Le blog du concours des jeunes écrivains 2010

Le concours « Je bouquine » des Jeunes Ecrivains 2010

Par Caroline d'Atabekian - publié le dimanche 18 octobre 2009 à 10:19
Cette année, WebLettres s’associe à Je Bouquine pour proposer des pistes pédagogiques à toutes les classes de collège souhaitant participer au concours des jeunes écrivains 2010.



Le principe du concours
Un auteur, cette année Laurent Gaudé, propose le début d’une histoire et les enfants en écrivent la suite. Le texte initial est largement « ouvert », offrant aux concurrents de nombreuses pistes possibles.

La sélection des gagnants
Chaque année, entre 8 000 et 12 000 histoires sont écrites par les enfants. Plusieurs professionnels se chargent d’une première sélection : en tant que président du jury, l’auteur choisit les trois textes gagnants.

La remise du prix

De nombreux lots sont à gagner ! La remise du prix a lieu en mars 2010, au moment du salon du Livre. Elle est l’occasion d’une rencontre entre l’auteur et les enfants qui ont été primés. Les trois textes gagnants sont publiés dans Je Bouquine et sur WebLettres.

Lire le début de l’histoire par Laurent Gaudé.

Inscriptions à partir du 1er octobre 2009.

Date limite de participation le 11/12/09.





 Le blog du concours :
Sur ce blog dédié au concours des jeunes écrivains et animé par WebLettres, découvrez :
  • Dans la rubrique Concours, la présentation du concours, les informations nécessaires au fur et à mesure et le texte de départ de Laurent Gaudé ;
  • Dans la rubrique Et pourquoi pas ?..., des idées pour travailler en classe sur le texte et l’écriture de la suite du texte ;
  • Dans la rubrique Comment faire pour ?..., des aides techniques à la rédaction ;
  • Dans la rubrique Textes-échos, des textes d’écrivains proches de celui proposé par Laurent Gaudé, qui vous donneront des idées...

 Vous aussi, participez au blog !
Vous êtes enseignant, documentaliste ou responsable d’un club de lecture... et vous avez choisi de faire travailler des collégiens autour du texte de ce concours. Votre expérience, vos conseils et vos idées sont les bienvenus : partagez-les ici en participant à ce blog ! Pour faire connaître votre travail, écrivez à Christelle Guillot via notre formulaire en ligne.

Quand Balzac décrit un château abandonné...

Par klahana - publié le samedi 17 octobre 2009 à 10:11

Et si on misait sur les descriptions pour donner le frisson au lecteur ?

Cette description de château peut inspirer les élèves pour décrire une ferme abandonnée, une étable lugubre, où un de leurs personnages ferait une rencontre effrayante. Quelques activités à mener :

 l’étude du vocabulaire péjoratif

l’étude du vocabulaire du bâtiment et l’organisation de la description (toits, murs, corps, portes, fenêtres...)

les éléments qui donnent le frisson : lumière (nuit noire, lune), bruits (la bise), comparaison avec un squelette...

faire imaginer la suite : que peut-il se passer dans un tel endroit ? On pourra confronter les différentes hypothèses pour libérer l’imagination des élèves, et leur montrer la richesse et la diversité des hypothèses.

 


Le château semblait abandonné depuis longtemps. Les toits paraissaient plier sous le poids des végétations qui y croissaient. Les murs, quoique construits de ces pierres schisteuses et solides dont abonde le sol, offraient de nombreuses lézardes où le lierre attachait ses griffes. Deux corps de bâtiment réunis en équerre à une haute tour et qui faisaient face à l’étang, composaient tout le château, dont les portes et les volets pendants et pourris, les balustrades rouillées, les fenêtres ruinées, paraissaient devoir tomber au premier souffle d’une tempête. La bise sifflait alors à travers ces ruines auxquelles la lune prêtait, par sa lumière indécise, le caractère et la physionomie d’un grand spectre. Il faut avoir vu les couleurs de ces pierres granitiques grises et bleues, mariées aux schistes noirs et fauves, pour savoir combien est vraie l’image que suggérait la vue de cette carcasse vide et sombre. Ses pierres disjointes, ses croisées sans vitres, sa tour à créneaux, ses toits à jour lui donnaient tout à fait l’air d’un squelette; et les oiseaux de proie qui s’envolèrent en criant ajoutaient un trait de plus à cette vague ressemblance. Quelques hauts sapins plantés derrière la maison balançaient au-dessus des toits leur feuillage sombre, et quelques ifs, taillés pour en décorer les angles, l’encadraient de tristes festons, semblables aux tentures d’un convoi.

