Renoir fait son cinéma

A l’atelier, écouter sans juger

Par madamecuicui - publié le mercredi 25 octobre 2017 à 09:38

Antoine (Matthieu Lucci) participe à un atelier d’écriture avec d’autres jeunes en insertion. Un atelier animé par Olivia (Marina Foïs) avec pour but d’écrire un roman noir. Antoine va tout de suite se démarquer en n’étant pas dans le même registre que les autres. Lui préfère s’exprimer sur les problèmes de notre monde actuel, notamment le terrorisme plutôt que d’écrire un récit sur le passé de la Ciotat. L’Atelier, réalisé par Laurent Cantet, aussi auteur du prestigieux  Entre les murs, a remporté la palme « d’Un certain regard » au festival de Cannes 2017.


                       Antoine semble en vouloir à sa maitre de stage©bande-annonce du film

Un film très enrichissant grâce aux différentes trajectoires accomplies par les personnages. Nous plongeons dans une ambiance chaleureuse au milieu de ces criquets et de ces lumières chaudes du Sud.

L’affiche nous en dit déjà beaucoup sur le film : on distingue directement Antoine en arrière-plan avec un visage fermé alors que beaucoup de sourires se montrent devant lui. Tout au long de cette heure et cinquante minutes nous allons découvrir un personnage à deux facettes. D’un côté nous avons l’Antoine qui exprime ses idées violentes et parfois trash, et de l’autre nous avons un jeune homme doux, attentionné avec sa famille et calme lorsqu’il retrouve ses moments de solitude dans les calanques. Cela va d’ailleurs créer un rythme dans le film. Un rythme marqué par l’importance des silences lorsque Antoine se retrouve seul. Rythme aussi interrompu par des lectures à voix hautes à plusieurs reprises. En bref, Antoine est un jeune homme perdu dans ses idées. Idées racistes, qu’il peut exprimer de manière maladroite, et qui vont l’exclure du groupe. Antoine nous est montré comme un garçon qui essaye de trouver des réponses sur des questions qu’il se pose sur le monde, la société qui ne lui fait pas de place, et sur lui-même. Olivia dans tout ça essaye de préserver le calme et la sérénité au sein de son atelier. Une relation particulière s’installe entre le stagiaire et l’écrivaine. Antoine lui jette de la haine sans cesse mais une attirance mutuelle est présente entre les deux protagonistes

La majorité des scènes sont tournées en extérieur mais Laurent Cantet choisit toujours des plans serrés et, très rarement, de montrer l’horizon, ce qui nous fait entrer dans ce microcosme de l’atelier. Le réalisateur place souvent la caméra de manière à ce que le spectateur ait l’impression d’être un jeune de l’atelier et de participer au débat. Il invite le spectateur à se positionner ainsi qu’à se poser les mêmes questions qu’eux. Nous pouvons aussi remarquer une grande présence des écrans dans ce film. Prenons par exemple le premier plan du film, un aventurier de jeu vidéo vagabondant seul dans un monde imaginaire. Pourquoi ne pas l’assimiler à Antoine ?

Ce film aborde un débat très actuel, notamment sur la question de « pourquoi l’Homme tue ? », et donc aborde la question du terrorisme. Sans jugement. Les dialogues très naturels et des idées très différentes sont exprimées à travers les jeunes aux histoires et aux caractérisations bien différentes. L’Atelier essaie de comprendre les racines de la violence et laisse entendre qu’elle s’ancre dans un problème de solitude, de difficultés dans le rapport aux autres. Ce qui est fort dans ce film, c’est que même si nous ne sommes pas d’accord avec les idées des personnages, nous nous attachons à eux très rapidement. Le film interroge aussi la transgression de l’écrivain, les limites de l’artiste. En effet, la parole porte ce film, elle peut représenter un danger mais permettre aussi une libération.

                               Youn, première spécialité cinéma-audiovisuel






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