Renoir fait son cinéma

Succès, lumière soudaine, risque d’effondrement

Par madamecuicui - publié le lundi 6 novembre 2017 à 10:39
       Adaptation du roman de Delphine de Vigan (2015) par Roman Polanski, D’après une histoire vraie est un thriller psychologique retraçant l’histoire de Delphine, romancière. Delphine (Mathilde Seigner) est l’auteur d’un roman intime sur sa mère. C’est un personnage fragilisé par son passé et éreinté par l’engouement des lecteurs, mais aussi des critiques dont elle fait l’objet, comme des lettres anonymes... Elle fera la rencontre d’une de ses lectrices surnommée « Elle » (Eva Green), à une période où réécrire est pour elle une dure épreuve. Cette jeune femme semble vouloir redonner confiance en la romancière.

Echange entre Delphine et Elle © Carole Bethuel

Dès le début, cette lectrice nous semble déjà bien particulière. Elle se dit grande admiratrice de la romancière. Celle-ci se fait appeler « Elle » ce qui, déjà, annonce un personnage mystérieux. A partir de ce moment là , les deux femmes commencent à se côtoyer. Delphine commence à éprouver de l’affection pour cette lectrice se démarquant des autres ; toutes deux entament une relation fusionnelle, qui prendra une tournure inattendue. Tout au long du film nous suivons ces deux femmes, toutes deux très contrastées ; l’une (Delphine) : austère, angoissée, ayant des traits physiques affaiblis, et l’autre (Elle) : séduisante, intelligente, sûre d’elle, qui évolue ensuite dans le film de manière imposante. Un peu à la manière de Harry, dans Harry un ami qui vous veut du bien (Dominik Moll, 2000) ou encore Annie dans Misery (Bob Reiner, 1991).

Le réalisateur a particulièrement mis l’accent sur les plans fixes, notamment des gros plans sur les visages, des jeux de regards, entre les personnages, et entre les personnages et la caméra. Cela met en valeur leurs expressions et accentue le côté intrigant de cette histoire. Le film est servi de musiques sinistres, des sonneries de téléphone répétitives et stressantes, ainsi que de plusieurs scènes de pluie battante, renforçant son côté angoissant. Les images froides et sombres aident également à cet effet.

       Ce film, sur le thème de l’écriture, évoquant la peur de la page blanche, les limites que peuvent avoir certaines relations humaines, nous transporte dans un univers mêlant réalité, rêve et fiction. Le spectateur détient une place particulière ; tout d’abord en assistant à certaines scènes que certains personnages du film ne voient pas ou ne savent pas (nous avons la plupart du temps le même point de vue que Delphine) ; et ensuite en ne sachant pas certains faits. Cela donne un suspens inquiétant, le spectateur peut parfois se sentir mal à l’aise. Cela le fait s’ interroger et réfléchir, au fur et à mesure que le film prend une tournure de plus en plus en angoissante.
        
D’après une histoire vraie  est un film à voir, intrigant et bouleversant.

                                         Eléa, première spécialité cinéma-audiovisuel


Page précédente | Page 7 sur 16 | Page suivante
«  Novembre 2017  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930 

Liens

Rubriques

Derniers commentaires

- <%RecentCommTitle%>

Canal RSS

Abonnement




Hit-parade