Honoré de Balzac, Les Chouans

 

Luktrop, village inconnu...

Par klahana - publié le samedi 17 octobre 2009 à 09:18

Et si on montrait aux élèves comment le bruit des éléments peut instaurer une atmosphère inquiétante?

Activités à mener :

repérer les onomatopées, identifier les bruits

repérer les mots rares et compliqués

repérer les éléments aériens et gazeux (vent, vapeur…) et ceux qui rendent l’atmosphère inquiétante.


 

Frritt!... c’est le vent qui se déchaîne. Flacc!... c’est la pluie qui tombe à torrents.

Cette rafale mugissante courbe les arbres de la côte volsinienne et va se briser contre le flanc des montagnes de Crimma. Le long du littoral, de hautes roches sont incessamment rongées par les lames de cette vaste mer de la Mégalocride.

Frritt!... Flacc!....

Au fond du port se cache la petite ville de Luktrop. Quelques centaines de maisons, avec miradors verdâtres, qui les défendent  tant bien que mal contre les vents du large. Quatre ou cinq rues montantes, plus ravines que rues, pavées de galets, souillées de scories que projettent les cônes éruptifs de l’arrière-plan. Le volcan n’est pas loin - le Vanglor. Pendant le jour, la poussée intérieure s’épanche sous forme de vapeurs sulfurées. Pendant la nuit, de minute en minute, gros vomissement de flammes. Comme un phare, d’une portée de cent cinquante kertzes, le Vanglor signale le port de Luktrop aux caboteurs, felzanes, verliches ou balanzes, dont l’étrave scie les eaux de la Mégalocride.

De l’autre coté de la ville s’entassent quelques ruines de l’époque crimmérienne. Puis un faubourg d’aspect arabe, une casbah, à murs blancs, à toits ronds, à terrasses dévorées du soleil - Amoncellement de cubes de pierre jetés au hasard. Vrai tas de dés à jouer, dont les points se seraient effacés sous la patine du temps.

 

Jules Verne, Fritt Flac, 1884.

... Comparer des bandes annonces

Par christelle guillot - publié le mercredi 7 octobre 2009 à 22:43
Et si on comparait les bandes annonces des deux films présentés ci-dessous ( le Pacte des loups, Sleepy Hollow ) avec l’atmosphère du texte de Gaudé ?







De nombreuses similtudes apparaissent en effet entre les trois supports :


la présence de la mort, les crimes
la présence d’une bête fantastique
l’inexplicable
la peur


"La peur" de Guy de Maupassant

Par klahana - publié le mercredi 7 octobre 2009 à 17:27

Le texte de Laurent Gaudé est une invitation à lire la célèbre nouvelle de Guy de Maupassant.



Les élèves face à ce texte peuvent :

rechercher les éléments qui causent la peur du narrateur (les bruits, la nuit, les pensées...),

puis mesurer le décalage entre ses suppositions et la réalité.

puis rechercher les manifestations physiques de la peur sur le narrateur.

Cette scène peut les aider à imaginer une scène d’exploration dans la forêt, au cours de laquelle un personnage croira être frôlé par "la bête".

Pour repérer la façon dont Maupassant joue avec les représentations du lecteur pour lui communiquer la peur du personnage, on peut également tronquer la fin du passage qui présente l’explication rationnelle, et faire écrire la suite aux élèves, qui présentera leur propre explication.

Ils pourront ensuite réinvestir cette technique du "faux danger" : on amène le lecteur sur une fausse piste, puis on révèle l’explication rationnelle.


