Les mouvements littéraires et culturels
XVI° siècle
L'Humanisme
Il place au dessus de toutes les valeurs la personne humaine et la dignité de l'individu. Il renoue avec certaines valeurs de l'Antiquité et fait partie intégrante de
Il s'est adjoint à l'esprit de liberté et d'indépendance à l'égard des dogmes trop rigides et constitua un courant qui, grâce à
(Réforme : processus élaboré dans l'Église catholique du XVe et XVIe siècle pour la modification et la réorganisation de ses structures, de ses pratiques et de ses dogmes et ayant abouti à la formation d'Églises séparées.)
Ex : Rabelais
Il s'agit d'un groupe de sept jeunes poètes réuni par Ronsard (Du Bellay, Pontus de Tyard, Baïf, Peletier du Mans, Belleau, Jodelle) et désigné ainsi en souvenir des poètes d'Alexandrie (III°siècle) qui s'étaient placés sous le signe de cette constellation.
Leur objectif est d'imiter les lettres antiques, pour lesquelles tous nourrissent un véritable culte. Il faut s'imprégner des textes de l'Antiquité, des poètes contemporains, italiens et néo-latins, en les imitant librement.
Ce qui est en jeu pour eux, c'est l'importance du métier d'écrivain, l'immortalité que l'on peut acquérir grâce à l'œuvre poétique.
Défense et illustration de la langue française : texte dans lequel Du Bellay défend le français comme langue de culture et illustre sa théorie en variant les genres, en imitant les Anciens, en créant de nouveaux mots.
XVII° siècle
La préciosité
Ce mouvement est né d'une réaction contre la grossièreté des mœurs à la cour d'Henri IV. Il recherche le raffinement dans l'expression, les manières, les sentiments (amour platonique, courtois), les idées.
La préciosité s'épanouit à l'hôtel de Rambouillet et dans les salons, tel celui de Melle de Scudéry où l'on s'adonne à la lecture, à la création poétique, à la critique littéraire, au jeu des portraits, et surtout à l'art de la conversation car l'on aime débattre « des choses de l'esprit ».
Par leurs outrances, les précieux vont tomber dans le ridicule.
Le baroque
Le mot vient du portugais barroco, qui signifie « perle irrégulière »
L'artiste le plus représentatif est l'italien Le Bernin auquel on doit l'achèvement de
En littérature, le baroque est caractérisé par
-l'excès, le bizarre, la démesure
-les métamorphoses, la fuite du temps, l'impermanence,
-la fascination pour la mort
-le motif du miroir, de l'eau.
Auteurs : Viau, Sponde, Corneille avec l'Illusion Comique
Peintres : Rembrandt
Le classicisme
Inséparable du siècle de Louis XIV. Pour mettre en valeur la grandeur de son règne, il se définit comme l'art de l'équilibre et de l'harmonie. Contrairement au mouvement baroque, il évite tout excès et soigne la composition, il se plie aux contraintes les bienséances volonté de plaire à un public raffiné qui a le sens de la beauté littéraire.
Le type représentatif est l'honnête homme qui allie les qualités du cœur et de l'esprit et dont l'idéal est fait de mesure et d'ordre.
Querelle des Anciens et des Modernes : elle oppose les inconditionnels d'une esthétique définie dans l'Antiquité (
Auteurs : Molière, Racine, Corneille,
Peintre : Nicolas Poussin
Le libertinage au XVII° siècle
Affirmant l'autonomie morale de l'homme face à l'autorité religieuse Matérialistes, les libertins considèrent que tout dans l'univers relève de la matière, laquelle impose, seule, ses lois. Ils estiment donc que la compréhension du monde relève de la seule raison, reniant, pour beaucoup, la notion de Créateur.
XVIII° siècle
La philosophie des lumières
La métaphore des « Lumières » souligne les progrès de l'esprit philosophique qui dissipe les ténèbres de l'ignorance et lutte contre l'obscurantisme. (Attitude d'opposition à la diffusion du savoir, dans quelque domaine que ce soit.)
ex: Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot.;
Le préromantisme
Las de n'entendre que la voix de la raison, on veut réhabiliter celle du sentiment et s'abandonner à ses émotions.
Ex : Rousseau, Diderot, Bernardin de Saint-Pierre.
