est beaucoup plus efficace que les autres en ce qui concerne la visée de l’auteur, mais ce n’est que mon avis.

Je ne pouvais parler de la sonorité de ce poème sans vous proposer d’écouter ce poème correctement lu : http://www.youtube.com/watch?v=W_S-MbRKBE0

La poésie a quoi ça rime ?

La poésie française constitue une part importante de la littérature française et les poètes ont été nombreux a toutes les époques. Elle atteint son apogée au XVIe siècle avec la Pléiade qui joue le rôle majeur dans la poésie de l’époque. Elle change d’apparence suivant les époques de but et se retrouve à certains moments engagés , romantique ou sous forme de fables...

Je trouve que la poésie est une formidable manière d’exprimer son avis efficacement et d’être compris par une grande majorité. En effet, on trouve dans les poèmes pleins d’indices qui permettent de comprendre le message que l’auteur a voulu faire passer. Certes, écrire de la poésie n’est pas à la portée de tout le monde et c’est justement ce qui en fait son paradoxe puisque sa lecture est accessible à tous. Je pense que c’est ce qui fait que la poésie est unique dans son genre, car, toujours d’après moi, aucun genre littéraire n’est à la fois si difficile et simple.
Je peut, cependant, nuancer ce propos car l’histoire à bien montrer que la poésie peut cacher son jeu et ainsi permettre la circulation d’idéologies interdites par la censure. Je pense, notamment, à la deuxième guerre mondiale qui a été le théâtre de résistance au moyen du poème ( l’exemple le plus pertinent serait Paul Eluard ou Louis Aragon avec « strophes pour se souvenir » en mémoire au groupe Manouchian)
« La poésie n’est pas censé être lue, elle est censé être chantée » avec cette citation je pense avoir bien résumé ce qu’était la poésie : elle est à la fois un genre littéraire et un art à part entière.
Les rimes, les silences et le rythme qu’impose la poésie souligne sa ressemblance avec la musique. On constate que cette barrière entre la poésie et la chanson est d’autant plus ouverte que le Slam est considéré comme de la musique et non comme de la poésie.

En somme , nous avons démontrer que la poésie est tout aussi importante que n’importe quel autre genre littéraire mais qu’elle se dégageait grâce à son aspect artistique et de par sa complexité. Si elle n’est plus le genre majeur de notre temps elle survivra grâce à la « poésie-chansons » qui est beaucoup plus présent.

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