Revue de presse

Marianne

Par PrepaIEPRiveGauche - publié le mardi 30 novembre 2010 à 01:29 dans Fiches médias

 

1-    Histoire

Marianne est un magazine hebdomadaire d’information qui selon l’expression de Jean François Khan se caractérise comme « centriste révolutionnaire ». Crée en 1997, par Jean François Khan et Maurice Szafran, Marianne est un journal indépendant.
Jean-François Kahn est un journaliste, écrivain et homme politique français. Après avoir obtenu une licence d’histoire il se tourne vers le journalisme. Il est jeune adhérent au parti communiste pendant deux ans. Il débute dans le journal Paris Presse l’Intransigeant en 1959 où il couvre la guerre d’Algérie. Il travaille ensuite pour le Monde, puis pour l’Express comme reporter. En 1965 pour ce même magazine il mène l’enquête sur l’affaire de Ben Barka. Le 29 octobre 1965 Mehdi Ben Barka est enlevé par deux policiers français, Louis Souchon et Roger Voitot, devant la brasserie Lipp à Paris. L’opposant au régime marocain d’Hassan II avait rendez-vous avec des cinéastes dont Georges Figon, pour un projet de film sur la décolonisation. Il n’a pas réapparu et son corps n’a jamais été retrouvé. Le 30 octobre 1965 l’étudiant qui accompagnait Ben Barka avertit les autorités de l’enlèvement de l’opposant marocain. Le 2 novembre 1965 deux journalistes de L’Express, Jacques Derogy et Jean-François Kahn publient un article intitulé Les étranges coïncidences de l’affaire Ben Barka qui dénonce un « scandale politique », puis le 10 janvier 1966 un article J’ai vu tuer Ben Barka un témoignage de George Figon. Le scandale est révélé, impliquant les autorités françaises.
En 1984, Jean François Khan crée L’Événement du Jeudi puis, en 1997, l’hebdomadaire d’information Marianne dont il est le directeur jusqu’en 2007. L’Evénement du Jeudi se distinguant par un ton virulent dans ses commentaires de l’actualité, est repris dans les années 1990 par le groupe Lagardère. Le journaliste et ancien directeur de Globe et Globe Hebdo, Georges-Marc Benamou, en prend la direction et le rebaptise L’Événement en 1998. Un an plus tard, Jean-François Kahn, assuré par le succès de son nouvel hebdomadaire Marianne, reprend L’Événement, en en confiant la direction à Maurice Szafran. Le journal devient alors un hebdomadaire culturel. Mais l’échec de cette nouvelle formule entraîne la cession du titre à France-Soir, qui en fait son supplément télévision hebdomadaire, en le rebaptisant L’Événement France-Soir. Cette formule ne dure que quelques mois avant que le titre disparaisse définitivement. Jean François Khan se retire du monde du journalisme en 2007 pour s’engager en politique laissant la direction de Marianne à Maurice Safran qui est le co-fondateur de Marianne et Président, Directeur Général et directeur de publication depuis 2008.

2-    Marianne : ligne éditoriale et lectorat

Marianne mène un combat incessant en faveur de l’indépendance de la presse et du pluralisme d’opinion, puisque l’un de ses slogans est « la presse écrite n’est pas morte ». Volontiers iconoclaste et provocateur, le magazine rejette mondialisation néolibérale et le gauchisme néo soixante-huitard ; il soutient en revanche un libéralisme régulé et considère que dans certains secteurs clé le service public doit primer. En ce sens il remet en cause la centralité du « capital » et du « profit » de l’Etat et de la bureaucratie.  Il se place dans un ancrage républicain, il soutient à la fois le patriotisme et l’internationalisme. Il aspire à une révolution « humaniste » qui accélérerait l’émergence d’un monde plus juste, plus solidaire et plus moral. Dans son appel au « tous ensemble » il défend une laïcité ferme mais tolérante.
Marianne mêle l’humour et la satire, le divertissement et la polémique, et propose à ses lecteurs des grands débats de fond s’adressant à un large public. Son lectorat ressemble à celui du Nouvel Observateur c’est-à-dire des électeurs de la gauche du Parti socialiste jusqu’à ceux du centre. (A noter que J.F Khan est maintenant au modem). Le lectorat est donc plutôt de gauche et il est aussi assez bourgeois. La tranche d’âge lisant Marianne est plutôt les 30-50 ans.

