La vanité de Fetti compléments

Tableau de Fetti copié/collé dans un gpt sur la mélancolie en mode pictural :
http://lewebpedagogique.com/asphodele/2011/05/15/reseda-72/
Voyez également le site du Louvre.
Tableau à mettre en lien avec la séquence sur le sonnet et le corps trépassé.
Pour l’étude de la vanité de Fetti:
Rappel général :
La vanité est un genre pictural représentant des natures mortes : les sujets choisis (objets, éléments naturels, personnages) ont dans les vanités une dimension métaphysique profonde, qui dépasse la simple représentation figurative. Une vanité illustre en effet le mot de l’Ecclésiaste, d’où elle tire son nom : "vanité des vanités, tout est vanité". La vanité a donc un contenu moral, religieux et eschatologique fort : la mise en scène des objets (une fleur, un crâne, un sablier dans La Vanité de Philippe de Champaigne, musée de Tessé, Le Mans) aura donc pour but de dénoncer l’illusion de la vie, en soulignant le triomphe de la mort (le crâne), la fragilité de la beauté (la fleur), le passage inéluctable du temps (le sablier). Dans beaucoup de tableaux, la profusion très vivante des objets (faisant allusion, par exemple, aux cinq sens, aux activités artistiques ou scientifiques, aux plaisirs de l’existence, à la richesse, à la beauté) est souvent contredite par des références au trépas (un crâne, un insecte dévorateur, un fruit rongé, une bougie éteinte). Fleurs, fruits, victuailles (voir les tableaux hollandais du XVIIe siècle : Deux singes volant des fruits dans un panier, de Frans Snyders ; ou La Table des desserts, par Jan Davidsz de Heem, au musée du Louvre) rappellent le caractère éphémère de la nature et des plaisirs. Dans La Vanité du savoir de David Teniers, les instruments (mappemonde, violon, livres) s’entassent, mais le crâne au centre en rappelle l’inanité. La vanité est donc une peinture de dévotion, profondément pessimiste et mélancolique.
Son message principal est memento mori (souviens-toi que tu es mortel).
La particularité de la vanité de Fetti est de représenter des personnes, tout particulièrement des saints ou des personnages de la Bible — ce qui n’est pas le cas des autres natures mortes, qui insistent sur les objets et les paysages. Les personnages y sont souvent représentés dans une attitude de supplication, de souffrance, de mélancolie, ou de méditation (La Madeleine à la veilleuse de Georges de La Tour, musée du Louvre).
Prolongement : on peut élargir à la vanité dans la
peinture moderne, avec par exemple Pablo Picasso,
Nature morte aux oursins, Paris, musée Picasso
(1946).
Ce rappel relevant du genre pictural de la vanité est également présent dans les grands poèmes de la Renaissance (voir Ronsard, Les Amours, Derniers vers) et dans la chanson moderne (voir Juliette Greco, « Fillette, fillette… », texte de Raymond Queneau).
- Marie-Madeleine (dite aussi Marie de Magdala) serait une prostituée qui aurait suivi le Christ, devenant une de ses disciples. Elle apparaît à de nombreuses reprises dans les Évangiles. La tradition l’assimile à la pécheresse qui arrose de ses larmes les pieds de Jésus, les couvre de baisers et les oint de parfum dans Luc, VII, 36-39. Cet acte d’amour lui
vaut la remise de ses péchés. Elle serait aussi la première à assister à la Résurrection (Marc, XVI). C’est donc un personnage biblique de tout premier plan, tout d’abord pécheur, puis touché par la grâce.
- Ce statut biblique de Marie-Madeleine et sa condition de prostituée en font un sujet privilégié pour les peintres de vanités : abandonnant le commerce de la chair, Marie-Madeleine rejette le monde pour se consacrer au Christ et à la foi.
Son exemple moral est aussi le symbole d’une métamorphose, d’un passage d’un état à un autre, que le baroque aime à représenter.
- Dans cette toile, Domenico Fetti peint Marie-Madeleine de profil, le dos courbé, dans une attitude méditative ou orante (de prière). Représentée vêtue (alors que beaucoup de toiles l’offrent échevelée et dénudée conformément à son statut de péripatéticienne), Marie-Madeleine a donc déjà opéré sa conversion et s’est écartée de la chair.
Son rejet du monde est marqué par les objets qui l’entourent et qu’elle délaisse, car ils symbolisent la fragilité de l’ici-bas : des plumes, qui font penser à la légèreté, un livre entrouvert et un autre fermé, sous sa main, qui évoquent la vanité du savoir terrestre.
