LE PLAISIR DU TEXTE

8 décembre

Par Elève - publié le mercredi 20 novembre 2013 à 05:30 dans Nouvelles argumentatives 3ème

  Huit heures.

  Je suis en retard, et mon mari, Marc, également. Il me prépare le petit déjeuner en vitesse, je l’avale, et nous partons.
   Nous prenons le métro, descendons à la même station. Nos lieux de travail sont proches. Lorsque nous sortons du souterrain, nous passons devant une masse de gens, probablement une manifestation. Nous n’y prêtons pas attention. Pas le temps. Il m’embrasse lorsque nous nous séparons, et je me dirige vers mon bureau. Je contourne non sans mal la foule et arrive au travail.
   Il n’y a que des hommes à mon boulot. C’est une bande de misogynes, qui me regardent chaque jour avec dégoût. Probablement à cause de mon physique peu désirable. Je passe devant eux et entre dans mon bureau. Je pose mes affaires et m’installe.
   Je me fige.
   Il y a des inscriptions, écrites au stylo, sur le bois du meuble. On peut lire : On t’a vu arriver avec ton copain. Vous nous dégoûtez. Je garde mon calme et m’efforce de ne pas prendre ce message comme une menace. Je l’efface en frottant mon doigt sur le bois usé.

  A midi, je vais à la cantine et, lorsque je m’assois à la table à laquelle je mange habituellement, les quatre autres occupants se lèvent et vont s’installer à une autre table.    J’ai l’habitude.
   C’est leur groupe qui a dû écrire sur mon bureau.
   Je mange en vitesse et retourne travailler. Le message n’est plus là, et ça me rassure.
A dix-huit heures, je sors. Tous mes collègues sont dans la rue, en train de fumer. L’un d’eux me bouscule et je tombe à la renverse. Je m’enfuis pendant qu’ils rient à gorge déployée.
   J’ai peur.
   Je prends le métro, continue à courir. Marc doit être à la maison. J’arrive à l’appartement et entre dans le salon. Marc est assis sur le fauteuil, il est à moitié nu. Cela me permet de voir ses jambes couvertes de bleus, son visage qui saigne en plusieurs endroits, ses arcades ouvertes, ses yeux qu’il peut à peine ouvrir. Avant même que je pose une question, il m’explique que ce sont les manifestants que nous avons croisés le matin même qui lui ont fait ça.
   Soudain, tout me paraît clair. Qui sont les manifestants, pourquoi ils l’ont tabassé.
En larmes, je me dirige vers la salle de bain, et me passe de l’eau glacée sur le visage.
En posant mes mains sur mes joues, je me dis qu’il faudra que je rase ma barbe.
   Elle ne me va pas bien.

                                                                                                                                                                                       MB


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Travaux d'écriture d'élèves du collège Lamartine à Paris.
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