LE PLAISIR DU TEXTE

Par Lamartine - publié le lundi 1 février 2016 à 21:03 dans Le réalisme

Une Haine héréditaire

Jonas Mittelstaedt


L’histoire que je vais vous conter est celle de deux grandes familles italiennes qui, depuis toujours, étaient en conflit. Elles ne s’aimaient guère et ne se parlaient que pour s’accuser. L’une s’appelait Saverini et l’autre Ravolati. C’était une guerre sans merci qui allait souvent jusqu’aux affrontements violents. Les deux familles ne connaissaient même plus l’origine de cette haine mais n’y prêtaient aucune attention. Elles habitaient Venise et plus précisément dans le quartier de Santa Croce où se trouve la magnifique statue de Bartoloméo Colleoni et d’autres monuments. La famille Saverini était constituée d’un vieux père de famille, Abramo, autoritaire et très riche grâce aux commerces maritimes, de sa femme, Félicita, un peux plus jeune, et de leurs deux fils, Ricardo et Antoine.Félicita était une mère au foyer. Elle aimait abondamment ses fils et s’occupait formidablement d’eux. Elle était amplement épanouie et transmettait, chaque jour, son grand savoir à ses enfants. Ricardo et Antoine étaient deux frères magnifiques. Ils s’aimaient profondément. Le grand frère, Ricardo, un grand châtain, avait de beaux yeux bleus ciel qui brillait d’intelligence. Antoine était blond et avait des yeux verts pommes. Ce dernier était un garçon sage et agréable. Il remarquait tout et avait une mémoire infiniment supérieur à la moyenne. Malheureusement, tout deux avaient la même phobie. Celle de l’eau. Bien sur, elle ne facilitait en rien les déplacements en ville car dès qu’il s’approchaient de l’eau, ils tremblaient et se serraient l’un contre l’autre de peur de tomber dedans.

Un jour, Ricardo se décida à vaincre sa phobie. Toute la famille l’encouragea et le soutint.On lui acheta une barque. Le lendemain, il partit tôt pour l’essayer. La journée fut longue. Le soir, au dîner, on commença à s’inquiéter car Ricardo n’était pas à table.

Jamais, il n’avait manqué un repas. On posa des questions dans le voisinage mais nul ne l’avait vu. La nuit venue, personne ne dormait. Toute la maison s’inquiéta. Etant très populaire dans la contré, le bruit courra qu’il avait quitté la ville. Mais au fond, personne n’y cru car l’on savait qu’il n’en était pas capable.


A l’aube, quelqu’un cogna fortement la porte des Saverini. Tous s’y précipitèrent espérant des nouvelles de Ricardo. C’était des nouvelles de Ricardo, mais elles étaient mauvaises: Ricardo avait été retrouvé mort, noyé devant le palace des Ravolati. Personne, dans la maison, ne crut à un hasard. Les jours passèrent.La mère accablée de chagrin et de douleurs restait enfermée des journées entières, le père habituellement si calme s’énervait sans cesse et Antoine pleurait devant le corps inerte de son frère et promettait la vendetta.

Le temps passa. La famille se releva durement de son abattement. Elle était comme un chat sans queue. Elle était privée de se qui lui était le plus cher. Mais le quotidien reprit le dessus et Antoine grandit. Lorsqu’il fut en âge, il alla faire ses études dans la grande école supérieur de Rome «La Sapienza». Il n’oubliait jamais l’accident. Pendant ses études à chaque exercices à chaque cours, à chaque minute il pensait à son frère et planifiait sa vengeance...

Les Ravolati, avait, eux aussi, un fils. Il s’appelait Nicolas. C’était un garçon doué, calme et studieux. Il était affectueux et avait une voix aussi douce que la laine. Il était petit mais savait se faire respecter. Nicolas avait été inscrit à l’université de Rome. Bien entendu, il n’y en avait qu’une. Le garçon s’y plaisait bien. De nombreux professeurs lui faisaient des compliments sur son travail. Un jour, il rencontra une connaissance dans les couloirs. Il sortait d’un cours et quelqu’un le poussa, s’excusa, mais lorsque Nicolas se retourna il tomba nez-à-nez avec Antoine Saverini. N’étant pas borné, il avait toujours su qu’Antoine détestait sa famille depuis la mort de son frère. Il prit peur et continua son chemin. L’un voyait là une occasion de venger sa famille et l’autre y voyait un danger de mort. Le soir même, Antoine élaborait un plan telle un assassin. Le soir même, Nicolas barricadait sa porte. Le soir même, il y eut un mort. Contre toute attente, l’assassin tomba. Antoine était mort. Les deux frères étaient, maintenant, décédés. Personne ne sut jamais comment les évènements de la nuit s’étaient déroulés.

Quand la vieille mère reçut le corps de son enfant, elle ne pleura pas, mais elle demeura longtemps immobile à le regarder;puis étendant sa main ridée sur le cadavre, elle lui promit la vendetta.


FIN


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Travaux d'écriture d'élèves du collège Lamartine à Paris.
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