Renoir fait son cinéma

La belle et la meute, un film de zombies ?

Par madamecuicui - publié le mardi 7 novembre 2017 à 09:38

Tout commence dans cette boîte de nuit en Tunisie où Mariam (Mariam Al Ferjani) rencontre Youssef (Ghanem Zrelli), tous deux sont sous le charme l’un de l’autre mais ce sentiment va vite s’évaporer lorsque la belle se fait violer par des policiers. Soutenu par Youssef qui la convainc de porter plainte, ils vont se battre pour ses droits durant toute la nuit. La Belle et la meute est un film tunisien réalisé par Kaouther Ben Hania.


La Belle et la Meute : Photo Ghanem Zrelli, Mariam Al Ferjani

« ma vie c’est comme un film de zombies » dit Youssef à Mariam ©Copyright Jour2fête


       Ce thriller inspiré d’une histoire vraie nous plonge dans un univers de tensions et de suspense. A chaque interrogatoire il y a une ambiance oppressante. Mariam est pratiquement tout le temps dans le champ, à l’aide de travellings et de plans-séquence.  Le spectateur se sent constamment avec elle. Plus le film avance, plus Mariam se sent seule, et plus le spectateur ressent les mêmes sentiments qu’elle. Quel que soit le lieu, dans l’hôpital, le commissariat ou la voiture, le spectateur est en attente de quelque chose, de ce qui va se passer.

       « Ma vie est comme un film de zombies » c’est ce que dit Youssef à Mariam dans la salle d’attente du commissariat, et en effet, La belle et la meute se déroule du début de la nuit jusqu’au petit matin, moment où les morts-vivants se réveillent. Malgré son ambiance particulièrement froide, quelques moments de légèreté, furtifs, viennent rassurer le public, par exemple quand Mariam est avec la policière ou l’infirmière qui toutes deux sont des femmes, ou encore avec le vieux policier qui encourage Mariam à porter plainte. Mais ces moments de soulagement sont aussitôt supplantés par des sentiments de panique, comparables aux films de zombies. Le titre La belle et la meute fait allusion avec ironie au film La belle est la bête de Jean Cocteau. La vie ce cette jeune femme ne ressemble pas à un conte et ne se termine pas en happy end. Et, par moment, aussi,  Mariam, « la belle » à la fois charmante et innocente, se retrouve seule face aux policiers, à la meute, comme la Belle de Cocteau face à la bête.

        « N’abandonne pas tes droits » dit un homme à la jeune femme. Ce film féministe ne laisse pas de doute, et résonne avec l’actualité. Il dénonce de nombreux faits comme les droits non respectés de la femme tunisienne mais aussi le fait qu’elles ne puissent compter que sur elles-mêmes. Il encourage donc les femmes à se battre pour leurs droits sans pour autant ignorer les souffrances qu’elles doivent endurer pour arriver à cela. Il dénonce aussi certaines lois tunisiennes relatives aux femmes violées ainsi que la manipulation de la police et une certaine banalisation de la violence par certains policiers indifférents au cas de Mariam.


        Il faut être prêt à affronter la dure nuit de cette jeune femme car ce long métrage très prenant mérite une attention particulière. Étant très réaliste, il captive du début à la fin le spectateur.


                                             Clara, première spécialité cinéma-audiovisuel




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