Il est boudé par les publicitaires mais aussi d’une certaine partie du milieu médiatique puisque par exemple Pascale Clark l’a exclu deux ans et demi de sa revue de presse sur France Inter.
Les rubriques de Marianne sont, dans l’ordre, «Evénement » ; « France » ; « Monde » ; « Magazine » ; « Culture-idées » ; et « savoir vivre ». Les sujets abordés sont le plus souvent traités parce qu’ils représentent un scandale politique ou social et tente de faire éclater des vérités qui « fâchent ». On peut noter que beaucoup de pages de l’hebdomadaire sont illustrées de caricatures humoristiques et satiriques.
Le magazine propose également une version web intitulée Marianne 2 créé à l’occasion de la présidentielle de 2007.
Marianne tient à jour un baromètre du chômage, qui additionne au chômage officiel les personnes qu’il estime en recherche d’emploi mais non-comptabilisées car ne répondant pas aux critères du Bureau international du travail (BIT) : chômeurs à temps partiel, en préretraite, en formation et Contrat emploi-solidarité (CES). Ce baromètre double presque les chiffres officiels.

3-    Tirage

Marianne revendique début 2005 une moyenne de 220 000 exemplaires vendus, avec un pic en août où les ventes passent à 258 000, pour atteindre 300 000 en fin d’année. Aujourd’hui le tirage s’approcherait plus de 350 000 exemplaires vendus dont il faut considérer qu’il y a 3 fois plus de lecteurs.
Marianne fait 2 tirages exceptionnels : le 14 avril 2007 lorqu’il propose sa Une intitulée « le vrai visage de Sarkozy » qui fait un tirage à 500 000 exemplaires et le 14 février 2008 lors de son « appel du 14 février 2008 » où 17 personnalités politiques de tous bords (dont D. de Villepin, S. Royal et F. Bayrou) réaffirment leur attachement républicain face à la politique de Sarkozy.
De plus Marianne qui consacre une grande partie de ses sujets à Sarkozy se plait à proposer des unes chocs comme celle de août dernier : « le voyou de la République » qui scandalisa la droite.

4-     Finance et répartition du capital

Lancé avec 10 millions de francs seulement, Marianne n’est soutenu par aucune grande puissance financière ni aucun groupe capitaliste, Marianne est un journal indépendant.
95 % des recettes viennent des ventes et seulement 5 % de la publicité, ce qui assure son indépendance, même si aujourd’hui les publicitaires tendent à s’intéresser au marché de Marianne et on peut remarquer un accroissement de la publicité dans le magazine.
Le principal actionnaire du magazine est Marianne Finance (Jean François Khan et Maurice Szafran) qui représente 40 % du capital, et le second avec 25,4 % du capital :
Yves de Chaisemartin  (ex-PDG du quotidien Le Figaro).

 Ces dernières années, la popularité de Marianne croit. L’un des directeurs adjoint Joseph Macé Scaron est l’un des journalistes invité chaque semaine au grand journal de canal plus pour commenter les événements politiques ce qui participe à la notoriété du journal. On peut donc dire que l’une des grandes qualités de Marianne est sa capacité de communication et d’attirer les lecteurs par ses unes souvent racoleuses.


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Le blog "Revue de presse" met en ligne les travaux des étudiants en prépa IEP du lycée Rive Gauche de Toulouse. Il présente notamment une revue de presse hebdomadaire sur 2 thèmes sélectionnés et sur le reste de l'actualité. Il contient également des fiches sur les principaux médias, les principales institutions et des notions relatives au fonctionnement des médias. Enfin, il présente un espace "blog" qui accueille une expression personnelle argumentée des étudiant sur l'actualité.
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