 "J’avais dîné dans un cabaret de pêcheurs, et je marchais maintenant sur la route droite, entre deux landes. Il faisait très noir.
    De temps en temps, une pierre druidique, pareille à un fantôme debout, semblait me regarder passer, et peu à peu entrait en moi une appréhension vague; de quoi? Je n’en savais rien. Il est des soirs où l’on se croit frôlé par des esprits, où l’âme frissonne sans raison, où le cœur bat sous la crainte confuse de ce quelque chose d’invisible que je regrette, moi.
    Elle me semblait longue, cette route, longue et vide interminablement.
    Aucun bruit que le ronflement des flots, là-bas, derrière moi, et parfois ce bruit monotone et menaçant semblait tout près, si près, que je les croyais sur mes talons, courant par la plaine avec leur front d’écume, et que j’avais envie de me sauver, de fuir à toutes jambes devant eux.
    Le vent, un vent bas soufflant par rafales, faisait siffler les ajoncs autour de moi. Et, bien que j’allasse très vite, j’avais froid dans les bras et dans les jambes: un vilain froid d’angoisse.
    Oh! comme j’aurais voulu rencontrer quelqu’un!
    Il faisait si noir que je distinguais à peine la route, maintenant.
    Et tout à coup j’entendis devant moi, très loin, un roulement. Je pensai: "Tiens, une voiture." Puis je n’entendis plus rien.
    Au bout d’une minute, je perçus distinctement le même bruit, plus proche.
    Je ne voyais aucune lumière, cependant; mais je me dis: "Ils n’ont pas de lanterne. Quoi d’étonnant dans ce pays de sauvage."
    Le bruit s’arrêta encore, puis reprit. Il était trop grêle pour que ce fût une charrette; et je n’entendais point d’ailleurs le trot du cheval, ce qui m’étonnait, car la nuit était calme.
    Je cherchais: "Qu’est-ce que cela?"
    Il approchait vite, très vite! Certes, je n’entendais rien qu’une roue - aucun battement de fers ou de pieds, - rien. Qu’était-ce que cela?
    Il était tout près, tout près; je me jetai dans un fossé par un mouvement de peur instinctive, et je vis passer contre moi une brouette, qui courait... toute seule, personne ne la poussant... Oui... une brouette... toute seule...
    Mon cœur se mit à bondir si violemment que je m’affaissai sur l’herbe et j’écoutais le roulement de la roue qui s’éloignait, qui s’en allait vers la mer. Et je n’osais plus me lever, ni marcher, ni faire un mouvement; car si elle était revenue, si elle m’avait poursuivi, je serais mort de terreur.
    Je fus longtemps à me remettre, bien longtemps. Et je fis le reste du chemin avec une telle angoisse dans l’âme que le moindre bruit me coupait l’haleine.
    Est-ce bête, dites? Mais quelle peur! En y réfléchissant, plus tard j’ai compris; un enfant, nu-pieds, la menait sans doute cette brouette, et moi, j’ai cherché la tête d’un homme à la hauteur ordinaire!
    Comprenez-vous cela... quand on a déjà dans l’esprit un frisson de surnaturel... une brouette qui court... toute seule... Quelle peur!"

Guy de Maupassant, La peur, 1884.

... Ecrire la suite du texte

Par christelle guillot - publié le lundi 5 octobre 2009 à 21:09
Pour écrire la suite du texte de Laurent Gaudé, il est important que les élèves prennent en compte les quelques points abordés dans la carte mentale ci-dessous.

... Etudier des extraits de films

Par christelle guillot - publié le jeudi 1 octobre 2009 à 21:01
Le texte de Laurent Gaudé se prête à l’étude du fantastique au cinéma. Les images peuvent donner des idées ...

Voici une petite sélection de films ...


Le texte de Laurent Gaudé

Par christelle guillot - publié le jeudi 1 octobre 2009 à 11:48
Laurent Gaudé, vous savez l’auteur de Cris, Le soleil des Scorta, Dans la nuit Mozambique..., se prête cette année au jeu de la suite de texte. Ci-dessous vous pourrez lire le début qu’il propose.

Aux élèves d’imaginer la suite
et à nous de les inviter à écrire !




Le sursaut

En juillet 1914, le petit village de Poichagne attendait la mort du père Fosquin. Cela faisait cinq jours que le vieil homme s’était alité. Il était si maigre que sa fille, Jeanne, qui lui donnait à manger deux fois par jour d’un simple bol de soupe, arrivait à le relever d’une seule main pour lui porter la cuillère aux lèvres.
Le vieux Fosquin devait avoir dans les soixante ans. L’imminence de sa mort ne surprit personne au village. Ses trois fils avaient pris l’habitude de revenir le soir des champs en posant toujours la même question à leur sœur : « Alors ? » et tous les soirs, Jeanne faisait signe de la tête que non. Le temps passait et le vieil homme ne voulait pas mourir. Il continuait à perdre ses forces, à maigrir, mais il tenait.

Au bout de dix jours, les habitants du village finirent par trouver cela presque inconvenant. On avait déjà fait venir le curé deux fois pour l’extrême onction et même si personne n’aurait osé le dire, il en était beaucoup pour penser que le vieux Fosquin devait lâcher prise et accepter de  « passer ». D’autant qu’il y avait des bruits, de plus en plus pressant, qui disaient que la guerre était pour bientôt. Il n’y aurait pas de place dans ce monde de tourments et de lutte pour les vieillards moribonds.

