Ah ! voilà de la pervenche !

Voeux de Nouvel An

Par pvasseur - publié le lundi 4 janvier 2016 à 11:07

Placer cette nouvelle année sous le signe de la beauté, tel est le v½u que je formule en reprenant le fil de ce blog.

Le film dont je vous parle est certes sorti voilà deux mois, mais encore à l’affiche pour qui s’en donne la peine. Il s’agit surtout d’attirer votre attention sur un réalisateur majeur, que j’ai personnellement découvert en 2008 avec Still Walking : Hirokazu Kore-eda.

Sa dernière ½uvre, Notre petite s½ur, est adaptée d’un manga. Voilà donc un choix qui pourra surprendre de la part d’un professeur aux goûts si classiques. Il se trouve que le manga, et vous le savez mieux que moi, est une forme d’expression, au même titre que le cinéma ou la bande dessinée, qui peut produire le pire comme le meilleur. Abandonnons donc nos préjugés et voyons ce que nous propose Kore-eda.

Le titre original de son dernier opus est 海街diary, c’est-à-dire Le journal de la ville de la mer. Cette station balnéaire est Kamakura, au sud de Tokyo. Trois soeurs y vivent dans une vieille maison traditionnelle et, à l’occasion de la mort de leur père, vont y accueillir leur petite (demi-)soeur.

Le critique de L’Express, Éric Libiot, a été sensible aux accents tchekhoviens de cette peinture familiale (http://www.lexpress.fr/culture/cinema/notre-petite-soeur-du-tchekhov-a-l-ombre-des-cerisiers-en-fleur_1729927.html). On pense peut-être aux Trois soeurs, dont l’intrigue est pourtant bien différente, mais surtout à La Cerisaie. Ce serait en tout cas une Cerisaie heureuse. Si en effet la vie n’épargne pas cette famille, les protagonistes, comme souvent chez Kore-eda, savent puiser dans leurs épreuves de nouveaux ressorts. C’est ainsi qu’avant de mourir, deux personnages du film nous laissent cette maxime : « Je suis heureux de reconnaître la beauté quand elle est là».

Je vous souhaite, en ce début d’année, de connaître et d’apprécier la beauté là où elle est : dans la littérature évidemment et dans les arts ; mais aussi dans ces heureux moments à venir : des cerisiers en fleurs, un « repas [qui] permet de se remémorer les bons souvenirs comme les mauvais, de grandir et de progresser. » (http://www.franceculture.fr/blog-grand-ecart-2015-05-15-a-table-avec-naomi-kawase-et-kore-eda-hirokazu) et dans ces enchantements que nous offre la nature et qui faisait s’exclamer Rousseau au livre VI des Confessions : « Je me levais avec le soleil, et j’étais heureux ; je me promenais, et j’étais heureux ; […] je parcourais les bois, les coteaux, j’errais dans les vallons, je lisais, j’étais oisif, je travaillais au jardin, je cueillais les fruits, j’aidais au ménage, et le bonheur me suivait partout : il n’était dans aucune chose assignable, il était tout en moi-même, il ne pouvait me quitter un seul instant. »

Puisse, en cette année 2016, le bonheur ne pas vous quitter un seul instant !



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