L’attention de la jeune femme est concentrée sur le crâne, typique des vanités, qu’elle fixe avec attention comme son reflet dans un miroir.
Le titre donne enfin une clef de l’’½uvre : la jeune femme est aussi une incarnation de la mélancolie, mal existentiel auquel les couleurs sombres de l’arrière-plan renvoient. C’est ici une peinture morale, religieuse et allégorique.
Autre étude du tableau
Source :
Une Vanité aux références savantes
Elle est incarnée par une jeune femme agenouillée devant un pupitre. Son bras droit repose sur un livre et enserre un crâne. Elle se tient la tête de la main gauche. Ses yeux, lourds de soucis, plongent dans les orbites noires du crâne. Sous le pupitre, un chien attaché semble regarder des objets hétéroclites, abandonnés au premier plan à droite. Ils composent une Vanité aux références savantes. Le buste, la palette, les pinceaux et le livre ouvert rappellent, sans doute, la vacuité des arts - sculpture, peinture et poésie. Le rabot - entre le livre et les pinceaux - associé au chien, à la sphère armillaire et au sablier - en haut, à gauche - sont les attributs de Saturne, planète de la Mélancolie.
Le jeu des contrastes
L’œ’oeuvre frappe par le contraste entre le paysage de ruines, au fond, et la scène à l’effet théâtral du premier plan. Le cadrage très resserré, puisqu’’il coupe les mollets du personnage, permet au spectateur de partager l’intimité de cette femme, malgré son isolement dans le mutisme. Une lumière dramatique, venant de gauche, produit des effets de clair-obscur saisissants. Ainsi, quelques traits d’un vert lumineux suffisent à suggérer la texture du velours du manteau vert sombre qui tombe à la taille du personnage. Le peintre joue sur les contrastes nets entre le blanc et le noir. Le visage de la femme, éclairé de biais, semble happé par sa propre ombre. Il en va de même pour le museau du chien et le buste, à droite.
Un thème à succès
Fetti a réalisé plusieurs versions de La Mélancolie. Ce thème connaît alors un succès foudroyant. Marqué par les peintres vénitiens du XVIe siècle, Fetti témoigne dans cette œuvre de l’influence du Caravage (1570-1610) : cadrage serré, effet lumineux dramatique et naturalisme des figures.
texte de Bastien Speranza
http://missmell.free.fr/media/fetti.pdf
http://wodka.over-blog.com/categorie-417087.html

source :
Autre définition de la Vanité :
Genre particulier de la Nature Morte, les vanités sont des allégories (représentation d’un concept ou d’une idée abstraite à l’aide d’objets, de personnages, d’animaux...) symbolisant la mort. Ces peintures invitent à la réflexion sur l’inutilité des plaisirs des sens, des richesses... face à la certitude de la mort (dimension morale, didactique, spirituelle).
A la manière de la Nature Morte, les vanités sont caractérisées par la présence de nombreux objets inanimés, le plus souvent représentés sur une table : crâne humain, épis de blé, couronne, pièce de monnaie, livre, bouteille de vin...sont parmi les nombreux objets hétéroclites peints sur la toile, chacun d’eux possédant une signification qui lui est propre. Ils peuvent être cependant réunis en trois grandes catégories:
Ainsi, les livres, les armes, le vin... invitent le destinataire à réfléchir sur la vanité des plaisirs terrestres: le savoir, les richesses, le pouvoir, les plaisir des sens...
Les cranes, sabliers, fleurs fanés évoquent quant à eux la fragilité de l’existence humaine (le sablier représente par exemple, le temps qui passe...)
Enfin, les objets tels que les épis de blé, couronnes de lauriers symbolisent la résurrection et la vie éternelle.
Les vanités furent très répandues à l’époque baroque (XVIe et XVIIe siècles) et sont comme un rappel constant à l’homme de ce “Mémento mori” (Souviens-toi que tu mourras), pour lui faire considérer l’inutilité de s’attacher aux plaisirs de son temps.
Aujourd’hui encore, des artistes peignent des œ½uvres appartenant à ce thème artistique très particulier: c’est le cas, par exemple, de Bernard Yves FAUROBERT et de son oeœ½uvre "les trois vanités", représentant la vanité du pouvoir, celle de l’esprit et celle des sens.
video érudite sur ce thème : l’anamorphose : sur canaléducatif