Puis, au premier jour du mois d’août, ce fut la mobilisation. Le tocsin sonna. Le village fut en ébullition. Dès les jours suivants, la saignée commença : les hommes quittaient leur champ, laissant à leur épouse ou à leurs fils – de grands gamins dégingandés au regard ahuri – la responsabilité de la ferme. Ils montaient dans des trains ou des charrettes qui les emmenaient plus au Nord. Ils disaient au-revoir de la main, le visage inquiet et les gestes lents. Tout le village plongea dans le silence et la première nuit sans les hommes fut froide comme un courant d’air.

Jeanne pleura longtemps dans la cuisine. Les trois frères étaient partis. Elle restait là, avec la ferme trop grande et le vieux père qui ne voulait pas passer.

Lorsque l’heure du souper fut arrivée, elle monta dans la chambre avec un bol chaud de soupe de pommes de terre. Le vieil homme lut peut-être ce qu’elle avait dans les yeux car au moment où elle s’en alla, après lui avoir donné trois cuillerées et essuyé le menton, il se redressa et murmura :
– Je serai encore utile.

Jeanne crut qu’il parlait de la ferme, de l’absence des trois garçons qu’il allait falloir combler aux champs et elle sourit tristement. Elle ne répondit rien car elle ne voulait pas le blesser mais à cet instant, elle pensa que le plus utile serait de mourir car cela, au moins, la libérerait d’une tâche.

Elle s’était trompée, le vieux ne parlait pas des champs. Il savait bien qu’il n’aurait plus le force de tenir une faux ou de bêcher. Mais il sentait que quelque chose se préparait, quelque chose d’obscur qui l’attendait.

Étrangement, pendant les semaines qui suivirent, son état ne cessa de s’améliorer.

C’est à cette époque que tous les villages de la région se mirent à bruisser d’étranges rumeurs. On disait que, la nuit, le bois des capucins était traversé de hurlements qu’aucun paysan ne parvenait à identifier… Certains avaient vu une bête étrange boire à l’étang de Berriche… Le bétail d’un hameau avait été éventré…

Le canon grondait toujours, mais la terreur qui montait des terres d’Artois n’avait rien à voir avec la crainte d’une offensive allemande. Les rumeurs finirent par arriver jusqu’aux fermes de Poichagne. Comme partout ailleurs, les femmes les commentèrent avec un mélange de peur et de jubilation. Le vieux Fosquin demanda à ce qu’on lui explique ce qui causait pareille agitation. Sa fille lui rapporta les récits qu’elle avait entendus en lui épongeant le front et en lui lavant les avant-bras. Le vieux Fosquin se raidit. Ses yeux brillaient comme ceux d’un chat dans la nuit. Il avait le teint pâle et les lèvres tremblantes.
– C’est pour ça, dit-il.
Sa fille prit peur. Elle lui demanda avec un ton poli d’infirmière :
– C’est pour ça quoi, père ?
La réponse la laissa sans voix. Le vieil homme la regarda droit dans les yeux et lui dit :
– C’est pour ça que je ne meurs pas.

... Partir d’une image

Par christelle guillot - publié le mercredi 30 septembre 2009 à 22:50

Pour travailler l’atmosphère du texte on peut avoir recours à l’image ; celle-ci  peut s’avérer utile pour accrocher certains élèves.


On demande aux élèves d’apporter une image ou de créer l’illustration qui correspondrait au texte. Chaque élève doit pouvoir justifier sa production en s’appuyant sur des expressions de l’extrait.

 Puis on travaille sur la peinture de Edward Munch, le Cri et on leur demande si celle-ci pourrait convenir comme illustration.



On termine par une petite recherche documentaire sur la peur dans la peinture.

... Etudier la peur

Par christelle guillot - publié le mercredi 30 septembre 2009 à 22:22
Gaudé insiste fortement sur ce sentiment dans son texte.

On pourra faire relever à la classe toutes les occurrences de ce mot...

et montrer que cette forte présence de la peur crée du suspe
nse et une certaine tension.

On fera ensuite remarquer que cette atmosphère pesante doit perdurer dans la suite du texte.

Belle occasion pour travailler sur le vocabulaire de la peur avec une kyrielle d’exercices appropriés !

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Blog animé par Weblettres pour accompagner le concours des jeunes écrivains 2010 de "Je Bouquine". Des trucs et astuces pour démarrer l'écriture avec les élèves, des expériences menées en classe.
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