Le libertinage du XVIII°siècle
La vie en société est présentée comme un jeu de dupe dont les libertins maîtrisent à la perfection les codes et enjeux. La séduction y est un art complexe que l'on entreprend par défi, désir ou amour-propre. La femme est identifiée comme une proie à « entreprendre », qui finit plus ou moins rapidement par céder devant son « chasseur ». On retrouve bien souvent, prodiguée par un libertin, une initiation au sexuel, au cynisme, au comportement à adopter en société, destinée à celui ou celle qui devra lui succéder dans ses préceptes.
Ex : Crébillon Les Égarements du cœur et de l'esprit,
Sade Justine ou les malheurs de la vertu.
Laclos les Liaisons dangereuses
XIX° siècle
Le romantisme
Mouvement qui fait primer la passion, l'exaltation du moi sur la raison. L'écriture fait éclater les règles au théâtre, mêle souvent le sublime (propre aux sujets élevés) et le grotesque (le bizarre) dans les romans. Le romantisme témoigne également d'un engagement de l'écrivain dans la vie politique.
Bataille d'Hernani : Lors de la première représentation d'Hernani, drame dans lequel Victor Hugo crée un nouveau genre théâtral participant à la fois de la tragédie et de la comédie, les tenants du classicisme affrontent les romantiques.
Peinture : Delacroix
Musique : Chopin et Berlioz.
Ecrivains : Hugo, Lamartine, Musset..
Le Parnasse
Ecole poétique qui s'exprime dans la revue Le Parnasse Contemporain et dont le maître, Leconte de Lisle, las des effusions du romantisme, oriente le lyrisme vers l'impersonnalité.
C'est l'art pour l'art, le souci de la perfection formelle et du culte du travail.
Ex : Leconte de Lisle, José Maria de Hérédia.
Le réalisme
Mouvement littéraire qui met en œuvre des faits divers, présente des personnages communs ou médiocres et vise à peindre avec un souci du petit détail vrai la laideur et le mal
Peinture : Gustave Courbet
Auteurs : Flaubert, Balzac.
Le naturalisme
Ecole littéraire regroupant autour de Zola des écrivains sous l'influence de C. Bernard ou H.Taine : ils sont disposés à transposer en littérature les méthodes des sciences naturelles (observation, expérience, vérification des hypothèses). Pour peindre la société, le romancier réunit une documentation solide pour peindre une société régie par la lutte pour la vie et des individus déterminés par leurs instincts ou leur hérédité.
Ex : Rougon-Macquart de Zola
Le symbolisme
Il fonde une esthétique de la suggestion : l'invisible derrière le visible, l'impression fugitive plutôt que la représentation du réel, la préférence donnée au signe et à la musique.
Auteurs : Verlaine, Rimbaud, Mallarmé, Laforgue.
Peintres : Monet, Manet
Musique : Debussy
XX° siècle
Le surréalisme
Le mouvement se manifeste par la contestation et la provocation, il donne la primauté à l'imagination, libère l'inconscient par l'écriture automatique et l'exploration des rêves. L'écriture se fait sous la dictée de la pensée en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique et morale.
Auteurs : Breton, Aragon, Eluard, Desnos
Peinture : Dali, Delvaux
Le nouveau roman
Il s'agit d'une réflexion sur le renouvellement du genre romanesque. Leurs œuvres se caractérisent par la dislocation de l'intrigue, voire son absence, la mort du personnage et la prééminence accordée aux objets, même insignifiants, qu'ils décrivent minutieusement.
Ex : Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, Nathalie Sarraute.
L'existentialisme
L'existentialisme peut être expliqué par la théorie sartrienne: « l'existence précède l'essence », c'est-à-dire que nous surgissons d'abord dans le monde, puis nous existons et finalement nous nous définissons par nos actions dont nous sommes pleinement responsables. Les individus créent le sens et l'essence de leur vie par leur action et leur courage. L'existentialisme considère donc chaque personne comme un être unique qui est maître non seulement de ses actes et de son destin, mais également - pour le meilleur comme pour le pire - des valeurs qu'il décide d'adopter.
Ex : Jean-Paul Sartre, Albert Camus.
Le théâtre de l'absurde.
Le théâtre de l'après guerre a cherché à représenter les contradictions de la civilisation occidentale écartelée entre l'orgueil et la mauvaise conscience et en plein désarroi depuis l'effondrement de son système de valeurs. Le sentiment tragique de la condition humaine ne peut naître que d'une remise en cause globale de l'homme par le biais de l'absurde.
Outils : pauvreté voulue du langage pour suggérer l'incommunicabilité, la dissolution du personnage réduit à "une vie rampante", l'enlisement de l'intrigue, la présence tyrannique des objets, le divorce entre les mots et les choses.
Ex : Ionesco, Beckett.