Penser après les cours...!

Analyse de la représentation des Bonnes de Genet, mise en scène Guillaume Clayssen.

Par cyberblaise - publié le dimanche 10 avril 2011 à 09:24 dans 1ST2S3 (2010-2011)

Analyse de la représentation  Les Bonnes de Jean Genet, mise en scène Guillaume Clayssen d’après les notes du metteur en scène et des réflexions faites en classe après le spectacle.(en gras)

A.      Espace scénique et décor : revoir les photos.

   « La chambre doit s’étendre également à l’espace où se trouvent les spectateurs. Le sentiment pour le public d’être prisonnier d’un grand jeu, d’un imaginaire intime et monstrueux, est essentiel. C’est pourquoi nous avons imaginé que le prolongement de la scène à l’espace où se trouve le public, se concrétise notamment par un système de lumières qui éclaire la salle de manière mystérieuse et progressive. Les murs qui entourent le public sont couverts de tulles au travers desquels par un jeu lumineux d’opacité et de transparence sont mis à nu les éléments du décor, tous ces objets-totems appartenant au monde étrange et intime des deux bonnes. Ainsi confiné, le public est immergé dans l’imaginaire inquiétant et jouissif de Claire et Solange. Chaque spectateur participe à sa manière au drame étonnant, à la folie théâtrale qui ensorcelle ces deux bonnes. »

 Images vidéo : projetée sur la psyché avant que « la cérémonie » ne soit totalement commencée et dont la projection correspond à l’imaginaire des bonnes, à leurs fantasmes, aux images avec lesquelles elles ont joué lors des « cérémonies » précédentes.

« Dans ce dispositif, la projection vidéo associée au son plonge donc bien le public dans les rêves inavouables de ces deux bonnes. Intégré dans ce petit théâtre intimiste et monstrueux, le spectateur refait l’expérience paradoxale qui a conduit Genet à l’écriture : un corps enfermé- Genet a écrit les Bonnes en prison- qui s’ouvre subitement à un imaginaire et à un désir sans limites. »

 

« Les costumes et les accessoires participeront en partie de cette ambiguïté. En fond de scène se trouve, à moitié caché derrière un tulle, un mur de vêtements et d’objets confectionnés dans le même esprit que les œuvres d’Annette Messager. Cette artiste travaille sur les mythologies individuelles et explore l’ambivalence de l’enfance, le rapport magique au monde, le fantasme et le fantastique, en proximité avec une tradition populaire de l’art. Par l’emploi de matériaux qui appartiennent à l’art pauvre, tels des peluches, des morceaux de tissus, des crayons de couleur, des traversins, etc., cette artiste confectionne des structures relevant du talisman, de la relique ou de l’ex-voto populaire, dans une optique qui se veut à la fois protectrice et inquiétante. C’est dans cet univers magique et quotidien que j’imagine Claire et Solange. Les costumes et les objets qui occupent, tel un mur, le fond de scène, ont été retravaillés et rendus monstrueux après avoir appartenu à l’origine à Madame. Ils ont été fétichisés par les deux bonnes qui peuvent ainsi croire vivre une vie qu’elles n’ont pas, une vie qui est à la fois l’objet de toute leur abjection et de toute leur fascination. »

 

« De cette boîte noire vont surgir des corps, des voix, des sons, des images inattendues, conduisant magiquement le spectateur à comprendre de manière sensorielle cette dérive folle de Claire et Solange. »

Interprétations proposées par la classe du « mur de vêtements » : 1. Ce sont tous les vêtements de Madame qui ont été portés et qui ont servi au jeu fantasmatique de « la cérémonie ».

2. Ce sont les rôles que les Bonnes ont joué, tous les êtres qu’elles ont été et cela ferait pensera u fait que nous ne sommes que nos vêtements. Avons-nous une existence autre que le costume que nous portons et dont se souviennent les gens qui nous côtoient ? D’où l’impression que Solange se livre à une cérémonie funèbre.

3. Les effets d’éclairage, au moment du dévoilement de ce mur, derrière la statue qui devient une sorte de cylindre- la féminité en étant gommée- transforme le mur en une sorte d’utérus comme si le spectateur accédait à l’intérieur du corps de Solange en pleine extase hallucinée.

 


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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