Renoir fait son cinéma

Carrie, mais pourquoi ont-ils une dent contre elle ? 

Par madamecuicui - publié le vendredi 3 novembre 2017 à 09:24
        Carrie White (Sissy Spacek), est une jeune fille recluse, seule et moquée par ses camarades. À la maison ce n’est pas mieux, car la jeune fille vit avec sa mère, fanatique, qu’elle craint autant qu’elle l’aime. Notre héroïne est donc seule face à ses problèmes. C’est dans ce climat anxiogène que Carrie découvre qu’elle est douée d’un pouvoir de télékinésie. Ce film d’horreur de Brian de Palma, sorti en 1977, s’ouvre sur la fin d’un match de volley-ball et l’entrée au vestiaire de l’équipe. Ces deux scènes donnent le ton du film. En effet Carrie y est moquée et harcelée, car, la vraie horreur de ce film, c’est cette histoire d’une jeune fille rejetée et sans repères.

Sissy Spacek en Carrie pendant la scène culte du bal de promo.©splendor films


       La mise en scène est remarquable pour souligner la détresse de l’héroïne. Par exemple avec de nombreux plans très proches des personnages (en général plan poitrine) ou des surcadrages qui enferment le spectateur avec Carrie. La lumière et les couleurs jouent aussi beaucoup pour l’ambiance du film. En effet on remarque notamment deux couleurs dominantes, le bleu et le rouge. Le bleu semble rappeler la solitude de Carrie quand le rouge semble représenter ses désirs. Cette mise à nue des sentiments de la jeune femme nous rapproche encore plus d’elle. Quant à la lumière, toute les ombres crééent une véritable ambiance oppressante, par exemple lors des scènes dans le placard.

        Les acteurs sont tous très bons. Le groupe de jeune femme qui harcèle Carrie est détestable. La mère de cette dernière (Piper Laurie) est effrayante. Et enfin Carrie (Sissy Spacek) et attachante et il est impossible de ne pas être au moins remplie de compassion face à sa prestation. On finit parfois par avoir de l’affection pour des personnages comme Sue (Amy Irving) et même accepter des actions impardonnables grâce à ce jeu d’acteur très juste. Seul bémol, les acteurs qui jouent les étudiants peuvent sembler un peu trop âgés pour ce genre de rôle.

        Il est assez impressionnant que le film arrive à nous faire tout suivre sans jamais casser le rythme. L’usage des procédés comme le split-screen, permet d’éviter un nombre trop important de cut; le ralenti, permet de saisir toute l’action; ou l’accéléré, peu communs, sont très bien employés. Le thème récurrent du sang permet aussi de bien suivre les enjeux de l’histoire. il est présent dès la première séquence. Il est aussi un thème important des sermons de la mère et il est évidemment présent durant la scène du bal.

        Pour finir je parlerais de la présentation des pouvoirs de Carrie. Le spectateur les découvre en même temps qu’elle, et de la même manière. Il est agréable de voir que ce film n’est pas tombé dans le cliché d’une séquence où on verrait l’héroïne s’entrainer à utiliser ses pouvoirs. Ici, on nous montre leur fonctionnement en quelques scènes bien choisies et le spectateur saisit directement. La musique aide sûrement à cela via, notamment, un thème aux violons grinçants qui peut rappeler celui de Psychose de Alfred Hitchcock.

        En conclusion, je dirais qu’il est intéressant de voir ce film car il offre une expérience au spectateur. Ce dernier est mis face à des situations très difficiles et instables. Ici nous ne sommes donc pas sur une peur liée à la surprise, malgré le jump-scare final, mais sur une peur liée à une tension et une angoisse efficace et intelligente, mise en place durant tout le film. Là où le film et d’autant plus intelligent, c’est qu’il joue sur des peurs communes et universelles. Des peurs comme celles liées aux changements propre à l’adolescence et l’incompréhension qui en découle ou celle du rejet par exemple. Dans une certaine mesure il traite aussi de la peur du parent qui voit son enfant grandir et s’éloigner. De ce fait, il aborde avec une justesse rare des thèmes comme la sexualité, l’image de soi et la solitude. Carrie peut donc toucher tout le monde et chacun s’y retrouvera.


                                       Hugo, première spécialité cinéma-audiovisuel


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