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Entretien avec Lucien Suel

Par SaintLuc - publié le jeudi 19 avril 2012 à 15:55 dans Quand la peinture est dans les livres- Rencontre avec Lucien Suel

Propos recueillis par Chloé Vandekerkhove

 

Nous sommes allés au musée de Cambrai pour rencontrer l’auteur de l’œuvre  la Retraite de l’aumônier  Lucien Suel et son éditeur Dominique Tourte qui a créé la collection Ekphrasis. Ils ont pris le temps de répondre à nos questions et Lucien Suel nous a offert le privilège de sa première lecture en public qui s’est déroulée avec beaucoup d’émotions.

 

Chloé : Quand avez-vous vu la Retraite de l’aumônier pour la première fois ?

Lucien Suel : Je l’ai vue pour la première fois  à L’abbaye de Saint Riquier dans une exposition dont le thème était le passage de la vieillesse vers la mort mais c’est la première fois aujourd’hui que je la vois  à sa place réelle, dans son environnement, au musée de Cambrai.

 Chloé : N’avez-vous pas eu peur de ne pas réussir à écrire une histoire basée sur une peinture ?

Lucien Suel : Non, car tout est une question de travail, de méthode. Une fois que j’ai trouvé la forme, je sais où je vais. Comme pour cette histoire, je savais que je voulais trois points de vue. J’avais donc la forme. Ensuite un mot en appelle un autre,  j’ai intercalé les personnages et je n’avais plus qu’à faire quelques recherches pour approfondir mon texte et trouver la fin de mon histoire.

Chloé : Puisque vous parlez des trois points de vue, pourquoi trois différents et comment se démarquent-ils?

Lucien Suel : Trois est le chiffre de l’équilibre, de la Trinité. De plus dans le tableau, le chiffre trois revient. Il y a trois plans: le jardin, le village et l’homme ou encore les trois grains de pavots qui rappellent les trois clous du Christ. C’est pourquoi j’ai décidé que trois personnes auraient la parole : le prêtre, Dieu et l’auteur du tableau, Alexis Muenier.

Je les distingue en changeant de rythme, j’alterne les points de vue toutes les trois fois : la voix de l’artiste, celle du père et celle de Dieu. Pour le prêtre, je voulais qu’il soit nostalgique, perdu dans ses pensées, c’est pourquoi Dominique Tourte a utilisé l’italique pour marquer l’intimité de cette scène, une sorte de chuchotement. Pour Dieu, j’ai écrit ce passage pour que l’on distingue la solennité dans ses paroles. L’artiste a quant à lui une histoire sur laquelle je me suis documenté mais j’ai aussi inventé, et il est un personnage plus ordinaire, donc ses passages sont en caractère habituel.

Chloé : Avez-vous des petits secrets à nous révéler sur la forme du texte ?

Lucien Suel : J’ai joué avec les détails, si vous regardez bien, il y a le même nombre de mots dans chaque point de vue, dans chaque verset. La voix du prêtre comporte le même nombre de mots que  la voix de Dieu car je ne voulais pas privilégier une voix ou l’autre.

Cela m’amusait, j’ai pris un réel plaisir à inventer ces phrases.

 

Nous remercions Lucien Suel de cette rencontre qui s’est avérée très intéressante et qui nous a révélé de nombreux secrets sur son livre « la retraite de l’aumônier ».


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