Français - seconde de M. Lissonnet au lycée Queneau

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°11

Par raymondqueneau - publié le samedi 3 février 2018 à 05:06

Le Havre / 18ème siècle


Les chaumières délabrés, dans ce terrible côte à côte, s’entrechoquent quelque fois, comme les tombes en formes de croix qui peuplent le cimetière de Troie.

Dans cette rue où il fait si froid, je me perds devant ces maisons pareilles à des ruines et je pense à toi, à tes yeux qui m’illumine. Et la sombre nuit qui m’inspire me dirige vers ton logis.

         Le silence domine la terre, avant de laisser place à la guerre. Les hommes quittent leur travail, pour rejoindre leurs misérables vies, dans leurs maisons saccagées. Et les voleurs se préparent à errer sur ces parvis, dérivant tels des fantômes, seul leurs ombres signalant leurs présences comme un avertissement. Je presse le pas, impatient de te retrouver, quand soudain, je tombe sur le roi de leur secte privé. Pourtant tout prêt de mon but, à quelque pas seulement, j’arrête ma lutte, la mort, j’attends. Il lève son pistolet, puis des coups de feu retentissent. La peur m’envahit et je ferme les yeux, abandonnant la vie.


Une lumière m’éblouit et je sais que je meurs, seulement, je  ne ressens aucune douleur. Est-ce cela, la mort ? Une douce liberté, un lourd fardeau envolé et notre esprit qui dérive dans l’éternel néant.


Je pense au Paradis, à tous les péchés que j’ai commis, à toutes les œuvres que j’ai accomplies et je prie lorsque je sens mon âme partir au purgatoire, pour me juger. St Pierre sera-t-il assez clément pour m’accorder la paix ? Puis j’attends. J’attends la délivrance, la souffrance, la peine, la haine, l’amour, la tristesse, le regret, la mort, qui tarde à venir. Rien.


Rien ne se passe. Tout doucement, j’ouvre les yeux et je t’aperçois, tel un ange descendue des cieux.


Tu me regardes, une larme trahissant ton sourire réconfortant, avec dans tes petites main, un fusil ravageur.


Et à tes pieds je vois mon ennemi, le roi.


Otilia Benoist, 2d 9, 2017

Poème en vers libres inspiré par la sortie au Havre n°10

Par raymondqueneau - publié le samedi 3 février 2018 à 04:58

       La tête sous les nuages


La voisine regarde le paysage urbain.                                                 

Sa  fumée à perte de vue, sa pollution qui essaye de s’échapper

Et se heurte à un plafond 

de ténèbres orageuses

En bas, les passants sous leurs parapluies
Ne se regardent plus.                                                                      
Ils se bousculent sans se dire pardon.
                                                                                                                             
                

Elle les regarde.                                                                                                                                        

Au-dessus d’eux, d’autres font comme elle

Là-bas, c’est le port

Les flots sauvages attaquent les bateaux

Les mouettes se bagarrent pour un morceau de pain

Le paysage se forme sous ses yeux


Mais personne ne le voit


Comme un soleil

qu’on ne regarde pas.                                                                                          

Effacé comme la nuit sombre sans lune.

Les chemins s’éteignent petit à petit. 



Mélissa Jourdain / Gautier Mariette           

Poème en prose inspiré par la sortie au Havre n°9

Par raymondqueneau - publié le samedi 3 février 2018 à 04:48

LA ROUTINE           


Ils sortent à 6h et rentrent à 20, comme pour se recharger. Le chargeur restant toujours au même endroit, ils partent à 6h et rentrent à 20.


Les yeux de plus en plus creusés chaque jour et le sourire de moins en moins visible.  Où sont donc passées toutes les couleurs de la jeunesse ? Sans doute dans ce bâtiment fait de béton où l’on voit, ceux qui sont censés s’amuser, sortir à 6h et rentrer à 20.


Et si leur logement représentait leur vie ? En commençant du 4ème étage, la vie serait joyeuse. Plus le temps passe, plus on descendrait et au fil des étages les visages rentreraient en dedans, de plus en plus dépourvus de couleurs.


Tels des machines, ils sortent à 6h et rentrent à 20. Comme pour se recharger.


Marie LEFEBVRE /2nd 9


Documents et textes complémentaires pour les secondes de M. Lissonnet au lycée Raymond Queneau d'Yvetot
«  Février 2018  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728 

Liens

Rubriques

Derniers commentaires

- <%RecentCommTitle%>

Canal RSS

Abonnement




Hit-parade